Formé en juin 1984, le Groupe d'appui mutuel des familles de prisonniers et de disparus (GAM) joue un rôle moteur dans la vie politique guatémaltèque. En très peu de temps, il a réussi à rassembler plusieurs centaines de fa milles de disparus et a exigé de la dictature militaire qu'elle dise la vérité sur la question des disparus. « Vivants vous GAM a été reçu à plusieurs reprises par le général Mejia Vitores dans le 2e semestre de 1984. Après des mois d'expectative, alors que la répression sanglante se poursuivait et frappait des dirigeants du groupe, le GAM a accusé Mejia Vitores d'être responsable des disparitions et des prisons se-
Le 12 octobre 1984, le GAM a organisé une manifestation publique d'un millier de participants, dont de nombreux Indiens et une forte délégation de l'usine Coca-Cola, occupée depuis mars 1984. C'était la première manifestation publique d'opposition depuis celle du ler mai 1980, au cours de laquelle une centaine de personnes avaient été arrêtées puis exécutées.
En représailles contre le GAM, les corps spéciaux de répression arrêtent deux membres du GAM le 13 octobre. Un mois et demi plus tard, leurs corps terriblement mutilés sont retrouvés à proximité de leur domicile. 1985, le GAM manifeste devant l'ambassade US, et à partir de février, en pleine dictature, il organise chaque vendredi après-midi une manifestation à quelques centaines de mè tres du Palais national. A partir de mars 1985, le général Mejia Vitores accuse publiquement le GAM d'être un groupe subversif. La répression va alors passer à un cran supé-
Le 4 avril, c'est au tour de la vice-présidente du GAM, Rosario Godoy, 24 ans , de « disparaître » en compagnie de son fils de 2 ans et de son frère de 21 ans. Quelques heures plus tard, on retrouvera les trois corps dans la voiture de Rosario, portant des traces de torture, au fond d'un ravin.
Depuis lors, le GAM n'a fait qu'accroître la pression. Sa présidente, Nineth de Garcia, 26 ans geant syndical à la Vidrio Cavisa, a disparu en février 1984 — est dorénavant protégée par une escorte civile permanente constituée par des pacifistes nord-américains européens des Brigades internationales de la paix.
Depuis la venue au pouvoir d'un président civil, le GAM exige la suppression de la loi d'amnistie que les forces armées se sont octroyées en décembre 1985, juste avant les élections, et la mise en place d'une commission d'enquête tripartite sur les « disparus », formée de représentants du GAM, de représentants gouvernementaux et de personnalinous les voulons », affirme-t-il. Le cier à son action.
pero Penados, sée ;
membre de respecter les droits de l'homme ;
mois;
- dont le mari, dirilement du travail ;
pacité d'action, etc.
courants syndicaux combatifs.
", le Groupe d'appui mutuel (GAM) tés internationales comme Adolfo Perez Esquivel, prix Nobel de la paix. Le GAM a refusé les arbitres proposés par le gouvernement, dont le président de la Croix-Rouge guatémaltèque, jugeant son attitude équivoque dans toute l'affaire des disparus. Au cours des premiers mois, Vinicio Cerezo, président de la République, a voulu montrer un visage démocratique en recevant à plusieurs reprises Nineth de Garcia et en faisant des promesses. Il a organisé un simulacre de commission d'enquête en nommant un seul juge d'instruction pour « essayer » de savoir ce qu'il était advenu des disparus. Le ministre de l'Intérieur lui-même avait d'aileurs déclaré, le 30 janvier 1986, qu'il comptabilisait 1 600 disparus depuis 1983. Le GAM, quant à lui, en a recensés 1 367 avec l'aide des familles qui ont osé s'asso-
La mise en place de la commission d'enquête ne se fait pas sans mal. Cerezo met de plus en plus de mauvaise voionté à satisfaire les revendications du GAM à ce propos, démontrant ainsi qu'il n'a jamais eu de réel pouvoir et que les forces armées, derrière lui, freinent au maximum le processus. Il est aussi intéressant de noter le rôle joué par la hiérarchie catholique dans cette affaire. L'archevêque Prostout en ne désapprouvant pas vraiment l'action du GAM, dénonce dans la presse les moyens de pressions qu'il utilise, tout à fait « inopportuns » à son avis.
Face à cette attitude, le GAM maintient ses exigences, accompagnées de manifestations plus importantes. Pour que cette commission puisse véritablement fonctionner, il de-
— que par le biais d'un décret, la commission soit légali- que l'Etat lui apporte un appui politique, en tant que de l'ONU, organisme qui établit l'obligation - que la commission fonctionne au moins durant 10 - que des observateurs internationaux suivent le dérou- qu'un règlement intérieur soit élaboré et approuvé pour déterminer le statut juridique de la commission, sa ca-
Ainsi, le GAM joue un rôle central dans la vie politique guatémaltèque, d'autant plus qu'il rassemble des centaines d'Indiens et qu'il s'appuye directement sur le soutien des