Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

DOSSIER CHILI

"En finir avec le foquisme" ; Interview de Jorge Flores

· Inprecor n° 242, 11 mai 1987 · p. 13, 13-15 · 3 422 mots

Argentine et Chili

DOSSIER CHILI "En finir avec le foquisme"

- INPRECOR : Peux-tu dire rapidement qu'elle est la situation de la gauche chilienne aujourd'hui?

- Jorge FLORES : D'une certaine façon, la gauche a subi un échec en 1986, parce que 1986 était vue comme une année décisive. Nous avions quant à nous gardé une certaine réserve sur ce que pouvait recouvrir cette idée d'année décisive. Nous la pensions décisive pour l'accumulation des forces mais non pour en finir totalement avec la dictature. En 1986, la gauche commence à rencontrer des difficultés dans son projet démocratique populaire. Tout d'abord, elle révise en baisse certains des points fondamentaux du programme du MDP, alors qu'à notre avis, cette plate-forme était la plus à gauche qu'ait jamais produite la gauche chilienne dans son ensemble. En 1986, certains gauche commencent à introduire l'idée d'une défaite politique de la dictature, alors que d'autres secteurs, réaffirment la nécessité

En 1986 les travailleurs, le peuple en général, voulaient loin dans leur lutte. Or, nous au retard des exemple, retard dans la construction du pouvoir populaire, qui figure dans le programme du MDP. Le MDP ne doit pas être seulement une expression politique du l'expression de base et la direction de la lutte. Survient alors l'attentat Pinochet qui, d'une part légitime la lutte réformisme et l'affaire des arsenaux réouvre cette contradiction.

Cette situation est difficile pour la gauche qui doit, d'ici 1989, parvenir à une accumulation des forces politiques et sociales importante. Il faudra profiter de cette situation "d'ouverture" pour frapper la dictature avec plus de force, d'organisation, de combativité.

- Autre point maintenant. Une scission s'est produite dans le MIR. Quelles sont les divergences qui ont produit cette crise, quelle est leur origine et comment se traduisent-elles dans la pratique ?

- Tout d'abord je veux préciser que le MIR n'est pas divisé mais vit très forte qui peut avoir une dynamique de

Deuxième élément important, la crise d'une organisation révolutionnaire. Le MIR est né après la énormement d'espoirs chez tous les révolutionnaires d'Amérique latine. Faire la révolution est le seul but du MIR. Son programme, stratégie, sa tactique évoluent suivant la réalité de la société chilienne mais toujours dans un seul but,

Toutes les crises qui ont affecté le parti furent des crises de révolutionnaires, et non personnelles ou des luttes d'individus.

Cette crise est extrêmement sérieuse. La naissance du MIR impliquait une rupture avec le réformisme. Le MIR se différencie dès le départ des autres formations de gauche parce que ses choix stratégiques et tactiques sont orientés vers la prise du pouvoir révolutionnaire, contre les conceptions étapistes organisations réformistes.

Vingt ans ont passé depuis et il n'y a pas de bilan estimant quels étaient les objectifs que se fixait le MIR et ce qu'il a fait. Il faut souligner que cette crise n'a pas touché le seul MIR, elle a frappé génération de révolutionnaires latino-américains. Ce qui est en crise, c'est une une conception de révolutionnaire héritée soixante. Cette crise a durement frappé l'avant-garde révolutionnaire du Cône sud qui était très puissante au début des années soixante-dix en Argentine, en Bolivie, en

- Ces organisations auxquelles tu fais allusion, l'ELN bolivienne, l'ERP en Argentine ou les Tupamaros en Uruguay, avaient comme caractéristiques d'être des organisations révolutionnaires armées.

- Oui. Aujourd'hui il faut réfléchir au schéma de la prise du pouvoir qui a produit la révolution cubaine comme la révolution nicaraguayenne. Le MIR qui a pourtant joué un rôle important dans l'élaboration théorique révolutionnaire

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démocratique du peuple chilien, d'autre part, accélère par son échec le processus d'institutionnalisation. L'état de siège constitue un revers pour la gauche, avec ce qu'il implique de terreur et de répression contre la population. Cette situation qui dure cinq mois aiguise au sein de la gauche, la discussion entre ceux qui sont pour abattre la dictature et ceux qui sont pour sa défaite politique, sur le modèle de ce qui s'est produit en Argentine ou en Uruguay. Dans les deux cas la dictature ne fut pas abattue par le masse, c'est différence et nous voyons ce qui se passe aujourd'hui en Argentine.

Cette période de repli imposé par la dictature provoque des difficultés et des crises dans les partis de gauche. C'est vrai pour le Parti communiste, ou pour le Parti socialiste Nuñez. Ceci dit, je pense que la gauche qui voulait reprendre l'initiative en 1987, essayer de redonner une perspective de lutte et de mobilisation, est en bonne voie. La gauche était sur la défensive, non après l'attentat contre Pinochet, mais après la découverte des armes. Le type et la quantité d'armes impliquaient la perspective d'un affrontement à un niveau supérieur, ce qui n'était pas sans problème pour une partie de la gauche.

- Cela-veut-il dire que la revendication des arsenaux par le FPMR a effrayé la

- Effrayé non. Mais il faut comprendre qu'une partie de la gauche a une tradition réformiste. Jusqu'à 1980, seul le MIR avançait des formes de lutte armée contre la dictature. A partir de 1980, le PC adopte une ligne de rebellion populaire, qui inclue les mobilisations de masse, la lutte milicienne et qui se traduira par la formation du FPMR. Mais cela ne signifie pas que des secteurs de gauche aient oublié cette politique réformiste qui réapparaît et s'exprime aujourd'hui. Il serait faux de dire gauche a désormais dépassé le

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appréhension du marxisme, au lieu de d'analyse, nous a fait stagner. Beaucoup d'analyses faites après construites sur des catégories éloignées de nationale du moment, tout simplement parce que cette réalité avait changé. Nous analysions comme nous l'aurions fait en 1965. Nos analyses avaient dix ans de retard.

Le Chili a connu les mutations connaît toute d'abord, sa formation sociale. Beaucoup de choses ont changé et le MIR ne perçevait pas ces changements. La classe ouvrière a changé. La dictature même et son modèle économique marginalisation d'importants productifs, des secteurs entiers de processus de de production, mais, qu'aujourd'hui marginalisés, ces secteurs ont toujours une conscience de classe dans la mémoire. évidemment, changements dans la entraînent des modifications conscience de classe. Cette situation ne nous préoccupait pas beaucoup après deux ou trois années de dictature, mais quand nous avons vu que celle-ci durait, nous en avons déduit que le parti devait changer. Ces changements n'ont pas touché le seul Chili, nous pouvons voir qu'à travers les différents modèles de dictature mis en place en Amérique latine avec l'aide de l'impérialisme américain, c'est un nouveau modèle économique que ce demier veut imposer à tout le continent.

Le coup d'Etat, base de ce changement au Chili, a détruit une grande partie du patrimoine culturel et politique de la classe ouvrière. Il y a aujourd'hui plus de Chiliens, mais moins de Chiliens orga -nisés. Environ 5 millions de personnes ne sont partie prenante d'aucune structure sociale organisée. Ils s'expriment de façon ponctuelle au travers des protestas mais n'ont pas d'organismes de masse qui les représentent de façon permanente. Cette analyse de la formation sociale est un de nos éléments de différenciations.

Autre élément de différenciation, nous pensons que la pratique politique suivie relevait du foquisme urbain. Bien sûr, il y avait critique du foco tel qu'il s'exprima au début des années soixante, la guérilla rurale, cette vision de l'étincelle qui met le feu à la plaine etc., mais il y avait bel et bien foquisme urbain qui se traduisait par l'absence de perspectives politiques pour l'ensemble de la société. Je parle là de la politique du MIR vers l'année 1978, quand il élabore une ligne politique stratégique et tactique fondamentalement en direction des secteurs de gauche, héritiers de l'Unité populaire, dont l'activité recommence à se manifester. Avoir une politique en direction de ces secteurs était juste, ce qui ne l'était pas, c'était l'absence de politique vis-à-vis des secteurs les moins avancés. Ces erreurs du foquisme politique nous ont coûté très cher en 1983.

A cette époque, des propositions très miliciennes, propagande armée et de développement de la guérilla sont faites. Là encore, ce n'est pas faux en soi. Ce qui l'est, c'est toujours cette absence d'une politique d'ensemble. Ce foquisme ne prend pas et un certain sectarisme nous isole du reste de la

Nous pensons que des secteurs du parti offrirent au peuple chilien une perspective militaire mais non politique. Ce cours est à l'origine des polémiques discussions dans le parti qui se traduisent aujourd'hui en crise ouverte.

En premier lieu, nous ne sommes pas sur le bilan. Nous pensons qu'étant donné ce qu'a fait le MIR, ce qu'a créé le MIR, le comportement militants, leur dévouement, la façon dont ils se sont affrontés à la dictature, tout cela aurait dû se traduire par un certain nombre de succès du parti.

La grande majorité des militants, des intermédiaires, ne disposés à suivre une politique qui mène à

Une organisation fonctionner en subissant tant d'échecs, c'est de toute évidence, le signe que quelque chose ne va pas. Nous voulons une politique qui mène à la victoire, que le MIR devienne l'instrument de lutte de la classe ouvrière et des secteurs populaires. Nous pensons quant à nous que le MIR est en condition de faire une politique qui mène à la victoire si l'on fait participer l'ensemble du parti à l'élaboration de la ligne politique.

élaboration ne peut être l'apanage d'un secteur de la direction qui ensuite la répercute dans le parti. C'est une pratique néfaste parce qu'elle nuit à l'efficacité du parti. Si elle se traduisait par des résultats positifs, cela ne poserait pas de problèmes, mais tel n'est pas le cas. Non seulement l'ensemble des militants du MIR doivent participer à l'élaboration de la ligne du parti, mais aussi, pour des révolutionnaires, tirer un bilan efficace, tracer une politique victorieuse, suppose être à l'écoute du mouvement populaire. Il doit avoir en son sein plus soldats, d'ouvriers, de paysans, d'étudiants, se lier beaucoup plus au mouvement populaire. et ne pas se contenter d'être son expression théorique ou idéologique. Je pense qu'une grande partie de la direction et tout le parti sont favorables à ce changement.

- Changement qui implique d'organiser les gens dans les poblaciones, à l'université, dans les syndicats et pas seulement recruter au parti pour la lutte armée ?

- Sur le plan théorique, il en fut toujours ainsi. Le problème se situait dans la pratique du MIR. Quand on prend la politique suivie vers 1980, il faut regarder deux choses, ce qu'on lit dans les textes d'une part et ce qu'on fait dans la pratique d'autre part. Or, on ne peut se contenter de la théorie, il doit y avoir dialectique entre théorie et pratique. Je pense que nous avions perdu de vue la conception du cadre politico-militaire qui est la nôtre.

Cette conception politico-militaire implique que le problème militaire soit subordonné à la politique et que les militants du parti aient une vision globale des choses. Je m'explique. Dans une entreprise, quand il y a un conflit, il faut d'organisation des travailleurs, leur compréhension politique et leur défense, mais pas développer un travail conspiratif militaire. Ce fut la déviation qu'a connue le MIR et qui a conduit peu à peu à une séparation de la politique et du militaire. Nous sommes parvenus à une situation où il y avait presque deux partis. militaires, l'autre aux tâches politiques. Ce qui est extrêmement grave parce que les militants du parti qui se consacraient au travail de "masse" étudiant, syndical, dans les poblaciones etc., recrutaient et renforçaient le travail de masse et ceux qui se consacraient recrutaient pour le travail militaire. Cette situation se dessine à partir de 1979.

- Il ne peut y avoir une telle réparition des tâches aussi cloisonnée dans une organisation, Cette situation est à court terme facteur de crise ?

- C'est un des principaux éléments à l'origine de la crise actuelle. Il faut comprendre que ce fut un processus, cette situation ne naît pas du jour au lendemain. Elle est aussi le produit de la situation sociale, ce n'est pas un phénomène abstrait. A certains moments, il peut y avoir des camarades qui ne se consacrent qu'aux tâches militaires, mais ils doivent toujours garder en tête cette conception

Notre but n'est pas la construction d'un bras armé du peuple parallèlement aux masque. Notre reci, cest le peuple en armes. La forme que prendra ce peuple armes, dépendra de la situation concrète et je pense qu'il faut être très prudent. Ce bilan englobe également notre conception du militant révolution -naire. L'avant-garde révolutionnaire dans le Cône sud voulait créer un "homme nouveau". Nous visons aussi à transformer l'être humain et nous devons aussi apporter des réponses stratégiques à ce niveau. Nous nous différencions aussi sur ce point. Pour nous, le militant comme tous les Chiliens, doit être le protago -niste de sa propre histoire. Le révolution -naire est celui qui fait valoir son droit à être protagoniste de son destin.

- Cela se reflète dans une certaine conception du Parti ?

- Bien évidemment. Le militant révolutionnaire n'est pas pour nous un exécutant, il a le devoir de réfléchir et de

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prendre des décisions. Dans un certain sens, nous pensons qu'il faut relativiser le rôle de la direction par rapport à ce qu'il est actuellement. Le rôle de la direction est important dans la conduite du parti, mais elle ne peut le faire sans bilan, sans consulter personne. Cette conception dominante dans le Cône sud était églament liée à des perspectives à court auxquelles il faut ajouter les problèmes inhérents à la clandestinité qui contribue beaucoup à faire du militant quelqu'un qui obéit. Sur ce "objectif", est née une génération de militants exécutants qui n'a pas exercé sa sur les problèmes que je mentionnais. La crise vient confrontation avec la société, où l'on discute, où l'on réfléchit, alors qu'on ne le fait pas dans le Parti.

Bien entendu, cela n'implique pas une conception social-démocrate du parti, loin de là, cela implique de travailler avec rigueur, avec une discipline révolutionnaire.

Que s'est-il passé dans le MIR ? Il y avait dans le parti, vers 1979, un consensus autour de la politique mise en place par la direction, du fait même de cette génération d'exécutants dont je parlais plus haut qui était partie prenante de cette politique que je qualifierais de militariste plutôt que de gauchiste. Mais à cette époque, le consensus existait, il est important de le souligner.

- A partir de quel moment ce consensus commence-t-il à se rompre ?

Paradoxalement, les problèmes surgissent quand nous commençons à rectifier ce cours, à nous rendre compte qu'il nous faut corriger cette ligne. Prenons le cas du travail militaire que je connais bien. Nous voulions impulser un travail militaire de masse, avec des actions plus importantes, prendre des stations de radios etc., et nous nous sommes rendus compte que c'est nous qui actions. Bien sûr, elles créaient une expectative politique, mais grossissaient pas, nous subissions une répression de plus en plus dure, et nous plongions de plus en plus dans la clandestinité. Alors sans que soit théorisé, on se rend bien compte que quelque chose ne colle pas. Se crée peu à peu un courant de rectification dans le parti qui commence à rejeter la politique de la direction. Nous étions contre, non la perspective stratégique d'affrontement violent avec la dictature, mais avec tactique suivie, étant persuadés qu'elle ne suivante se situe vers 1980-1981, autour de la défaite du projet guérillero de Neltume, qui était un projet sur le long terme et non pour le moment présent. Neltume était foncièrement foquiste, un foco rural. Il n'y avait ni travail de masse ni contruction du parti, seulement le départ pour la montagne. Le bilan de Neltume - guérilla rurale - ajouté au bilan au bilan de la guérilla urbaine que nous menions, divisa profondément la direction se retrouvait avec un nombre restreint de camarades qui avaient une activité énorme sur le plan opérationnel et militaire, qui subissaient de lourdes pertes et qui n'avaient aucune base sociale. De l'autre côté, dans le travail de masse, nous avions des difficultés symétriques. On contruisait des organismes de strictement pour la lutte de masse et quand avait un problème d'ordre militaire, on demandait simplement aux camarades chargés de ce travail de le faire, en leur disant d'aller poser une bombe quelque part, etc.

Quand il y a une telle séparation du politique et du militaire dans un parti, on ne peut progresser dans le processus révolutionnaire. Les choses furent plus dramatiques du côté militaire puisque beaucoup de camarades sont tombés, mais ceux qui se consacraient au travail masse étaient eux aussi atomisés.

A cela il faut ajouter qu'une partie de la direction, en 1981, soutenait que la crise de la dictature n'était pas une perspective à court terme, alors que la base du parti comprenait qu'avec la crise économique que vivait le Chili, la crise politique était latente. Si bien qu'en 1983, quand apparaissent les protestas, la direction du MIR se trouve en porte-à-faux par rapport à la nouvelle situation. Il fallait préparer l'ensemble du parti à intervenir plus audacieusement sur le plan politico-militaire. Ces différents éléments de crise s'accumulent. En 1984, il y eu un plenum important du comité central. Beaucoup de camarades nouveaux y figuraient, cooptés pour la plupart ce qui, d'ailleurs, est aussi un grave problème.

Malgré le pseudo-bilan de la période assassinés par la dictature, des milliers de disparus, 120 prisonniers politiques, plus de mille exilés) ce plenum élabore une nouvelle politique foquiste qui veut forcer développement insurrections locales. Cette politique se traduit par l'affaiblissement du parti, la désorganisation des directions nationales, de nombreux camarades en prison et en exil. Enfin, ce plenum s'arroge le droit de changer la stratégie et les statuts du MIR, oubliant totalement la démocratie interne. En 1985, existe déjà un secteur de la direction qui est pour un cours de rectification. Une nouvelle politique est alors approuvée qui parvient, en 1985d'affaiblissement du parti. Ce n'est pas là la meilleure politique possible, mais pour le moins elle vise à insérer le MIR dans masse, elle construit le travail jeune, la "Jeunesse rebelle Miguel commençons un travail en direction des professions comme les journalistes - il faut rappeler que président de l'association des journalistes -, elle entreprend une nouvelle offensive sur le terrain syndical. Une politique donc, qui stoppe l'hémorragie et commence à porter ses fruits en matière de croissance du parti.

Le moment politique est particulièrement favorable au mouvement de masse ?

- Oui, le mouvement populaire est en pleine montée et , le parti offre des perspectives politiques et militaires, ces dernières non pas conspiratives mais en terme d'autodéfense, de milices, liées au rythme du mouvement de masse. C'est la politique de soulèvement populaire consistant à travailler dans le mouvement populaire, le conduire, le développer. Dans ce cadre, il convient de développer aussi le travail de guérilla, mais en lui donnant sa juste dimension en fonction des nécessités tactiques.

Et nous arrivons à 1986 quand éclate la crise, puisqu'un secteur de la direction remet fortement en cause cette politique de liaison du parti au mouvement populaire, de développement de l'autodéfense liée au mouvement de masse et soutient que l'axe politique central doit être la construction des fronts militaires. Finalement au cours d'un plenum du comité central se forment deux tendances, l'une majoritaire, l'autre minoritaire, la majorité reprenant la ligne de priorité à la guérilla suivie à partir de 1979. C'est alors au IVe congrès qui est prévu pour l'année suivante de trancher ce

Get de résoudre la crise. pensions quant à nous que cette crise pourrait être effectivement résolue lors du

Malheureusement, restreinte du secrétariat exécutif national a commencé à résoudre le problème de manière foncièrement administrative. Par leur formation, ces camarades ont toujours politiques de façon administrative, ce qui revient aujourd'hui à marginaliser 40% du comité central et tous les camarades du parti qui sont en désaccord avec cette ligne, un processus de marginalisation de

- Vous considérez que cette exclusion de fait n'a aucune légimité et vous pensez aller au IVe congrès ?

- Nous pensons participer au IVe congrès, non seulement avec la majorité du parti mais aussi peuple, ses problèmes et ses victoires. Le IVe congrès du MIR doit signifier le début d'un processus vers la naissance d'une nouvelle gauche révolutionnaire au Chili Les camarades qui aujourd'hui se mettent en marge de ce processus, se mette en marge de la possibilité de vaincre. Pour nous, la légitimité est aujourd'hui dans la nécessité de rectifier le cours suivi. C'est ainsi que nous le comprenons et que nous travaillons de toutes nos forces pour le IVe Congrès.

Propos recueillis par Ariane MERRI 25 avril 1987

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