OUS reproduisons ci-dessous de larges extraits d'un texte écrit en réponse à
| l'Appel de Prague par le groupe de Berlin-Ouest du Réseau européen pour un
Dialogue Est-Ouest. Cette contribution traite de l'attitude à adopter par rapport aux accords de Helsinki et examine de manière critique les possibilités et les limites de
Helsinki, la diplomatie et
le mouvement pacifiste l'action officielle des gouvernements des deux parties de l'Europe. DOCUMENT
Dans le préambule de votre appel, vous exigiez que nous à l'Ouest y répondions. L'urgence, vue de façon tout à fait réaliste par vous, d'une telle exigence révèle que le dialogue entre le mouvement indépendant à l'Ouest et à l'Est n'est pas encore une évidence. Nous espérons que notre réponse publique en suscitera d'autres dans le mouvement de la paix pour prendre part à la discussion. (...) COMMENT ANALYSER LE PROCESSUS
Le processus de la Conférence sur la sécurité et la coopération en (CSCE) a suscité très peu d'intérêt dans le mouvement de la paix en Occident. L'explication en est qu'il met de côté le désarmement militaire. Entretemps, il y eut la Conférence sur le désarmement à Stockholm en 1984, mais là on ne traita pas de désarmement réel. Il n'y eut de négociations que sur le contrôle de l'armement, où les Etats-Unis et l'Union soviétique négociaient presque seuls. Les alliés européens n'ont eu que les restes de la table des négociations. Ce rôle dominant des Etats-Unis et de l'Union soviétique s'explique par leur suprématie nucléaire et par le fait que les Européens considèrent les armes nucléaires comme un élément décisif de leur sécurité. Dans notre mouvement de la paix, il n'existe que peu d'intérêt pour de telles négociations. (...)
Vous dites que la CSCE est un forum entre partenaires égaux. Ceci est formellement juste. Mais la fidélité des pays de chaque bloc européen vis-à-vis de leur dominante respective est très forte et aurait conduit à l'échec les quelques conférences suivantes, si les pays neutres n'avaient pas reconstruit à chaque voies du dialogue. La CSCE est bâtie sur la base de la division entre blocs et elle risque toujours d'être utilisée contre les phénomènes de désagrégation des blocs, voire comme garante de la division de l'Europe entre zones d'influence des Etats-Unis et de l'Union soainsi que de l'immuabilité des rapports sociaux.
La dynamique du processus de la CSCE fut possible dans les années 1970 grâce à une convergence partielle entre les intérêts des Etats-Unis et de l'Union soviétique ; ils y étaient aussi amenés par leurs alliés européens. Dans la période actuelle, la proposition de se tourner vers les dirigeants et de dénoncer le non-respect de leurs engagements découlant de la CSCE nous paraît tout simplement trop général. La fidélité de bloc ne permettra pas de grands progrès. Il nous semble cependant sensé que le mouvement de la paix entame un dialogue constructif avec les pays neutres pour parvenir à donner une issue prometteuse au processus de la
En RFA, se pose en outre la question de savoir si la politique du SPD à la CSCE ne pourrait être un point d'appui intéressant pour le mouvement de la paix. Après tout le SPD dans l'opposition s'est contre les quelques projets d'armements américains et a développé une politique pour les intérêts européens et allemands. Cependant le SPD met en préalable à la CSCE trois conditions, savoir : les blocs sont nécessaires pour la stabilité de l'Europe ; la stabilité politique Pacte de Varsovie est nécessaire ; les rap ports Est-Ouest ne peuvent être influencés politiquement que par les canaux officiels. Cela a pour conséquence dernier lieu sont reprises en charge, que le SPD a pris ses distances à l'égard de mouvements comme Solidarité et qu'il écarte tout dialogue entre les groupes de la paix indépendants à l'Est et à l'Ouest. Ce cadre rigide ne nous laisse que peu de place pour intervenir dans les discussions qui ont eu lieu dans le cadre de la CSCE.
Votre appel nous a amené à relire les documents de la CSCE. Il est étonnant de voir ce à quoi les gouvernements s'y sont ensemble engagés. Et malgré toutes les promesses positives comme par exemple les possibilités de travail des journalistes, les rencontres possibles de groupes professionnnels lors des conférences Est-Ouest etc., la constatation demeure que la réalité ne s'accorde pas avec les belles paroles d'Helsinki, loin s'en faut. (...)
Dans la troisième partie du texte des accords d'Helsinki, on lit que « les possibilités de vastes voyages (...) pour des raisons professionnelles ou personnelles » doivent être développées. Vous savez aussi bien que nous que vous ne pouvez voyager librement et que, nous, nous sommes souvent empêchés de se rendre à l'Est. Les Etats participants à la conférence voulaient aussi « davantage promouvoir la diffusion plus libre de matériel périodique et non-périodique, qui proviendrait d'autres pays participants (...) Ces publications seront aussi accessibles dans les salles de lecture ». Aujourd'hui comme hier en reste exclu la littérature politique, dont votre texte et
Ce n'est pas un hasard si les exemples cités vont avec les rapports sociopolitiques à l'Est. A côté de la brutalité de l'oppression chez vous, ces rapports sont très différents à l'Ouest. Mais même chez nous, doit-on continuellement se battre dans les rapports entre citoyen et pouvoir. Nous vivons dans une démocratie parlementaire et cependant le Parlement s'est prononcé pour le déploiement de nouvelles fusées sur notre sol, alors même que les deux tiers de la population étaient contre. Nos gouvernements et l'OTAN doivent de plus en plus imposer par coup de main leur concept de sécurité, comme récente installation des fusées en Belgique décision au Parlement. Un autre exemple nombreuses procédures judicaires contre des participants à des actions de blocage contre des installations avons-nous présenté ces exemples ? Parce qu'ils doivent rendre plus clair que la CSCE en tant qu'instrument de la diplomatie des gouvernements ne conduira quasiment pas à des développements positifs à court terme et que ce qui était bon pour les peuples dans les accords d'Helsinki sera partiellement repris. Si nous réfléchissons, comme nous l'avons entrepris, sur le processus de la CSCE, nous devons alors discerner les différents niveaux de la diplomatie, les conséquences pour les populations et les possibilités qui existent pour les groupes indépendants actifs à l'Est et à l'Ouest. (...)
Ce qui est plus décisif est ce que la CSCE pourrait signifier pour notre travail immédiat. Le nouveau mouvement de la paix en RFA n'est pas différent de celui des années 1950 par ses exigences, mais nouveau parce qu'il travaille sur un nouveau terrain socio-historique. La politique de sécurité doit se dégager des appareils diplomatiques et militaires qui se sont autonomisés et cela au travers de l'intervention Un tel processus de démocratisation est exemple dans le mouvement des femmes ou le mouvement écologiste.
A cet égard, nous comprenons notre dialogue Est-Ouest comme une amorce de démocratisation des relations Est-Ouest par le développement d'« un pouvoir civil », lequel peut influencer sur le pouvoir institutionnel sans remplacer celui-ci. Nous devons vérifier avec encore plus de précision quel sens pourrait avoir la CSCE dans ce contexte. Il existe certainement des possibilités dans les échanges culturels, de jeunesse, et scientifiques,
mais le cadre institutionnel doit être sondé le plus strictement possible. (...)
RETRAIT DES TROUPES ETRAN-
GERES ET RAPPROCHEMENT CEE-COMECON Le deuxième tabou que vous abordez, celui du retrait de toutes les troupes étrangères des pays d'Europe de l'Est et de l'Ouest est inséparable d'un nouvel tant qu'il n'y aura pas de traité de paix avec les Allemands ? Les troupes des puissances victorieuses en RFA et RDA sont présentes sur une base irrésiliable, jusqu'à ce qu'il y ait un tel traité, (cf. article 3 du traité de stationnement des troupes des trois alliés occidentaux en RFA et réglement correspondant entre l'Union soviétique et la RDA). Par ailleurs, les quatre (!) alliés ont réciproquement confirmé encore une fois en 1972, dans l'accord de Berlin (sur les rapports entre les deux Etats allemands, ndlr.), leur droit d'occupation comme vainqueurs. Cette souveraineté limitée des deux Etats allemands et l'état d'occupation à Berlin seraient inconciliables avec un ordre pacifique organisé comme à l'accoutumée.
Nous avons cette conception non seulement parce que la situation actuelle ne permet pas le droit à l'autodétermination, mais aussi, parce qu'elle est la justification des pactes militaires, de la présence des troupes soviétiques et de leurs armes nucléaires dans les pays limitrophes d'Europe de l'Est, ainsi que de la présence correspondante des alliés occidentaux, au moins des Américains. RFA et l'Union soviétique, la Pologne et la Tchécoslovaquie sont, tout comme les traités entre la RDA et l'Union soviétique, des ersatz de traités de paix. Nous croyons que les deux tabous abordés par vous doivent être simultanément brisés pour surmonter la partition de l'Europe. Comme premier pas dans le domaine militaire, certaines mesures, notamment des réductions de troupes, une surveillance des armes chimiques et bactériologiques, des zones dénucléarisées, peuvent
Dans le domaine économique, notre but pourrait être atteint par un commerce Est-Ouest intensif dans un échange simultané de technologies. En raison de notre expérience quotidienne d'une superstructure super-bureaucratisée comme la CEE, nous voyons moins que vous dans un rapprochement CEE-COMECON propice à une évolution pacifique en Europe. Nous voyons l'élargissement de la CEE comme étant trop étroitement lié à celui de l'OTAN, pour que nous puissions y voir un signal positif pour l'avenir de l'Europe. Ne s'agit-il pas plutôt d'un élargissement du bloc économico-militaire de l'Europe de l'Ouest ? Cela n'aurait-il pas eu plus de signification pour l'avenir de l'Europe unie si l'Espagne et le Portugal avait rejoint le groupe des pays européens neutres au lieu d'aggrandir un des blocs ?
La CEE a peu contribué à l'élimination de la misère aux lisières de l'Europe du Sud et de l'Ouest. Plus personne ne parle de l'espoir d'une évolution démocratique de ce bloc économique. A l'ombre de la bureaucratie bruxelloise de la CEE et des décisions du conseil des ministres, le Parlement européen n'a presque pas de signification. Nous craignons aussi que les nouveaux développements dans le cadre de l'Union de l'Europe occidentale (UEO) (1), pour édifier une industrie d'armement commune ne favorise l'émancipation politique de l'Europe de l'Ouest, mals correspond plutôt au souhait d'en faire une troisième grande puissance militaire.
Nous croyons que votre vision de l'Europe correspond plutôt à nos représentations et espoirs : « La liberté et la dignité des particuliers commandent la liberté et l'autodétermination des nations. Et seules des nations souveraines peuvent transformer l'Europe en une communauté de partenaires égaux, qui ne représenteraient pas la menace d'une guerre nucléaire totale, mais au contraire servirait d'une coexistence pacifique Initiative pour un Dialogue Est-Ouest, 1. Les membres de l'UEO sont la France, PItalie, les Pays-Bas, le Luxembourg, la RFA, le Royaume-Uni et la Belgique. Le but de l'UEO est l'intégration européenne progressive dans les domaines économiques, politiques et militaires. L'organisation possède un Comité permanent des armements.
Lettre du KOS polonais