Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

ETAT ESPAGNOL

Amnistie pour les ouvriers agricoles andalous !

Inprecor n° 227, 6 octobre 1986 · p. 22-23 · 698 mots

État espagnol Syndicalisme

Amnistie pour les ouvriers agricoles andalous! La décision du Conseil des ministres espagnol de ne même pas mettre à l'ordre du jour de sa réunion du 5 septembre la question de l'amnistie de Diego Canamero, dirigeant du Syndicat des ouvriers agricoles (SOC), a été ressentie avec amertume et colère par les quelques 300 journaliers andalous qui s'étaient déplacés à Madrid pour manifester. Condamné voici peu de temps ainsi que 600 ouvriers agricoles qui avaient fait des occupations de terres en Andalousie, Canamero pensait obtenir du Premier ministre, Felipe Gonzalez, l'annulation de sentence d'un mois de prison prononcé par le tribunal de Moron de la Frontera. Déjà condamné à une peine de prison pour l'occupation d'une propriété en 1984, le dirigeant syndical a refusé de se présenter devant le tribunal. A l'annonce de la nouvelle, une grève générale de 24 heures était décidée dans le village de Diego Canamero et 300 personnes commençaient une grève de la faim. Ce n'est pas la première action des agricoles d'Andalousie, dont la situation, souvent dramatique, arrangée sous le gouvernement de l'Andalou Felipe Gonzalez.

2% de la population possèdent 50 % des terres cultivables en Andalousie, pendant qu'un demi million d'ouvriers agricoles vivent dans des conditions misérables. On estime que 320 000 personnes sont sous-alimentées et deçà du seuil de pauvreté. Loin de s'arranger, cette injus tice séculaire s'est approfondie durant la dernière décennie. La réforme agraire, promise depuis 1983, n'avance guère et les journaliers se voient toujours contraints à l'émigration saisonnière, notamment en France, pour assurer simplement leur survie et celle de leur famille.

Alors que le chômage est chronique chez les ouvriers agricoles, le système d'allocation est dérisoire, voire inexistant dans la majeure partie du pays. En effet, avec la réforme de la distribution des indemnités de chômage, seuls les journaliers d'Andalousie et d'Estramadure peuvent bénéficier de ce droit. Le reste des ouvriers agricoles au chômage, qui est

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estimé à 250 000 personnes, n'y ont pas

Mais même parmi ceux qui peuvent prétendre à ces allocations, les conditions sont elles que la majorité d'entre eux ne journées annuelles de travail pour percemille francs mensuels d'indemnité chômage. Or, la situation de l'emploi ouvriers agricoles qui auraient théoriquement le droit de toucher cette somme misérable, il y en avait 170 000 qui ne remplissaient même pas cette condition ! Les grands propriétaires agricoles profitent largement de la chasse désespérée à la journée de travail pour imposer à leur guise leurs conditions de salaire et

En solidarité avec Diego Canamero et à l'appel du SOC, des Commissions ouvrières et de plusieurs partis de gauche, dont nos camarades de la LCR, une manifut organisée, le 31 août à El Coronil, où se trouve la propriété qui fut occupée par les ouvriers agricoles condam nés, El Garrotal. Là, les manifestants, auxquels s'étaient joints les mineurs de occupèrent à leur tour El Garrotal, réclamant la même inculpa-

La répression contre les ouvriers agricoles qui exigent « terre, travail et liberté » s'est élargie. A la mi-août, une quinzaine de personnes étaient détenues à Ayamante, parce qu'elles demandaient l'installation du courant électrique pour les maisons d'une trentaine de familles d'ouvriers. Le 3 septembre, c'était le procès de journaliers qui avaient, eux procédé à des occupations de terres.

« C'est d'ici que sont sortis les fascistes qui fusillèrent les 'rouges' de la

Aujourd'hui, ce sont les mêmes qui nous condamnent pour avoir demander du pain ». Aux revendications des ouvriers, le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) n'a donc répondu que par le mutisme et la police. D'autres procès dérouler contre les ouvriers agricoles et d'autres manifestations grèves de la faim sont déjà prévues sur tout le territoire andalou.

Une malheureuse erreur s'est glissée annonçant la parution des Cahiers d'Etude et de Recherche (Inprecor numéro 225 du 8 septembre 1986). L'abonnement à 180 francs donne droit à neuf numéros (deux ans) et non quatre.

Une erreur de maquette rend incompréhensible une partie de l'interview Guatemala dans le numéro 226 : les deux dernières lignes de la 2e colonne et les deux premières lignes de la 3e colonne, page 12, doivent se lire avant la première ligne de la première colonne. Nous prions nos lecteurs de nous en excuser.

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