Un début de réorganisation syndicale ous publions ci-dessous un entretien avec Mercedes Gomez, secrétaire général du syndicat STECSA de l'usine Coca-Cola de Ciudad-Guatemala et avec le secrétaire général du Syndicat des travailleurs de l'industrie centro-américaine du verre
(STICAVSA) de l'usine Vidrio Cavesa. Cette usine produit essentiellement du verre creux et emploie 750 personnes. Son capital est à la fois mexicain, guatémaltèque et
Quand les journalistes lui demandent de se définir, il déclare : « Je suis un curé fou qui connaît la vraie nécessité d'un peuple sans médicament, sans aliment, la marche, des occupations illégales de terre ont commencé en différents endroits du pays. L'armée jusqu'à présent a reçu l'ordre de ne venir, du moins quand la presse était présente. Le padre Giron, pour sa part, a dressé une liste des propriétés que le gouvernement devrait exproprier.
UNE NOUVELLE PHASE POUR LA
GUERILLA La répression sanglante du début des années 1980 a porté des coups réels aux différentes forces de guerilla tant dans les zones de montagne que dans les villes. Dans les régions à forte concentration indienne, l'armée a opéré un véritable génocide (50 000 morts) pour retirer toute base à la guerilla. Il y a près d'un million de déplacés intérieurs et plus de 120 000 réfugiés au Mexique. Les forces armées ont réalisé des regroupede population dans des dèles ») qui s'inspirent des « villages strala guerre du force dans des Patrouilles d'action civiles (PAC) qui ont pour but de constituer un mur humain de protection des forces armées en cas d'intervention de la guerilla.
différentes composantes de l'Union révolutionnaire nationale guatémaltèque (URNG) (5) ont réussi à résister à cette répression très dure et les pertes qu'elles infligent aux forces armées s'accroissent depuis le 1er semestre 1985. Néanmoins, l'URNG est dans une position beaucoup plus faible que le FMLN salvadorien même si, d'après les chiffres donnés par les forces armées elles-mêmes, il y aurait 5 000 guérilleros.
Depuis 1984, l'URNG a clairement compris l'aspect contradictoire de la situation née des élections à l'Assemblée nationale et à la présidence de la république : ravalement de façade d'un côté, mais de l'autre, reprise possible du mouvement de masse notamment à partir de la lutte pour les droits démocratiques (cf. le rôle du GAM).
L'URNG a rejeté les élections comme mascarade tout en
« INPRECOR » : - Quelles sont aujourd'hui les conditions de lutte des travailleurs guatémaltèques ? Ont-elles changé après la victoire de Vinicio Cerezo ?
Mercedes GOMEZ : - Les conditions de lutte ont toujours été difficiles, sans jamais de possibilité réelle de s'organiser. La répression immédiate vise à empêcher l'organisation des travailleurs. Néanmoins, dans une série d'entreprises, existent des syndicats combatifs et importants, résultat de luttes très dures, pendant lesquelles des délégués syndicaux ont trouvé la mort ou ont disparu. C'est ce qui s'est produit
Maintenant, avec la victoire de Cerezo, nous poursuivons la même lutte : sans parler de véritable ouverture démocratique, il existe un petit espace dont nous devons profiter à fond.
Le secrétaire général de STICAVSA : - Au début de la présidence de Cerezo, on aurait pu croire à un changement dans le sens démocratique. Mais il est clair que nous avons affaire à un régime pseudo-démocratique. L'assassinat du camarade Reyes, responsable des travailleurs municipaux de la capitale, ce vendredi 25 juillet, montre que la répression n'a pas véritablement diminué. Reyes a été assassiné sur ordre des défenseurs du pouvoir comme ce fut le cas de Rosario en avril 1985, une compagne de lutte de Nineth de Garcia (voir encart). Les ennemis des travailleurs pensent ainsi pouvoir intimider les militants des syndicats et des mouvements démocratiques. Mais pour un militant qui tombe, cent autres sont prêts à reprendre son combat. Nous n'avons jamais cru que la répression pourrait changer. Au contraire, nous pensions qu'elle deviendrait plus sélective. Les faits ont confirmé ce jugement.
- La victoire de Cerezo n'a ouvert aucun espace démocratique ?
S. G. de STICAVSA : - Si, il y a eu un petit espace démocratique, un court moment comme ce fut d'ailleurs le cas lors de la fin de la dictature de Rios Montt le 8 août 1983 et au début de celle de Mejia Torres. Dans le cas de Cerezo, cela a duré un peu plus longtemps.
- Je sais que Coca-Cola a mené une lutte exemplaire en 1984-1985. Pourrais-tu nous la résumer en quelques mots ?
Mercedes GOMEZ : - Début 1984, la compagnie internationale Coca-Cola a décidé de fermer son siège à Ciudad-Guatemala prétextant des pertes financières. L'argument est fallacieux, car dans un pays comme le nôtre, le type de boisson produit par Coca-Cola peut être vendu toute l'année en grande quantité. Comme ouvriers, nous pouvons contrôler ce qui se produit et se vend et done nous savions que l'entreprise était rentable. Face à la décision de fermeture, nous avons décidé d'occuper l'usine jusqu'à la réouverture.
Notre force syndicale était la véritable raison de la fermeture. Ils voulaient la casser en maintenant en activité les deux autres usines de la société au Guatemala, l'une sur la côte Pacifique, l'autre à Puerto Barrios, sur l'Atlantique, où l'organisation syndicale était quasiment nulle.
5. Créée en janvier 1982 à la suite d'un long processus de discussion entre les organisations politico-militaires guatémaltèques, l'URNG regroupe l'Armée de guerilla des pauvres (EGP), les Forces armées rebelles (FAR), l'Organisation révolutionnaire du peuple en armes (ORPA) et le Parti guatémaltèque du travail-Noyau de direction national (PGT, issu d'une scission du parti communiste).
Dans le local syndical d'une usine verrière ; à gauche le secrétaire général de STICAVSA. (DR)
contribué à notre victoire.
- Y-a-t-il eu des grèves récemment dans vos entreprises respectives ?
Mercedes GOMEZ : - Depuis la réouverture de l'entreprise, 1985, il n'y a plus eu une seule grève, ce qui ne signifie pas que nous ayons abandonné la lutte mais que, temporairement après notre victoire, s'est instauré un « certain » dialogue. Nous avons obtenu des améliorations pour les travailleurs.
S. G. de STICAVSA : - Quant à nous, nous avons eu systématiquement des négociations, parfois difficiles mais nous n'avons pas dû recourir à la grève.
- Y-a-t-il dans votre entreprise un grand nombre de femmes et développezvous des revendications spécifiques les concernant ?
S. G. de STICAVSA : - Non, il n'y a pas d'ouvrières à la production. Il y a juste des femmes dans le personnel de secrétariat. En revanche, dans d'autres secteurs, on trouve bon nombre de femmes travailleuses en particulier textile et la construction. Et là le degré d'exploitation est terrible. Elles gagnent la moitié du salaire masculin ; elles doivent travailler un jour de plus par semaine. Et on ne leur paye pas toujours ce jour supplémentaire. Dans la plupart de ces entreprises, il n'existe pas d'organisation syndicale.
- Assiste-t-on à un développement du courant syndical indépendant au Guatemala ?
Mercedes GOMEZ : - Nous avons formé en avril 1985 un regroupement syndicats dits d'avant-garde, l'Union syndicale des travailleurs guatémaltèques (UNSITRAGUA), qui n'a aucun lien avec un parti politique défini. UNSITRAGUA regroupe les trente syndicats les plus combatifs et les plus conséquents du pays.
Du point de vue légal, ce n'est ni une fédération ni une confédération. Par rapport à la loi, c'est une union qui se renouvelle continuellement. La direction de cette union n'est pas constituée de personnes mais formée par une commission composée de différents syndicats et cette commission se renouvelle constamment. Participent à cette union syndicale, non seulement des syndicats indutriels et des services publics, mais aussi des regroupements paysans et étudiants.
Pour la première fois depuis six ans, nous avons organisé une manifestation le ler mai. Il y avait 5 000 personnes : c'est peu mais c'est très important dans le contexte du Guatemala.
S.G. de STICAVSA : - Il faut dire qu'UNSITRAGUA a été fondée par une série de délégués syndicaux demeurés en vie malgré la terrible répression des années 1980. Nous sommes conscients qu'il faut dépasser le terrain de l'entreprise se fédérer nationalement et internationalement. UNSITRAGUA n'est pas encore une véritable fédération syndicale et les conditions de répression, notamment, nous empêchent de développer les relations étroites nécessaires à la
Run développement des luttes syndicales ?
S. G. de STICAVSA : - Oui. C'est là un des éléments de la petite brèche démocratique ouverte par la victoire électorale de Cerezo. A côté des entreprises où existe déjà une forte syndicalisation, y a des usines, des ateliers où les syndicats se remettent en place. D'autres secteurs sociaux sont en lutte comme les paysans.
- Est-ce que vous avez mis au point générales pour tout UNSITRAGUA ?
S. G. de STICAVSA : - Non, malheureusement nous ne sommes pas encore gouvernement et au patronat.
- Les revendications syndicales ont-elles une dimension politique, par rapport à la question démocratique par exemple ?
Mercedes GOMEZ : - En première revendication, nous demandons l'arrêt de toute persécution à l'égard des représentants syndicaux, l'arrêt des enlèvements, de la torture et des licenciements des responsables syndicaux. Pour le moment, la persécution sélective continue.
La grève que nous avons menée a duré un an et dix jours et nous l'avons p pajaro lambleas.
gagné grâce à la solidarité nationale et internationale. Cette dernière a beaucoup Nous demandons aussi le changement du code du travail qui est actuellement particulièrement défavorable aux travailleurs. Nous demandons aussi la liberté to tale d'expression syndicale. Il y a quelques jours, dans une société bananière de la côte Atlantique, on a licencié 27 ouvriers qui venaient de se regrouper et de créer une organisation syndicale.
Obtenir satisfaction sur ces revendications, suppose naturellement que nous sortions du strict terrain de l'entreprise pour unifier les luttes. C'est ce que nous faisons en nous solidarisant avec les ouvriers de cette société bananière.
S. G. de STICAVSA : - On peut parler de revendications générales qui concernent tout le mouvement syndical, et qui ont une dimension politique. Nous nous adressons directement au gouvernement pour exiger la fin des disparitions et des assassinats des militants des syndicats et des mouvements démocratiques. sens, nous soutenons totalement le GAM.
Force est de constater que le gouvernement ne donne aucune réponse véritable à ces revendications. Nous devrions aussi avancer des revendications concernant la dette extérieure tout comme nous devrions empêcher que le Guatemala se convertisse en une colonie pure et simple des Etats-Unis, à l'image du Honduras. En ce qui concerne le Nicaragua, jamais nous n'accepterons la politique de Reagan et nous ferons tout notre possible pour que le territoire nicaraguayen ne soit pas envahi par les troupes américaines. au Guatemala, nous voulons aussi conquérir véritablement notre souveraineté nationale.
Propos recueillis par Arnold BERTHU,
Ciudad-Guatemala. 30 juillet 1986.
ACUERDOS
compañeros obreros de
que el eco de mi voz de
este nichpre en tu me
grandece racion con nano