Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

FRANCE

Martine Toulotte libérée

Inprecor n° 221, 9 juin 1986 · p. 27 · 475 mots

France

FRANCE Martine Toulotte libérée

Le 20 mai dernier, Martine Toulotte, militante de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR), incarcérée depuis trois mois (cf. Inprecor numéro 219 du 12 mai 1986), était enfin remise en liberté. Elle était accueillie à sa sortie de la prison de Fleury-Mérogis par ses amis, une délégation de la LCR et de camarades de l'Equipement de Paris ainsi qu'une délégation de la direction nationale de la fédération CGT de l'équipement.

Sa libération est à l'évidence un succès de la campagne de solidarité. Au moment même de son élargissement, un ap pel national signé d'une quarantaine de personnalités allait être rendu public ainsi qu'une série de nouvelles prises de position à commencer par celle de la Fédération de l'éducation nationale (FEN) et de ses syndicats. C'est donc bien sous l'effet de l'ampleur des protestations que le juge d'instruction s'est vu contraint de reconnaître la bonne foi de notre camaraaura fallu trois mois pour obtenir ce ré sultat. Trois mois de détention inutile et injustifiée. Il s'agit donc maintenant de demeurer vigilants jusqu'à ce que Martine Toulotte soit mise totalement hors des accusations portées à son encontre par le juge d'instruction.

de solidarité envers Martine Toulotte ne s'est pas limité à l'hexagone. Elle a reçu des témoignages de soutien en provenance de différents pays du monde. Et ce n'est pas sans émotion qu'elle confiait à Rouge, une fois sortie de prison, : « D'habitude, les matones glissent le courrier sous la porte ; avec moi, c'était impossible ; elles devaient l'ouvrir car je recevais entre dix et trente lettres par jour. Elles me disaient : « Mais c'est pas possible ! » Il y en avait de partout, y compris de l'étranger, par exemple de la LCR d'Espagne, du Sénégal, je ne sais pas qui c'était. Ce matin, j'ai même reçu trois lettres de Tchécoslovaquie (...) Et je me demande comment je vais faire en sortant pour que cet élan de solidarité, avec ceux qui croient en quelque chose, puisse continuer. (...) »

De retour dans sa ville de Grenoble, Martine Toulotte était accueillie à la gare par plus de 150 personnes averties de bouche à oreille de sa libération. Tous ceux et toutes celles qui sablèrent alors le champagne représentaient le large courant de sympathie qu'a rencontré la campagne de solidarité. Il y avait bien entendu ses camarades de la LCR et ses collègues de travail, mais aussi d'autres syndicalistes, des militants anti-impérialistes, et beaucoup d'autres personnes encore. A telle enseigne que toute la presse locale était présente, le Dauphine Libéré, la chaine de télévision FR3 et Radio-France Isère, faisant du retour de Martine l'événement du jour.

Reste maintenant à remporter une victoire totale, en obtenant un non-lieu pour Martine Toulotte.

EUROPE CAPITALISTE Les effets sociaux de la crise économique DOSSIER MOUVEMENT PACIFISTE Les débats autour de l'Appel de Pragu ABONNEZ-VOUS

A "INPRECOR"

Une erreur sur cette page ?