NICARAGUA Premier congrès paysan depuis la révolution
Dans la dernière semaine du mois d'avril, s'est déroulé à Managua le premier de l'Union nationale des agriculteurs et éleveurs (UNAG). Ce congrès paysan, qui intervient cinq ans après la fondation de l'UNAG, a été préparé par un millier d'assemblées au cours desquelles ont été élus 500 délégués représentant les
L'UNAG regroupe des petits et moproducteurs, membres de quelques 2 124 coopératives. Parmi celles-ci, 44 % sont des coopératives de production et 51,4 % des coopératives de crédits et de services. La majorité des membres de l'UNAG sont donc des producteurs individuels non organisés en
Lors de son salut au congrès, le repré sentant de la direction du Front sandiniste de libération nationale (FSLN), le commandant Luis Carrion, devait rappeler à cet égard qu'« il ne suffit pas d'adhérer à l'UNAG et de rester dans le pays » pour être un producteur patriotique. Il ajoutait en substance qu'il était aussi nécessaire de se solidariser avec les paysans sans terre et avec les dizaines de milliers de paysans qui ont été contraints de quitter leurs terres par la guerre impérialiste. D'où l'importance que les dirigeants sandinistes accordent à la réforme agraire.
Dans son rapport au congrès, le président de l'UNAG, Daniel Nunez, rappela que lors des cinq dernières années, ce sont 86 565 familles qui avaient bénéficié d'attribution de terres, ce qui représente au total la distribution de 1 839 131 hectares. A la fin de l'année dernière, 1 129 800 hectares étaient la propriété de 49 000 familles qui auparavant ne possédaient pas de terres. Le reste a été attribué à des familles qui possédaient des terres, mais sans titres de propriété légaux.
La situation de guerre et les revendications des paysans ont toutefois nécessité une modification de l'orientation de la réforme agraire avec une redéfinition des conditions d'expropriation des propriétaires absentéistes et des limites de superficie des propriétés pouvant être soumises à l'expropriation. Cela a signifié une accélération du processus de réforme agraire (cf. Inprecor numéro 217 du 14 avril 1986).
L'un des thèmes du congrès a été la lutte contre le marché noir. L'UNAG s'est engagée à assurer une augmentation de la production sans avoir pour autant « une mentalité capitaliste », comme l'a déclaré Daniel Nunez. Pour cela, la plus grande sommation intérieure devrait être commercialisée par l'Etat. Ce sera notamment le cas pour le mais et les haricots, qui constituent l'alimentation de pays et dont les prochaines récoltes seront commercialisées par le ministère du Commerce intérieur (MICOIN).
Tout au long du congrès et à l'occasion d'une émission de radio avec le président Daniel Ortega, les délégués de l'UNAG ont insisté sur leurs besoins en armes pour se défendre contre les attaques des contras. Sur cette question, Daniel Ortega signala qu'il n'y avait pas assez pour tout le monde. Il prit l'exemple de plusieurs coopératives agricoles auxquelles il a fallu retirer leur dotation en armes pour équiper les nouveaux irrégulière (BLI) du service militaire patriotique. Certaines de ces coopératives furent ensuite attaquées par des mercenaires de la contra.
C'est pour cela, affirma Daniel Nunez lors de la clôture du congrès l'UNAG, que « si le gouvernement nous donne des armes, nous irons travailler jusque dans les montagnes (...) Nous sommes sandinistes avant tout ».
Le congrès de l'UNAG fut aussi l'occasion de renforcer les relations de solidarité internationale, puisque 97 délégués et invités représentant 21 pays et 91 organisations de coopératives et de producteurs étaient présents. Parmi eux, la camarade Rosalia Peredo, membre du comité politique du Parti révolutionnaire des travailleurs (PRT), section mexicaine de la IVe Internationale et membre de la Coordination nationale plan de Ayala (CNPA), une organisation mexicaine. Au nom des 400 000 adhérents de la CNPA, Rosalia Peredo adressa un message de solidarité au congrès de l'UNAG.