Résolution du Groupe communiste révolutionnaire (section libanaise de la iVe Internationale Cette résolution a été adoptée le 8 décembre dernier par le Comité central du Groupe communiste révolutionnaire, section libanaise de la IVe Internationale. Les titres et les intertitres sont de la rédaction d' "Inprecor-Intercontinental Press". 1) Après les premières réactions impétueuses à la visite d'Anouar El-Sadate, valet de l'impérialisme américain, à l'Etat sioniste, il est nécessaire d'analyser posément cette initiative en la plaçant dans son véritable contexte, loin des positions sentimentales qui ne sortent pas de la tradition du nationalisme petit-bourgeois toujours préoccupé par l'apparence des choses en laissant de côté, avec ou sans intention, leur fondement réel. La première constatation qui s'impose en ce qui concerne l'initiative de Sadate est qu'elle s'inscrit naturellement et totalement dans le processus du réglement pacifique avec l'Etat sioniste, inauguré par la résolution n° 242 du Conseil de sécurité de l'ONU adoptée le 22 novembre 1967 et approuvée par les trois Etats arabes ayant participé à la défaite de juin 1967, le dernier Etat à l'approuver ayant été l'Etat syrien et ce, par le biais de la résolution n°338 adoptée au cours de la guerre d'octobre 1973. La résolution 242, est-il besoin de le rappeler, comporte l'engagement des parties qui l'approuvent à reconnaître la souveraineté de tous les Etats du Proche-Orient, y compris de l'Etat sioniste, ainsi que leur droit à vivre en paix à l'intérieur de frontières sÛres, reconnues et inviolables, avec garantie de ces frontières par la création de zones démilitarisées. Il importe de rappeler également que l'approbation de la résolution 242 par les gouvernements égyptien et jordanien a suivi de trois mois seulement la conférence arabe au sommet réunie à Khartoum (Soudan) à la fin d'août 1967 et rendue célèbre par ses trois non: non à la reconnaissance, non à la négociation, non à la paix. L'abandon par l'Egypte de cette résolution retentissante a confirmé depuis lors que le nationalisme bourgeois avait atteint la limite de ses potentialités et qu'il
GCR du LIBAN était devenu, à la suite de sa défaite, incapable de continuer à adhérer au premier point du programme nationaliste qu'il avait fait sien avant 1967 : la libération de la Palestine. Les autres étapes principales du processus du règlement capitulard ont été le plan Rogers de l'été 1970, le sommet arabe d'Alger, réuni en novembre 1973 qui a approuvé le principe de la conférence de Genève réunie à la fin de la même année, puis l'accord du Sinat de septembre 1975. La dernière initiative de Sadate, en constituant une reconnaissance ouverte de l'Etat sioniste et le début de la négociation directe avec lui, est un pas de plus dans le processus de la trahison et ne sort, en aucune manière de son cadre général. Si cette initiative se distingue par quelque chose, c'est par son impudence, rendue possible par le succès relatif rencontré par le régime de Sadate dans son entreprise de mystification des masses égyptiennes, au cours des dernières années, sur son prétendu patriotisme; cette entreprise s'était appuyée sur le mythe de la guerre d'octobre 1973 préalable à la capitulation, ainsi que sur les certificats de patriotisme décernés à Sadate par la direction droitière de la résistance palestinienne. L'initiative de Sadate a également été rendue possible par l'état de léthargie auquel sont arrivées les masses égyptiennes ployant sous le poids de leur misère, après que le pouvoir se soit efforcé de les convaincre que leur soulagement dépend de la paix-capitulation, alors que l'enjeu réel est l'expansion capitaliste et le succès de l'ouverture économique à l'impérialisme américain qui ne se confondent nullement avec l'élévation du niveau de vie des masses. Le motif immédiat de l'initiative de Sadate est sa crainte d'être entraîné dans une nouvelle guerre, par l'Etat sioniste, alors que le président égyptien a tout misé sur le réglement pacifique et a privé son armée des moyens de la guerre en rompant avec l'URSS. Pour éviter une nouvelle guerre, Sadate a décidé de faire l'unique concession susceptible d'amener l'Etat sioniste à accepter les conditions arabes de la paix : l'ouverture du marché arabe, et surtout le marché égyptien, devant Israel et l'établissement de re-
lations "normales" avec lui. Par cet acte, Sadate est complètement sorti de la sphère d'affrontement du sionisme ; son renversement est devenu une tâche urgente à l'ordre du jour de la révolution arabe. La politique syrienne Il est nécessaire, une fois de plus, d'insister sur le fait que ce qui distingue le régime baassiste syrien du régime de Sadate n'est pas le degré de patriotisme mais l'aptitude à la capitulation; ce qui sépare les deux régimes est une différence et non une divergence. Celle-ci ne tarde pas en général à disparaître avec la disparition de celle-là. Les conditions objectives de la politique syrienne, notamment l'importance en Syrie de la présence palestinienne et de l'opposition patriotique, ainsi que le niveau de conscience nationale des masses syriennes, la proximité du Liban avec le mouvement de masse patriotique qui s'y trouve et la proximité de l'Irak avec la surenchère permanente du pouvoir installé à Bagdad, ces conditions, dans leur ensemble, entravent l'itinéraire capitulard des dirigeants de Damas et les empêchent de monter dans la locomotive à l'instar de Sadate pour se contenter, chaque fois que cela est nécessaire, d'un des wagons du même train. Ainsi, après avoir refusé de participer à la conférence de Genève à la fin de 1973, les dirigeants syriens, moins de deux mois plus tard, avaient rempli les conditions de leur participation (remise de la liste des prisonniers de guerre israéliens à Kissinger) pour devenir par la suite de chauds partisans de la conférence. Après s'être démarqués en janvier 1974 de l'accord de désengagement égypto-israélien du km 101, les dirigeants syriens avaient conclu un accord similaire, moins de six mois plus tard, à la fin du mois de mai et cela à Genève dans le cadre de la même conférence. Après s'être opposé à l'accord du Sinaf de sepfembre 1975 et après l'avoir stigmatisé, les dirigeants de Damas avaient conclu, quelques mois plus tard, un accord indirect de non-agression avec l'Etat sioniste pour leur permettre d'intervenir au Liban et de rendre le plus grand service à ce dernier en tentant d'écraser la résistance palestinienne préalablement à la paix avec lui. En témoignage de la sincérité de leur opposition à l'accord du Sinal, les dirigeantssyriens l'oublièrent dix-huit mois après (alors que l'accord porte sur trois ans) et se réconcilièrent avec Sadate qu'ils qualifiaient la veille de traître. Fermer les yeux sur la réalité de l'attitude des dirigeants de Damas est aujourd'hui le danger principal qui menace tes deux bataillons avancés du mouvement des masses arabes, les bataillons palestinien et libanais, dont le sort dépend dans une large mesure de la politique syrienne. L'alliance renouvelée avec le Baath au pouvoir à Damas, l'éloge renouvelé qui en est fait depuis plusieurs mois par la droite de la résistance palestinienne et la droite du Mouvement patriotique libanais (1), ainsi que la réconciliation générale des dirigeants de Damas avec le Front du refus palestinien, à Tripoli (Libye) (2), et de leurs agents libanais, à Beyrouth, sont toutes des positions découlant d'une ligne opportuniste qui n'est ni l'expression de l'intérêt des masses laborieuses, ni de l'habileté tactique comme le prétendent ses tenants, mais résulte en fait de la myopie de directions bureaucratiques motivées soit par leur désir naff de gagner le régime syrien à leur cause, soit par leur inaptitude à compter sur les masses et sur elles-mêmes et à se passer du soutien financier libyen politiquement conditionnel. Il est néanmoins nécessaire à ce propos de distinguer entre ceux qui ont manœuvré pour régler leurs problèmes financiers, sans avoir d'illusions sur les intentions réelles du régime syrien et ceux qui se sont réconciliés avec lui en vue d'une alliance effective. Le proche avenir montrera quelles sont les parties qui ont maintenu leur indépendance et leur défiance à l'égard du pouvoir syrien. Les révolutionnaires condamnent, en tous cas, toute attitude qui comporte l'absolution des dirigeants de Damas et la cessation de la défiance envers eux. Il est, en effet, hors de doute que lesdits dirigeants participeront à nouveau, tôt ou tard, au processus du réglement pacifique, comme l'indiquent leur récent comportement et le texte de la résolution qu'ils ont imposée aux participants à la conférence de Tripoli. Les dirigeants syriens affronteront alors, de nouveau, quiconque entravera leur marche et essayeront de s'acquitter de la tâche qui leur incombe, c'est-à-dire de la jugulation de toute partie qui s'opposerait au réglement dans sa formule finale. Le sommet de Tripoli Aucun des régimes arabes qui se sont opposés à l'initiative de Sadate n'est apte à constituer une base d'appui pour une lutte effective et prolongée contre la capitulation arabe. En effet, les régimes algérien et sud-yéménite (en dépit des différences importantes entre leurs natures sociales) ne suivent pas une politique arabe révolutionnaire, leur attitude à l'égard de la question palestinienne ne saurait dépasser celle de l'URSS qui agit pour l'instauration d'une "paix juste et durable" entre les Etats arabes et l'Etat sioniste, préservant son influence et ses amitiés bourgeoises dans la région. Quant au pouvoir irakien, son intransigeance apparente ne va pas au-delà de la logomachie. En fait, cette intransigeance apparente lui permet d'éviter la confrontation réelle : il craint d'entraver réellement la politique de l'impérialisme américain et de ses partenaires dans la région et de se trouver exposé de ce fait à leur pression et notamment celle de l'Iran. La meilleure illustration de cette politique est l'invitation adressée par les dirigeants de Bagdad au Chah d'Iran au moment même où leur représentant jouait à l'intransigeant au sommet de Tripoli. Les masses arabes savent d'ailleurs pertinemment quelle grande distance sépare les prétentions du pouvoir irakien de ses agissements, après les expériences de Jordanie, du Chott Al'Arab et de la guerre du Liban (3). Les dirigeants libyens, quant à eux, suivent une politique arabe fondée en premier lieu sur leur opposition à Sadate. Ils appuyent ou se concilient, en conséquence, tout opposant à Sadate, comme il leur est déjà arrivé de ménager le pouvoir syrien au cours de la guerre du Liban. Ils misent, en fait, sur leur alliance avec ce dernier et exercent une pression sur leurs autres alliés et notamment leurs alliés palestiniens, pour collaborer avec les dirigeants syriens et leur faciliter la tâche.
Il va sans dire, enfin, que la réserve timide et vague des dirigeants séoudiens, valets de l'impérialisme américain, à l'égard de l'initiative de Sadate, n'est autre que de la poudre aux yeux et un moyen de se désolidariser de ce dernier au cas où il échouerait dans sa mission-suicide ou de parachever son entreprise en joignant ultérieurement le pouvoir syrien à ses résultats "positifs" qui consistent en la réactivation du réglement pacifique et son déblocage après deux ans de stagnation. Pour un front de lutte Ce qui précède ne signifie pas que toute attitude tactique à l'égard des régimes qui ont participé au sommet de Tripoli est inutile. Les positions tactiques ne doivent toutefois pas sortir du cadre de la stratégie qu'elles veulent servir. A l'égard de régimes bourgeois ou petits-bourgeois, la tactique doit être, en premier lieu et dans la plupart des cas, une tactique de défi et de dénonciation. Il est impossible de compter sur de tels régimes qui ne sauraient d'ailleurs con -clure une alliance avec des représentants des masses laborieuses que s'ils y sont acculés contre leur gré. Les révolutionnaires ne comptent que sur les masses laborieuses et jugent toute position en fonction de sa contribution à l'élévation du niveau de conscience des masses et à la progression de leur lutte. A la lumière de cette mise au point, les révolutionnaires ne peuvent que refuser la résolution du sommet de Tripoli et désapprouver toute composante du mouvement des masses qui l'approuverait. La résolution en question, hormis le provincialisme qui s'y manifeste et qui dénote la nature des signataires ("l'Egypte n'est ni le début, ni la fin"; gel des relations; transfert du siège de la Ligue arabe hors d'Egypte), laisse ouverte la possibilité d'une réconciliation avec Sadate en n'appelant qu'au renversement des "résultats" de sa visite, séparant celle-ci de la nature du régime égyptien; la résolution fait, en outre, du régime syrien la base de l'affrontement du sionisme, ignorant son attitude réelle, et appelle à soutenir inconditionnellement ce régime, en contribuant à augmenter la mystification qui l'entoure par l'annonce de la création d'un "front nationaliste" dont le noyau est formé par le régime syrien et l'OLP. Refusant le front de Tripoli, les révolutionnaires appellent à la formation d'un front de lutte contre le sionisme, l'imrialisme américain et ses suppôts arabes, sur la base du programme suivant : 1) Refus des résolutions 242 et 338, refus de toute condition au retrait de l'armée sioniste des territoires occupés en 1967. Non à la reconnaissance, non à la négociation, non à la paix avec le sionisme ! 2) Soutien à lalutte du peuple palestinien, y compris la lutte armée, et ouverture de toutes les frontières arabes devant cette lutte, sans entraves. 3) Concentration des armées arabes sur les lignes de la confrontation avec l'amée sioniste, concentration des troupes syriennes présentes au Liban sur sa frontière sud ou retrait de ces troupes vers le Golan.
4) Rétablissement des libertés démocratiques pour permettre le développement des luttes de masse et libération de tous les détenus anti-impérialistes dans tous les pays arabes. 5) Soutien aux forces anti-impérialistes luttant en Egypte pour le renversement du régime de la trahison. Telles sont les cinq positions sans lesquelles il ne saurait y avoir de lutte effective et radicale contre le sionisme et l'impérialisme américain, et qui peuvent servir de fondement à une activité frontiste à l'échelle de la région arabe dans la période actuelle. La résolution palestinienne Quant à la résolution sur la base de laquelle les organisations de la résistance palestinienne ont annoncé leur adhésion sans exception au cadre de l'OLP, elle ne s'oppose pas à notre programme. Cette résolution, bien qu'incomplète, est en conformité totale avec les bases d'une opposition réelle au sionisme, à l'impérialisme et à ses suppôts arabes. Elle comporte le refus des résolutions 242 et 338 et pose comme condition à la création d'un Etat palestinien qu'elle ait lieu sur toute portion du territoire palestinien qui serait libérée sans réglement pacifique, sans négociation et sans reconnaissance, condition qui concorde tout à fait avec la revendication, contenue dans tous nos programmes depuis plusieurs années, de retrait total et inconditionnel de l'armée sioniste des territoires occupés en 1967, contre les retraits conditionnels prévus dans la résolution 242. Cependant, le contexte dans lequel se situe la résolution des organisations empêche de considérer qu'elle représente un tournant positif ou du moins de surestimer ce tournant. Les signataires de la résolution ont en effet demandé, dans un télégramme ultérieur, la formation d'un front de résistance et de confrontation comprenant l'ensemble des participants au sommet de Tripoli, y compris le pouvoir syrien, sans poser de condition à la constitution d'un tel front et surtout à la participation du pouvoir syrien en dépit du rôle qu'il a joué et continue de jouer au Liban. Il est à craindre, en fait, que la résolution soit le prix payé par les partisans palestiniens du règlement pacifique; prix bien bas tant qu'il ne va pas au-delà d'une inscription sur un bout de papier, en échange d'une récupération des organisations du refus sur le plan palestinien interne et sur le plan des alliances arabes de la résistance et pour empêcher ces organisations de mettre à profit leur position avantageuse au regard de la faillite politique de la direction du Fatah qui avait misé sur Sadate. En refusant les résolutions 242 et 338 ainsi que la paix, la négociation et la reconnaissance, la résolution des organisations palestiniennes prend position au nom de l'OLP et ne demande pas aux Etats arabes de faire de même, ce qui revient pratiquement à abolir le critère de l'attitude à l'égard du réglement pacifique utilisé par le front du refus palestinien dans ses relations avec différentes parties dans la région arabe. La direction du Fatah n'éprouve, par contre, aucune gêne à refuser aujourd'hui ce que refuse la résolution dans la mesure où il apparaît que l'Etat sioniste, véritable bastion du refus dans ce domaine, ne changera pas sa position concernant la participation de l'OLP en tant que telle dans de quelconques négociations.
Cyrus Vance et Menahem Begin, janvier 1978 Pour que la résolution des organisations ne soit pas un pas en avant suivi de deux pas en arrière et pour qu'elle ne connaisse pas le même sort que la réconciliation qui avait eu lieu à Beyrouth, entre Habbache et Arafat, lors de l' intervention syrienne et qui n'avait pas tardé à être emportée par le vent, les révolutionnaires militant sur la scène palestinienne doivent adopter le programme de lutte radicale contre le sionisme, l'impérialisme et ses suppôts arabes exposé ci-dessus, organiser la défiance à l'encontre du régime syrien en particulier pour éviter d'être pris à son piège et lutter pour une représentation démocratique des masses palestiniennes sous la forme d'un : - Conseil national palestinien comprenant des représentants élus par les habitants des camps, au lieu de la répartition bureaucratique des sièges entre organisations, pour élaborer un nouveau programme de la lutte palestinienne, sur la base de la résolution des organisations adoptée à Tripoli, et élire un nouveau conseil central de l'OLP. Il est également du devoir des communistes révolutionnaires d'affirmer que leur attitude à l'gard de tout Etat palestinien sera d'agir pour y établir un gouvernement national révolutionnaire ouvrier et paysan, de même qu'ils participent à la lutte pour l'établissement de tels gouvernements dans tous les pays où ils se trouvent. Au Liban Au Liban, le devoir des communistes révolutionnaires est de dénoncer la réalité du pouvoir syrien et de ses agents locaux, de condamner la politique de réconciliation avec eux et de mettre en garde les militants du Mouvement patriotique contre les dangers qu'implique cette politique. Les communistes révolutionnaires refusent également le programme avancé par la direction du Mouvement patriotique et réitéré à la conférence de Tripoli, programme qui demande la réalisation d'une "entente nationale" centrée autour du président de la République, ce qui constitue une revendication bourgeoise, s'il en fut, d'autant plus qu'elle s'accompagne de l'engagement de la direction du Mouvement patriotique à abandonner toute autre revendication pour la réalisation de celle-ci. Le programme minimum, qui ne saurait être abandonné, dans toute activité frontiste nationale et démocratique au Liban, devrait être : 1. la solidarité avec la résistance palestinienne et la défense de sa liberté d'action totale; 2. la revendication de la concentration des troupes syriennes présentes au Liban sur sa frontière sud pour faire face à l'ennemi sioniste; 3. la défense des libertés démocratiques et la lutte contre quiconque les mettrait en cause; 4. la lafcisation intégrale; 5. le refus de l'entente sur le dos des masses et la lutte pour imposer l'élection d'une assemblée constituante élue sur la base d'une circonscription unique et d'un scrutin proportionnel non confessionnel. Les communistes révolutionnaires appellent les militants de base des composantes du Mouvement patriotique à adopter ce programme et à lutter pour l'imposer à leurs directions. Ils mettent en garde contre toute tentative de justifier par les récents développements locaux et arabes l'acceptation des conditions israéliennes dans le sud-Liban et réftèrent leur soutien aux positions prises jusqu'à présent par le Mouvement patriotique dans le sud, considérant que toute surenchère, dans le cadre du rapport de forces existant et en dehors d'un changement de la position syrienne, est impossible à réaliser, aventuriste et irresponsable. Ceci dit, il n'y a aucune contradiction entre le retrait conditionnel en tant que position tactique imposée par le rapport des forces et la position des communistes révolutionnaires, position de principe inchangeable, refusant toute entrave à la liberté d'action de la résistance palestinienne au Liban et insistant sur la poursuite de la lutte armée antisioniste.
8 décembre 1977 NOTES 1) Cartel de la gauche libanaise regroupant le parti réformiste bourgeois de Joumblatt, les staliniens et diverses organisations nationalistes bourgeoises et petites-bourgeoises. 2) Le sommet de Tripoli s'est tenu du 2 au 5 décembre 1977 en réaction à la visite de Sadate en Israel. 3) Allusion à la "neutralité" de l'armée irakienne stationnée en Jordanie pendant l'écrasement de la résistance palestinienne en septembre 1970, à l'accord irako-iranien de 1975 et à l'attitude ambigue du pouvoir irakien au cours des premiers mois de la guerre du Liban ainsi qu'à son inaction par la suite. 4) La gauche libanaise demande un retrait symétrique des belligérants dans le sud du Liban où s'affrontent droite chrétienne et forces palestino-progressistes.