Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

ITALIE

Democrazia Consiliare : un courant de gauche de la CGIL

Inprecor n° 222, 23 juin 1986 · p. 9 · 756 mots

Italie

Democrazia Consiliare a été formée en novembre 1984 par une assemblée de 400 responsables et délégués syndicaux. La majorité d'entre eux sont membres de Democrazia Proletaria (DP), les autres appartiennent à la LCR ou ne sont membres d'aucune organisation politique. Le rapporteur à cette assemblée a développé une analyse de la situation nationale et partiellement internationale, qui se situait fondamentalement dans la ligne de DP. Il a proposé d'entreprendre une lutte pour changer radicalement l'orientation de la CGIL. Les principaux objectifs que s'est fixé ce regroupement sont la réduction généralisée des heures de travail sans diminution mobile et des conquêtes sociales des travailleurs, etc.

Dès le début, Democrazia Consiliare a voulu se différencier des autres composantes de la CGIL, y compris sur le terrain organisationnel. La première et la deuxième composante de la CGIL (respectivement liées au PCI et au PSI) se basent sur l'appartenance de leurs membres à des partis politiques, et la troisième composante s'appuie sur une mouvance politique, celle de la « nouvelle gauche ». En fait, elles font toutes les trois partie de la majorité bureaucratique et réformiste de la confédération et sont d'accord sur les conceptions et les orientations d'action fondamentales. Par contre, Democrazia Consiliare se place en opposition à cette majorité. Malgré toutes les pressions de la part des bureaucrates, elle a refusé de se définir comme une « composante de DP », en expliquant qu'elle acceptait en son sein tous ceux qui étaient en accord avec son projet syndical, indépendamment de leur affiliation politique.

Au mois de mai 1985, une nouvelle réunion nationale a eu lieu, dans le but de préciser l'attitude à adopter à l'occasion du congrès de la CGIL de mars 1986. C'est à l'unanimité que fut prise la décision de voter contre les thèses proposées par le secrétariat de la confédération. Mais la proposition des militants de la LCR de mener une bataille sur la base d'un texte alternatif fut rejetée. La décision fut alors prise de présenter une série d'amendements sur des points centraux et d'exprimer l'opposition aux thèses par une déclaration de vote.

Les résultats de la bataille au congrès de la CGIL ont été assez satisfaisants, aussi bien du point de vue politique qu'organisationnel. Au congrès national confédéral, Démocrazia Consiliare disposait d'environ 2% des délégués. En locaux, catégoriels ou d'entreprise.

fonction publique.

prenant en compte toutes les manœuvres de la bureaucratie et les mécanismes de sélection des délégués, on peut raisonnablement estimer que la nouvelle composante est soutenue par 4 % des membres de la CGIL. Elle est présente, en gros, dans toutes les régions, et elle tient des positions particulièrement importantes dans les syndicats de l'enseignement, des banques et des assurances, de la métallurgie, de la fonction publique, des transports et des PTT.

Grâce à cette bataille, 800 militants de Democrazia Consiliare ont été élus dans des organismes de direction catégoriels et confédéraux à tous les niveaux. Cent d'entre eux ont été élus dans des directions nationales catégorielles et des directions régionales de la confédération. Enfin, 8 sont entrés dans le conseil général national de la CGIL, fort de 400 membres. Par rapport à la situation d'avant le congrès, le nombre des élus a été multiplié par cinq.

En même temps, il a été possible d'élargir et de renforcer la capacité organisationnelle de Democrazia Consiliare, qui dispose maintenant de 2 000 membres organisés, dont 60% sont des militants ou des sympathisants de DP, et 15 % des militants ou sympathisants de la LCR, les autres étant des indépendants de la « nouvelle gauche ». Il y a aussi quelques dizaines de membres du PCI.

Cette nouvelle composante syndicale est structurée aussi bien au niveau catégoriel qu'au niveau confédéral, sur la base de coordinations désignées par les militants engagés dans les secteurs respectifs. Dans certains cas, il existe aussi une coordination restreinte ou présidence. contre pas de comités de base dans les entreprises, même si les militants y coordonnent leurs activités.

Au cours de l'année 1985, Democrazia Consiliare a publié trois numéros d'une modeste revue, Marzo 1984, titre adopté pour se référer au moment où le mouvement des « autoconvocati » avait atteint son zénith. Actuellement, le projet d'une revue plus substantielle est discuté. Elle devrait paraître tous les trois mois, avec des suppléments

Après le congrès, une discussion a commencé dans la CGIL sur les plate-formes pour le renouvellement des conventions collectives nationales. Democrazia Consiliare y est intervenue en proposant des plate-formes alternatives à celles des bureaucrates, notamment dans la métallurgie et la

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