NOUVELLES DU MOUVEMENT OUVRIER ET DE L'INTERNATIONALE
PORTUGAL
Le PSR dans la campagne législative
Après deux années de gestion gouvernementale, la chute du Bloc central, coalition de gouvernement entre le Parti socialiste de Mario Soares et le principal parti bourgeois , le Parti social démocrate (PSD), a représenté un soulagement pour travailleurs soumis aux attaques d'une équipe qui appliquait la politique la plus à droite que l'on ait vue depuis la chute de la dictature salazariste le 25 avril
Le PSD ayant dénoncé unilatéralement cet accord de gouvernement au printemps dernier, le premier ministre socialiste offrit alors sa démission et le président de la République, le général Eanes, annonça à la mi-juillet la dissolution de l'Assemblée nationale et la convocation d'élections législatives pour le 6 octobre prochain. Ces élections nationales devraient permettre que s'engage la discussion sur le bilan de la politique gouvernementale d'austérité et ses effets ainsi que sur l'état de la résistance populaire et syndicale et la voie de sa réorganisation. Mais ce sera aussi l'occasion d'une première préparation des élections présidentielles qui se tiendront le 5 janvier 1986 et qui d'ores et déjà constituent un facteur fondamental d'instabilité pour le régime, puisqu'il s'agira de trouver un successeur au président Eanes, artisan du coup d'Etat réactionnaire de novembre 1975 et en place depuis 1976 à ce poste (cf. Inprecor numéro 172 du 30 avril 1984).
C'est dans ce contexte que le Parti socialiste révolutionnaire (PSR), section portugaise de la IVème Internationale, a décidé d'intervenir dans la campagne électorale - comme il l'avait fait dans d'autres occasions par le passé - en présentant des candidats dans toutes les circonscriptions électorales, bénéficiant ainsi d'un temps de parole à la radio et à la télévision nationale équivalent à celui de n'importe quel grand parti bourgeois ou réformiste. Trois cent cinquante candidats, dont plus de cent femmes, représentent le PSR dans les circonscriptions du continent, des iles et de l'immigration. Ces listes présentent la particularité d'inclure, comme candidats indépendants, un grand nombre de militants ayant d'autres traditions et venant d'autres courants que le PSR. Il y aura ainsi près de 20 candidats
Groupe Quatrième Internationale, scission de la Ligue socialiste des travailleurs (LST), organisation du regroupenale des travailleurs (LIT), laquelle en voie de décomposition ne se présente pas aux élections. Il y aura surtout un grand nombre de candidats qui étaient dans le passé des militants ou des dirigeants des principaux courants d'extrême gauche allant du Mouvement de la gauche socia-
(MES) à l'Union démocratique populaire (UDP). Cette capacité d'ouver-
Get de travail unitaire représente à la fois une avancée importante pour le PSR et un défi pour son intervention politique