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URSS
Trotsky et Boukharine brülent les planches
"Je ne peux plus défendre l'idée que la révolution d'Octobre fut dirigée par une bande d'espions, que Lénine fut entouré de renégats, criminels et terroristes, que les grandes purges des années 1930 font partie de la tradition léniniste. Dans ma vie et dans mes œuvres j'ai essayé de démontrer que ce n'est pas vrai, que le léninisme et le socialisme sont tout à fait
"Le temps est révolu où des listes de prétendus agents de l'impérialisme furent dressées, l'heure est venue de réécrire l'histoire du Parti communiste de l'Union soviétique. Personne ne peut être exclu de l'Histoire et personne ne doit avoir peur de confronter l'Histoire".
C'est le dramaturge soviétique Mikhail Chatrov qui a tenu ces propos dans une interview publiée par le quotidien italien Corriere della sera dans son numéro du 2 avril 1987. Chatrov se trouvait en Italie pour participer à une conférence organisée en commun par l'Academia dei Lincei et la Société d'amitié italo-soviétique. Le quotidien italien le décrivait comme "un ambassadeur du perestroïka (restructuration)", en faisant remarquer que sa carrière d'écrivain avait commencé sous l'étoile du 20ème Congrès du PCUS (en 1956, sous la direction de Khrouchtchev) et qu'elle redémarrait aujourd'hui après des
Chatrov a poursuivi : "Toutes mes œu-vres ont fait scandale et provoqué des luttes acharnées. Et après le limogeage de rablement bloquées. Suite à la mise en scène de ma pièce "La dictature de la conscience", un examen de la dégénérescence du socialisme, jouée en ce moment dans des théâtres de Moscou, ou elle a connu un succès et de la notoriété. quatre films sur Lénine sont passés à la télévision et ont fait sensation, parce que Ulyanov, avec à ses côtés le personnage de Boukharine, ce dernier montré pour la première fois à la télévision, n'est pas le Lénine de la hagiographie, Lénine sur un piédestal, mais un être humain en chair et
La prochaine pièce de Chatrov, "La paix de Brest" est déjà assurée d'un grand succès. Parmi ses personnages on trouve Trotsky, Boukharine et Kamenev, et l'auteur a indiqué qu'il ne s'agirait pas de les montrer suivant les vieux stéréotypes
"Au moment où les gens sortaient des prisons et les documents étaient sortis des archives, je pensais qu'il fallait apprendre les leçons de ces événements, regarder en compréhension". Chatrov a ainsi com -mencé son projet en 1962, sous le régime de Khrouchtchev, pour le mettre de côté de ce dernier en 1964. Aujourd'hui il dit : "Il est possible de briser les chaînes de l'Histoire parce qu'il existe une volonté de créer une société en URSS qui n'aura peur de rien, qui agira et pensera toute seule pour elle-même, sans être entraînée passivement, condamnée aux ténèbres et à l'ignorance".
Interrogé sur sa manière de présenter les "personnages interdits" dans sa pièce, il a répondu : "Je présente Trotsky et Boukharine comme des dirigeants de la révolution, du comité central, compagnons de Lénine, fidèles au rôle qu'ils jouaient à un moment donné de l'Histoire.
Trotsky ne sort guère comme le héros de la pièce, mais l'auteur dit qu'il s'efforce de le traiter de manière objective : "Dans le débat autour de la paix de Brest, lequel était décisif pour l'avenir de la révolution, Trotsky adoptait une position erronée. A la différence de Lénine, il n'est pas allé à la racine de la situation. Dans ses arguments il ne manquait pas de points intéressants. Il menait une agitation et intervint avec force dans le débat, mais à part des gestes théâtraux il ne proposait pas de contribution valable à la solution du problème. De bonnes et de mauvaises intentions sont sanctionnées par des résultats et ces derniers ont démontré que l'analyse de Lénine fut plus juste et plus
"Mais j'attire l'attention également sur les côtés positifs de Trotsky, ses talents d'organisateur, éloquence pleine d'entrain. Là, comme dans le cas de Boukharine, qui réprouvait qui aurait abandonné l'espoir d'étendre la révolution, je n'ajoute ni enlève rien. Il est nécessaire d'étudier sérieusement et objectivement faisaient et disaient les grands dirigeants bolchéviques, d'analyser les aspects positifs et négatifs, ce qui était d'ailleurs la démarche de Lénine lui-même de son temps, qui considérait Boukharine comme le fils préféré du parti, comme théoricien remarquable, tout en reconnaissant ouvertement ses erreurs"
A la question de savoir quand il serait possible de réécrire l'histoire du PCUS, Chatrov a répondu : "Quand la ligne du 27ème congrès aura triomphé (...) "Il faut mettre fin aux critères qu'on a commencé à utiliser à la fin des années 1920. C'est une attitude, ridicule, aveugle, sauvage. l'Histoire. On a fait passer des excès, la terreur et des abus pour le socialisme. Ce n'était pas quelque chose d'inévitable Nous devons nous demander pourquoi le processus historique a suivi ce chemin-là dans notre pays, pourquoi autant de crimes affreux furent commis"