Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

IRAN

Comment Khomeiny a écrasé le mouvement ouvrier

· Inprecor n° 219, 12 mai 1986 · p. 21-23 · 3 188 mots

Iran Syndicalisme

IRAN OUs publions ci-dessous la première partie d'un article sur l'évolution du mouvement ouvrier iranien depuis le déclenchement par le régime khomeiniste, en juin 1981, d'une offensive visant à briser toute forme d'organisation ouvrière indépendante de l'Etat islamique. Cette partie traite de la période d'attaques tous azimuts contre les organisations ouvrières dans les six derniers mois de 1981. Nous publierons par la suite les deuxième et troisième parties, qui examinent les luttes et le début de remontée du mouvement ouvrier iranien jusqu'à l'été 1985. Cette première partie est précédée par une présentation générale de l'évolution de l'activité ouvrière et du mouvement de masse, de 1981 à 1985.

La vague de terreur déclenchée par le régime islamique en juin et juillet 1981 a rapidement conduit à une défaite générale du mouvement de masse révolutionnaire et à une totale prise de contrôle des institutions post-révolutionnaires par la fraction cléricalo-bourgeoise. Les forces les plus importantes de la gauche qui prétendaient défendre la classe ouvrière et qui bénéficiaient d'un appui considérable en son sein, n'étaient pas préparées à cet assaut contre-révolutionnaire. Ces forces — conduites par le parti pro-Moscou du Toudeh et leurs compagnons de route Fedayin (les Fedayin majoritaires ou Fraction Ekseriyat) (1) - ont continué a soutenir le régime des « Musulmans militants » en prétendant qu'il était au moins anti-impérialiste. Ils dénoncèrent la résistance à la terreur comme le produit de « complots impérialistes ». Dans les circonstances de l'époque, une telle attitude se traduisait par une coopération active avec les forces de répression de l'Etat bourgeois, à savoir l'armée des pasdaran, les andjomans islamiques, les homle mouvement ouvrier mes de main hezbollahi, les comités de l'imam Khomeiny, etc. (2).

Les opposants, dont la majeure partie était constituée par la Fraction des Fedayin minoritaires (Aghaliyat) et le Peykar, commirent l'erreur fondamentale de ne pas se démarquer de l'organisation des Moudjahidin (3). A cette époque, les Moudjahidin visaient à une prise de pouvoir rapide par en haut, espérant prendre le contrôle du gouvernement par les actions armées de leurs propres milices et par l'appui que leur avaient promis une fraction de l'armée et même du clergé chiite. Les conséquences de cette erreur ont été très graves. Les organisations ouvrières connurent une rapide désintégration. Les forces d'opposition de gauche les plus importantes déclinèrent avec les Moudjahidin sans avoir le temps de réaliser ce qui leur arrivait. Les forces contre-révolutionnaires se trouvèrent grandement renforcées. Après avoir sondé le rapport des forces, les réactionnaires lancèrent une attaque finale et décisive contre toutes les formes d'expression qui pouvaient rester du mouvement révolutionnaire. Les organisations qui avaient collaboré avec le régime, comme le Toudeh et les Fedayin majoritaires se trouvèrent elles-mêmes alors en ligne de mire, car on n'avait plus besoin de leurs services.

Le résultat le plus visible de cette période fut la destruction presque complète de toutes les organisations de masse indépendantes y compris les conseils ouvriers (shoras) potentiellement indépendants. Il s'ensuivit des arrestations massives et des exécutions sommaires de milliers de militants connus. La situation se détériora si rapidement qu'avant le troisième anniversaire de l'insurrection de février 1979 aucun des principaux acquis de la révolution ne demeurait intact. Face à cette défai-

Chaine de montage automobile en Iran. (DR)

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te, les opportunistes en tous genres - qui en fait avaient toujours sous-estimé le potentiel contre-révolutionnaire du régime bourgeois islamique et de ses troupes de choc petites-bourgeoises et qui ont été responsables de l'impréparation du mouvement révolutionnaire - prétendirent que leur erreur était d'avoir surestimé les capacités de la classe ouvrière islamique.

Les événements des quatre dernières années ont pourtant montré que les opportunistes se sont tout autant trompés sur la classe ouvrière qu'ils se sont trompés sur les dirigeants « islamiques ». La classe ouvrière reste, malgré la répression toujours croissante, la seule force sociale importante d'opposition à la contre-révolution. Le mouvement ouvrier a su résister à l'offensive capitaliste, reconstruisant petit à petit ses moyens de défense, et il commence même à se préparer à une confrontation d'ampleur. Il a déjà obligé le régime islamique à faire marche arrière sur des questions importantes.

La remontée du mouvement ouvrier doit être analysée dans ses différentes phases, et les changements qui sont intervenus doivent être compris. Cela est nécessaire pour permettre d'apprécier les possibilités qui existent dans la situation actuelle pour une renaissance future du mouvement de masse. Tout comme entre septembre 1978 et février 1979, où le mouvement ouvrier a contribué à la radicalisation du mouvement de masse contre le shah, il peut aujourd'hui donner une impulsion

L'offensive capitaliste a été lancée en juin 1981 après une période de déclin considérable du mouvement ouvrier causée par la guerre Iran-Irak, laquelle a commencé en septembre 1980. Utilisant cette guerre comme prétexte, les andjomans islamiques ont été utilisés avec succès par le régime pour s'opposer et perturber les acshoras indépendants.

presque toutes les grandes entreprises, il y avait, avant le déclenchement de l'offensive, des andjomans pro-régime puissants et armés, ayant des liens à l'extérieur avec des unités de pasdaran. Les exercices militaires qu'ils dirigeaient - quotidiennement dans la plupart des entreprises — étaient censés être des exercices d'entraînement de volontaires pour le front. En fait, ils avaient pour objectif de créer une atmosphère de peur et d'appréhension au sein des entreprises.

Le régime capitaliste a également réussi à imposer dans la plupart des entreprises une baisse importante des salai-

- en interdisant tout simplement toute augmentation et en laissant l'inflation faire le travail, ou en imposant des poncdirectes sur les revenus - et une augmentation des heures travaillées, sauf dans les secteurs les plus puissants de la classe ouvrière. La semaine de 40 heures a été remplacée par une semaine de 44 puis de 48 heures. De plus, pour aider les efforts de guerre du régime, des contrats d'augmentation de la productivité ont été imposés dans beaucoup d'entreprises.

DE JUIN A DÉCEMBRE 1981

Toutes ces mesures n'ont cependant pas été suffisantes pour inciter les investissements en capitaux et le retour des capitalistes qui avaient fui la révolution.

L'offensive de l'été 1981 a eu pour objectif de pallier cette insuffisance. Le caractère clairement capitaliste de cette offensive est démontré avec évidence par ses gime Khomeiny. objectifs immédiats d'écrasement de la résistance ouvrière. Sur presque tous les lieux de travail, des militants ouvriers ont été arrêtés en masse et l'on a procédé à de vastes licenciements. A toutes les portes d'entreprise, les gardes armés des andjoislamiques et les pasdaran prirent l'habitude de fouiller des travailleurs, afin d'empêcher l'entrée de toute propagande politique. La distribution de toute sorte de littérature non approuvée par les andjomans était interdite. Dans beaucoup d'entreprises, les discussions politiques pouvaient être punies par des licencie-

Une tactique utilisée plus ou moins partout dans les premiers jours de la terreur par les andjomans consistait à créer certains désordres dans l'entreprise contre militants ouvriers reconnus, puis de faire venir les pasdaran pour arrêter les « responsables » du conflit et « rétablir l'ordre ». De plus, les andjomans prirent l'habitude de fournir une liste des militants ouvriers et de demander à la direction de les licencier ou d'en assumer les conséquences. Ensuite, la direction les li-

1. L'organisation de guérilla des Fedayin du peuple d'Iran a scissionné, entre la fin de l'année 1979 et le début de l'année 1980. La majorité du comité central décidait d'abandonner la lutte armée aux côtés du peuple kurde et d'adopter une ligne de collaboration avec le régime khomeiniste, à l'image du Toudeh. Les Fed'opposition résolue au régime. Ils ont été, avec le Peykar, groupe d'origine maoïste, la principale organisation marxiste touchée par la vague de répression. Ces deux organisations ont pourtant condamné l'alliance des Moudjahidin avec Bani Sadr (voir note 3 ci-dessous) et s'opposaient au déclenchement par ces derniers, à l'été 1981, de la lutte armée contre le régime.

2. Les pasdaran sont les « gardiens de la révolution ». Il s'agit d'une milice composée de volontaires sélectionnés pour leur fidélité au régime. « Andjoman » signifie «société ». Les andjoman ou sociétés islamiques ont été créées par les intégristes islamiques pour remplacer les shoras, ou conseils des travailleurs. Les hezbollahi se disent membres du « parti de Dieu » (« hezb-o-allah »). il s'agissait de bandes de nervis qui attaquaient des manifestaau mécontentement populaire contre Khomeiny. Cette fois-ci, la montée des luttes ouvrières sera peut-être le catalyseur du mouvement de masse et non pas le contraire, comme cela s'est produit précédemment. Le nouveau rôle du mouvement ouvrier a déjà pu se vérifier en relation avec le mouvement antiguerre et les protestations des pauvres dans les villes. Suite aux vagues d'actions ouvrières les plus récentes (grèves, grèves du zèle, protestations), il y a eu un regain certain de toutes les autres formes de résistance menées par les couches opprimées et travailleuses contre les mesures politiques réactionnaires du ré-

Il ne faut pas oublier que la montée des luttes qui a abouti à la révolution iranienne a en fait commencé dans le courant de l'été 1976, avec une recrudescence importante de l'activité des pauvres dans les plus grandes villes telles que Téhéran, Ispahan, Tabriz et Ahwaz. A cette époque, Téhéran par exemple, comptait un peu plus d'un million de pauvres, chômeurs ou sous-employés. Aujourd'hui, ce chiffre dépasse largement les 2 millions et il augmente toujours. Toute victoire importante pour la classe ouvrière pourrait créer immédiatement une situation sociale explosive. Dans de telles conditions, il n'est pas étonnant que le régime des mollahs ait tout intérêt à maintenir la mobilisation des forces de répression et à détruire tout mouvement de protestation avant qu'il ne puisse s'étendre.

cenciait ou allait même jusqu'à les livrer aux pasdaran. Dans la plupart des cas, les listes publiées par les andjomans étaient en fait des appels aux forces de répression pour qu'elles arrêtent les travailleurs dési-

Quelques exemples illustreront ce qui s'est produit après le 21 juin 1981. Aux chemins de fer de Téhéran, un tract signé par les « Hezbollahi du Bataillon de la revanche » a été distribué en donnant le nom de 23 dirigeants actifs, comprenant tous les militants membres du shora local, les menaçant d'exécution s'ils ne démissionnaient pas de leur emploi. A la fin de la semaine, ils étaient tous soit arrêtés

(l'un d'eux a été exécuté par la suite), soit obligés de se cacher. Le jour qui suivit l'explosion qui eut lieu au siège du

Parti de la République islamique, cinquante travailleurs de plus furent arrêtés (4). Quelques semaines plus tard, environ 1 500 travailleurs ayant un contrat de travail temporaire devaient choisir entre la signature d'un nouveau contrat ou le licenciement. Le nouveau contrat qui leur était imposé comprenait une clause tions des partis considérés comme athés aux cris de : « Il n'est qu'un seul parti, le parti de Dieu ! »

3. L'organisation des Moudjahidin du peuple d'Iran est une organisation populiste natioge des éléments de l'islam chiite populiste, de tiers-mondisme et de théorie stalinienne étapiste de la révolution coloniale. Les Moudjahidin ont consolidé une réelle base populaire après

1979, pas seulement dans la jeunesse scolarisée mais parmi des secteurs ouvriers et plébéiens.

En 1981, ils se sont alliés avec Bani Sadr, dirigeant d'une fraction libérale de la bourgeoisie iranienne, élu président de la République en

1980 et destitué en juin 1981 dans le cadre de la consolidation du régime du Parti de la République islamique (PRI). Les Moudjahidin alors lancé la lutte armée contre le régime de

Téhéran, campagne notamment marquée une série d'attentats spectaculaires.

4. Le 28 juin 1981, une bombe posée par les Moudjahidin au siège du PRI a tué 74 personnes, y compris le chef du parti, l'ayatollah

Behechti, ainsi que quatre ministres, six vice-ministres et vingt députés.

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donnant le droit à la direction de résilier le contrat quand bon lui semblait. Il y eut évidemment des protestations mais, dans ces circonstances, elles n'aboutirent à

Dans la ville industrielle d'Alborz, près de Ghazvin, dans la nuit du 21 juin - juste après que les bandes armées des hezbollahi eussent mitraillé une manifestation de plus de 300 000 personnes à Téhéran, le 20 juin —, les pasdaran firent irruption dans les maisons de nombreux militants ouvriers (6). Ils arrêtèrent plus de 200 personnes, dont 17 tées. Dans les jours qui suivirent, de nombreuses entreprises furent occupées par les forces de répression. Dans l'usine de Parchin, faisant partie de l'industrie de l'armement, le 22 juin, 57 travailleurs furent arrêtés et le shora indépendant fut remplacé par un shora réactionnaire désigné par en haut. Dans l'usine General Motors à Téhéran, le 29 juin, tous les principaux militants ont été arrêtés. Le 5 juillet, les pasdaran se trouvaient à la porte de l'usine avec une liste de nom fournie par l'andjoman. Plus d'une centaine d'ouvriers furent arrêtés ce jour-là et une centaine encore la semaine suivante. Dans l'usine automobile Benz-e-Khavar, dans la soirée du 28 juin, les pasdaran investirent les maisons des dirigeants du shora et en arrêtèrent trois. Le lendemain, l'un d'entre eux fut fouetté devant les travailleurs. Il fut exécuté ultérieurement. L'andjoman fournit aussi les noms de 54 militants à la direction. Tous les travailleurs cités furent arrêtés ou licenciés. C'est ainsi que le shora indépendant fut brisé.

de pneumatiques Iran Yasa, le 28 juin, tous les membres du shora furent emmenés au ministère du Travail et forcés à la démission sans qu'ils puissent s'expliquer. Evidemment, ils furent menacés d'emprisonnement ou d'exécution. Néanmoins, la combativité des travailleurs de cette usine empêcha le régime de recourir immédiatement à la violence. La répression ne commença que plus tard, en automne 1981, avec une interdiction totale du shora. A la Compagnie d'autobus de Téhéran, qui a connu un conflit social de plus d'un mois, la situation fut « normalisée » par l'arrestation, le 4 juillet, de tous les militants membres du sho-

Ces attaques contre la classe ouvrière ont connu une intensité particulière à chaque fois qu'un membre quelconque du régime fut tué. Le jour qui suivit l'explosion au siège du PRI, par exemple, rien qu'à Téhéran un convoi de quarante autobus se rendit aux portes de la plupart des entreprises de la route Téhéran-Karaj pour arrêter les militants ouvriers dénoncés par les andjomans. Beaucoup de ceux qui ont été arrêtés à cette époque ne sont toujours pas relâchés. De nombreux furent exécutés. Ceux qui furent relâchés plus tard perdirent leur emploi. Dans l'usine de montage automobile Iran National (Talbot), plus de 700 travailleurs sur un total de 8 000 furent licenciés. Certains d'entre eux furent autorisés à revenir après avoir passé un « examen idéologique » organisé par l'andjoman.

Les travailleurs du pétrole, secteur fort de la classe ouvrière, avaient conservé leur shora. Bien avant la vague de terreur. ceux de la raffinerie de Chiraz, avaient été impliqués dans un conflit contre le ministre du Pétrole. Ils avaient prévu que la onzième réunion du shora national de leur industrie traiterait de ce conflit et organiserait des actions de solidarité avec les travailleurs de Chiraz. La date de cette réunion tombait les 23 et 24 juin, c'est-à-dire juste quelques jours après le début de la terreur. Les délégués hésitaient à appeler à une grève générale. Ils se limitèrent à une résolution appelant à quelques mesures timides de solidarité. Cinq jours plus tard, à la raffinerie de Téhéran, au moment où les travailleurs descendaient des autobus, ils se heurtèrent à un regroupement de gardiens de l'andjoman et de pasdaran. Beaucoup furent battus sur place et beaucoup furent arrêtés, en particulier tous les militants actifs du shora.

A l'entreprise Pars Elektrik, l'andjoman islamique organisa un sit-in pour réclamer le licenciement de quinze travailleurs. La direction, bien évidemment, accéda tout de suite à cette demande.

travailleurs protestèrent le jour suivant, 150 de plus furent licenciés. A la fin de juillet, le nombre de ceux qui avaient été arrêtés ou licenciés atteignait

300 personnes. Le 25 août, six dirigeants furent exécutés. Afin d'empêcher toute protestation, les pasdaran occupèrent l'entreprise. pays, tous les shoras restants furent écrasés. Cela accompli, de nouvelles offensives furent lancées.

La part ouvrière dans les profits annuels, fixée à 20% du temps du shah, avait déjà été annulée en 1980. Cela donna lieu à de nombreuses protestations qui obligèrent le régime à faire marche arrière. Les autorités avaient promis que pour l'année à venir un nouveau plan serait in-

Soldat iranien. (DR)

troduit. Après l'écrasement de la résistance ouvrière en août 1981, le « nouveau » plan fut rendu public. Il n'avait rien à voir avec le partage du profit, qui était maintenant considéré comme « taghoti », c'est-à-dire comme une idée « païenne ». A la place, on promettait aux travailleurs une augmentation de salaire de 1% pour toute augmentation de 1% de la production calculée sur la base d'un « niveau standard » fixé par le ministère du Travail. Les travailleurs dont les entreprises produisent en-dessous de 65 % de ce niveau ne reçoivent rien, et ceux dont les entreprises produisent entre 65% et 100 % de la norme ne reçoivent que 0,2 % d'augmentation pour chaque aug mentation de 1 % de la production. Dans les conditions qui prévalaient, les autorités pouvaient s'attendre à ce qu'il n'y ait pas de protestations sérieuses.

LES IDÉES « PAIENNES » SONT INTERDITES Le 30 août, le nouveau ministre du Pétrole, Gharazi, qui était considéré comme un « maktabi » (littéralement un doctrinaire, c'est-à-dire un fondamentaliste islamique, le « maktab » étant l'école religieuse), annonça un nouveau plan. Les entreprises ne seraient plus fermées le jeudi (comme le jour saint islamique vendredi, le jeudi correspond dans les pays islamiques au samedi des pays occidentaux). Une semaine de travail de 44 heures était mise en place dans toute l'industrie pétrolière. Il y eut des protestations, mais aucune ne réussit à faire cé. der le ministre. Tous ceux qui refusèrent les nouveaux horaires et ne vinrent pas travailler le jeudi furent immédiatement licenciés. A Téhéran, Ispahan et Chiraz, de nombreux travailleurs du pétrole ont été arrétês et de nombreux techniciens et travailleurs qualifiés sud-coréens et pakistanais ont été embauchés pour remplacer les travailleurs récalcitrants.

Dans la plupart des usines, un « règlement disciplinaire » a été imposé, stipulant toute une liste d'infractions passibles de licenciement. Parmi celle-ci figuraient « toute forme d'insulte envers la République islamique » et « toute façon de troubler l'esprit des travailleurs à propos de la République islamique » (d'après le règlement disciplinaire du groupe d'entreprises de la Compagnie nationale des chaussures). Malgré tout, il y eut un certain nombre de grèves au cours de cette période (nous en connaissons 14). La plupart d'entre elles cependant, furent répri. mées dans le sang, quelquefois apres un premier recul des autorités.

5. Tous les incidents relatés dans cet article sont basés sur des rapports des membres de la IVe Internationale en Iran ou sur des articles qui sont parus dans des journaux d'autres groupes de gauche. Dans tous les cas, une comparaison a été faite entre toutes les différentes descriptions des mêmes incidents.

6. Le 20 juin 1981, plusieurs centaines de milliers de personnes ont manifesté à Téhéran pour soutenir Bani Sadr. Cette manifestation, largement organisée par les Moudjahidin, fut attaquée par les pasdaran et les hezbollahi.

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