Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

TUNISIE

Déclaration du Bureau du Secrétariat unifié (SU) de la IVe Internationale

· Inprecor n° 211, 20 janvier 1986 · p. 24 · 481 mots

Maghreb IVe Internationale Syndicalisme

NOUVELLES DU MOUVEMENT OUVRIER ET DE L'INTERNATIONALE de combativité dont la bureaucratie syn- en cause la continuité de la pratique colo-

TUNISIE Déclaration du Bureau du

Secrétariat unifié (SU)

de la IV Internationale

L'offensive du gouvernement de Habib Bourguiba contre la centrale syndicale UGTT en Tunisie a été analysée dans un article publié dans Inprecor numéro 209 du 16 décembre 1985.

Nous reproduisons ci-dessous une déclaration du Bureau de Secrétariat unifié (SU) de la IVe Internationale, qui appelle le mouvement ouvrier et démocratique à la solidarité avec les travailleurs et le peuple tunisiens.

Depuis l'adoption de ce texte, Habib Achour, qui a été remplacé le 5 décembre dernier par Saddok Allouche à la tête de l'UGTT, a été condamné à un an de prison ferme et incarcéré à Sfax dans le sud tunisien pour une affaire remontant à 1982.

A la fin du mois d'octobre dernier, le gouvernement tunisien a lancé une offensive de grande envergure contre le mouvement ouvrier, représenté par son organisation syndicale hégémonique, l'Union générale des travailleurs tunisiens (UGTT).

Après plusieurs mois d'escalade répressive, le gouvernement a fait occuper par sa police et par la milice du parti au pouvoir les locaux de l'UGTT dans la plupart des villes du pays, y compris la capitale. Des dizaines de cadres syndicaux ont été arrêtés. Le secrétaire général de l'UGTT, Habib Achour, a été « détention administrative ».

Des secteurs du prolétariat, ment dans le Sud, ont vaillamment résisté à l'offensive du pouvoir, en déclenchant une série de grèves générales et en organisant la défense des locaux des syndicats. Ils sont malheureusement restés isolés, la riposte ayant été faible dans le reste du pays. La solidarité internationale a été, par ailleurs, négligeable.

C'est pourquoi le gouvernement, après avoir lancé son offensive, a pu manœuvrer avec la majorité de la bureaucratie syndicale, afin de lui faire accepter ses interventions répressives dans la vie interne du syndicat. Habib Achour, tout en étant en « détention administrative », a été maintenu à la direction de l'UGTT, mais il a été remplacé au poste de secrétaire général. L'autonomie de l'UGTT a été bafouée et le pouvoir en profitera pour appliquer davantage les projets qui lui sont dictés par le Fonds monétaire international (FMI) et l'impérialisme

La situation n'est pourtant pas stabilisée. Les travailleurs gardent un potentiel dicale doit, d'ailleurs, tenir compte dans ses négociations avec le régime. Ils ont besoin plus que jamais de la solidarité du mouvement ouvrier et démocratique international et en premier lieu des organisations syndicales.

La IVe Internationale en appelle aux organisations ouvrières, afin que cette solidarité soit mise en œuvre sans tarder. Il faut exiger la libération des syndicalistes détenus, l'évacuation de tous les locaux occupés par les forces de répression et la restauration complète de l'indépendance et des libertés du mouvement syndical. •

Déclaration du Bureau du Secrétariat unifié (SU) de la IVe Internationale, le 20 décembre 1985.

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