Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

LIBYE

Le contentieux du golfe de Syrte

Inprecor n° 219, 12 mai 1986 · p. 4 · 298 mots

Le contentieux du golfe de Syrte Le contentieux concernant les eaux du golfe de Syrte a constitué un des alibis mis en avant par Ronald Reagan. En principe, les eaux territoriales d'un pays s'étendent jusqu'à 12 miles nautiques au large de ses côtes. Le domaine maritime a été fixé d'autre part à 200 miles en matière d'exploitation économique. En d'autres termes, au-delà des 12 miles, il s'agit d'eaux dites internationales sur lesquelles la navigation internationale est libre.

Le régime libyen a exigé que le golfe de Syrte dans son ensemble soit considéré comme faisant partie de ses eaux territoriales. Il a fixé une « ligne de mort » au-delà de laquelle il se déclare en état de légitime défense. Le premier incident intervenu avec les forces militaires américaines en Méditerranée a eu lieu en août 1981. Les incursions américaines qui ont suivi en 1983 ne provoquèrent aucune riposte militaire des Libyens.

Le golfe de Syrte est une enclave maritime. Ce n'est absolument pas un lieu de passage obligatoire pour les grandes voies maritimes. La revendication libyenne, légitime ou pas au regard du droit international bourgeois, est considérée comme injustifiée par les Etats impérialistes. Washington, fort de ce jugement, s'est donc permis d'envoyer régulièrement sa be flotte dans les eaux du golfe de Syrte pour provoquer Tripoli.

Pourtant, il faut savoir que la France et les Etats-Unis ont eux aussi coutume de ne pas respecter cette règle des 12 miles marins, quand il s'agit de protéger par exemple des bases militaires dans le Pacifique. Dans ces cas, des zones de sécurité sont de facto définies qui vont bien au-delà des eaux territoriales. C'est par exemple le cas lors des essais nucléaires français de Mururoa en Polynésie. Une fois encore le droit des plus forts ne s'applique pas aux faibles.

Une erreur sur cette page ?