Section bolivienne de la IVe Internationale
«Face à l'agressivité et à la rancœur de l'adversaire qui n'accepte pas sa défaite, il faut rester vigilant et
1. - Le Parti ouvrier révolutionnaire (Combate) - (POR), salue la vicboire de la grève de la faim qui, en mobilisant les larges masses boliviennes dans l'unité a forcé la dictature à promulguer une amnistie politique et professionnelle générale et sans restrictions.
L'héroïsme des femmes de mineurs, des enfants, des étudiants et des ouvriers qui ont soutenu cette lutte est, toute proportions gardées
•comparable dans sa signification à celui des femmes et des enfants de
Cochabamba qui se dressèrent au contre l'envahisseur
XIXe siècle
Goyeneche pour défendre, déjà, leur liberté et leur droit à l'autodétermination.
Face à la mobilisation des masses boliviennes, le Goyeneche des le général Banzer, présents, temps nouvel oppresseur au service des intérêts impérialistes étrangers, condamné aussi bien par l'opinion publique nationale qu'internationale, sur ses gardes pour faire échec à toute contre-attaque.» mal assuré sur ses points d'appuis vermoulus au sein des forces armées et des entreprises privées, n'a eu d'autre issue que dans les concessions et le recul qu'imposait l'échec de sa politique de répression. L'ouverture mesquine à laquelle voulait se limiter la dictature a dû laisser s'engouffrer la mobilisation populaire autour de la grève de la faim qui a fait la preuve que l'on ne saurait 'mendier les libertés et les droits démocratiques pour les masses, qu'ils doivent être conquis par la lutte.
Qui plus est, face à l'agressivité et à la rancœur de l'adversaire qui n'accepte pas sa défaite, il faut absolument rester vigilant et sur ses gardes pour faire échec à toute contre-attaque.
2. - La victoire de la grève de la tes politiques et sociales des masses laborieuses. Il s'agit maintenant de
bénéficier pleinement des droits démocratiques et des libertés reconquises. Dans cette voie, le POR défend les objectifs suivants: a - reorganisation immédiate de tous les syndicats, fédérations et confédérations, par des élections démocratiques et dans un esprit d'unité regroupant tous les anciens dirigeants victimes de la répression qui n'ont pas capitulé et les nouveaux cadres formes dans la résistance.
L'organisation rapide des masses sera la meilleure garantie et la meilleure défense contre les tentatives réactionnaires d'une droite qui guette l'occasion d'une contre-attaque contre le mouvement ouvrier. b - réintégration à leur poste de travail de tous ceux qui ont été licenciés pendant les six années passées de la dictature: les syndicats doivent traduire immédiatement dans faits, cette mesure, sous leur contrôle direct. c - rétrocession des locaux et des biens syndicaux; rétrocession avec indemnisation des habitations, meubles et biens domestiques qui ont éte confisqués lors des perquisitions et des poursuites eftectuees par les forces de l'ordre. De telles atteintes au patrimoine des travailleurs ne doivent pas rester impunies. Leurs auteurs doivent être condamnés publiquement. d - retour organisé des exilés. A cet effet, le POR réclame des Nations-Unies qu'elles planitient, et garantissent le rapatriement des
Les comités formés exil et les organisations de défense des droits de l'homme doivent rester mobilisés en prévision d'arrestations ou d'autres mesures de répression frappant les exilés à leur retour. 3. - Outre le plein exercice des libertés et des droits démocratiques. reconquis par les masses lors de la grève de la faim, il faut imposer également la récupération du pouvoir d'achat des salaires qui a connu une diminution importante depuis 1971. Les syndicats doivent mettre cette question à l'ordre du jour et présende revendications, commun et unifié, pour l'augmentation des salaires, amputés par l'inflation et les mesures prises par le gouvernement.
4. - Les élections prévues pour le 9 juillet doivent être abordées dans ce contexte de mobilisation et de lutte défense du niveau de vie des masses
révolutionnaires pourchassés et dis- lutte pour le pouvoir politique : elle laborieuses. Il ne faut pas que ces élections les dévient de leur lutte, ou ralentissent leur ardeur, ni a fortiori laissent la place à des illusions élec toralistes : le bulletin de vote dans les urnes ne résoud pas par lui-même les problèmes économiques, politiques et sociaux du pays et des travailleurs. La classe ouvrière ne doit pas non plus renoncer à son indépendance de classe face a la bourgeoisie dominante et à son gouvernement.
Le POR a une approche positive des élections situation actuelle : il rejette l'abstention et le boycottage, non pas qu'il ait conélections bourgeoises, parce qu'il considère que la lutte victorieuse pour l'amnistie, la démocratie et les livrier. Mais pour le mouvement ouvrier et son avant-garde révolutionnaire, cette participation n'a sens que si elle permet d'unir les masses, par leur mobilisation et leur renforcement dans la lutte. grès national des travailleurs et des masses populaires pour discuter des élections et déterminer une participation unitaire avec des listes ouvrières et populaires. Pour impulser ce processus, . le POR propose aux courants politiques de gauche et aux organisations révolutionnaires constitution d'un front unique au sein de la classe ouvrière. C'est de là que devra surgir la candidature qui s'opposera au candidat officiel et aux autres candidats bourgeois. Aucun front qui prétend parler au nom des masses et de la gauche révolutionnaire ne peut se construire sur le dos des masses; et aucun candidat bourgeois, qu'il soit ou non compromis avec le régime actuel, n'a le droit de parler en leur nom.
Il faut inviter à un tel congrès unitaire les soldats du rang et officiers de l'armée qui se sentent solidaires des luttes ouvrières et populaires et qui, lors des derniers conflits, se sont démarqués de la dictature de Banzer.
Ce congrès permettra par ailleurs non seulement de définir une position pour les élections, mais encore de regrouper le mouvement des ouvriers et des paysans, des universitalres et des intellectuels, des militants ber tabes par ih evention leurs délégués, un plan économique et social ouvrier, un programme de transition qui s'oppose au plan ne faste des généraux au pouvoir et des entreprises privées et qui puisse orienter les prochaines luttes révolutionnaires.
La tenue de ce congrès national de la ailes don marquer par te greve de la faim et taire avancer la lutte pour la libération nationale et sociale en Bolivie, ouvrant la voie au socialisme.
5. - Quant à l'organisation des élections, le POR appelle les organisations ouvrières, les partis ouvriers et de gauche à discuter ensemble les points suivants: - comment s'assurer un maximum de garanties dans ces élections, alors que gouvernement et candidat officiel ne font qu'un. - revendication de la modification de la composition du collège électorai pour y inclure des représentants directs des partis politiques et des organisations de masse. - empêcher toute restriction à la libre participation des partis politi-
Men rejetant notamment toute condition qui impose un quota minimum de signatures, pouvant menacer la sécurité des signataires. Il réclame en outre le droit de vote dès l'âge de 18 ans.
6. - Face aux insinuations et aux attaques constantes des organismes de répression contre les formes de lutte passées qui cherchent à justifier de nouvelles mesures de répression, le POR estime nécessaire la mise au point suivante:
Les formes de la lutte de classe, la tactique et les méthodes de lutte correspondent à chaque étape historique concrète. La lutte armée telle qu'elle s'est posée dans le passé ne correspond pas à la situation actuelle de recomposition du mouvement ouvrier et de reconquête de ses droits démocratiques fondamentaux. lutte armée est un ingrédient de la est à l'ordre du jour lors de situations révolutionnaires, ce qui n'est pas du tout le cas actuellement en Bolivie. La lutte armée est conditionnee par la crise révolutionnaire de la société. Par conséquent, le POR affirme qu'il ne défend en aucune façon quelque forme de lutte armée que ce snit et que, par principe, il ne participe à aucune action terroriste.
POR (Combate) La Paz, 22 janvier 1978