Les élections régionales du 16 mars dernier ont donné un résultat significatif pour les trois listes se situant à savoir : celles du Mouvement pour l'indépendance de la Martinique (MIM), Combat ouvrier (CO), formation liée à l'organisation métropolitaine Lutte ouvrière, et la liste unitaire impulsée par le Groupe révolution socialiste (GRS), section antillaise de la IVe Internationale. Dans le contexte d'un résultat général qui donne 44,06 % des suffrages à la gauche réformiste (principalement Parti progressiste martiniquais d'Aimé
Césaire et le Parti communiste Martiniquais) et 45,01 % à la droite, soit un nombre équivalent de sièges au conseil régional, le MIM obtient 5 465 voix soit 4,86% des suffrages, CO en remporte 2 428 soit 2,16 % et le GRS 1 106 voix
Ainsi ces trois courants de l'extrême gauche indépendantiste totalisent 8,01 % des suffrages exprimés soit 9 000 voix sans pour autant obtenir le moindre siège, compte tenu de la barre antidémocratique
5% imposée pour l'application du scrutin à la proportionelle. GRS, analyse ce résultat dans son numéro du 22 mars 1986 dans un article dont nous reproduisons ci-après de très larges
Le MIM, Combat ouvrier et le GRS totalisent 9 000 voix soit 8 % des sufframais c'est le GRS qui a le moins bénéficié de cet accroissement des voix. La signification rechercher dans le style des campagnes et les motivations de vote.
Pour le MIM, beaucoup nialistes ont tenu compte du fait que le MIM avec sa municipalité avait une chance de franchir la barre des 5 %, et malgré les critiques qu'ils sont amenés à faire au MIM, quant à son sectarisme hautain à l'égard des autres courants et particulièrement du courant trotskyste, lui ont accordé leur vote (le MIM détient une mairie dirigée par Alfred Marie-Jeanne, ndlr.). On peut donc dans une certaine mesure, parler de la pression du vote utile à l'intérieur du camp indépendantiste. On a voté pour celui dont on pensait pouvait avoir la possibilité franchir la barre des 5 %. En outre, il est indéniable que le MIM a capté une partie de l'électorat de la gauche classique déçu par la politique menée par leurs diri-
Nous aussi nous nous sommes adressés à cet électorat, mais avec un langage
En effet Combat ouvrier et le MIM ont caressé dans le sens du poil, cette frange importante de la population laborieuse qui vote à gauche.
Pour le MIM, les résultats de la politique d'abandon de la revendication nationale par la gauche, c'est la vieille droite assimilationniste qui reçoit le renfort de la nouvelle droite (c'est-à-dire la gauche classique), elle aussi assimilationniste.
Pour Combat ouvrier, les résultats de la politique de collaboration de classes de la gauche, c'est la Droite et la Gauche « minm bet, minm poil » (blanc bonnet,
Le GRS avait fait un pari difficile. D'abord il critiquait la gauche à la fois sur sa politique de collaboration de classes (ce que faisait Combat ouvrier) et sur son abandon de la revendication nationale(ce que refusait de faire Combat ouvrier, mais que le MIM faisait avec toute sa phraséologie nationale de patriote et d'antitrotskyste). Ensuite, le GRS tenait aussi non seulement à dénoncer mais à proposer non pas le futur socialiste, le
grand rêve, mais des solutions de transition pour tout de suite.
Notre tort est certainement d'avoir mis trop de thèmes dans notre campagne. Pour éviter le simplisme et le sommaire, nous n'avons peut-être pas su mieux cibler notre auditoire. Nous avons à ap prendre que le mieux est parfois l'ennemi du bien. De toutes façons, aucune amertume à avoir, les 1 106 voix qui se sont portées sur notre liste montre que notre campagne très politique, a eu un écho à ne pas négliger.
Il s'agit aujourd'hui de s'appuyer sur ces 9 000 voix d'extrême gauche (...) Notre organisation n'est pas moins bien placée que d'autres pour intervenir dans cette frange de nos compatriotes.