Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

DOSSIER MOUVEMENT PACIFISTE

Réponse à « Politikus »

· Inprecor n° 212, 3 février 1986 · p. 24-25 · 785 mots

Paix et armements URSS et Russie

Es positions détendues dans l'article précédent ont trouvé une réponse dans une contribution écrite par Petr Unl, parue dans le même numéro de Gegenstimmen, qui critique l'analyse faite par « Politikus » des responsabilités respectives de l'Union soviétique et de l'impérialisme dans les dangers qui menacent l'humanité. •

Réponse à Politikus

L'apologie de l'OTAN proposée par Politikus me déconcerte par sa cité et par sa sélection appropriée des faits. Une discussion avec des gens qui partageraient ses points de vue serait sûre. ment très difficile. Mais je suis un optimiste et souhaite croire que la description et l'analyse de la situation générale dans le bloc occidental, au niveau des rapports économiques et sociaux, des alliances politico-militaires dans les quarante dernières années aussi bien qu'au niveau des rapports culturels, nationaux etc. plus compréhensible pour les gens en Tchécoslovaquie que le serait un exposé des rapports (sociaux, ndt.) dans les dictatures bureaucratiques de type soviétique adressé aux populations d'Amérique latine, d'une grande partie de l'Asie et de la majorité de l'Afrique ou même à la population d'Europe de l'Ouest et des Etats-

Notons pourtant que les habitants d'Europe de l'Ouest et des Etats-Unis peuvent se consoler de leurs problèmes quotidiens du fait, qu'à la différence de90 % du reste de l'humanité sur laquelle repose le coût du bien-être relatif des sociétés occidentales, ils « vivent dans une association d'Etats libres et indépendants avec des parlements élus et des gouvernements démocratiques dans lesquels les droits de l'homme sont respectés ». Même ces gens d'Europe de l'Ouest et des EtatsUnis — je ne parle pas ici des populations du soi-disant Tiers Monde — sont parfois si ingrates qu'elles ne savent pas prendre en considération ce fait et exigent impudemment la solution de leurs problèmes, parfois même en faisant référence à des violations des droits de l'homme, des restrictions de démocratie et de liberté, et à l'indépendance problématique des

Je reste ainsi optimiste - la Bohême a toujous été un creuset de cultures - et je veux croire que nous, si nous poursuivons la discussion avec un minimum de dignité, dont manque jusqu'ici Politikus, nous clarifierons l'amour de la paix de l'OTAN et la politesse américaine, sur laquelle nous avons rassemblé tant de preuves amères ces quarante dernières années.

Après tout l'avis de Politikus est digne d'être mentionné, à savoir que dans l'Appel de Prague - même si cela n'est pas abordé directement - découle une mise en équivalence du Pacte de Varsovie et de l'OTAN. Politikus avance que ceci contredit son (sic !) expérience de la vie pensant qui a vécu l'année 1968 en Tché-

En ce qui me concerne, si j'ai signé

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l'Appel de Prague, c'est aussi parce qu'il ne met pas un tel signe d'égalité : mon expérience de vie contredit un tel point de vue que j'écarte comme européocentrique, simpliste et politiquement faux. La comparaison du potentiel économique et militaire des deux grands blocs (dans le sens des superficies et des populations) ainsi que les analyses des systèmes politiques et sociaux de ces blocs dans leur développement historique et finalement l'étude de leur « agressivité », — la dynamique comme les concessions au sein de la sphère du pouvoir - tout cela me convaine de la suprématie de l'impérialisme américain et du capital international sur le bloc soviétique.

Ce sont justement les rappports de production capitaliste dominant dans ces pays, combinés avec leur grande puissance militaire, embrassant presque le monde entier, qui représentent un obstacle essentiel à un développement harmonieux de l'humanité. Le blocage du stalinisme en Union soviétique, lequel doit être écarté de manière révolutionnaire, joue les deuxième violon dans l'orchestre de la politique mondiale. Les malheurs dont souffre l'humanité et les dangers auxquels elle est exposée à cause du stalinisme ont toujours été moins grave que les conflits suscités par le capital mondial et l'impé-

Je pense que dans un proche avenir, il va falloir que j'analyse ces positions que je défends en les confrontant aux faits, ne serait-ce que parce que mon point de vue n'est pas très répandu dans ce pays ni en aucune manière populaire. Si je justifiais mes positions en toute honnêteté, elles ne seraient peut-être plus considérées comme démobilisatrices. En effet, j'ai toujours affirmé qu'il est de notre devoir de critiquer publiquement avant tout les contradictions sociales (erreurs, injustice, illégalité), que nous voyons dans notre entourage immédiat, et je me suis efforcé de vivre suivant ce principe. Il en va aussi pour moi toujours du contexte général de notre action, de l'avenir et de la direction dans laquelle nous avançons dans ce pays, en Europe comme dans le monde entier.

Petr UHL, le ler octobre 1985 pent pas à l'Est pas seulement, ni même principalement, parce qu'ils ne seraient

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