E document que nous publions ci-dessous est extrait d'un article intitulé « Les paru dans The African Communist, organe du Parti communiste d'Afrique du
1985. Ce texte résume l'analyse de la situation actuelle par le PC d'Afrique du Sud. •
" Un colonialisme
Sud (SACP), sous la signature de Denga,
Voilà plus de vingt ans que le Parti sud-africain caractérise le système en Afrique du Sud comme un colonialisme interne (ou un colonialisme d'un type spécial). (...)
Comme le constate le programme du PC, l'apartheid tel qu'il existe aujourd'hui représente une prolongation aussi bien qu'une intensification des rapports coloniaux qui existaient avant que les Britanniques aient transféré le pouvoir aux colons locaux. Son évolution vers des formes modernes fut aussi déterminée par facteurs, tels l'équilibre des forces entre les opprimés et les oppresseurs, les rapports à l'intérieur de la classe dominante, etc. Mais, en dernière analyse, le système d'apartheid s'est développé comme il l'a fait pour répondre à l'impératif capitaliste du profit.
A partir des nous pouvons tirer deux D'abord, c'est cette méthode historique concrète qui nous amène à caractériser le système comme un colonialisme interne. Tenter d'échapper à cette réalité historique conduit à des pièges conceptuels tels que celui du « capitalisme racial », qui sent le subjectivisme dans les écrits de ceux qui s'en servent. Le système est considéré comme étant un produit du mauvais génie des classes dirigeantes plutôt que formé sur la base de circonstances concrètes, objectives, historiques. concept nous amène aussi à croire que l'oppression nationale n'engendre pas des contradictions antagoniques qui ne peuvent être résolues que par le moyen d'une révolution, mais que la classe dirigeante elle-même peut les résoudre si elle le veut
LES CONTRADICTIONS ANTAGONIQUES Comme nous l'avons indiqué ci-dessus, le niveau de développement des forces productives en Afrique du Sud est tel que ces dernières sont depuis longtemps entrées en conflit avec les rapports de production. La conséquence sociale directe réside dans la contradiction aiguë entre le Capital et le Travail. Il ne fait pas de doute que les conditions matérielles préalables au socialisme existent en Afrique du Sud, c'est-à-dire un certain niveau d'industrialisation, des contradictions socio-économiques et la force qui peut faire la révolution (la classe ouvrière).
de type spécial "
"colonialisme d'un type particulier"», dans le numéro 100 du premier trimestre
Cependant, comme nous l'avons indiqué, le système capitaliste en Afrique du Sud possède un caractère spécifique dont les origines se trouvent dans ses racines coloniales. Les rapports de production expriment plus que de simples rapports économiques. Ils reflètent aussi la place politique des différents secteurs de la société. Pour un travailleur noir, le montant de son salaire est déterminé bien avant qu'il n'entre sur le marché du travail. A l'entreprise, le patron est blanc et la situation du travailleur noir vis-à-vis de son homologue blanc est déterminée par le code légal sur la base de sa couleur. Donc, la nature de l'exploitation d'un travailleur noir se manifeste en tout premier lieu dans le contexte de la place qu'il occupe au sein de l'équation raciale, dans la façon spécifique par laquelle les rapports de production se manifestent sous le colonialisme interne. Donc, non seulement il perçoit la l'entreprise l'écran colonial, mais il s'identifie également avec les autres qui appartiennent comme lui à la « caste » inférieure. Il ne s'agit pas là d'une fausse conscience, mais d'un reflet de la contradiction la plus immédiate de la société sud-africaine, celle entre le peuple opprimé et la classe do-
Il ne faut pas comprendre cela dans le sens que les luttes économiques quotidiennes des travailleurs noirs prennent automatiquement un contenu politique Prises isolées, ces luttes constituent une tentative des travailleurs de vendre leur force de travail à un prix plus élevé dans les limites des rapports coloniaux existants. Cependant, dans la mesure lutte des classes, au sens politique, n'est pas une lutte abstraite et « pure » contre un capitalisme abstrait, menée dans des conditions concrètes, la lutte du travailleur noir pour l'amélioration de sa condition est inévitablement entremêlée à la lutte pour l'émancipation nationale de l'oppression coloniale. Seule cette lutte peut obtenir pour la classe ouvrière les conditions nécessaires de l'émancipation du Travail. Et dans la lutte pour détruire le colonialisme interne, toutes les classes et couches qui souffrent sous son joug sont des participants
DES FORCES DE LA RÉVOLUTION
Pour tout mouvement révolutionnaire, une analyse juste du caractère du sysbien que celles contre lesquelles ces forces sont dressées. Le système d'oppression nationale en Afrique du Sud (le colonialisme interne), comme tout autre système antagonique, « n'a pas seulement forgé les armes qui vont le détruire, mais aussi les hommes qui vont manier ces armes ». Ces forces sont, en tout premier lieu, les travailleurs noirs, qui constituent la force la plus dynamique et la plus révolutionnaire, et ensuite la paysannerie sans terre, la petite bourgeoisie noire et les autres couches moyennes. En bas de l'échelle se trouve la masse du peuple africain, « les plus opprimés et exploités de tous ». De l'autre côté, la plupart des secteurs non bourgeois parmi les Blancs appuient et défendent de manière active le système dont ils bénéficient matériellement, bien que, comme le constate le programme du Parti communiste, ce ne soit pas dans leur intérêt à long terme. Quelques individus clairvoyants parmi eux se sont joints au peuple noir, opprimé et combatif. (...) mouvante. Les actions indépendantes historiques des forces démocratiques ont jeté le désarroi au sein de la classe dirigeante, et le processus très long de désintégration des vieilles alliances parmi la classe dirigeante et ses partisans semble aller son aboutissement. Une discussion sur le « colonialisme d'un type spécial » ne peut pas ignorer ce processus historique, en particulier en ce qui concerne ses effets sur les secteurs non capitalistes de la communauté blanche. L'intensification des actions armées et de masse de la majorité démocratique oblige le régime à recourir à des méthodes de domination de plus en plus étroitement autoritaires par rapport à la communauté blanche.
Quels seront les effets à long terme sur cette communauté ? Un repli dans le laager (camp retranché, ndlr.) de Botha (1) ? Quelles sont les implications du fait que le Front démocratique uni attire dans ses rangs des forces qui vont des libéraux jusqu'aux révolutionnaires? Avons-nous saisi toute la signification stratégique du mot d'ordre de l'UDF, « L'UDF unit, l'apartheid divise » ? Est-ce juste de caractériser des actions en faveur de la démocratie entreprises par des secteurs de la communauté blanche comme des « actions de solidarité » (ou, quand il s'agit de travailleurs blancs, d'actes d'« internationalisme prolétarien » ) ? (...)
DENGA, The African Communist numéro 100, premier trimestre 1985. 1. Laager: terme afrikaan désignant le camp retranché formé par un cercle de chariots, utilisé par les Afrikaaners au 19e siècle pour résister aux révoltes des tribus africaines dont ils colonisaient les terres.