Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

DOSSIER AFRIQUE DU SUD

"L'avenir est entre nos mains" ; Message du Nouvel an au COSATU

Inprecor n° 244, 8 juin 1987 · p. 14-16 · 3 027 mots

Afrique australe Syndicalisme Femmes

Les textes que nous publions sont de divers ordres. Le premier est le message de Nouvel An de la direction du COSATU à l'ensemble des membres du syndicat. Ce document fait le point sur la situation du

COSATU. Il y est notamment mentionné l'urgence des fusions syndicales pour aboutir à un syndicat unique par branche industrielle. Les fusions trainent et la direction indique ici qu'elle ne saurait accepter une prolongation des inerties largement dûe à la faiblesse organisationnelle de certains petits syndicats ou aux sectarismes des débats antérieurs.

Autre point marquant de ce texte, celui qui porte sur lautodéfense des travailleurs aux attaques répétées contre les syndicalistes notamment au Natal par des groupes armés inspirés par

Le second texte est constitué d'extraits d'une déclaration faite le

2 décembre 1986 par Sydney Mufamadi, assistant secrétaire général du COSATU, devant le congrès du syndicat des étudiants blancs libéraux, NUSAS. Ce texte est très significatif car Mufamadi avant le lancement du COSATU appartenait à un syndicat lié à l'UDF. Lui- même peut être considéré comme lié au courant "chartiste". Ses propos sur la révolution ininterrompue sont donc très intéressants car ils symbolisent assez bien la position actuelle de ce courant, traditionnellement favorable à une révolution strictement nationale et démocratique mais aujourd'hui fortement tiré vers une perspective socialiste. Mufamadi mentionne d'autre part le bilan d'échec des syndicats généraux du passé. C'est la première fois qu'un dirigeant syndical

DOCUMENT

Nous vous saluons au nom du Congrès des syndicats sud-africains.

Nous vous saluons en 1987, une année de consolidation et d'action décisive pour notre mouvement.

Le COSATU a un peu plus d'un an. Aujourd'hui nous sommes plus proches du jour où nous - les travailleurs et la jeunesse de notre pays - nous nous libérerons de la pauvreté, de la faim, de l'exploitation et du racisme. mais une longue et amère lutte nous attend encore.

NOUS SOMMES ATTAQUES

DE TOUTES PARTS

Notre lutte a pu avancer si loin grace à la combativité et à l'unité de millions de gens, dirigés par les travailleurs et les jeunes. Le chemin que nous avons frayé n'a pas été facile et bien que nous ayons bâti le COSATU comme une organisation ouvrière de masse, nous pouvons voir que le chemin qui reste à parcourir est encore plus difficile. Les possibilités que nous avons sont plus grandes que jamais auparavant, mais les dangers aussi.

"L'avenir est entre nos mains"

Message du Nouvel an au COSATU partient par contre à l'ANC. organismes de l'UDF. monde.

Nous sommes attaqués de toutes parts. Les patrons, le gouvernement et leurs alliés paniquent. Ils sont dans la confusion la plus totale - et dans leur difficulté, ils voient que nous nous renforçons.

Ils veulent nous empêcher d'avancer. C'est pourquoi ils ont imposé l'état d'urgence.

Ils ont détenu des milliers de nos camarades - parmi lesquels Moses Mayekiso, Lizzie Phike, Enoch Godongwana, Noel Williams, Masondo.

Ils ont envoyé leur armée et leur police dans nos townships, dans les écoles de nos enfants et dans nos réunions ouvrières. Leurs alliés ont envoyé des escadrons de la mort, pour agresser et tuer des travailleurs partout dans le pays - comme nos camarades du MAWU qui ont été assassinés à Mphopomemi.

Ils ont essayé d'écraser des travailleurs qui osent lutter pour ce qui est leur dû - à GM, à OK Bazaars, BTR, Goldfields et Impala. Nous savons tous que la situation est grave. Nous savons tous que nous avons besoin du maximum d'unité si nous voulons nous défendre et avancer dans notre lutte. Nous savons tous que nous avons

TO

INJURY venant de ce courant reconnaît clairement la faiblesse d'hier de cette catégorie de syndicat, dont le principal était le SAAWU et dont la plupart adhéraient à l'UDF. Mufamadi en profite pour rappeler très fermement que le syndicat ne saurait se substituer "à un parti", une façon de calmer les ardeurs de ceux qui au sein du COSATU auraient des vues plus lointaines sur la recomposition du mouvement ouvrier. Au delà des débats internes au COSATU sa déclaration cherche à rappeler que selon lui la légitimité politique est hors du syndicat et ap-

En définitive, au travers de cette déclaration de Mufamadi transparaissent les recompositions politiques en cours au sein du COSATU.

Un mouvement vers la gauche du courant chartiste s'accompagnant de la défense par l'ancienne gauche syndicale d'un front unique avec les

Le troisième volet de notre dossier est constitué d'articles issus du numéro de mars du journal du COSATU, un numéro entièrement consacré à la campagne pour le salaire minimum. Les articles reproduits ici donnent un aperçu de la ligne générale en la matière. Le contenu est radical, très pédagogique et franchement anti-capitaliste. De cet ensemble (si l'on y ajoute la préoccupation permanente de la démocratie interne) on peut se faire une idée sur ce qu'est réellement le

COSATU et ses 650 000 membres. Dans ce pays de répression féroce voilà un syndicalisme classiste, démocratique, unitaire, anticapitaliste, sans doute parmi ce qui se rencontre de plus radical au besoin d'apprendre de nos erreurs et de nos revers si nous voulons consolider nos acquis, renforcer notre organisation et progresser en 1987.

la plus largement unifiée sous la direction

UNE SEULE INDUSTRIE, UN SEUL SYNDICAT

Nous devons nous assurer que toutes nos structures - au niveau local, régional et national - sont consolidées et qu'elles fonctionnent correctement. Pour le faire de manière efficace, nous avons besoin d'un tel syndicat dans chaque industrie. Nous avons promis au moment de notre lancement que nous fusionnerions pour créer de grands syndicats industriels dans les six mois. Voilà 14 mois déjà et nous n'avons pas encore un seul syndicat dans chaque industrie. On ne peut continuer comme ça.

Nous avons une tâche d'ampleur devant nous, camarades. Nous devons organiser dans nos rangs des millions et des millions de travailleurs actuellement inorganisés. Nous devons faire rentrer dans nos

Page 15

rangs les millions de chômeurs, les tra- la grève la plus importante jamais vue à vailleurs agricoles, les cheminots, les ouvriers du bâtiment, les travailleurs du secteur public. Nous ne pouvons le faire qu'en construisant des syndicats industriels forts et puissants. Rien ne doit nous barrer la route.

Travailleurs, assurez-vous que votre syndicat participe au processus de création d'un seul grand syndicat dans chaque industrie !

Toutes nos structures doivent être renforcées, surtout nos comités locaux de délégués d'atelier. Ces derniers constituent un des piliers sur lesquels repose le COSATU. Faites en sorte que vos opinions soient représentées par vos délégués d'atelier au comité local du COSATU dans votre région. S'il n'existe pas de comités de délégués d'atelier dans votre région, vous devez faire en sorte qu'il en soit formé. Construisez les comités d'atelier du COSATU comme l'expression organisée de l'unité ouvrière dans chaque région.

DEVELOPPER DES ACTIONS

DE SOLIDARITE OUVRIERE

A notre congrès de fondation, nous avons dit que notre principe directeur serait "Une attaque contre l'un est une attaque contre tous" et nous avons adopté de puissantes résolutions pour nous guider dans notre lutte. Nous avons fait des progrès, mais ils sont loin d'être suffisants.

Trop souvent nous nous sommes contentés de regarder lorsque nos camarades luttaient seuls contre le gouvernement, comme à GM, Crossroads, Impala, BTR ou OK Bazaars. Trop souvent, nous nous sommes contentés de regarder lorsque des camarades étaient détenus, bien qu'ayant résolument décidé de combattre chaque attaque contre notre organisation par une riposte unie.

Et quand nous avons, en effet, pris des décisions pour des actions d'envergure, comme celle du 14 juillet contre l'état d'urgence ou du ler décembre contre l'assassinat de nos camarades du MAWU, certains problèmes et divisions de notre mouvement ont affaibli notre protesta-

Cela est mauvais, camarades. Nous devons bâtir nos structures, notre unité et notre capacité de mobiliser plus massivement et plus sérieusement, pour que nous puissions agir sur la base de nos décisions, et non pas uniquement coucher sur du papier des résolutions.

Les patrons et le gouvernement ont aussi vu cette faiblesse. Ils ont vu comment nous avons fait du 16 juin et du ler mai, des journées de grèves générales les plus massives qu'on ait jamais vues, avec la participation de millions de personnes. Ils avaient peur. Ils voyaient comment le NUM (syndicat des mineurs, ndlr) et certains autres syndicats affiliés ont organisé l'échelle nationale après la mort de nos camarades dans l'accident de la mine de Kinross. Ils étaient inquiets. Mais ils ont vu aussi notre échec dans la préparation du 14 juillet et du ler décembre, et ils sont

Nous ne devons pas oublier que la base de notre pouvoir se trouve dans les entreprises. Nous devons faire en sorte que chaque entreprise ait des structures fortes et démocratiques et des membres actifs. Et nous ne devons pas permettre que nos divergences minent notre unité l'action. Nous aurons toujours des divergences. Celles-ci sont nécessaires dans toute organisation démocratique, pour confronter nos idées et avancer de la manière la plus sûre possible. C'est cela la signification de la démocratie ouvrière. Mais elle signifie aussi qu'une fois que nous avons pris une décision, nous lui sommes tous fidèles et faisons notre possible pour l'appliquer de façon disciplinée et

Permettre que des divergences mènent à une scission comme cela s'est passé dans le NUTW (syndicat des travailleurs des transports, ndlr), ou retarder l'organisation d'une région, comme dans les régions du Cap oriental et de Witwatersrand, ou affaiblir une section locale, comme avec la section de Johannesburg, c'est terrible, camarades. Je vous en prie, assurons-nous que de pareilles choses ne se reproduisent plus et que nous disciplinions ceux qui essaient de nous diviser.

NOS CAMPAGNES

Cette année, nous allons travailler pour transformer nos puissantes résolutions en actions. Les campagnes pour un salaire décent pour chaque travailleur, pour l'organisation des chômeurs sous le drapeau du COSATU et pour une action nationale unifiée sous la direction de la classe ouvrière sont cruciales.

Déjà, partout dans le pays, les travailleurs mènent ces campagnes de manière active. Les travailleurs héroïques de OK Bazaars sont en grève depuis des semaines pour un salaire décent. Des travailleurs membres du COSATU ont boycotté des li-

Renforcer organisations (dr)

vraisons à OK par solidarité avec les grévistes. La jeunesse et toutes les organisations progressistes sont de plus en plus impliquées dans des actions de solidarité avec les travailleurs.

POUR UN SALAIRE DECENT

Tous ensemble dans le COSATU, nous devons faire avancer ces campagnes. La lutte pour un salaire décent sera la principale campagne du COSATU cette année. Nous devons l'organiser nationalement de manière claire, coordonnée et unifiée. Ainsi qu'une campagne pour organiser les chômeurs. Notre campagne frappera au coeur du système du profit. Ce que nous voulons, c'est vivre décemment. Si le système capitaliste ne peut pas nous fournir ce dont nous avons besoin, alors nous n'avons pas besoin du système des patrons. Nous voulons que les richesses que nous avons créées nous reviennent, pour que nous puissions avoir des vies correctes.

L'action de masse unifiée est notre arme la plus forte. En avançant, nous devons entraîner derrière nous le soutien et la solidarité de millions de travailleurs et de jeunes, ainsi que des organisations progressistes et démocratiques en dehors de nos rangs.

De cette manière, nous développerons une campagne d'action unifiée sous la direction des travailleurs et autour de nos revendications.

Cette année nous devons nous assurer que nos campagnes du ler mai et du 16 juin seront beaucoup plus importantes que celles de l'année précédente, pour qu'elles deviennent vraiment nos fêtes nationales.

Nous pouvons nous attendre à une forte résistance de la part des patrons et du gouvernement vis-à-vis de notre lutte pour l'action unifiée nationale. Dans leur désespoir acharné, ils essaieront de manière encore plus intensive qu'avant d'attaquer notre mouvement.

Ils essaieront de créer des bandes de nervis, sutout parmi les chômeurs pour nous diviser et nous intimider. Ils essaieront d'encourager le tribalisme, le racisme, les fractions et la division partout où ils le peuvent afin de miner notre unité. Nous

Page 16

ne devons pas le leur permettre.

Nous devons organiser des millions de chômeurs dans notre fédération, afin renforcer notre lutte commune pour des emplois pour tous à un salaire décent. Nous, les travailleurs organisés, disposant d'un emploi, pouvons aider la lutte de nos camarades chômeurs en appliquant notre résolution pour une interdiction des heures supplémentaires et pour la semaine des 40 heures. Mobilisons-nous pour cette campagne et joignons-nous aux chômeurs en nous battant pour le partage du travail avec salaire intégral et un programme massif de travaux publics, payés par les patrons afin de créer des emplois et nous fournir le nécessaire.

ORGANISER L'AUTODEFENSE

Nous devons organiser notre propre déd'éventuelles attaques. Déjà, dans de nombreux endroits, les travailleurs du COSATU commencent à se défendre. Nous devons renforcer cela cent fois, dans chaque entreprise, dans chaque township. Les attaques deviennent tellement graves, tellement de gens sont morts, que nous devons organiser l'autodéfense dans chaque entreprise et chaque township afin de consolider et protéger les avancées que nous avons faites.

Personne d'autre ne défendra ni nous ni nos luttes. C'est à nous de le faire.

Les problèmes que nous rencontrons au travail et dans nos communautés sont les mêmes. Nulle part nous exerçons un contrôle sur les décisions qui affectent nos vies : le loyer que nous sommes obligés de payer, les prix des transports élevés, les conditions de vie affreuses dans les townships.

Ces questions sont directement liées aux salaires de famine qui sont ceux des travailleurs.

C'est pourquoi les travailleurs du COSATU dirigent la lutte pour créer des comités de rue dans les townships. Comme nos syndicats dans les entreprises, les comités de rue nous donneront l'organisation démocratique, l'unité et la force de nous battre pour tout ce dont nous avons besoin, y compris le contrôle sur les aspects de nos vies au travers de notre organisation démocratique sous la direction des travailleurs organisés.

NOUS LIER A LA JEUNESSE

Il y a énormément de discussions sur les alliances et les alliés dans notre lutte. Les alliés les plus forts, les meilleurs et les plus faibles de la classe ouvrière, sont les jeunes. Comme nous, les jeunes n'exploitent personne. Ils n'ont Tien à perdre et tout à gagner en marchant ensemble avec nous vers un avenir prolétarien. Nous devons faire tout ce que nous pouvons pour établir des liens étroits avec les étudiants, les jeunes et leurs organisations démocratiques et partager notre vision de la lutte et de l'avenir. En même temps, nous devons donner le maximum de soutien à la lutte pour l'éducation populaire, pour la création de conseils de représentants étudiants et le contrôle sur les écoles.

Les ouvriers agricoles commencent à s'organiser dans le FAWU. Avec le développement de l'organisation des ouvriers agricoles, un pont solide sera jeté entre les travailleurs des villes et ceux des campagnes. Des milliers de travailleurs ruraux, ensemble avec les pauvres ruraux, s'uniront aux travailleurs organisés dans les villes pour lutter, comme dans les usines, les mines et les magasins, pour avoir un contrôle sur les terres où ils vivent et travaillent. Nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour construire et consolider ce pont le plus tôt possible.

ORGANISER LES FEMMES

Dans notre mouvement les femmes travailleuses ont une place particulière parce qu'elles portent le poids le plus lourd. C'est du devoir de tout travailleur du COSATU de faire en sorte que les revendications, la participation et la lutte des femmes travailleuses soient mille fois renforcées. Si notre libération ne réussit pas à créer des gens libres, égaux les uns aux autres sous tous les aspects, alors nous ne serons pas libérés. Nos combats pour les allocations de maternité, pour un salaire égal à travail égal, pour des structures d'accueil pour les enfants répondant aux besoins des travailleurs, contre le harcèlement sexuel et le travail dangereux, sont les priorités dans toutes nos luttes d'aujourd'hui. Notre rôle dirigeant dans la lutte dépend du courage, de la résolution et capacités de direction des femmes travailleuses.

Camarades, nous sommes à un carrefour. Nous voyons devant nous une année qui comportera davantage de luttes, d'épreuves et de souffrances et davantage d'espoir. Maintenant c'est l'heure. Si nous continuons à vivre, alors nous devons avancer ensemble contre le système patronal de profit et de cupidité. Nous pouvons regarder le chemin que nous avons fait. le COSATU est la demeure de chaque travailleur en Afrique du Sud, qu'il soit ou non au chômage. C'est pour cette raison que les patrons esaient désespérement de promouvoir l'UWUSA (syndicat lié au mouvement tribaliste zoulou Inkatha, ndlr) contre le COSATU. Tous leurs efforts de division sont voués à l'échec si nous sommes unis. Il ne devrait exister maintenant aucun obstacle à ce que tous les syndicats démocratiques se rassemblent avec nous pour former une seule fédération dans un seul pays.

Nous nous sommes engagés pour que s'affirme une direction ouvrière dans les luttes. Cette année, nous devons montrer ce que cela veut dire en consolidant et unissant notre organisation, le COSATU dans des actions décisives, unies à d'autres organisations progressistes sous la direction des travailleurs organisés.

Pour ce faire, nous avons besoin du dé. bat démocratique le plus large possible au travers de toutes nos structures, Sur nOS forces et nos faiblesses, pour que nous puissions arriver à notre congrès national en juillet avec un programme pour une voie prolétarienne.

Nous devons au travers de notre force organisée, de notre unité et de notre clarté sur les objectifs, unifier réellement et diriger l'énorme masse de notre peuple vers une société nouvelle, transformée, une société où les besoins des travailleurs seront souverains.

La manière dont nous construirons cette société et le visage qu'elle aura devront être le sujet d'une discussion approfondie, dans nos syndicats afiliés et dans les structures du COSATU avant et après le congrès.

Camarades travailleurs, l'avenir est dans nos mains. la lutte dépend de vous et uniquement de vous. Faites en sorte que votre organisation, le COSATU soit unie. Faites en sorte que votre syndicat participe activement et pleinement à toutes les structures du COSATU. Faites en sorte que le COSATU soit démocratique. Faites en sorte que le COSATU fasse ce que vous voulez et sous votre contrôle.

Les travailleurs unis ne seront jamais vaincus.

Une erreur sur cette page ?