CHILI aujour ui au chian de la po polte ge se traduit
'EST une nouvelle phase de la crise politique qui s'ouvre par des tensions internes très fortes - conflits au sein de l'armée, séparation relative de l'appareil judiciaire et du pouvoir militaire, contradictions avec l'Eglise, crise entre la dictature et les organisations patronales.
Parmi les dernières manifestations de cette crise, il faut signaler la démission du général Mendoza, membre de la junte et chef des carabiniers, l'arrestation de responsables de la police, ainsi que la rencontre unitaire de toute l'opposition bourgeoise à l'initiative de l'Eglise.
Si aujourd'hui l'état de siège a été levé, la censure allégée, et Pinochet contraint à reculer devant les tensions internes du régime comme des forces armées, la voie choisie par la dictature pour régler les problèmes de la société chilienne reste celle de la répression et de l'affrontement avec le mouvement de masse. Pendant la période de l'état de siège, d'octobre 1984 à juin 1985, plus de 33 000 personnes ont été emprisonnées et une centaine expulsées du pays chaque semaine. La censure a été généralisée pour la presse et toute réunion a été interdite. Le
Jair GIL
Le Chili tient peu souvent l'avant-scène de la crise économique mondiale, mais sa situation n'en est pas meilleure pour autant. Le pays s'enfonce dans la crise et
Le taux de chômage est de la misère.
30 %, donnée stable malgré les falsifications de la statistique officielle qui parle de baisse du chômage. Le taux d'inflation est de plus de 200 % depuis 1981 et de
25 % ces six derniers mois. Le salaire moyen d'un ouvrier est de 8 000 à 10 000 pesos par mois, alors que le minimum vital pour une famille moyenne de cinq personnes serait de 25 000 pesos par mois (3).
L'inflation accélère la paupérisation de toutes les couches de la classe ouvrière et de la petite bourgeoisie.
La dette extérieure, qui s'accroît aujourd'hui dans tous les pays d'Amérique latine se manifeste, au Chili en particulier, par une dépendance de plus en plus marquée par rapport à l'impérialisme. De 9 nilliards de dollars en 1973, elle est passée à plus de 20 milliards en 1985. Cette année, le Chili vient encore de s'endetter pour plus de 850 millions de dollars, sans compter les investissements de la Banque interaméricaine de développement (BID), qui se montent à plus de 400 millions de dollars.
Après l'expérience ultra-monétariste des Chicago Boys (4), le Chili est le pays où l'impérialisme expérimente la « stratégie Kissinger », c'est-à-dire celle du remboursement de la dette par l'acquisition directe des principales richesses du pays par les grandes banques mondiales. Ainsi, la dette extérieure chilienne serait amortie par l'acquisition américaine des mines de cuivre chiliennes. De telles acquisitions seraient rendues possibles par la loi de dénationalisation du cuivre, qui n'est encore entrée que partiellement en vigueur aujourd'hui. Enfin, les voyages à travers le monde du ministre de l'Economie et des Finances, Hernan Büchi, n'ont qu'un seul but, celui d'ouvrir encore et toujours plus le Chili au marché mondial. Pour cela, le ministre a annoncé la baisse de 35% à 30 % des droits de douane à partir du ler mars 1985, appliquant ainsi de manière systématique les principes des Chicago
Voilà quelques-unes des données qui sont à l'origine de la situation toujours plus misérable de milliers de Chiliens. La misère frappe des couches très larges de la
Le nombre des chômeurs et des sans-abri s'accroît et leurs conditions de survie empirent de jour en jour. Des travailleurs qui ont la « chance » d'avoir un emploi voient que leurs salaires traînent loin derrière les prix. Enfin, des couches de la petite bourgeoisie se trouvent toujours plus paupérisées, voire dans certains cas rejetées dans le sous-prolétariat. Tout cela s'est considérablement aggravé avec le tremblement de terre de février 1985, qui a jeté des milliers de Chiliens à la rue et qui a notamment accentué une crise du logement déjà très profonde. Enfin, citons une anecdote, pour montrer jusqu'où peut aller le cynisme des dirigeants chiliens dans la poursuite de leur politique de misère. Alors que depuis longtemps il était habituel de donner gratuitement du lait aux nourrissons chiliens dans les hôpitaux à leur naissance, le ministre régime s'est aussi appuyé sur l'action de groupes paramilitaires et de groupes de CNI (1), pour qui la méthode de l'attentat ou de l'assassinat « sélectif » est maintenant la règle, comme l'a montré l'affaire des « 3 Degollados » (2). La politique d'occupation militaire des quartiers populaires par la police et l'armée a répandu la terreur parmi les habitants.
Mais autant la répression reste la marque de domination du régime, ce qui montre que les rapports de forces entre les classes instaurés par le coup d'Etat de septembre 1973 n'ont pas été renversés, autant le cycle de luttes de classes ouvert par l'irruption du mouvement de masse en 1982-1983, qui marque l'ouverture d'une nouvelle période politique, est loin d'avoir été interrompu par l'état de siège et la répression. Depuis 1982-1983, des flux et des reflux partiels se sont succédés ;
mais la politique de répression n'a pas brisé la vague de luttes du peuple chilien. La situation n'est plus ce qu'elle était avant.
Nous sommes entrés dans la phase d'agonie de la dictature. La crise chilienne est tellement profonde que le régime ne peut que se fissurer chaque jour davantage sous le poids de ses propres contradictions et sous la pression du mouvement de masse.
de la Santé a décrété qu'il fallait remplacer le lait par du riz et de l'eau de riz.
Pourtant, le scandale fut si grand, l'émotion fut si énorme, que Pinochet dut reculer et intervenir lui-même pour qu'on redonne du lait aux bébés.
LA CRISE POLITIQUE
La crise économique et sociale est profonde, mais les éléments de décomposition politique qui touchent maintenant le régime prennent une réelle dimension déstabilisatrice. Depuis 1982-1983, la domination politique de la dictature est devenue très instable. C'est à cette époque que le mouvement de masse a fait irruption sur la scène politique (5). Pinochet a réagi en août 1983 en nommant à la tête
1. Centrale nationale d'information (police politique).
2.
Trois dirigeants du parti communiste chilien enlevés et égorgés en février 1985.
Quatorze policiers ont été inculpés de ces meurtres le 1er août. Suite à ces inculpations, le général Mendoza, membre de la junte au pouvoir, et d'autres responsables de la police ont démissionné.
3. Latin
America
Regional
Reports
(Southern Cone), RS-84-05, Londres, 29 juin
1984.
4. Partisans de l'« école de Chicago » dont le fondateur est l'économiste américain Milton
Friedman. Cette école lie les fluctuations de l'activité économique à la question de l'offre de développé une théorie « monétariste » d'ultral'Etat dans les mécanismes économiques du capitalisme.
5. Cf Inprecor numéros 156 du 12 septembre 1983 et 160 du 7 novembre 1983.
du gouvernement et au ministère de tionnelles de la transition. On discute
Un char devant le palais présidentiel à Santiago, le 11 septembre 1973. (DR) 'Intérieur Onofre Jarpa, ancien président du Parti national, formation d'extrême-droite qui avait appuyé le coup d'Etat de 1973. Les vannes sont ainsi ouvertes et le régime semble vaciller. Mais en réalité, en faisant mine de partager le pouvoir avec Jarpa, comme homme de dialogue avec la bourgeoisie d'opposition, gnait du temps, paralysait les partis bourgeois dans une comédie de négociation et tentait d'épuiser le mouvement de masse dans des mobilisations sans perspectives.
En effet, le dialogue avec les militaires, enlisa tout le monde dans des discussions sans fin sur les éventualités d'une possible réforme du régime, alors que le mouvement de masse se faisait plus menaçant. En particulier, son centre de gravité se déplaça, pour passer de l'opposition bourgeoise aux forces de gauche et surtout au Parti communiste chilien (PCC). Pinochet voulait faire la démonstration de l'incapacité des forces politiques bourgeoises, de leur non maîtrise du mouvement de masse, des risques qu'il y avait que celui-ci les déborde. Et, en effet, c'est démonstration que dictateur lors de la grève générale du 30 octobre 1984, au cours de laquelle toute la bourgeoisie chilienne prit peur devant le spectre du mouvement de masse. Ainsi, malgré l'approfondissement politique du régime, ces données permid'apparaître, certaine manière, comme le sauveur d'une bourgeoisie qui poussera un « ouf » de
Encore une fois, après bien des manœuvres et des contre-manœuvres, chet allait réussir à s'imposer et à démontrer que, face au peuple chilien, la seule bourgeoise efficace restait la sienne, et cela alors même que le régime n'a plus de base sociale C'est ce qui permet aujourd'hui à Pinochet de commencer - chose inenvisageable en 1982-1983 — des négociations sur la base son maintien au pouvoir jusqu'en 1989, date prévue par la Constitution chilienne de 1980. C'est d'ailleurs le sens des spéculations sur les formes instituaujourd'hui de la possibilité d'une assemblée désignée entièrement ou partiellement par la junte, ainsi que de la manière d'intégrer les forces politiques bourgeoises dans ce processus. La dictature exerce de pression sur forces politiques pour exclure le PCC de
Tous ces plans sont des plus fragiles et tous ces échafaudages peuvent s'écrouler, mais ils traduisent le contexte politique chilien actuel. La crise économique, sociale et politique s'approfondit, mais la faiblesse de toutes les alternatives bourgeoises ou ouvrières à la dictature donne un espace aux manœuvres de Pinochet qui, jusqu'à maintenant, a conservé le contrôle de l'armée, institution fondamentale du régime. Cette situation rend difficile tout pronostic à court terme, car si l'approfondissement général de la crise pousse à l'« ouverture », quelles qu'en soient les formes (par exemple un « coup d'Etat dans le coup d'Etat », c'est-à-dire une mise à l'écart de Pinochet par une fraction des forces armées) et au renversement de la dictature, la crise de direction et d'organisation des partis bourgeois comme du mouvement de masse donne marge de manœuvre à la C'est dans ce cadre que se situe la Démocratie chrétienne (DC), principal parti bourgeois d'opposition. S'il y avait aujourd'hui des élections au Chili, la DC serait sans doute le premier parti du pays, et de loin. Les élections universitaires, qui ont toujours constitué au Chili un sondage grandeur nature pour des élections géné. rales, montrent d'ailleurs la tendance, en donnant plus de 30 % des votes à la DC. Cette dernière n'est pas seulement un parti électoral, mais un parti bourgeois qui conserve une base populaire. C'est là une donnée fondamentale. Même s'il n'a pas les mêmes liens étroits que par le passé avec le mouvement de masse, il garde une réelle capacité de mobilisation. Sa reconstruction a donné lieu à l'émergence d'une série de courants qui évoluent à gauche, en particulier dans la radicalisation de certains syndicalistes et de communautés de base chrétiens. Mais l'essentiel de son appareil et de sa direction est entre les mains de politiciens bourgeois qui recherchent aujourd'hui l'accord avec les militaires.
C'est la signification de la dernière lettre de Gabriel Valdès, secrétaire général de la Démocratie chrétienne, lettre qui précise les points clef de la ligne de ce parti, à savoir :
-la constitution d'un front civique composé de l'ensemble des forces sociales et politiques du pays, à l'exclusion du PCC ;
- un pacte social qui créerait un consensus pour relayer les diktats du FMI, en particulier en ce qui concerne la dette extérieure ;
- enfin, un dialogue avec le PCC, à condition qu'il rompe avec sa politique de
C'est le sens de l'initiative de Mgr Fresno, archevêque de Santiago, qui a organisé en août 1985 une table ronde de toute l'opposition bourgeoise laquelle, dans sa grande majorité, garde ses distances avec le PCC. Toutes ces manœuvres visent à marginaliser le PCC et à l'obliger d'accepter les accords entre l'opposition bourgeoise et la dictature militaire.
On assiste donc à la mise en place d'une politique qui vise à assurer les militaires d'une certaine continuité et à rassurer la bourgeoisie chilienne dans sa capacité à maîtriser le PCC et le mouvement de masse. La difficulté d'une telle politique réside dans l'absence de partenaires, car le PCC reste un interlocuteur incontournable. Or, la DC le rejette pour l'instant et, de l'autre côté, les partenaires tant désirés, c'est-à-dire les militaires, ne veulent entendre aucun appel de la DC, au moins dans l'immédiat. Quant à la politique de pacte social, elle reste non seulement très théorique, mais la crise économique mondiale et les diktats du FMI rendent difficile sa réalisation. Donc, si la DC demeure le principal parti bourgeois et si elle constitue pour la bourgeoisie l'instrument décisif de toute solution politique alternative au régime militaire, l'acuité des contradictions sociales et politiques n'ont pu permettre le déploiement de sa politique. traire, les manœuvres de Pinochet et de la dictature militaire ont réussi en quelques mois à gaspiller une partie du crédit poli-
DE LA GAUCHE CHILIENNE Un des changements fondamentaux de la dernière décennie par rapport au cycle historique qui va des années 1930 aux années 1970, est constitué par la disparition du Parti socialiste (PS), parti ouvrier de masse aux fortes tendances centristes, oscillant entre réforme et révolution.
Parti socialiste, plus vulnérable face à la répression que le PCC, ne s'est pas relevé des mutations qu'a connu le Chili. Ce parti a subi un processus de désagrégation en plusieurs sous-courants : le Bloc socialiste, le PS.
Briones intégré dans l'Alliance démocratique (6), le PS-Almeyda satellisé par le PCC et maintenant divisé en trois fractions, sans compter d'autres courants et sous-courants. Avec la fin du socialisme historique chilien, c'est un mouvement de la gauche vers la droite qu'ont connu tous les courants issus du PS.
Cette évolution est tout d'abord illustrée par la multiplication des références à européenne, que le socialisme chilien avait ses propres
Ensuite, à l'exception des ont abandonné leurs références marxistes, même formelles, ainsi que toute orientation anticapitaliste, et cela au nom de la « démocratie ». Ainsi, au nom du socialisme démocratique, du « socialisme de ba-
Men particulier, stalinienne, on identifie démocratie et insdémocratiques de l'Etat bourgeois et on adopte une orientation pour des réformes de cet Etat et de l'économie capitaliste. Au nom de l'abandon d'une stratégie militariste de lutte armée, orientation défendue dans le passé par nombre de ces « nouveaux » socialistes, est également abandonnée toute perspective de destruction de l'Etat bourgeois. Tel est l'aboutissement d'une orientation qui rejoint maintenant le réformisme socialdémocrate le plus classique.
Quant à la tactique politique qu'il faudrait suivre, les socialistes sont divisés
D'abord, sur la participation à des coalitions animées par la Démocratie chrétienne, le Bloc socialiste veut construire un rapport des forces avant de définir une tactique vis-à-vis de la DC. Ensuite, sur l'attitude par rapport au PCC, certains courants, comme le PS-Almeyda, sont liés à ce parti alors que d'autres rejettent toute alliance avec lui. Enfin, les socialistes sont divisés sur la question des syndicats, la majorité des courants prônant le pluralisme syndical, au nom de la nécessité de construire des « centrales syndicales idéologiques », c'est-à-dire au nom de la nécessité pour chaque parti, pour chaque courant de pensée, de construire son propre syndicat.
Aujourd'hui, c'est le Parti communiste qui s'est reconstruit avec le plus de force. Le PCC est omniprésent dans la jeunesse, dans les quartiers populaires, dans cersyndicales. C'est le parti qui a la plus grande capacité de modans tout le pays et surtout dans la jeunesse, même s'il n'a pas retrouvé des rapports organiques avec la classe ouvrière aussi forts que dans le passé. Cela s'explique par des raisons objectives, à savoir l'affaiblissement général des structures du mouvement ouvrier, comme par des raisons subjectives, c'est-à-dire l'orientation de collaboration de classes, ce qui, dans les conditions politiques chiliennes actuelles, limite la structuration du parti et de ses organisations, comme le montre l'exemple du Mouvement démocratique populaire (MDP). Pour faire contrepoids à l'Alliance démocratique, le PCC lança le MDP en 1983, composé du PCC, du PS-Almeyda et du Mouvement de la gauche révolutionnaire (MIR). Malgré ses limites programmatiques, sa plate-forme déclarations reprenant des de collaboration de classes, le MDP va très vite devenir un pôle de mobilisations populaires qui va contester puis ravir à l'Alliance démocratique la direction des dernières « protestas » et même de la grève d'octobre 1984. Mais, alors que la construction des comités de base du MDP - tâche que devaient reprendre les révolutionnaires - aurait constitué à n'en pas douter un saut qualitatif dans l'organisation de la mobilisation, le PCC ne chercha pas à les construire. Cette politique a aussi son expression syndicale. En effet, sa politique de pacte social empêche le PCC de reconstruire le mouvement syndical. De plus, la Démocratie chrétienne tente aujourd'hui d'obtenir, en échange de certains accords politiques, la dissolution du Commando métropolitain des travailleurs (CMT), organisation qui regroupe les syndicats les plus combatifs de
Mais cette faiblesse des liens organiques avec le mouvement de masse ne doit pas masquer l'énorme développement du son orientation de rébellion populaire. En fait, cette orientation donne un large avantage au PCC : elle lui permet de couvrir tout l'éventail du champ politique, depuis la lutte armée jusqu'aux accords avec la Démocratie chrétienne. Avec le Front patriotique Manuel Rodriguez (FPMR), le PCC a d'une part repris le contrôle de toutes les activités militaires de militants des jeunesses communis-
MIR, activités qui lui échappaient à un moment. D'autre part, il a dans la jeunesse, où des milliers de jeunes adhèrent à cette ligne de rébellion populaire, lui donnant un caractère non seuleantidictatorial mais aussi révolutionnaire, assimilant leur combat à celui du FSLN nicaraguayen par exemple.
Ces jeunes chargent d'un contenu révolutionnaire la ligne de rébellion populaire, à travers des manifestations, des attentats, des actions armées, etc. alors que pour le PCC, cette ligne n'a qu'une fonction de pression sur la dictature et les partis bourgeois. Lutte armée de pression, voilà la signification de la ligne du PCC, même si elle est présentée comme une orientation stratégique. Car la stratégie, elle, reste celle de l'accord avec la Démocratie chrétienne et la démocratisation des forces armées. C'est d'ailleurs le sens de la réponse du PCC à la lettre de Gabriel Valdès dont nous avons déjà parlé,. Le PCC se déclare prêt à soutenir un gouvernement bourgeois exprimant une certaine rupture avec l'ordre militaire. Ainsi, l'accord stratégique avec la bourgeoisie en fonction du schéma classique des staliniens, celui de la « révolution par étapes », reste la ligne du PCC. C'est d'ailleurs le sens de la nouvelle coalition que ce dernier vient de constituer, intitulée Intransigeance démocratique. Ajoutons que cette stratégie s'accompagne d'une allégeance totale du PCC à l'URSS. Mettre à nu ces perspectives est d'autant plus décisif qu'elles créent des contradictions au sein même des rangs communistes. Ainsi,
ALLENDE
Une affiche d'Allende au siège du PCC, à l'époque de l'Unité populaire. (DR) les militants communistes n'ont pas compris que la direction du PCC ne réagisse pas après l'assassinat de trois de ses dirigeants. Il n'y eut ni réponses militaires ni mobilisations de masse.
Mais, malgré tout, il faut souligner que les effets néfastes de cette politique ont tendance à être sous-estimés. En effet, la leçon que tirent aujourd'hui des centaines de cadres communistes et des milliers de jeunes, c'est que le bilan négatif de l'Unité populaire (UP) (7) est celui d'une UP désarmée, d'une UP qui avait laissé les armes aux militaires. « Si le parti s'arme, s'il construit son armée et sa rébellion populaire, il ne permettra pas une
Men septembre 1973 », voilà ce que disent des milliers de communistes. Tout ce qui relève d'une orientation de collaboration des classes, tout ce qui est lié aux problèmes d'alliance avec la bourgeoisie, a tendance à être occulté dans le bilan de la période 1970-1973. Une Unité populaire armée n'aurait pas été vaincue, voilà le bilan tiré par ces jeunes communistes. Face à cela, il faut souligner que les racines mêmes du respect des forces armées par l'Unité populaire renvoyait à la politique globalement réformiste de sa direction, et surtout à celle du PCC.
C'est dans ce contexte qu'il faut aborder la politique actuelle du MIR et son adaptation totale au PCC, dans le cadre du MDP. Le MIR a subi une perte d'autonomie stratégique vis-à-vis du PCC, manifestée par un accord sur les questions internationales et un suivisme dans la politique nationale, avec notamment l'absence de critique de la politique de collaboration de classes. Cette perte d'autonomie stratégique, amorcée au milieu des années
6. L'Alliance démocratique regroupe la Démocratie chrétienne, le PS-Briones, la Droite radical, la Démocratie sociale, et l'Union socialiste populaire.
7. L'Unité populaire, dirigé par Salvador Allende, regroupait essentiellement les partis socialiste et communiste, avec quelques groupuscules bourgeois et petit-bourgeois.
pensée par les initiatives militaires. Le le mouvement syndical est marqué par
Arrestation d'un étudiant au cours d'une manifestation devant le Parlement, le 5 septembre 1983. (DR)
1970, était jusqu'à ces derniers mois comMIR ayant réduit ses opérations militaires et le PCC contrôlant le FPMR et ses activités, le MIR s'est trouvé totalement aligné sur le PCC. Ce rapprochement est encouragé par la direction cubaine, mais rien n'est joué pour autant. L'orientation actuelle est en contradiction avec la place qu'a occupé le MIR dans l'histoire du mouvement ouvrier chilien et notamment avec son opposition traditionnelle à la collaboration avec des forces bourgeoises. Des tournants brusques de situation peuvent donc aggraver la crise interne que connaît cette organisation et modifier sa politique. (
LE MOUVEMENT DE MASSE Le mouvement de masse chilien, au-delà de ses flux et reflux temporaires, est caractérisé par la contradiction entre, d'un cote, son caractere explosif et, de l'autre, ses faiblesses pour s'organiser et sa crise de direction. La situation du mouvement syndical illustre bien cette contradiction. Le mouvement syndical s'est remobilisé depuis le début des années 1980, mais il connaît une fragmentation, une division et un éclatement des organisations syndicales. Cela s'explique par l'affaiblissement structurel de la classe ouvrière et, en particulier, par le rétrécissement des principales concentrations ouvrières ainsi que par la division politique qui caractérise le mouvement syndical chilien. Ce dernier divisé entre le Mouvement syndical unitaire (MSU), créé à l'initiative des sociaux-démocrates, le Commando national des travailleurs (CNT) dirigé par la Démocratie chrétienne, et le Commando métropolitain des travailleurs (CMT) animé par le PCC et des militants lutte classes, sans compter un certain nombre de syndicats corporatistes.
A l'exception du secteur des mines de cuivre, dominé par la puissante Confédération des travailleurs du cuivre (CTC), cette faiblesse structurelle. Néanmoins, malgré leurs limites actuelles, les organisations syndicales, en particulier dans les regroupements de mobilisation comme le CMT, ou dans le cadre des assemblées plénières de syndicalistes, comme celle qui appela à la grève générale du 30 octobre 1984, ont joué un rôle clef dans la préparation des protestas et des grèves partielles ou générales. Des initiatives syndicales ont été à l'origine de toutes les grandes journées de mobilisation politique. C'est aussi par son histoire et ses traditions que le mouvement syndical peut prendre toute sa place dans les luttes
Si du point de vue de la centralisation des activités et des luttes, les organisations syndicales jouent un rôle décisif, c'est dans les poblaciones (bidonvilles) que le mouvement de masse s'est le plus enraciné. Occupation de terres, « ollas comunes » (soupes populaires), mobilisation des sans-abri, manifestations contre la répression, telles sont les initiatives qui, depuis plusieurs mois, ont permis le développement d'un mouvement de pobladores. Etant donné les modifications sociales fondamentales qu'a connu le Chili ces dernières années, ce mouvement est constamment nourri par des milliers et des milliers de chômeurs et de sans-abri que la crise parque dans les poblaciones. C'est aussi le mouvement qui est le plus fort face à la répression et le plus adapté au caractère explosif des mobilisations de masse.
Le mouvement étudiant a toujours constitué la plaque sensible de toute situation politique. Ce mouvement est aujourd'hui en pleine ébullition. Les élections universitaires ont suscité un vaste débat et ont renforcé sa politisation. Dans les lycées, il ne se passe plus une semaine sans grèves avec occupation. Des groupes de jeunes lycéens de plusieurs lycées se rassemblent pour occuper tel ou tel établissement scolaire, mettant en avant leurs revendications (pour plus de moyens matériels et plus de démocratie) et attendent l'intervention policière. Ce scénario s'est répété plusieurs fois ces dernières semaines. La mobilisation étudiante est en particulier tournée vers la démocratisation de l'université, exigeant notamment le renvoi des recteurs civils ou militaires désignés par la dictature et l'élection par les étudiants de leur propre administration. le dynamisme du mouvement de masse. Certes, l'état de siège décrété en octobre 1984 et la répression qui l'a accompagné, ont bloqué la mobilisation populaire qui avait explosé lors de la grève générale du 30 octobre, mais ce ne fut que temporaire. Aujourd'hui, après la levée de l'état de siège, de nouvelles mobilisations politiques étudiantes et l'amorce de nouvelles promouvement de masse qui montre que le cycle ouvert par les mobilisations de 1982 et 1983 est loin d'être clos.
PROBLEMES
DE LA REVOLUTION CHILIENNE
Il est difficile de faire des pronostics, mais il est clair qu'une nouvelle phase de la crise politique s'est ouverte au Chili. Les années 1982-1983 laissaient entrevoir un déroulement de la crise de la dictature chilienne à l'instar des exemples boliviens, brésiliens, argentins et uruguayens, c'est-à-dire dans la perspective d'une ouverture politique. C'est vrai que, par la suite, les rythmes se sont révélés plus lents et que l'évolution de la situation n'a pas confirmé toutes ces hypothèses. Mais la situation actuelle montre qu'aucune des contradictions aiguës qui frappent la société chilienne n'ont été résolues, loin de là, et des accélérations ou des tournants brusques qui aggraveront la crise sont à prévoir. C'est pourquoi, au-delà des flux et des reflux de la conjoncture, une réflexion sur une série de questions stratégiques s'avère nécessaire.
Il faut d'abord revenir sur la force de la montée révolutionnaire des années 1970-1973 et sur l'ampleur de la défaite de septembre 1973. A la révolution qui prenait son élan sous le gouvernement d'Unité populaire a répondu une contre-révolution politique, sociale et économique. Le régime actuel, produit d'un coup d'Etat militaire et d'une répression sanglante contre les travailleurs, a par la suite véritablement désintégré la société chilienne et interrompu son processus de développement national amorcé depuis les années 1940.
La conjonction de la politique économique de la dictature, en particulier son expression néo-libérale sous l'égide des Chicago Boys, et de la crise économique mondiale ont détruit l'économie nationale chilienne, disloqué une série d'activités productives nationales et permis de dénationaliser des secteurs clef de l'industrie nationale. La bourgeoisie industrielle a été marginalisée, au profit des spéculateurs et des principaux secteurs de la bourgeoi-
Une protesta à Santiago, le 10 octobre 1983 : « Pain pour le peuple ! » « Dehors Pinochet ! » (DR)
financière. La classe ouvrière a été réduite de manière drastique, par un chômage massif. Des couches entières de la société ont été paupérisées. Bref, la structure traditionnelle de la société a été cassée par la dictature.
Conjuguée aux modifications structurelles que connaît la société chilienne, la répression a écrasé non seulement les masses populaires et leurs organisations, mais elle a aussi modifié le rapport traditionnel des partis bourgeois, notamment de la Démocratie chrétienne, avec les masses, comme du reste celui des partis de la classe ouvrière. C'est la profondeur de la répression et le poids de la défaite qui expliquent aujourd'hui la différence entre le Chili et d'autres pays du cône Sud, la lenteur des processus de recomposition et de réorganisation du mouvement de masse, le retard de sa conscience, les difficultés à organiser ses syndicats et ses partis.
Ainsi, il est incontestable que la Démocratie chrétienne parmi les partis bourgeois, et le Parti communiste parmi les partis ouvriers, se sont reconstitués, que le PCC en particulier connaît un énorme développement. Mais ces partis, qui ont une réelle capacité de mobilisation, n'ont pu reconstruire les liens organiques avec les masses qu'ils avaient tissés pendant des décennies. Ce sont fondamentalement les faiblesses structurelles d'organisation, en particulier celles du mouvement syndical, qui les ont empêchés de reconstruire leurs réseaux d'avant 1973. Nous avons déjà parlé de la disparition du grand Parti socialiste qui existait au Chili et son éparpillement en de multiples groupes.
PAN PARK EL PUEBL
FUERA PROCHET 2004/
Le mouvement de masse chilien connaît aujourd'hui une crise non seulement de direction mais aussi d'organisation. Le problème n'est pas seulement celui d'une direction qui conduirait le mouvement de masse dans des impasses bourgeoises ou réformistes. Il s'agit aussi d'un problème plus fondamental d'organisation élémentaire. Cette situation constitue une différence notable avec les mouvements ouvriers argentin ou bolivien, où la toute puissance de la CGT et de la COB marquait la situation de leurs mouvements de masse respectifs, et cela avant même les ouvertures démocratiques.
Cette crise d'organisation et de direction du mouvement de masse explique les limites d'une d'ensemble coordonnée de la classe ouvrière et de ses alliés pour renverser la dictature. Les difficultés que connaît la Démocratie chrétienne pour canaliser le mouvement de masse limitent aussi la confiance que peut avoir la bourgeoisie dans une ouverture politique contrôlée par ce parti.
Ce sont ces données, et en particulier l'absence d'alternative bourgeoise fiable, qui confèrent à l'armée un rôle central dans le maintien de la domination capitaliste au Chili, même si une série de forces bourgeoises et l'Eglise travaillent à créer une telle alternative. C'est cette faiblesse qui rend difficile l'expression politique des tensions internes à l'armée, comme vient de le montrer la crise du DICOMCAR (8). En effet, ces tensions peuvent être vives, mais elles n'empêchent pas encore que s'exerce toujours la fonction bonapartiste de Pinochet et que se maintienne une une dictature militaro-policiè-
TE PAR ACORES
re. Les déclarations de Pinochet, expliquant que « lui-seul pouvait se soulever au Chili », s'appuient non seulement sur un appareil militaire sélectionné et hiérarchisé par lui, mais aussi sur la faiblesse de ses adversaires.
Dans ces conditions, il est difficile de faire des pronostics, et si les conditions internationales comme les rapports entre les classes rendent difficile une nouvelle répression militaire du type de celle de septembre 1973, toutes les autres hypothèses peuvent être envisagées. Celles-ci incluent le maintien au pouvoir de Pinochet jusqu'en 1989 avec des concessions à l'opposition bourgeoise, un « coup d'Etat dans le coup d'Etat » de la part d'une fraction militaire, une ouverture plus ou moins contrôlée ou, enfin, des ouvertures sur la base d'explosions des masses. Mais le plus important c'est de donner, au-delà des pronosties, des indications pour les tâches tactiques et stratégiques de la révolution chilienne.
LES TACHES
DES RÉVOLUTIONNAIRES Dans les débats qui traversent actuellement la gauche chilienne, il faut rejeter toute répétition schématique des modèles nicaraguayen ou salvadorien, et ce pour plusieurs raisons. Nous sommes encore loin d'une « pinochetisation » de la société chilienne comme il y a eu une « somozisation » de la société nicaraguayenne. La
Direction des communications et informations des Carabiniers. au centre de la crise liée à l'assassinat des « Trois Degollados ».
situation géo-politique du Chili ne se prête guère à une stratégie de guerre populaire prolongée. Enfin, nous ne sommes pas encore dans une situation pré-révolutionnaire ou révolutionnaire, même d'un point de vue objectif. Mais nous ne pouvons plus nous contenter de formules générales empruntées à l'arsenal traditionnel du mouvement ouvrier chilien, en particulier de sa gauche socialiste. Le modèle traditionnel de développement chilien a été cassé, et cela a des conséquences sur la dynamique du mouvement de masse. La dépendance du Chili vis-à-vis de l'impérialisme s'est considérablement accrue et les rapports entre les partis traditionnels et les masses se sont modifiés. La cassure contre-révolutionnaire a été telle qu'elle doit modifier notre approche d'une série de tâches révolutionnaires.
La théorie de la révolution permanente implique la combinaison des tâches démocratiques, anti-impérialistes et socialistes, dont l'articulation dépend étroitement des caractères de chaque formation sociale. Au Chili, les revendications démocratiques ont une place décisive, et cela pour plusieurs raisons. D'abord, l'ampleur de la contre-révolution pinochetiste a liquidé une série de conquêtes démocratiques du peuple chilien, tant sur le plan institutionnel que social. La nécessité de combattre pour les libertés fondamentales, pour les droits démocratiques, pour la terre et l'indépendance nationale découle de la situation objective. Ensuite, il faut prendre en compte les développements politiques mêmes de la situation chilienne, les conséquences de la défaite sur le retard d'une conscience socialiste dans les masses, les rapports des forces entre formations ouvrières et bourgeoises, entre réformistes et révolutionnaires. Tout cela doit conduire les révolutionnaires à mettre au centre de leur combat les revendications démocratiques, à ne pas laisser le drapeau de la démocratie aux bourgeois et aux réformistes, à lutter pour faire du
« caudillo de la nation ». Ainsi, la théorie de la révolution permanente, loin de nier les étapes de développement d'une situation politique concrète prend en compte les phases démocratiques, en préconisant le combat pour la démocratie par les méthodes de la lutte des classes et en liant entre elles les revendications démocratiques et anticapitalistes.
Cette bataille pour mettre au centre les revendications démocratiques a des conséquences politiques et institutionnelles. L'exigence du droit de grève, de manifestation, d'expression débouche aujourd'hui, sur la nécessité de rompre avec la dictature et d'organiser des élections libres à une Assemblée constituante. Que mettre à la place de Pinochet ? La question ne se pose pas, répond ce dernier. Mais la nécessité de trouver une réponse s'impose, contre tous ceux qui préparent des plans pour une transition assurant une continuité avec la dictature militaire, quelle que soit la forme de cette transition. A ceux-là, les militants révolutionnaires doivent répondre par une perspective démocratique radicale, celle du renversement de la dictature mobilisation de masse et de l'élection d'une Assemblée constituante libre et souveraine, sans militaires. Ces mots d'ordre ont une double fonction. Ils favorisent la politisation des masses et, en mettant en avant la démocratie radicale, ils suscitent la contradiction avec les plans bourgeois et réformistes.
Le combat pour la démocratie implique, sur le plan politique, la rupture avec les militaires, mais toutes les mobilisations populaires posent instamment une question : « La démocratie, mais pour manger ! » Cela implique la nécessité de lier la revendication d'Assemble constituante libre et souveraine à la satisfaction des revendications ouvrières et populaires, à la revendication anti-impérialiste du refus du paiement de la dette extérieure, à celle de l'expropriation des groupes financiers, à celles qui soulèvent la question de la terre. Aussi, la dépendance extrême du pays vis-à-vis de l'impérialisme donne aux tâches et aux axes anti-impérialistes une place beaucoup plus importante que par le passé. question anti-impérialiste, en particulier au travers de la dette, peut constituer aujourd'hui une approche transitoire liant entre elles les questions démocratiques, celles de l'indépendance nationale et les questions sociales anticapitalistes, telles que l'expropriation des groupes financiers.
Ainsi, la forme particulière du développement inégal et combiné imposé au Chili par la crise mondiale non seulement donne une place centrale aux revendications démocratiques, mais rend de plus en plus inextricable les liens entre revendications démocratiques, anti-impérialistes et socialistes.
Du point de vue des forces motrices de la révolution chilienne, le prolétariat reste la force clef du processus révolutionnaire, mais la place de la classe ouvrière organisée s'est modifiée non seulement pour des raisons politiques mais aussi pour des raisons structurelles. Il n'y a plus d'organisation équivalente Ainsi, les travailleurs du cuivre, avec leur syndicat unitaire, gardent une place centrale. Mais si les organisations syndicales restent un levier indispensable dans toute mobilisation generale, les travailleurs, les chomeurs, le secteur informel, les person-
Le dernier cabinet d'Allende. (DR) nes mobilisées et organisées dans les poblaciones, voient leur rôle considérablement renforcé. Cela donne à tous les organes de combat territoriaux une place stratégique encore plus grande. Ainsi, les mobilisations dans les poblaciones et les de pobladores peuvent devenir l'épine dorsale de la mobilisation populaire.
Les modifications structurelles qu'a connues le Chili ne modifient pas le caractère central du combat pour le front unique ouvrier, celui de toute bataille pour l'unité et l'indépendance de classe, même si les problèmes d'alliances de classes et de tactique politique pour diviser la Démocratie chrétienne et les autres secteurs bourgeois et petit bourgeois prennent une nouvelle dimension. C'est cette approche qui implique de mener le combat pour syndicale constituante créant les conditions d'une centrale unique des travailleurs, ainsi que de lutter pour la coordination du mouvement des pobladores et de pousser à l'unité mouvement étudiant. Cela donne toute sa signification à la bataille pour impulser les « comités d'action », structud'auto-organisation réalisant l'unité D'un point de vue militaire, faiblesses actuelles du mouvement masse sur cette question ainsi que certaines actions substitutistes du FPMR ou du MIR ne peuvent conduire les militants révolutionnaires à laisser ce terrain au PCC. D'abord, il faut renforcer toute la propagande et les initiatives d'autodéfense du mouvement de masse. Mais aussi, à un certain stade de développement d'une organisation révolutionnaire, il faut mener une réflexion sur la préparation politico-militaire d'une stratégie insurrec-
Enfin, du point de vue de la construction d'un parti révolutionnaire, la tâche qui s'impose est celle de regrouper sur la base de l'intervention pratique dans la lutte des classes toutes les forces prêtes à s'engager dans la construction d'une alternative révolutionnaire à la gauche du bloc hégémonisé par le PCC.
Jair GIL, 11 septembre 1985.