Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

DOSSIER CHILI

Les lois électorales de Pinochet

Inprecor n° 242, 11 mai 1987 · p. 5 · 347 mots

Argentine et Chili

Les deux lois qui viennent d'entrer en vigueur sont taillées sur mesure par la dictature. Les registres électoraux furent détruits au lendemain du coup d'Etat de 1973.

Il s'agit donc aujourd'hui de dresser de nouvelles listes électorales. Le processus pour avoir une carte d'électeur est long et coûteux. Non seulement cela implique de perdre un certain nombre de journées de travail (au moins deux) en formalités administratives diverses mais le simple coût de cette carte d'électeur, 300 pesos (1,5 dollars) équivaut à une journée de salaire d'un travailleur qualifié et le Chili compte simplement privés de leurs droits civiques par la Constitution et ne peuvent donc voter. C'est donc théoriquement entre 25 et 35% de la population en droit de voter

Bien entendu, sont illégaux les partis marxistes "qui prônent la lutte des classes" :

Cela vise explicitement les organisations qui composent le Mouvement démocratique populaire (MDP), c'est-à-dire essentiellement le Parti communiste chilien (PCCh), le

Parti socialiste (Almeyda) et le Mouvement de la gauche révolutionnaire (MIR). Quant aux autres partis, ils doivent remplir un certain nombre de conditions. Tout d'abord, millions de personnes environ) pour être reconnus. Or, selon un sociologue chilien, seuls probablement deux partis sont aujourd'hui à même de remplir cette condition :

au centre droit, la Démocratie chrétienne (DC) et, ironie de l'histoire, le Parti communiste. D'autre part, il est interdit aux partis politiques d'avoir des relations avec les syndicats ou les organisations professionnelles afin de maintenir "hors du professionnelles ne peuvent être membres d'un parti politique. Enfin, la loi régit méticuleusement le fonctionnement desdits partis depuis l'élection du bureau jusqu'aux

25% de chômeurs et plus de 30% de la population en dessous du seuil de pauvreté

Pour finir, ajoutons que les citoyens "d'idéologie marxiste"

qui serait privée de le faire.

La loi sur les partis politiques est du même acabit.

champ politique" le reste de la société.

listes des adhérents qu'ils doivent être en mesure de fournir au pouvoir.

Les lois électorales de Pinochet produire un total de signatures égal à 0,5% de l'électorat potentiel (8,2 les dirigeants syndicaux ou les responsables d'associations

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