A la fin de l'année 1986, le Danemark était probablement celui parmi tous les principaux pays capitalistes à avoir adopté la politique de sanctions la plus radicale contre le régime d'apartheid en Afrique du Sud. Le 6 mai 1986, le Parlement danois a voté l'interdiction de toute importation de charbon en provenance d'Afrique du Sud qui fut suivie par une autre loi le 30 mai, qui imposait des sanctions sur toute relation commer ciale entre le Danemark et
Alors que la première de ces lois fut adoptée par le Parlement de manière quasi-unanime, la deuxième n'a obtenu qu'une majorité courte, étant soutenue uniquement par la majorité gouvernementale, composée des trois partis ouvriers, le Parti social-démocrate, le Parti socialiste populaire et le Parti socialiste de gauche et d'un petit parti petit bourgeois, le Parti
Selon la législation danoise, les sanctions doivent être appliquées dans un délai de six mois. Donc, à la fin de 1986, il ne devait y avoir aucun rapport économique entre le
Danemark et l'Afrique du Sud. Les décisions du Parlement sur cette question viennent après une période marquée par des actions de solidarité avec le lutte de libération en Afrique du derniers, dont le syndicat, (Syndicat danois des travailleurs non qualifiés et semi-qualifiés)
est le plus important du pays, refusaient de transporter des marchandises vers l'Afrique du
Sud. Leur action avait une signification particulière, dans la mesure où elle lançait un défi contre l'interdiction des grèves pendant la durée des contrats biennaux entre les employeurs
Les patrons de la marine marchande ont tout de suite porté la question de la grève devant les tribunaux des conflits sociaux où les responsables syndicaux furent obligés de soutenir le boycott. Même pendant la vague importante des "grèves de Pâques" au printemps 1985, la bureaucratie syndicale n'avait jamais fait face aux tribunaux de cette manière (cf Inprécor
Cette action poussait les partis politiques du Parlement a préparer des projets de lois sur les sanctions. Mais la perspective d'action par le Parlement a aussi servi d'excuse permettant à la bureaucratie syndicale de bloquer les initiatives de la base, évitant ainsi une
Cependant, quelques failles ont été découvertes dans cette législation, et des sursis de compagnies ont réussi à passer au travers de l'interdiction en enregistrant leurs activités dans d'autres pays, comme le Panama et le Libéria, sous les pavillons desquels ils continuent à mener leur commerce. Mais il semble qu'il y a une majorité au Parlement pour mettre fin à de telles pratiques, pour ce qui concerne les bateaux qui restent la propriété de capitalistes
Traditionnellement, le commerce maritime a eu un poids important dans les rapports entre le Danemark et l'Afrique du Sud. Par exemple, il y a quelques années on a découvert que des bateaux danois avaient transporté des quantités importantes d'armes au régime de
Prétoria, ce qui constituait une violation de la législation danoise. On a découvert également qu'une compagnie danoise s'était tout simplement servie d'une succursale ouest-allemande comme moyen de continuer à exporter vers l'Afrique du Sud. Un vote du parlement a mis fin à cette pratique, en précisant que l'interdiction s'appliquait à toute marchandise fabriquée au
Danemark. Mais il reste aux patrons danois la possibilité de transférer leur production dans des usines situées dans d'autres pays. En plus, il existe des succursales en Afrique du Sud qui sont indépendantes d'un point de vue formel mais dont le capital est détenu par des
La composante la plus importante du commerce danois avec l'Afrique du Sud est constitué par les importations de charbon, lesquelles constituaient jusqu'à récemment environ
10% de toutes les exportations de charbon de l'Afrique du Sud. Entre 1975 et 1985, les importations du charbon sud-africain ont augmenté par 20 pour représenter environ 90% des
Une interdiction du commerce et des autres formes de rapports économiques avec
Parlement norvégien au printemps 1987. En Norvège, l'importation la plus importante en provenance d'Afrique du Sud est le manganèse. La loi fera une exception pendant une période de deux ans de cette importation, diminuant ainsi fortement l'impact du boycott.
Cette période de deux ans pourrait d'ailleurs être éventuellement prolongée pour "des raisons
Le boycott norvégien comporte aussi une interdiction des transports maritimes en provenance de et vers l'Afrique du Sud en ce qui concerne tout bateau norvégien (y compris ceux qui sont enregistrés dans d'autres pays), quand l'Afrique du Sud est clairement indiquée comme destination dans le contrat de transport. Mais le mouvement anti-apartheid norvégien souligne que trés souvent les bateaux quittent la Norvège avec une autre destination indiquée dans le contrat et que la destination est changée en cours de route. Ainsi la nouvelle
Le Parti travailliste, au pouvoir, a adopté une attitude beaucoup plus timide par rapport à la politique du boycott que celle qu'elle défendait dans l'opposition. Pourtant, l'imposition des sanctions devrait être votée par ce parti et par deux petits partis bourgeois représentés au gouvernement, ainsi que par le Parti socialiste de gauche. Ce dernier proposera probablement des mesures plus radicales, alors que les principaux partis de l'opposition de droite voteront
Sud. La plus importante fut un boycott syndical et les syndicats.
numéro 194 du 15 avril 1985).
confrontation directe avec le patronat devant les tribunaux.
importations danoises en provenance de ce pays.
liées à l'emploi".
contre les sanctions proposées.
l'Afrique du Sud ( ces sanctions s'appliquent aussi à la Namibie).
organisé par les dockers en 1985. Ces
LES PATRONS DETOURNENT LA LOI deux ans ont été accordés à quatre compagnies. Ce qui est plus important, capitalistes danois, et qui ne sont pas affectées par la législation.
EN NORVEGE AUSSI de la même nature que la législation danoise devrait être adoptée par le législation risque-t-elle de laisser plus de la moitié des transports maritimes intouchés.