L'analyse de la LCR sur Nous publions ci-dessous une déclaration de la LCR, section italienne de la IVe Internationale, sur les résultats du référendum du 9 juin dernier. Ce référendum, dont l'initiative revenait au PCI et qui visait à supprimer un décret-loi gouvernemental de février 1984 portant sur une réduction temporaire des effets de l'échelle mobile des salaires, a représenté un succès de la coalition gouvernementale des cinq partis : 54,3 % des électeurs ont voté « non », s'exprimant en faveur du maintien de la mesure gouvernementale, et 45,7 % ont voté « oui », à savoir en faveur de la thèse défendue, en plus du PCI, par DP et le MSI. Le fait que deux des trois centrales syndicales — la CISL et l'UIL -aient appelé à voter « non », et que la même attitude ait été prise par la composante socialiste de la CGIL, a sans aucun doute contribué à ce résultat.
Il faut toutefois souligner deux éléments. Tout d'abord, les partis appelant à voter « non » au référendum n'ont pas retrouvé totalement les 60 % des voix obtenues aux élections du 12 mai dernier. Il y a donc eu des déplacements de votes chez les électeurs qui, par ailleurs, n'ont pas toujours respecté les consignes des partis qu'ils avaient soutenus auparavant. Selon certaines analyses, une partie importante des électeurs socialistes aurait ainsi voté « oui » au référendum sur l'échelle mobile tandis que l'écrasante majorité des électeurs du MSI aurait voté « non ».
Ensuité, comme l'indiquent les résultats dans les quartiers ouvriers et populaires, la grande majorité de la classe ouvrière a voté en faveur du « oui », de même que les masses pauvres, paysannes, plébéiennes ou petites bourgeoises du sud du pays.
La victoire du « non » au référendum du 9 juin constitue un échec sérieux pour le mouvement ouvrier et les forces d'opposition. Cet échec est d'autant plus grave qu'il survient après les résultats des élections du 12 mai dernier, favorables au gouvernement et au patronat. Maintenant, la victoire du « non » va renforcer la politique anti-ouvrière et anti-populaire de la coalition gouvernementale des cinq partis, donner une légitimité à la méthode, prônée par le Premier ministre Bettino Craxi, d'imposer des décisions à tout prix, et ouvrir le chemin à de nouvelles attaques, comme le confirme la dénonciation de l'accord de 1975 sur l'échelle mobile par le président de l'organisation patronale avant même que ne soit connue l'issue du scrutin référendaire.
La victoire du « non » n'était pas acquise d'avance, même après les résultats des élections du 12 mai. Elle n'est devenue inévitable qu'à la suite d'une combinaison de facteurs, dont en premier lieu l'inertie politique du PCI, pourtant promoteur du référendum.
Le front des partisans du « non » s'est mobilisé résolule référendum du 9 juin ment, en impulsant une campagne idéologique et politique virulente. Il a imposé son monopole dans l'utilisation de la télévision et il a eu recours à toutes les armes du chantage et de l'intimidation politiques. La présence dans ses rangs d'un secteur syndical assez large a incontestablement favorisé son œuvre de division et de confusion parmi les électeurs ouvriers et populaires, et facilité ainsi le résultat négatif du rétérendum..
Or, l'action résolue et violente des partisans du « non » n'a pas été contrecarrée par une mobilisation adéquate des partisans du « oui », par une organisation dès le début de leur campagne, par l'expression claire d'une volonté d'exploiter leur victoire éventuelle au référendum pour affirmer des perspectives favorables aux travailleurs. Le PCI notamment, après avoir promu le référendum, s'en est dissocié dans la pratique, cherchant une médiation jusqu'à dix jours avant le vote et menant finalement que très faiblement sa campa gne pour le « oui ».
Après l'échec du 9 juin, une réflexion s'impose dans le mouvement ouvrier et syndical. Mais il est en même temps nécessaire d'organiser tout de suite une ligne de défense contre les nouvelles attaques dont fait partie la dénonciation patronale de l'accord de 1975 sur l'échelle mobile. Cette tâche doit être accomplie avant tout par les conseils d'usine et les secteurs syndicaux de gauche, qui doivent organiser à la base une mobilisation unitaire de tous les travailleurs, sans perdre du temps dans l'attente de décisions impossibles de la part des confédérations syndicales.
Déclaration du secrétariat politique de la LCR, Milan, 10 juin 1985.
L- INFLAZIONE
UN ARMA
-MANE « L'inflation est une arme des patrons. » (DR)
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