E XVIle congrès du Parti communiste italien (PCI), qui
L"est déroulé à Florence du 9 au 13 avii 1996, a été précédé par des débats et des différenciations à tous les niveaux, d'une ampleur sans précédent dans la vie du parti depuis les années 1920. Nous avons analysé dans d'autres articles les prises de position des courants qui s'étaient précisés à partir du mois de mai 1985 et les amendements qui avaient été présentés au comité central lors de l'adoption des thèses pour le congrès (1). Nous n'y revenons pas ici dans le détail.
Soulignons, toutefois, que le vote pour les amendements dans les sections et les fédérations provinciales a eu une signification qui va au-delà de la portée intrinséque des amendements eux-mêmes. Ainsi, le soutien à l'amendement sur le reaganisme reaganisme défendu par Luciana Castel geante du Parti d'unité prolétarienne,
Livio MAITAN
Ce fut surtout l'aile droite du PCI qui était préoccuppée par le succès des amendements dans nombre de congrès provinciaux. En fait, elle reprochait au de faire des concessions à la gauche et de ne pas défendre les thèses du comité central avec suffisamment de ses partisans allaient jusqu'à demander une réunion extraordinaire du comité central avant le congrès.
La majorité avait beau jeu de répondre que c'était désormais le parti dans son ensemble qui devait trancher sur les différentes positions et, donc, de rejeter demande. Cela n'empêche l'initiative des sept le centre organisait sa contre-attaque, notamment à l'égard des amendements d'Ingrao et de Castellina.
Le signal était donné par Natta lui-même dans son discours au congrès de la fédération de Milan.
UN SUCCES POUR NATTA ET LE
Cette riposte a contribué à au centre le succès incontestable a remporté au congrès national.
débats se sont inscrits dans la continuation de la phase ouverte par l'échec électoral du parti en mai 1985. Mais à la fin presque tous les amendements ont été retirés (2). Les thèses ont été adoptées presque à l'unanimité (17 abstentions sur un total d'un peu plus de 1 000 délégués), de même que le document programmatique (3 voix contre et 72 abstentions). Aucune voix contre ni aucune abstention enregistrée sur le rapport et les
Natta. Celui-ci a voulu, par la suite, marquer davantage son succès en excluant du comité central Antonio
Cappelloni, qui avait défendu depuis long-
Le PCI parachève
(ancienne diriPDUP, formation temps les positions de Armando Cossuta, et Cossutta lui-même de la direction, dont des membres est pourtant passé de 33 à 38.
L'aile droite a donc de bonnes raisons de se féliciter des résultats obtenus par sa tactique de pressions sur le centre, alors que la gauche, par le retrait de ses amendements, confirmé encore une fois son incapacité à exprimer une alternative à l'orientation majoritaire et sa résignation à ne mener que les partielles ou tout simplement d'arrière-garde. Notons que le seul amendement sur lequel le congrès s'est nettement divisé - celui contre les centrales nucléaires (440 pour, 457 contre et 59 absten-
One recoupait pas les clivages d'orientation plus généraux : en fait, le dirigeant du centre s'est lui-même divisé dans ce vote.
Des approches diverses sont apparues sur le problème qui est au centre d'innombrables débats en Italie de même que dans d'autres pays capitalistes avancés, celui du prétendu déclin de la classe ouvrière. Une partie non négligeable des cadres et des dirigeants du PCI accepte fondamentalement les mystifications propagées sur cette question par des « théoriciens » et des porte-parole aussi bien des partis bourgeois que du Parti socialiste italien (PSI) (3). Bien sûr, il y a eu des interventions allant plus ou moins explicitement en ce sens au congrès. Mais d'autres orateurs ont exprimé un point de vue différent. Par exemple, un délégué de chez Lancia à Chivasso, près de Turin, a affirmé que « Fiat n'a pas changé l'affrontement de classes est toujours actuel » et que « l'usine est centrale pour nous, pour développer ce projet de changement qui est nécessaire pour les autres
Sergio Garavini, secrétaire général de centriste) a exprimé une opposition plus générale au soutien du PCI à la participation de l'Italie à l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN). De la même façon, le soutien à l'amendement du dirigeant historique de la gauche du PCI,
Pietro Ingrao, sur le fonctionnement peu démocratique des syndicats reflète un mécontentement très répandu orientations syndicales d'ensemble du parti. Il est d'autant plus significatif que l'amendement de Castellina ait remporté la majorité dans une cinquantaine de fédérations (sur un total de
112) et celui d'Ingrao dans une trentaine. Quant à l'amendement de Bassolino-Mussi contre la construction des centrales nucléaires, il a été adopté par à peu près la moitié des fédérations. Même là où ils ont été minoritaires, ments sus-mentionnés ont souvent obtenu des scores appréla FIOM, syndicat de la métallurgie de la CGIL, la plus grande confédération syndicale, dirigée majoritairement par le
PCI, a expliqué qu'« il faut confirmer le choix selon lequel les contradictions du système doivent être abordées en partant des problèmes du travail qui se situent dans le processus de production. (...) Le poids de l'industrie au sens strict, dans l'ensemble de l'économie est diminué et le poids des travailleurs manuels diminue également. Mais la méthode de travail de l'électronique, s'étend dans l'économie et son rapport une formule médiane : « La ouvrière, telle l'habitude de la concevoir, n'a pas du tout disparu, mais nous devons saisir clairement et nettement le processus de transformation des classes et des couches sociales : l'émergence multiple de professions nouvelles et la disparition constante d'anciennes fonctions, travail salarié mais en même temps du travail autonome, grandes concentrations comme donnée
1. Voir nos articles parus dans Inprecor numéros 201 du 22 juillet 1985 et 211 du 20
2. A part les amendements présentés au comité central de décembre 1985, les congrès fédéraux avaient discuté une masse énorme d'autres amendements, dont 1427 furent approuvés. Pour justifier le retrait de ses amendements, Cossutta a expliqué qu'il n'insistait pas car « le parti ne partageait pas » ses amendements et qu'il voulait « éviter la cristallisation de positions ». Castellina a utilisé des arguments
3. Voir à ce sujet notre article « Ce qui a changé en Italie » dans le numéro 20 de revue Quatrième Internationale
4. Garavini a défendu de telles positions aussi dans le débat pour le congrès de la CGIL.
donc de rester dans l'opposition pendant ou de décerner des étiquettes. C'est un essentielle et leur internationalisation, mais également la croissance des unités de production petites et moyennes ». Malheureusement ce n'est pas la défense conséquente des intérêts et des aspirations des ouvriers et plus généralement des salariés qui constituera l'élément central dans cette orientation d'alternative démocratique telle que le congrès la définie et encore moins dans ses applications pratiques.
ENCORE SUR L'ALTERNATIVE
DÉMOCRATIQUE Les thèses présentées par la majorité du comité central proposaient en effet, deux axes d'orientation : l'« alternative démocratique » et le « gouvernement de programme ». Des débats assez vifs avaient eu lieu sur le contenu de ces deux formules. Quant à l'alternative démocratique, des définitions ont été avancées au congrès aussi. Retenons celle que Natta a donnée
« Nous avons parlé de l'alternative comme d'un projet, à savoir comme d'un dessein, d'une ligne de renouvellement qui ne peut pas ne pas faire référence à des choix de valeurs fondamentaux ; comme d'un processus qui se réalise par une de réformes ; comme d'une innovation de système visant a affronter les problèmes posés par le défi technologique et à mobiliser toutes les énergies et les capacités qui sont indispensables pour diriger le changement (...) A la base de cette œuvre de transformation, nous, les communistes, nous plaçons — personne ne saurait le contester - les valeurs et les principes de notre constitution répu-
Donc, après tant de bavardages sur le renouveau et l'originalité des différents concepts et formules, on en revient au leitmotiv, vieux d'une quarantaine d'années, : il faut traduire dans la pratique les préceptes de la constitution (5). Mais plus concrètement, le congrès a confirmé que l'alternative n'est pas nécessairement alternative savoir au principal parti bourgeois. Natta l'a expliqué en sortant inopinément cette formule : « Notre opposition à la DC n'est pas inscrite dans le ciel ». Il se garde bien de se demander si elle n'est pas inscrite dans la réalité sociale. De toute façon, c'est le « gouvernement de programme » qui devrait constituer l'objectif intermédiaire sur le chemin de l'alternative.
Soit dit en passant, malgré toute la bonne volonté de ses dirigeants, il n'y a pas beaucoup de chances que la « grande alliance des forces réformatrices », que le PCI prône, prenne forme. Au moins pour les deux années qui nous séparent des prochaines élections législatives, on ne peut pronostiquer des changements décisifs de la part de secteurs de la bourgeoisie qui soient susceptibles d'ouvrir la voie à une participation du PCI au gouvernement, cela d'autant plus que celui-ci ne saurait accepter le rôle de force d'appoint qui lui fut dévolu en 1976-1977. Il risque encore plusieurs années sans pour autant construire une alternative réelle.
Dans cette mesure, la bataille électorale de 1988 sera le véritable enjeu pour lui. Pourra-t-il profiter des faiblesses et des contradictions de l'actuelle coalition gouvernementale, ou d'une autre qui succéderait, élargir à nouveau son influence et créer un rapport de forces électoral et parlementaire qui rende inévitable sa présence au gouvernement, piétinera-t-il sur place, ou, pire, subira-t-il un nouveau recul ? Gageons que Natta aura plus de peine à gagner sur ce terrain qu'il ne l'a eu à se faire plébisciter à Florence.
« PARTIE INTÉGRANTE DE LA
GAUCHE EUROPÉENNE » Tout au long du congrès, le quotidien du PCI a mis l'accent sur le tournant que le congrès représenterait. Nous ne revenons pas sur la portée, somme toute limitée, des éléments nouveaux dans les thèses et le document programmatique par rapport aux textes du congrès précédent. Toujours est-il que l'affirmation selon laquelle le PCI est « partie intégrante de la gauche européenne » devenue le leitmotiv du congrès en se transformant presque en d'agitation. Or, lorsqu'ils parlent de « gauche européenne », les dirigeants du PCI y incluent des mouvements d'origine et de nature différentes (écologistes, pacifistes etc.), mais ils se réfèrent avant tout et surtout aux partis sociaux-démo-
Il est donc légitime de se poser la question : le PCI a-t-il achevé ce processus de social-démocratisation dont les origines remontent à deux ou trois décennies ? Il ne s'agit pas d'une question qui n'intéresse que des trotskystes, soucieux de mettre au point leur classification
P. C. I-
Vue du 17e congrès du PCI. (DR) débat qui en Italie se développe dans la grande presse bourgeoise, Repubblica expliquant que le PCI appartient désormais à la « social-démocratie occidentale et industrielle » tandis que le Corriere della sera ne partage pas cet avis (6)
Rappelons que les prédécesseurs de Natta, non seulement Palmiro Togliatti et Luigi Longo, mais aussi Enrico Berlinguer, y compris après l'éclatement de l'eurocommunisme, s'étaient toujours efforcés de souligner la spécificité du PCI par rapport aux partis sociaux-démocrates, ce qui n'implique aucunement que leurs
5. Quelques jours après la fin du congrès, l'hebdomadaire du PCI, Rinascita, éprouvait le besoin d'expliquer une énième fois la signification de « l'alternative de programme » que le congrès avait adoptée. Cette alternative, lit-on, « esquisse les contours d'une nouvelle stra-
Ces contours ne sont pas ceux d'une démocratie consociative (ce mot n'est pas plus employé en italien qu'en franmais il veut indiquer une basée sur un accord d'association). Ils ne sont pas non plus ceux d'une démocratie du conflit, encore moins si le conflit se réduit à un pur et simple affrontement pour le pouvoir. Plutôt, la proposition d'une alternative de programme est une invitation à réfléchir sur le projet d'une démocratie compétitive. Une démocratie, où il y ait compétition sur le mode de gouverner une société en évolution » (Rinascita, 19 avril 1986). Voilà un bon exemple des fumisteries grotesques que les dirigeants du PCI veulent écouler comme projets politiques « modernes » et
6. Même au Corriere, il y a, par ailleurs, des journalistes qui sont plutôt d'accord avec Repubblica. Par exemple, l'un de ses correspondants au congrès a écrit : « Il faut constater qu'ici, au congrès de Florence, une intervention de n'importe quel délégué social-démocrate allemand ou suédois serait apparue plutôt gauchiste » (13 avril). Il va de soi que les journalistes et les politiciens qui rejettent la thèse de la social-démocratisation, ne sont aucunement inspirés par un souci de précision « scientifique ». Ils appartiennent en fait à ces tendances bourgeoises qui refusent toute perspective de collaboration gouvernementale avec le PCI et ils cherchent des arguments pour mieux mener leur bataille.
menies chances, ou d'anticipations som- caractériser ce parti, à ce qu'il fut dans les arguments furent pertinents. Ce n'est plus cas maintenant. L'insistance quasi obsessionnelle sur la formule « nous sommes partie intégrante de la gauche européenne » a justement pour but de démontrer que le PCI et les partis sociaux-démocrates se placent fondamentalement sur le même terrain. Qui plus est, le thème de la troisième voie, distincte aussi bien du « socialisme réel » des pays de l'Est que de la social-démocratie, qui était avancé à l'époque de Berlinguer comme l'un des axes centraux de l'idéologie du parti, est complètement estompé, sinon explicitement réfuté. A Florence, il n'y a eu qu'In-
Par ailleurs, voilà ce que Natta a répondu à ceux qui soulignent que le PCI reprend maintenant à son compte ce que les partis sociaux-démocrates disent depuis des décennies : « Aujourd'hui, les grands partis socialistes et sociaux-démocrates et les forces progressistes de l'Occident doivent, eux aussi, constater que la voie, qui semblait avoir été tracée par eux une fois pour toutes, doit être pensée à nouveau et pensée profondément. Certes, il ne faut pas croire que cela signifie que les forces socialistes et social-démocrates européennes changent leur option fondamentale ; mais si cela concerne avant tout et essentiellement la voie démocratique dans la lutte pour les réformes et l'option de la détente internationale à l'intérieur des alliances auxquelles on appartient, cela n'est pas pour nous une raison de
Justement : pour l'essentiel le PCI se piace - Natta ne fait que le confirmer — sur le même terrain que les sociaux-démocrates.
D'abord, il accepte sans réserve le cadre de l'Etat bourgeois et de ses institutions de même que les mécanismes fondamentaux du capitalisme. Dans les régions et dans les villes où il gère les pouvoirs locaux, toute son action s'inspire d'une telle option.
Deuxièmement, sa perspective stratégique - y compris dans l'avatar actuel de l'alternative démocratique - comporte une collaboration à long terme avec des secteurs importants de la bourgeoisie et avec les forces politiques qui la représentent.
Troisièmement, la perspective du « dépassement » pas explicitement abandonnée (certains des partis sociaux-démocrates ne l'abandonnent pas non plus dans leurs proclamations générales), mais elle est remise à un avenir indéterminé et surtout elle est conçue comme l'aboutissement d'une évolution graduelle à très long terme des structures socio-économiques (7). Après le rejet du « modèle » du « socialisme réel », aucun projet programmatique — ne fût-ce que très général - d'Etat ouvrier ou de société socialiste n'a été avancé. Lorsque des dirigeants ou des intellectuels du parti s'affrontent à une telle probléau-delà de proclamations creuses sur la construction d'une société juste, démocratique, libre, où tous auraient les mêmes droits et les
P.C.I.
naires sur les potentialités énorme u'offrent à l'humanité les nouvelle technologies. Leur approche méthodologique rappelle tantôt le social-libéralisme des années 1930, tantôt le socialisme prémarxiste (8).
En quatrième lieu, le PCI accepte l'OTAN sans réserve, en défend les « principes » et l'idéologie prétendûment dé-
Ses critiques ponctuelles envers des prises de position ou des actions d'un des pays membres ne remettent absolument pas en question le respect du cadre L'agression des Etats-Unis contre la Libye en est un exemple significatif. Le PCI a condamné l'action de Reagan, mais il a approuvé sans réserve la ligne adoptée par le gouvernement italien,
« principes » de l'OTAN et à toute position de « neutralisme ouvert ou camouflé ». La « révision des rapports au sein de l'alliance », qu'il a prôné, conduit à accroître le poids des pays impérialistes euFinalement, l'attitude du PCI envers l'Union soviétique est désormais analogue à celle des partis ou des courants sociaux-démocrates qui mettent l'accent des initiatives de désarmement et de sur la relance d'une politique l'Union soviétique du type l'Ostpolitik de Willy Brandt au début des années 1970. Les appréciations relativement favorables portées sur le cours de Gorbatchev ne comportent aucun tournant par rapport à la « déchirure » qui a suivi le coup militaire de Jaruzelski. D'un côté, il s'agit celles de nombreux sociaux-démocrates ou spécialistes bourgeois. De l'autre, ces analyses reflètent la philosophie générale des dirigeants du PCI qui ne peuvent concevoir aucun changement - y compris en Union soviétique - autrement que dans une optique réformiste et gra-
Tout cela confirme sans aucune ambiguité que le PCI ne se distingue plus qualitativement des partis sociaux-démocrates, ni du point de vue des conceptions idéologiques, ni du point de vue des perspectives stratégiques, ni du point de vue de la pratique politique courante. Il de se référer encore, pour années 1930 ou 1940. Le poids de ce passé s'efface devant quarante années d'intégration au cadre de la démocratie bourgeoise. Après tout, la dégénérescence réformiste-gradualiste des partis sociaux-démocrates classiques ne s'est produite qu'après deux ou trois décennies d'inté gration a l'Etat et à la société bourgeoise, le plus souvent à des niveaux plus modestes et de manière moins systématique.
Ajoutons que l'écrasante majorité des cadres et des militants du parti n'a connu période de l'après-guerre alors que l'expérience de la lutte antifasciste pendant la guerre et, à plus forte raison, des luttes des années 1930 ne survit que dans les souvenirs congrès de Florence, l'âge de près de la moitié des délégués se situait entre 30 et 40 ans et 20 % étaient âgés de 40 à 49 ans. Le tiers des délégués ont adhéré au parti entre 1969 et 1974. Cela veut dire que l'expérience politique de tous cadres, qui constituent l'ossature essentielle du parti, est marquée non seulement systématiquement, sans aucune interruption, dans le cadre de la démocratie bourgeoise, mais aussi par que le parti a connue par rapport au stalinisme et à l'Union soviétique depuis 1956.
Pour conclure, il serait à notre avis erroné de croire que le parachèvement de sa social-démocratisation, à laquelle on assiste actuellement, provoquera fatalement une crise majeure du PCI. Etant donné le rapport de forces dans le mouvement ouvrier italien le PSI subit à cause de sa pratique gouvernementale, le PCI peut prétendre jouer encore pendant une certaine période le Dans une telle optique, il peut espérer raisonnablement maintenir son influence et même ressouder temporairement ses rangs. Ce n'est que dans une perspective ultérieure de crise sociale et politique que misme - pourront éclater et créer des conditions nouvelles pour la recomposition du mouvement ouvrier.
Livio MAITAN, 26 avril 1986. 7. Voir les thèses pour le congrès, citées article paru dans le numéro 211 d'Inprecor du 20 janvier 1986. général de la CGIL et maintenant membre de la direction du PCI, mérite l'honneur d'une citation à ce sujet. Il existe, d'après lui, « les valeurs fondamentales de justice, travail, liberté, égalité, paix, des valeurs qui n'ont pas disparu parce qu'elles ne peuvent pas disparaître et qui sont les valeurs de toute utopie progressiste, de notre socialisme » (l'Unita, 11 avril 1986).
9. Voir l'Unita du 16, 22 et 24 avril 1986. Ajoutons que Natta et les siens parlent cou-
Etats-Unis comme d'une puis« alliée ». De nombreuses interventions dans le débat et au congrès ont utilisé la formule « démocratie américaine » alors que l'expression et le concept d'impérialisme ne reviennent qu'exceptionnellement et le plus souvent chez des partisans de la gauche. contre l'amendement, somme toute modéré, de Luciana Castellina, le leitmotiv des droitiers et des centristes fut qu'il ne fallait pas être anti-