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ses des militants antibureaucratiques. Mais, à la différence du texte précédent, il ne s'agit pas de se servir d'une institution du régime, comme celle des conseils ouvriers, mais de l'élection d'«hommes de confiance », ce qui n'est ni prévu ni interdit par la loi.
Le statut de ces représentants des travailleurs dépend donc du rapport de forces qui peut être créé entre ces derniers et la direction de l'entreprise.
Un homme de confiance, représentant direct et démocratiquement élu de ses camarades, jouissant dans l'entreprise peut contribuer à limiter l'arbitraire de l'employeur. Il peut également contribuer à ce que les ouvriers maîtrisent mieux le processus de travail. Car il sera leur représentant authentique, élu de manière indépendante. Et il sera d'autant plus crédible, qu'il a les mêmes problèmes que tous les autres travailleurs, qu'il est ancré parmi eux quotidiennement et pourra être contrôlé par eux chaque
Pour que tout cela puisse fonctionner et pour que le mandat soit clair, il faudrait documents qui prendraient la forme d'un accord social indépendant au sein du groupe de travailleurs. Il s'agirait de :
- un mandat écrit et limité dans le temps pour celui qui se chargera de la fonction d'homme de confiance, signé par
- une déclaration écrite du mandataire stipulant qu'il accepte la fonction qui lui est confiée, de représenter chacun d'exemplaires qu'il y a de dans le groupe afin que chacun puisse avoir un exemplaire pour lui ;
- une lettre de démission de chacun des travailleurs, ainsi qu'une lettre collective de tous, avec un espace libre pour y la solidarité avec l'élu en cas de répression contre lui de la part de la direction ou de la police politique.
A ces documents devraient être joints le protocole de l'assemblée élective stipulant les buts que se donne l'institution ainsi mise en place.
Dans un premier temps, avant que l'initiative ne se généralise dans l'entreprise (ou dans un groupe d'entreprises), l'homme de confiance pourrait garder l'anonymat et agir pour que son exemple soit suivi dans d'autres ateliers et départements de l'entreprise. Car pour pouvoir dépasser la peur de la répression, il est indispensable que des hommes de confiance apparaissent dans toute l'entreprise, que l'exemple se généralise à d'autres entreprises. Mais une fois généralisée, l'élection d'hommes de confiance permettra de générer dans l'entreprise une force sociale et
Car les divers hommes de confiance devront par la force choses nouer des liens entre eux et coopérer. Dans ce cas, ils deviendront de fait un élément de contrôle ouvrier. constitueront une authentique représentation du salariat face à la bourgeoisie d'Etat au niveau de l'entreprise. Ils pourront limiter de façon efficace l'arrogance et l'arbitraire des petits chefs, contremai-
Les activités individuelles et communes des hommes de confiance pourraient consister en pétitions, plaintes etc. formes d'action prévues par la loi. Leur statut ne sera pas légal, car la loi ne prévoit pas de telles institutions, mais ne serait pas non plus illégal, la loi n'interdisant pas de telles activités. Leurs actions n'aurait bien évidemment pas pour but le renversement du régime, mais viserait à rendre les conscients de leurs droits et de leur situation, à présenter clairement les « pour » et les « contre » de telle ou telle modification de cette situation - par exemple dans l'immédiat les avantages et les inconvénients des nouveaux systèmes de salaires. Car une telle conscience collective des intérêts communs est toujours le premier fondement de toute action
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Cette institution, si elle se généralisait, pourrait devenir un moyen d'expression décentralisée des opinions des travailleurs et une forme de matérialisation des tensions au sein de l'entreprise. Elle serait également le chaînon élémentaire l'autogestion à venir, chaînon qu'il est possible de fixer dès maintenant. Elle serait une parcelle de notre propre indépendance et de notre propre autogestion, ô combien différente. de celles décrétées par la bourgeoisie d'Etat, car issue des fondements mêmes de l'organisation du travail, des groupes de travailleurs de brigades, des ateliers, des départements et d'établissements. Si l'autogestion se développe à partir de ce niveau, ce sera un signal pour nous-mêmes que nous sommes prêts à nous autogérer. Une telle institution permettrait également aux travailleurs doter de leur propre représentation sociale, qui serait une direction potentielle au niveau élémentaire, ce qui sera certainement important dans le cas par exemple d'une grève.
Il existe dès aujourd'hui des entreprises dans lesquelles la solidarité authentique et l'unité combative des travailleurs font que la direction, en particulier au niveau élémentaire, ne peut agir sans l'accord, du moins tacite, des travailleurs qui jouissent de l'estime et de la confiance de leurs camarades. La répréssion policière est sans effet, car il n'existe pas de structure formelle, les « dirigeants » ne mènent pas mais le collectif ouvrier respecte leur avis et leurs opinions.
conséquence, dépendante de ces dirigeants ouvriers, elle doit les consulter avant d'agir, négocier avec eux et obtenir leur accord. Et c'est déjà un pas vers une formelle de telles structures et de tels dirigeants. Il est clair que dans ces conditions il devient plus facile de développer l'activité syndicale clandestine, de collecter les cotisations, de distribuer les tracts et les journaux, de chasser les collabos
De tels dirigeants informels pourraient dans l'atelier un rôle semblable à celui que joue aujourd'hui Lech Walesa à du pays (en espèrant qu'ils le feront mieux et de manière plus efficace) ; la direction de l'entreprise craindre et les structures clandestines du syndicat devront les protéger.
Tous les problèmes de l'entreprise — la sécurité du travail, l'hygiène, les salaires - doivent devenir de la sorte des préoccupations des groupes informels constitués autour d'un dirigeant reconnu comme homme de confiance. Avec le temps, cet axe s'élargira naturellement des questions sociales immédiates à d'autres problèmes, du terrain économique au terrain politique - ce qui est inéluctable dans la perspective de la lutte de classe des ouvriers et de l'intelligentsia contre la bourgeoisie étatique.
Travailleurs salariés, auto-organisezvous !
Extrait de Wolny Robotnik, numéro 27, février 1985.