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MOZAMBIQUE
Difficultés grandissantes pour le régime du Frelimo Après plusieurs mois de revers, les rebelles réactionnaires mozambicains ont repris l'offensive et infligé une sévère défaite au gouvernement du président
La reconquête par la Résistance nationale du Mozambique (RNM) de son quartier général situé à Gorongosa au centre du Mozambique à environ 122 kilomètres du port de Beira il y a trois semaines est une victoire clé pour cette organisation. Des responsables militaires zimbabwéens ont indiqué maquisards ont pris d'assaut ce camp dans la nuit du 14 février, mettant en fuite un mozambicains abandonnèrent leurs véhicules des armes antiaériennes et d'importants stocks de munitions. Ils se seraient enfuis sans livrer bataille. Cette base, qui dispose de sa propre piste d'aviation, de générateurs d'électricité et d'ateliers était tombée en août aux mains des forces régulières mozambico-zimbabwéennes. Cette victoire avait suivi de près la décision du Premier ministre du Zimbabwe Robert Mugabe d'engager entre 10 000 et 15 000 hommes au Mozambique afin de briser les arrières de la RNM.
Cette nouvelle offensive de la RNM n'est possible que grâce à l'aide sud-africaine. Celle-ci s'est poursuivie malgré la signature en mars 1984 de l'accord de engageant prétendûment le Mozambique et l'Afrique du Sud dans des relations de coexistence pacifique (cf. Inprecor numéro 173 du 14 mai 1984). L'aide à la RNM divise quelque peu le gouvernement sud-africain et le lobby militaire, car il s'agit de ne pas pousser trop loin l'avantage si Pretoria veut en tirer tous les bénéfices politiques et économiques. Mais le soutien sud-africain à la guérilla de la RNM n'a pourtant pas cessé, malgré les scandales et les révélations faites en Afrique du Sud même, montrant amplement que l'accord de Nkomati n'avait été pour le gouvernement sud-africain qu'un chiffon de papier.
Même si le régime mozambicain maintient ses proclamations « socialistes » et « anti-impérialistes », il n'est pas vu pour autant par l'administration Reagan comme l'est le gouvernement angolais. De ce dernier, Washington tente d'obtenir le départ des troupes cubaines. Vis-à-vis du Mozambique au contraire, Reagan a adopté un profil plus pragmatique et ce, à la surprise de son entourage réactionnaire. Conscient des limites de cette sorte de régime et informé que la guérilla de la RNM met le FRELIMO à genoux, il s'est montré très ouvert à son endroit et a plaidé pour l'investissement américain au Mozambique.
Samora Machel, le chef de l'Etat mozambicain, s'est rendu à la Maison blanche en septembre 1985 mais l'administration américaine n'a pu convaincre le Congrès de débloquer une quelconque aide militaire. Reagan veut jouer au plus fin mais il a tout de même bien du mal à expliquer pourquoi il faut aider l'Union pour l'indépendance totale de l'Angola de l'Angola (UNITA) de Jonas Savimbi contre le régime en place tandis qu'il faut au Mozambique aider le gouvernement légitime du FRELIMO ! Le gouvernement de la République d'Afrique du. Sud profite de ces contradictions, du moins certaines fractions de l'appareil d'Etat. Le résultat en est cette avancée notable de la guérilla
L'affaiblissement militaire du régime mozambicain vient s'ajouter à de graves difficultés économiques et sociales dans certaines zones rurales. Au-delà du problème militaire, c'est d'abord le lourd héritage colonial ainsi que dix ans de difficultés et d'erreurs qui rendent la situation encore plus grave. La RNM parfaitement conseillée par des Sud-africains, a utilisé toutes les possibilités qui lui étaient ainsi offertes pour déstabiliser le régime. La reconquête de la base de Gorongosa a beaucoup mécontenté commandement militaire zimbabwéen qui a déclaré que les troupes mozambicaines affectées à la garde de ce camp n'avaient pas été approvisionnées pendant les trois semaines qui précédèrent l'assaut et que leur moral était sévèrement atteint.
La RNM a également renforcé sa pression dans la basse vallée du fleuve Zambèze, où se trouvent quelques unes des plus importantes plantations de cannes à sucre du pays. Deux d'entre elles, au moins, ont dû être fermées récemment. Elles étaient au nombre de celles qui rapportaient quelques devises étrangères à l'Etat. La RNM a par ailleurs relancé ses attaques autour de Maputo : les trains, les autobus sont ses cibles et elle pose en même temps des mines sur la plage située au Sud de la ville.
Les lignes à haute tension qui viennent d'Afrique du Sud ont été coupées semaines, le gouvernement a annoncé que été tués et que vingt autres avaient été blessés par des commandos de la RNM sur la route reliant Maputo au Swaziland.
Harare a payé un lourd tribut pour soutenir militairement son voisin mozambicain. Bien qu'aucun chiffre n'ait été rendu public, on estime le coût du soutien zimbabwéen à 325 000 dollars par jour. Robert Mugabe s'était d'ailleurs rendu en Union soviétique en décembre en partie pour obtenir une aide militaire qui aurait pu rendre financièrement plus supportable cette opération pour le Mozambique. Le Zimbabwe aurait été adopter un profil bas depuis janvier, en réduisant de plusieurs milliers
Uses fantassins au Mozambique,
•défensive le long du corridor de Beira et en installant à Chimoio le quartier général d'une force d'interven-
Les troupes du Zimbabwe se sont déployées pendant quatre ans le long de ce corridor qui comprend une voie ferrée, une route et un oléoduc qui tous relient