Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

DOSSIER CHINE

Le mouvement démocratique chinois de 1978 à 1981

· Inprecor n° 206, 4 novembre 1985 · p. 14-16 · 3 355 mots

Chine Stalinisme

U même moment où Solidarité apparaissait en Pologne il y a cinq ans, en Ré

A 1l pluietions son oficie le bancs ant dans des ney, annonçal yalement sa création. Devoir, l'organe de l'Alliance, se trouva au centre du mouvement democrati que qui se développait non sans certains déboires depuis 1978. Devoir, publié dans un

L'article qui suit retrace le développement du mouvement démocratique (1). Il est repris du numéro d'août 1985 d'October Review, une revue marxiste révolutionnaire d'augmenter l'éventail des salaires et de tendre, non sans difficultés face aux habitudes acquises, à lier les primes à la pro ductivité. Mais plus encore, les différents types d'entreprises créent des classes ouvrières aux statuts différents. Comme en Occident, on assiste à l'apparition d'une société à plusieurs vitesses, avec l'apparition d'une classe ouvrière « privatisée », avec les statuts précaires dans les entreprises collectives et avec les changements de situation dans les entreprises de l'Etat selon les succès et déboires de chaque entreprise. Certes, cette différenciation n'en est qu'à ses débuts. La résistance est vive. Les habitudes de paiement automatique des primes à tous sont anciennes chez les travailleurs. De plus, une bonne partie de l'appareil de direction de l'industrie et des secteurs des hautes sphères de l'appareil central, inaptes ou trop incultes pour s'adapter aux nouvelles règles, peuvent continuer à s'appuyer sur les vieux usages pour tenter de saboter l'expérience en cours. La différence de situation est sensible entre des villes comme Pékin, qui sont plutôt à la tête de la réforme, et Shanghai, qui est à la traîne. Si les autorités de Pékin viennent de lancer le 10 mars 1985 une énérgique réforme du système de planification, Shanghai est soumise à une constante pression pour rejoindre le peloton de tête des villes réformatrices. Les lenteurs de Shanghai sont certes dûes à la vieillesse et à l'inertie de l'appareil politique local et à l'usure de l'appareil productif, mais elles reflètent aussi les traditions et les acquis de la grande métropole ouvrière. Or, cette ville représente à elle seule 11,1 % du produit industriel total et 16,6 % des revenus de l'Etat.

Rien n'est donc joué. Mais globalement, on va vers une perte d'influence, de prestige et de statut du monde ouvrier. L'époque s'éloigne rapidement, où des cadres « casaient » leurs enfants à l'usine pour leur éviter l'envoi à la campagne, ou pour leur assurer une vie confortable. Quand on connaît les ressources légales, pour ne pas parler des importantes possibilités illégales, qui sont à la portée des nouveaux entrepreneurs, on comprend l'indifférence à l'égard de la condition ouvrière.

On est loin de l'époque où la nouvelle élite dirigeante extrayait ses nouveaux membres en partie dans le vivier du monde ouvrier. La techno-bureaucratie moderniste qui doit être le porteur et le bénéficiaire de la nouvelle réforme économique se constitue à partir des membres ou des enfants de l'appareil du parti. La poussée urbaine se fait aujourd'hui en parallèle avec l'affaiblissement du monde ouvrier. Reste à savoir si le monde ouvrier assistera passivement à cette évolution. Rien n'est moins certain. Et la prudence de fait, et même le retard dans l'élaboration de la Nouvelle politique économique (NEP) urbaine s'expliquent aussi par les incertitudes du régime face aux possibles réactions du monde ouvrier.

Roland LEW, le 10 octobre 1985.

ce jusqu'à la vague de répression d'avril 1981. publiée à Hong Kong.

Le mouvement démocratique qui s'est développé de 1978 à 1981, connu sous le nom de Printemps de Pékin, est né à l'occasion des émeutes de la place Tian An Men du 5 avril 1976 au cours desquel-

100 000 personnes se sont réunies spontanément pour exprimer leur indignation face au régime en place (2). Des émeutes identiques eurent lieu dans d'autres cités comme à Nankin et Zhengzhou. La signification historique de ces émeutes est qu'elles ont été spontanées et dirigées contrairement aux mobilisations de masse durant la révolution culturelle qui, elles, étaient contrôlées par différentes fractions du Parti communiste chinois (PCC) et ne faisaient que servir des besoins et des intérêts fractionnels.

ces émeutes furent de violentes explosions émotionnelles auxquelles manquait une finalité claire et programmatique, une organisation ou un noyau organisationnel. Et c'est pourquoi elles ont été rapidement et brutalement 'réprimées. Toutefois, le rejet massif du régime en place a entraîné indirectement la chute de la soi-disant Bande des Quatre, les protégés de Mao Zedong.

DES ÉMEUTES DE TIAN AN MEN

AUX PREMIERES REVUES NON OFFICIELLES Fin 1978, la fraction Deng Xiaoping prenait le contrôle de la direction du PCC. Nombre de réhabilitations étaient opérées y compris celle des émeutiers de la place Tian An Men dont l'action de masse se voyait reconnue comme spontanée et révolutionnaire par le régime. Alors que la fraction Deng Xiaoping cherchait à se gagner le soutien des masses pour consolider son pouvoir à la direction du parti et s'emparer ainsi des postes de direction intermédiaire, le peuple s'est saisi de l'occasion qui lui était offerte pour faire entendre son mécontentement et avancer ses revendications.

Des affiches murales ont alors commencé à fleurir sur le mur de la démocratie (Xidan) à Pékin, des réunions politiques se sont tenues, auxquelles plusieurs milliers de personnes ont parfois particichinois de 1978 à 1981 pé, des publications non officielles ont vu le jour. Début 1979, des douzaines de ces publications non officielles avaient fait leur apparition dans le pays. Ces publicarépression, survécurent jusqu'en avril 1981, date à laquelle une de répression contre leurs rédacteurs et leurs collaborateurs mit fin à leur existence semi-légale. Le mouvement est depuis lors passé dans

De novembre 1978 à avril 1981, le 120. Une vingtaine environ étaient publiés à Pékin, le reste dans la plupart des capitales régionales. Nombreuses sont celles d'entre ces revues qui ont pu se maintenir pendant plus de 40 numéros consécutifs, d'autres disparurent dès leur premier numéro. Certains numéros avaient plus de 100 pages, d'autres n'en avaient que 4 et beaucoup en avaient de 40 à 80. Comme l'Etat contrôle tous les moyens de publication, ces revues non officielles devaient être publiées, ronéotées, sur stencils et sur du papier de mauvaise qualité.

Pour des raisons de limitations techniques, le tirage de la plupart de ces nu-

One dépassait jamais quelques centaines d'exemplaires, quoiqu'un certain nombre ait réussi à se gagner le soutien de quelques imprimeurs et ait pu ainsi avoir un tirage plus élevé. Citons l'exemple du Printemps de Pékin qui reçut l'aide des Editions en Langues étrangères et a publié 10 000 exemplaires de ses numéros 1 et 2. Puis des ordres furent donnés et la revue fut obligée de cesser sa parution. Notre génération, un projet concernant les étudiants de treize universités chinoises, a connu le même problème. Son premier numéro n'avait eu imprimé que la moitié de son contenu initial ; des pressions d'en haut l'avaient forcé à sortir

1. Cf. les principaux articles d'Inprecor concernant le mouvement démocratique chinois dans les numéros 93 du 20 janvier 1981, 118 du 8 février 1982, 132 du 13 septembre 1982 et 138 du 6 décembre 1982.

2. Le 5 avril 1976, plus de 100 000 personnes sont descendues dans la rue à l'occasion de la Journée des morts, pour rendre hommage à la mémoire de Zhou Enlai, mort en janvier de cette année-là.

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le et qui pensaient avoir été trahis par çait des revendications en faveur d'une sous forme incomplète et à disparaître après le numéro 1.

A cause de l'ordonnance conservatrice de 1952 du fait de laquelle toute demande d'autorisation de sortie légale d'une publication n'a aucune chance d'aboutir, les publications non officielles ont essayé à maintes reprises mais en vain d'être enregistrées légalement. Dès lors, elles sont demeurées non officielles.

Les publications non officielles ont la caractéristique principale du mouvement démocratique du Printemps de Pékin. Elles ont fait office de plateformes de discussion politique et organisationnelle pour de jeunes militants et militantes. On peut dire qu'il y avait deux types de publications. L'un mettait surtout l'accent sur les essais politiques, l'autre donnait la priorité à la littérature. La majeure partie des publications du premier type étaient réalisées par de jeunes travailleurs de la génération des gardes rouges au temps de la révolution culturelMao. Après une période d'intense réflexion ils avaient décidé de faire entendre leur voix en réclament une plus large démocratie de même qu'un système juridique. Ils ont été l'âme du mouvement démocratique. Les publicaitons du second type étaient, elles, pour une large part l'œuvre d'étudiants ou de jeunes travailleurs épris de littérature. Ils avaient des liens étroits avec les publications de type politique ainsi qu'avec des écrivains qui s'exprimaient dans des publications littéraires non officielles. Printemps de Pékin était au départ plutôt atomisé. Les militants et militantes, dont opinions convergeaient, se regroupaient autour d'une publication pour discuter de leurs idéaux politiques et de la façon de les propager. Cependant peu de liens unissaient les différentes publications entre elles. L'inexpérience et le manque d'une démarche consciente d'unité d'action en étaient en partie responsables. La division était surtout le résultat de la diversité des courants idéologiques qui s'exprimaient dans les différentes publications.

Brièvement à Pékin, c'est Exploration avec comme rédacteur en chef Wei Jinsheng, qui était la plus radicale de toutes ces revues car elle réclamait l'élection démocratique de tous les dirigeants, de même que l'autogestion démocratique des producteurs. Exploration se montrait très critique à l'encontre de la position « libérale » de Deng Xiaoping. Le Printemps de Pékin, où l'on retrouvait des héros des émeutes de 1976, dont la majorité avait été recruté au parti ou à la ligue de la jeunesse communiste, servait plus la de Deng Xiaoping partisans de Mao Zedong. Le Forum du 5 avril était plus modéré qu'Exploration, car cette revue considérait la fraction Deng Xiaoping comme réformatrice, tout en mettant l'accent sur la nécessité de la mobilisation du peuple pour les revendications démocratiques. Le journal intitulé Droits de l'Homme en Chine réclamait le respect des droits de la personne et avan occidental. Ces différences d'appréciation concernant la fraction Deng et le degré différent de radicalité des revendications mises avant ont conduit à des divisions entre les groupes impulsant ces revues et à un manque de coopération entre elles. Or, la situation objective réclamait le regroupement des forces luttant pour la démocra-

En mars 1979, Deng Xiaoping modifia son attitude par rapport au mur de la démocratie. Quelques mois auparavant, il avait déclaré que le mur de la démocratie était utile et qu'il fallait laisser le peuple exprimer son mécontentement. Toutefois, en mars 1979 il déclarait que le mur de la démocratie était une source d'instabilité. Wei Jinsheng réagit sur le champ en collant une affiche intitulée « démocratie ou nouvelle dictature » sur laquelle il en appelait au peuple pour veiller à ce que Deng ne devienne pas un nouveau dictateur. Wei fut arrêté peu après. D'autres avant lui l'avait déjà été comme Fu Yuehua, une femme qui avait été à la tête d'une manifestion regroupant plusieurs milliers de paysans dans les rues de la capitale chinoise le 8 janvier 1979, et dont le mot d'ordre central était « contre les persécutions, contre la faim, pour la démocratie, pour les droits de l'homme ». Deux membres de l'Alliance pour les droits de l'homme avaient également été incarcérés. Le changement survenu dans la vie politique en mars 1979 devait entraîner une réévaluation des intentions de la fraction Deng Xiaoping et de sa capacité à mettre en œuvre des réformes démocratiques. Le besoin d'une plus grande coordination de faisait très clairement sentir (3).

En décembre 1979, le procès de Wei Jinsheng eut lieu. Même si ses idées radicales n'étaient pas populaires, son droit à la liberté de pensée et d'expression fut soutenu par tous les militants. Wei Jinsheng, pour sa dissidence, écopa de quinze années de prison (4). Liu Qing, rédacteur du Forum du 5 avril, fut arrêté alors qu'il distribuait une transcription de ce

Manifestation démocratique à Pékin. (DR) procès pourtant public. Son arrestation a fait prendre conscience aux militants de la nécessité de se regrouper. En août 1980, seize publications formaient un Comité national pour la libération de Liu Qing, qui peu après est devenu l'Alliance nationale des revues parallèles chinoises, regroupant 21 publications bientôt rejointes par d'autres.

La formation de l'Alliance nationale des revues parallèles chinoises a constitué un important pas en avant. Il a fallu moins de deux ans après la parution des publications non officielles pour que se constitue cette coalition. Un développement rapide n'est pas en soi surprenant. La chute de la Bande des Quatre et la réhabilitation des émeutiers

Tian An Men ont été le résultat d'énormes pressions exercées par les masses. La fraction Deng Xiaoping a mené ces réformes à regret au milieu de difficultés économiques sérieuses et d'une crise idéologique du PCC. Quand cette fraction a commencé à réprimer les droits démocratiques du peuple, le mécontentement commença à s'étendre. Certaines illusions sur le caractère réformateur de cette fraction s'évanouirent rapidement.

La répression qui s'est abattue sur le mouvement démocratique a forcé des publications jusque là divisées à se regrouper pour contrer la pression du régime. Parallèlement, comme la plupart des militants actifs dans ces revues avaient connu la révolution culturelle, ils disposaient d'une expérience sur les différentes méthodes de lutte. Et quand ils ont repouscomme inacceptables les illusions qu'avaient encore certains d'entre eux sur la nature d'une aile de la bureaucratie,

3. Durant cette période, on assista successivement à la suppression du droit à l'affichage des dazibao, adoptée par la Ve Assemblée nationale du peuple en 1979, au déplacement du mur de la démocratie à l'extérieur de Pékin, aux condamnations de Fu Yuehua à deux années de prison et de Wei Jinsheng à quinze an-

4. Sur les condamnations de Wei Jinsheng et Fu Yuehua, se reporter à Inprecor numéro 65 du 6 décembre 1979 et 71 du 6 mars 1980.

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Le mur de la démocratie à Pékin. (DR) leur appréciation critique de la bureaucratie et des contradictions sociales entraîna une radicalisation accrue. Alors qu'ils poursuivaient les débats politiques et théoriques entre eux, 1ls ont opté consciemment pour une unité organisationnelle renforcée. L'exemple polonais a eu une action stimulante sur ce processus. Le mouvement démocratique a salué Solidarité avec enthousiasme, en reproduisant les 21 demandes et la Charte des droits des travailleurs. Pour eux, le mouvement des ouvriers polonais sonnait le glas de la bureaucratie et marquait le début du pluripartisme. Le besoin tisser également souligné.

A la fin de l'année 1980, alors que l'on procède pour la première fois l'élection des députés départementaux siègeant à l'Assemblée nationale populaire, de nombreux étudiants (comme Tao Shen et Hu Ping) et militants ouvriers (comme Fu Shengqi, He Defu, Gong Ping et Wang Yifeng pour ne citer qu'eux) se présentèrent. Ils se servirent de la campagne comme d'un forum de débats politiques. L'intervention des autorités en cette exemple de l'hypocrisie de telles élections (5).

LE COUP D'ARRET AU MOUVE-

MENT DEMOCRATIQUE Au début de 1981, le comité central du Parti communiste chinois rendit publiques plusieurs circulaires qui préparaient le terrain pour l'interdiction pure et simple des « publications illégales ». Des militants investis dans ces groupes non officiels avaient posé les préparatifs de la formation des partis politiques. A compter du 10 avril 1981 des arrestations eurent lieu dans tout le pays. Les personarrêtées et connues à l'étranger étaient au nombre de trente (6).

Les militants et les militantes du mouvement démocratique furent détenus sans procès durant une année environ. Plus tard, on devait savoir que Wang Xizhe et He Qiu avaient été condamnés le 28 mai 1982 respectivement à 14 et 10 années de détention. Xu Wenli avait lui été condamné le 18 juin de la même année à 15 ans de prison. On a su que Chen Erjin avait écopé de 12 ans de prison, Fu Shengi de 7 ans et Yang Zaixing de 5 ans.

Le verdict de la cour dans le procès de Xu Wenli a révélé qu'il avait eu un rôle dirigeant, aux côtés de Wang Xihe, de Sun Weibang, de Liu E-an et de Fu Shengi dans la formation de l'Alliance des communistes chinois en juin 1980 et de l'Association pour la défense de la démocratie et pour l'unification de la Chine au printemps 1981. Un projet de programme pour cette Association avait également été rédigé.

En décembre 1981, Liu Shanqing, un partisan du mouvement démocratique du printemps de Pékin à Hong Kong a rendu visite à des proches vivant en Chine. Peu après il était arrêté et condamné à 10 années de prison (7).

Le mouvement démocratique réprimé sans pitié et cela a marqué une étape significative dans son développement. En 1957, durant la campagne des Cent fleurs, le million de critiques de la politique du PCC était en majeure partie intellectuels. gardes rouges convaincus qui se sont radicalisés dans les dernières années de la révolution culturelle (symbolisés par le manifeste du garde rouge âgé de 17 ans Yang Xiguang et intitulé « Où va la Chine ? ») étaient pour la plupart de jeunes étudiants du secondaire. L'affiche murale collée 1974 par Li Yi Zhe, dont Wang Xizhe était l'un des rédacteurs, était un manifeste réclamant la démocratie et un système juridique, et mettait en évidence compréhension plus personnelle qu'avait la génération des gardes rouges, conservait toujours des illusions par rapport à Mao Zedong (8). Les événements de la place de Tian An Men de 1976 ont été le prélude à une révolution politique anti-bureaucratique, à laquelle ont pris part des dizaines de milliers de personnes, quoique de manière inorganisée.

Le mouvement démocratique du Printemps de Pékin a représenté un processus plus profond, du point de vue des positions programmatiques et des pratiques organisationnelles, que les expériences antérieures. Peu avant d'être réprimé, il en était arrivé à l'étape de l'élaboration d'un programme et à celle développement vers la formation d'un parti politique. L'avant-garde, en majeure partie composée de jeunes travailleurs et travailleuses, a commencé à prendre conscience de la nécessité de se tourner vers les masses populaires. La participation à la campagne électorale et les liens tissés consciemment avec les luttes ouvrières (comme pour la grève 3 000 métallos de Taiyuan) à la fin de 1980 en ont été les premières manifestations. Quant au programme politique, il portait sur des revendications de démocratie socialiste et de contrôle ouvrier sur la production et la distribution, à la façon de la Commune de Paris. Cette alternative socialiste est absolument distincte des mouvements dissidents apparus en Union soviétique, par exemple.

Les militants et les militantes les plus en pointe du mouvement démocratique étant en prison, ce mouvement demeure donc aujourd'hui clandestin. Les conséquences des réformes effectuées par Deng Xiaoping, en particulier, les offensives contre le pouvoir d'achat de la classe ouvrière, se font maintenant sentir. L'évolution des conditions objectives favorisent le renouveau du mouvement démocratique. Et il faut s'attendre à ce que la nouvelle étape de ce mouvement se traduise par une prise de conscience politique plus élaborée et par des liens plus étroits entre l'avant-garde et les masses.•

LI SI, le 3 septembre 1985 5. Cette intervention prit des formes multiples : invalidation de candidatures, annulation des élections dans certains cas... Un seul député non officiel fut finalement admis à l'université

6. Parmi les personnes arrêtées, notons : Wang Xizhe, La voix du peuple (Guangzhou). He Qiu et Wang Yifei, Route du peuple (Guangzhou), Xu Wenli, Yan Jing et Chen Erjin, Forum du 5 avril (Pékin), Lu Lin,

Fu Shenqi, La voix de la démocratie (Shanghai), Sun Weibang, Les vagues de la mer (Qingdao), Xing Dakun, Forum des camarades fraternels (Qingdao), Liu Liping, Idéaux comJianbin, La cloche (Wuhan), Zhong Yueqiu, La voix des masses (Shaoguan), Yang Zaixing et Chun Xiaoxiang, Les lumières (Guizhou), Peng

La revue bihebdomadaire (Guizhou), Liu E-an, La brique de la démocratie (Anyang), Wang Tanyuan, Revue (Tianjin), Ye Zhongwu, La rivière Zhi (Hangzhou), Zheng Yulin, Les cris (Wenzhou), et d'autres militants comme Tao Shen (Changsha), Xu Shuiliang

Yan Guoliang (Pékin), Yu Huimin (Nankin), Yang Xiaolei (Hangzhou), etc.

7. Cf. Inprecor numéro 128 du 14 juin 8. Le fameux dazibao de Li Yi Zhe a été publié en français sous le titre « Chinois, si vous saviez... », éditions Christian Bourgois,

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