'EST incontestablement l'engagement entre les deux tours de l'électorat de gauche contre le candidat de droite Freitas do Amaral, qui a permis la victoire de
A l'issue du premier tour, qui a eu lieu le 26 janvier dernier, l'écart était important en faveur du candidat de droite qui avait frôlé la majorité absolue avec 46,3 % des suffrages contre 26 % pour Mario Soares, le premier de ses concurrents (1). Le second tour, qui eut lieu à la mi-février, les résultats s'inversèrent, et Mario Soares rem
Sa victoire électorale est donc très nettement le produit de la mobilisation de l'électorat de gauche, à un moment où nombre de commentateurs politiques donnaient Freitas do Amaral vainqueur. Ce qui fit titrer l'éditorial du Monde du 18 te. A la conférence des femmes de l'IG-Metall de novembre 1985, elles ont sommé leur direction de défendre, conformément aux statuts du syndicat, le droit de résistance garanti par la Constitution et à riposter par la grève au projet de loi. Quelques jours plus tard, Hans Mayr, président de l'IG-Metall, qui avait auparavant mis les femmes en garde contre une grève générale, changeait de ton et déclaà une conférence nationale des fonctionnaires à Francfort : « Nous devons maintenant chasser de nos têtes toute idée qu'il existe une alternative à une mobilisation d'ensemble. » Les 10 et décembre, 350 000 personnes participèrent à une grève d'avertissement. Dans des villes comme Dortmund et Cologne, les trams et les bus n'ont pas roulé, dans le cadre des actions de solidarité de la fonction publique. Résultat de ces grèves : les membres démocrates-chrétiens de la DGB exigèrent de « leur » ministre du Travail qu'il modifie son projet de loi ou qu'il le retire. Leur regroupement, l'Union démocrate chrétienne-commissions sociales (CDU-SS), est menacé d'éclatement.
La direction confédérale de la DGB ne veut pour l'instant rien entendre d'une grève générale de protestation. Poussée par Rappe, président de lIG-CPK, elle a décidé qu'un appel à la grève ne pourrait venir que d'une réunion extraordinaire de la direction. Cependant, la direction de l'IG-Metall a réaffirmé avec force sa détermination à intensifier ses actions pendant la discussion de la loi au Parlement, discussion qui peut durer jusqu'en mai. Hans Janssen, représentant de l'aile de l'IG-Metall favorable à l'affrontement, s'exprime ainsi dans une interview : « Notre résistance suffira à dissuader le gouvernement d'effectuer sa modification. » Hans Janssen est aussi le porte-parole des militants qui proposent, dans cette situation, une nouvelle mobilisation sur les 35 heures.
Au cours de la réunion de la direction des 14 et 15 janvier 1986, cette position a remporté un succès partiel. Les dirigeants de l'IG-Metall « recommandèrent » aux commissions négociant sur les commissions collectives, non seulement de négocier sur la base de 6 à 7,5 % d'augmentation pour les négociations salariales prévues en mars, mais aussi de dénoncer au plus tard à la fin de l'année les accords sur le temps de travail, et de faire ainsi des 35 heures hebdomadaires un thème central lors des élections législatives de mars 1987.
Le Groupe marxiste internationaliste (GIM, section allemande de la IVe Internationale) soutient avec les Verts, les sociaux-démocrates et les syndicats, un appel national à la solidarité en défense du droit de grève, qui réclame en même temps une initiative parlementaire pour interdire le lock-out. La fraction parlementaire des Verts a déjà rédigé un projet de loi dans ce sens. •
Peter BARTELHEIMER, Francfort, le 1er février 1986. |
PORTUGAL
Mario Soares aux récentes élections présidentielles. porta 51,35 % des suffrages exprimés. • février 1986 « Mario Soares, le phénix ». Francisco LOUÇA
La récente campagne électorale pour élections présidentielles, qui ont eu lieu en deux tours aux mois de janvier et février 1986, a été un événement important de la vie politique portugaise. Depuis déjà plusieurs années la succession de Ramalho Eanes - le général qui avait commandé les troupes militaires lors du coup d'Etat du 25 novembre 1975 et qui après avoir exercé deux mandats présidentiels était consitutionnellement dans l'impossibilité d'en briguer un troisième — était analysée comme un facteur essentiel pour la stabilité politique du régime.
L'attente était grande et la campagne électorale était déjà lancée de fait depuis de longs mois. Mario Soares était alors le principal candidat en lice. Premier ministre pendant presque toute l'année 1985, le leader du Parti socialiste portugais dirigea jusqu'aux élections législatives du 6 octobre 1985 une coalition gouvernementale avec le principal parti bourgeois, le Parti social-démocrate (PSD), disposant ainsi d'une large majorité parlementaire. Son projet était ouvertement aux présidentielles le candidat du PS et du PSD, ce qui avait alors la faveur des principaux dirigeants bourgeois et des conseillers de l'ambassade améri-
Pour obtenir l'appui des partis bourgeois à sa candidature, Soares orienta aussi le PS vers la consitution de fronts électoraux avec le PSD et le CDS, parti chrétien de droite qui représente environ 10% du corps électoral, lors des élections municipales de décembre dernier dans le but de déloger le Parti communiste portugais (PCP) des mairies qu'il dirigeait. En général, ces coalitions électorales ne parvinrent pas à leur objectif.
Tout au long de l'année dernière, deux facteurs vinrent ébranler le plan de Mario Soares.
En premier lieu, l'opposition populaire aux mesures d'austérité imposées
La victoire électorale de
Mario Soares
par le gouvernement. Même si elle ne se traduisit pas par de grandes luttes, celle-ci donna néanmoins naissance à un sentiment généralisé de mécontentement que les élections parlementaires du 6 octobre vinrent exprimer clairement avec la réduction du score du PS de 36 % à 20 % des suffrages exprimés (2). La généralisation des scandales, comme celui des salaires payés en retard qui concerne les entreprises qui cessent de payer leurs salariés y compris lorsque ces derniers continuent de travailler et qui touchent 150 000 salariés, a aussi contribué à cette chute de popularité du gouvernement de coalition
Le second facteur qui vint précipiter les élections générales anticipées d'octobre dernier, fut la crise interne du second parti de la coalition gouvernementale, le PSD. Représentant le parti de la bour-
25 avril 1974, le PSD a vu sa base se révolter contre la marginalisation de ce parti par rapport au PS aussi bien au sein de la coalition gouvernementale que dans le cadre du soutien à la candidature présidentielle de Mario
D'un autre côté, la mort du président du PSD, qui favorisait la candidature de Mario Soares, ouvrit la voie à l'expression d'un mécontentement au sein du PSD. Un congrès de ce parti modifia alors la composition de sa direction. La nouvelle direction du PSD rompit immédiatement la coalition gouvernementale qui la liait au PS, ce qui provoqua la convocation des élections législatives anticipées du 6
1. En plus des trois candidats de gauche dont on parle dans cet article, le PCP avait dans un premier temps présenté un membre de son comité central, Angelo Beloso. Celui-ci annonça dès le début de sa campagne électorale son intention de se désister au premier tour pour Zenha, considéré par le PCP comme « la seule candidature démocratique susceptible de battre électorale du Parti socialiste » dans Inprecor numéro 208 du 2 décembre 1985.
parti, Force d'unité populaire (FUP), Otelo Saraiva de Carvalho est toujours à la prison de Caxias, de sinistre mémoire puisqu'elle fut la principale prison politique sous la dictature. Tout porte à croire que cette incarcération qui dure déjà à ce jour seulement trois accusés ont été entendus, il en reste encore environ une quarantaine et plus de 700 témoins. La lenteur de la procédure judiciaire est, à elle seule, très illustrative de la manière de rendre une certaine justice. De nombreux observateurs, des juristes et les avocats des accusés ont été amenés à dénoncer ce processus judiciaire comme étant le résultat d'une machination policière organisée dans des buts politiques bien précis : il s'agit de neutraliser un militaire qui conserve un important prestige populaire du fait de son rôle dans la révolution des œillets. Toutefois, l'objectif fondamental de cette opération policière semble plutôt d'appuyer la campagne pour l'adoption d'une nouvelle loi sur la sécurité destinée à instituer une police politique organisée qui n'existe plus, du moins légalement, depuis le 25 avril 1974. A l'appui de cette thèse, il faut noter que l'infiltration et la manipulation policière de l'organisation terroriste FP-25 s'est vu confirmée par les récentes actions de cette organisation qui contribuèrent à porter préjudice à la défense des accusés ou qui favorisérent la droite comme lors de l'assassinat politique à la veille du second tour des tation d'ex-dirigeants du FUP comme des provocateurs policiers, et du fait de l'orientation d'une défense qui argumente qu'il y avait bien un projet de créer une organisation armée mais que celle-ci n'était pas encore entrée en action, le mouvement de solidarité et de lutte contre la répression s'est très faiblement développé au Portugal. Alors même qu'il connaît un certain développement dans d'autres pays, comme en Grèce par exemple. Aussi, un an et demi après l'arrestation et l'emprisonnement de Otelo de Carvalho, alors qu'aucune décision de justice n'a été rendue et qu'aucune preuve substantielle ne vient étayer l'accusation, depuis un an et demi va encore se prolonger.
élections présidentielles du directeur général des prisons.
la protestation contre l'arbitraire policier et l'exigence doivent être plus que jamais renforcées.
est accusé d'être le dirigeant. octobre 1985 que le PSD remporta avec 36 % des suffrages exprimés. C'est cette nouvelle direction du PSD qui encouragea l'apparition d'un concurrent bourgeois à la candidature présidentielle de Soares, en la personne du démocrate chrétien Freitas do Amaral.
DES PRIMAIRES A GAUCHE Le premier tour des élections présidentielles qui eut lieu en janvier 1986 enregistra un triomphe du candidat de la droite unie, Freitas, qui frôla la majorité absolue en remportant 46,3 % des suffra-
Trois candidats se réclamant de la - Mario Soares, Salgado Zenha et Lourdes Pinta Silgo - se disputaient quant à eux la possibilité de participer au second tour de ces élections qui ne pouvait opposer que les deux candidats arrivés en tête.
Salgado Zenha était encore à la veille des élections membre du PS, dont il fut pendant longtemps le numéro deux avant de rompre avec Mario Soares en 1980. Cela fut une raison suffisante pour lui obtenir l'appui simultané du PCP et du général Eanes, tous deux attachés à essayer de réduire le rôle de Mario Soares dans la vie politique du pays.
La troisième candidate, Lourdes Pinta Silgo, a eu une trajectoire politique plus
OTELO DE CARVALHO : EN PRISON DEPUIS UN AN ET DEMI
Emprisonné en juillet 1984 avec quelques dizaines de militants de son
Le jugement du « cas des FP-25 » a débuté il y a environ six mois (1). Mais
Du fait de la confusion de la situation qui est encore aggravée par la présen-
1. Les Forces populaires du 25 avril (FP-25) sont une organisation terroriste dont Otelo sinueuse. Fonctionnaire du corps diplomatique durant la dernière année dictature, Pinta Silgo s'acquitta de tâches confiance pour le gouvernement, notamment à l'ONU, en remplissant scrupuleusement les orientations du dictateur.
Le 25 avril 1974, on la retrouve parmi les nouveaux démocrates et le président
Eanes la nomme premier ministre en
1979 pour une courte période. Liée depuis lors à des groupes catholiques de gauche, pour avoir établi quelques droits essentiels des femmes lorsqu'elle était au gouvernement, et du fait de sa rhétorique pacifiste et vaguement critique vis-à-vis de l'Organisation du traité de l'Atlantique-Nord (OTAN) et de la Communauté économique européenne (CEE), Lourdes
Pinta Silgo connaîtra une grande popularité à partir de la fin des années 1970. A tel enseigne que, durant de longs mois, les sondages la donnèrent favorite pour ces
Elle obtint d'ailleurs clairement la préférence de vote des militants et électeurs du PCP et des partisans de Eanes, ces derniers ayant récemment formé un parti politique, le Parti rénovateur démocratique (PRD), qui obtint 18% des suffrages exprimés lors des élections législatives d'octobre 1985. La réussite de
Pinta Silgo est liée à son extraordinaire capacité à concilier la sympathie d'importants secteurs de l'électorat mécontents de la politique institutionnelle, du fonctionnement du régime et de la crise socia-
La radicalisation du discours politique de Pinta Silgo, bien qu'il se maintint toujours dans le cadre des grandes options du système actuel (de défense de la propriété privée, de l'Eglise etc.) amena une partie de l'extrême gauche à lui apporter son soutien. Cela provoqua aussi quelques difficultés à la direction du PCP pour convaincre ses électeurs de voter en faveur de Salgado Zenha, le candidat aux présidentielles soutenu au premier tour par le PCP.
Toutes ces candidatures à gauche conduisaient de toute manière à une remise en cause de l'histoire récente de la révolution des œillets. Contre le candidat de la droite, Freitas, qui avait été le dauphin du dernier dictateur, se présentaient en effet trois candidats qui, soit avaient entretenus aussi des relations de compromissions avec la dictature comme Pinta Silgo, soit cherchaient à créer des espaces de consensus au nom de la lutte contre « l'anarcho-populisme », contre tiatives révolutionnaires de la période ouverte par le 25 avril, et pour la stabilisation politique du régime. Soares et Zenha, tous deux champions du régime actuel, dont le PS a été un élément fondamental, ont fait campagne contre les « extrêmismes de gauche et de droite », en avançant de vagues promesses « de démocratiser la vie
LA VICTOIRE FINALE DE SOARES
Devançant Zenha et Pinta Silgo d'une courte tête, Mario Soares se retrouva au premier tour avec 26 % des suffrages contre 46,3 % au candidat de la droite. Le PCP appela alors à voter pour Mario Soares au second tour. C'est le vote massif de la gauche au second tour en sa faveur, dans une unanimité qu'il était difficile de prévoir quelques mois auparavant, qui lui donna finalement la victoire. Ce résultat doit être compris comme un vote fondamentalement destiné à s'opposer à la victoire de Freitas, dont les craignaient qu'elle accentue une politique de réduction des libertés démocratiques et qu'elle offre une plus grande politique au régime contre les travailleurs. C'est ce qui explique l'explosion de joie populaire le soir de l'annonce des résultats, auxquelles se joignirent dans la rue des militants de tous les partis de gauvictoire électorale de Soares ne va pas empêcher le gouvernement du PSD de se maintenir dans ses fonctions. Selon la Constitution portugaise, c'est le gouvernement qui concentre la majeure partie des pouvoirs politiques, pouvant ainsi gouverner, à la différence de la France par exemple, sans grande interférence de la part du président de la République. La défaite de la droite est donc plus importante au niveau politique et psychologique que pour les conséquences qu'elle aura en termes de réduction réelle de la
capacité d'action de son gouvernement. Elle est néanmoins un facteur suffisant pour créer quelques tensions internes au bloc qui appuie le gouvrnement et pour favoriser une plus grande disponibilité à la lutte de la part des secteurs ouvriers qui ont jusqu'alors supporté les mesures d'austérité sans trop réagir.
QUELQUES QUESTIONS QUI
RESTENT OUVERTES Cette succession d'élections ces derniers mois, législatives en octobre 1985, municipales en décembre 1985, les deux tours des présidentielles en janvier et février 1986, révèle une série de contradictions politiques que nous allons évoquer rapidement.
La première question est relative à l'apparition de deux mouvements distincts qui, au niveau électoral, donnent des indications importantes sur la structure politique du pays.
Le premier de ces mouvements prédomine dans les phases de plus grande stabilité politique, lorsque par exemple le gouvernement est une alliance PS-PSD ou lorsqu'est assurée l'alternance de ces deux formations. Cette évolution est caractérisée par une très lente homogénéisation nationale de l'électorat des principaux partis de gauche et de droite, surtout marquée par la croissance du vote PCP dans la région rurale du Nord et du vote PSD dans le Sud urbanisé. S'expriment ainsi à la fois un processus d'industrialisation et de syndicalisation croissante dans le Nord du pays en même temps que l'oscillation d'importants secteurs petits bourgeois et populaires urbains entre le vote pour le PS et celui pour le PSD.
Le second mouvement que l'on peut constater apparaît au contraire dans les périodes de plus grande instabilité et de confrontations politiques. Il révèle qu'il se maintient malgré tout une nette division nationale entre les zones électorales difficulté à résoudre la crise de direction politique de la bourgeoisie, que cette élection présidentielle a mis en évidence. Le PSD et le CDS, avec leur candidat à la présidentielle (et même durant un certain temps lors de leur accord avec le PS pour soutenir Mario Soares) proposaient purement et simplement de modifier la loi électorale pour garantir la stabilité parlementaire et, partant, gouvernementale (3). Dans le même temps, la nouvelle loi sur la sécurité, dont le prélude a été l'emprisonnement d'Otelo et son procès, établira des normes de fonctionnement plus rigoureuses et répressives que celles qui étaient formellement en vigueur sous la dictature. Et son enjeu est d'ores et déjà la constitution d'une police politique.
Il est évident que l'élection de Soares et le soutien qu'il obtint finalement du PCP contre le candidat de la droite, perturbèrent un peu ces plans. Toutefois, le mouvement ouvrier aura peu de force pour intervenir dans ces débats concernants les libertés démocratiques et le système électoral, dans la mesure où il maintient une position de subordination à certaines personnalités bourgeoises dont la compromission avec ces manœuvres est
La troisième question introduite par ce cycle électoral est relative à la chute vertigineuse des scores du PS en octobre 1985 (de 36% à 20% des voix) et sa remontée en février 1986 avec la victoire à l'élection présidentielle. Le syndrôme du phénix qui renaît de ses cendres a fonctionné parfaitement pour la socialdémocratie même au prix d'une altération de son orientation politique qui évolua depuis une alliance gouvernementale et électorale avec les partis de droite (dont le prix fut la perte de voix lors des élecde décembre 1985) jusqu'à un appel à un vote de gauche « contre le candidat conservateur et son passé fasciste » lors des élections présidentielles, avec le résultat que l'on sait. Que cette modification d'orientation ait eu le résultat escompté, voilà qui nous éclaire sur les contradictions du PS et de ses liens avec la classe ouvrière, contradictions qui se répercutent dans son orientation politique.
Mais le plus intéressant est de comprendre maintenant que la récente victoire de Mario Soares est parvenue dans une certaine mesure à blanchir le gouvernement dirigé par le leader socialiste du bilan concernant ses alliances avec la droite, sa politique d'austérité, son fonctionnement clientéliste et corrompu. Pour les révolutionnaires qui se proposent de faire émerger une alternative politique aux partis réformistes, c'est là la question fondamentale à laquelle ils se sont trouvés confrontés dès le lendemain des élections présidentielles, une fois défait le candidat de la droite, ce dont ils ne pouvaient par ailleurs que se féliciter.
Reste enfin la dernière interrogation qui est relative au débat ouvert dans un
Mario Soares. (DR) important secteur du mouvement de masses par l'échec évident de la politique que le PCP mène depuis 1980 et qui avait pour objectif central de promouvoir la parti du général Eanes et de réduire de manière décisive l'influence du PS. Cette stratégie n'est pas parvenue à empêcher Soares de se retrouver au second tour des élections présidentielles comme représentant de la gauche. La direction du PCP, en grande partie en vertu d'un réflexe antifasciste dont l'importance peut être appréciée à la lumière de l'histoire de ce parti, a dû alors convoquer un congrès extraordinaire en quatre jours pour modifier l'orientation antérieure qui interdisait tout vote en faveur de Soares et appeler à voter contre la droite au se-
En contrepartie, le PCP se prononce maintenant pour la constitution d'un gouvernement de majorité de gauche, proposition qu'il abandonnera rapide ment pour en revenir à une politique de dénonciation de la direction de Mario Soares. Ce qui fait qu'aujourd'hui, à la différence des années passées. le PCP se trouve sans objectif l'utilisation de la psychologie de la « forteresse assiégée » qui est par définition l'expression d'une position défensive et fragile. L'analyse du bilan de l'échec de orientation, de son sectarisme et des évolutions pendulaires de sa politique, sera donc un élément important pour l'évolution du débat politique au sein d'une partie significative du mouvement ouvrier.
Francisco LOUÇA, Lisbonne, le 28 février 1986. 3. L'actuelle loi électorale établit un système de représentation proportionnelle par district au scrutin de liste, calculée suivant la méthode de Hondt. Elle permet aussi un accès égal de toutes les listes aux moyens de communication, y compris la télévision et la radio, durant la campagne électorale.