Le Parti des travailleurs (PT) a tenu son congrès national les 30, 31 mai et 1er juin derniers. Ce congrès a marqué un nouveau pas important dans le sens du mûrissement politique du PT et de la clarification de ses positions.
Trois cent trente délégués représentant chacun mille adhérents étaient présents au congrès. Actuellement, le PT compte environ 350 000 membres. Cela ne veut cependant pas dire que tous les membres du PT ont participé à la préparation politique du congrès. En fait, on estime que ce sont entre 15 et 20 % des membres du PT qui y ont particiau moins en votant lors de l'élection des délégués au niveau des municipalités ou des districts des grandes villes.
Au niveau politique, les résolutions les plus importantes adoptées par ce congrès ont porté sur la compréhension que le PT a du socialisme, sur la conjoncture politique et les tâches, et sur l'orientation syndicale.
Sur la question du socialisme, le PT a adopté une formulation qui est, d'un point de vue général, marxiste. Bien que le PT ne se définisse pas comme un parti marxiste, les rapporteurs ont signalé qu'il fallait « employer le marxisme comme instrument d'analyse », formule de référence qui est acceptée par tous, même par les très nombreux membres qui sont liés à l'Eglise catholique.
Il a ainsi été expliqué, par exemple, que la réalisation du socialisme supposait « la socialisation des moyens de production », « la fin de l'Etat bourgeois » (des amendements devant être débattus par la nouvelle direction parlent plus précisément de « destruction de l'Etat bourgeois »), la mise en place de « formes de contrôle populaire et ouvrier comme les conseils populaires et les commissions d'entreprise », le respect de la « liberté d'association et d'organisation, la libre expression des idées », etc. Si les formules adoptées ne sont généralement pas des plus précises, le sens de la résolution est très clair et s'oppose à la fois aux conceptions social-démocrates et staliniennes en la matière.
Les résolutions sur la conjoncture sont encore plus importantes pour le PT. Une position de classe en défense des intérêts des travailleurs a été réaffirmée par le PT, avec son opposition globale au gouvernement en place et à sa politique. Le PT s'est ainsi prononcé contre les mesures économiques de réforme monétaire du plan « cruzado » qui conservent encore une certaine popularité dans le pays, et contre la réforme agraire très limitée qui fut appuyée dans un premier temps par les courants du PT liés à l'Eglise catholique. Le PT s'est aussi orienté vers une tactique axée sur les mobilisations de masse. Lors des débats préparatoires au
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Le IV congrès du Parti des travailleurs
congrès, certains militants au sein du PT ont proposé une politique plus nuancée de soutien à certaines mesures gouvernementales considérées comme bonnes, et d'opposition à d'autres jugées mauvaises. Mais, finalement, cette position ne s'est même pas exprimée dans le cadre du congrès (1).
Des élections auront lieu le 15 novembre prochain, qui désigneront les gouverneurs des Etats, les députés fédéraux et par Etats, ainsi que les sénateurs. Les députés et sénateurs élus au niveau national se verront attribuer pendant un an des pouvoirs constituants. Le PT a décidé de présenter ses propres candidats ou de faire alliance avec des partis ou groupes du mouvement ouvrier et populaire sans participation de secteurs de la bourgeoisie, et avançant un programme de défense des intérêts ouvriers et populaires en opposition globale à la « Nouvelle République ». Dans la pratique, le PT se présentera seul dans la plupart des cas. Des forces comme le Parti communiste brésilien (PCB) et le Parti communiste du Brésil (PC do B) pro-albanais appuyent quant à eux le gouvernement et la « Nouvelle République ». La seule coalition importante se fera probablement à Rio de Janeiro, avec le parti Vert, formation écologiste qui n'est pas encore fondée et légalisée et qui présentera donc des candidats sous le sigle du PT.
Dans deux Etats, à Pernambouc et à Bahia, les conférences régionales du PT avaient décidé d'appuyer pour ces élections des candidats « bourgeois-populaires » et de gauche, anciennement exilés sous la dictature. L'écrasante majorité des délégués du congrès national a voté contre une telle politique, qui devra donc être localement rectifiée.
Pour l'élection été présentées. La tes sur le fond.
déviation parlementariste.
numéro 219 du 12 mai 1986.
de la direction du PT, deux listes ont liste majoritaire, qui a obtenu quelque 70 % des voix, réunissait des militants liés à l'Eglise catholi que (probablement les plus nombreux), un courant dirigé par des marxistes ayant des sympathies léninistes et se réfé rant surtout à Cuba et au Nicaragua, et les syndicalistes liés à Lula, à côté de courants beaucoup plus modérés. La liste minoritaire, dite « de gauche », a obtenu à peu près 30 % des suffrages. Mais, en vérité, cette classification de « gauche » est un peu difficile à expliquer, car les positions de cette liste et celles de la majorité n'étaient pas très différen-
Les militants marxistes révolutionnaires qui participaient à cette liste minoritaire, avec d'autres organisations et militants, ont représenté un peu plus de 10 % des délé gués au congrès et auront donc un peu plus de 10 % des membres du nouveau directoire national élu à la propor
Le 4e congrès du PT illustre assez clairement le fait que les problèmes les plus importants ne se situent pas tant dans les positions politiques générales officielles qu'il adopte, mais concernent plutôt les questions de fonctionnement du parti. Sur ces derniers points, les orientations sont encore mal définies, donnant ainsi un parti trop peu organisé de façon militante et donc toujours sensible au risque d'une
1. Sur la question du plan « cruzado », se reporter à Inprecor