Voici les principaux extraits de l'accord signé par les 5 présidents d'Amérique centrale, le 7 août dernier.
1) Réconciliation nationale a) Dialogue : Mettre en place de façon urgente des modalités de réconciliation nationale permettant la participation populaire, pleinement garanties, en un authentique processus politique de caractère démocratique. A cette fin, les gouvernements commenceront un dialogue avec les groupes désarmés de l'opposition politique intérieure et avec ceux qui accepteront l'amnistie.
b) Amnistie : Dans chaque pays centro-américain, à l'exception de ceux dont la Commission internationale de vérification et de suivi déterminera que ce n'est pas nécessaire, des décrets d'amnistie devront être émis. Simultanément, les forces irrégulières des pays respectifs devront mettre en liberté les personnes qui se trouvent en leur pouvoir.
Gc) Commission nationale de réconciliation : Pour la vérification de l'application de ces engagements, sera créée une Commission nationale de réconciliation. Elle sera composée d'un délégué titulaire et d'un suppléant du pouvoir exécutif, d'un titulaire et d'un suppléant proposés par la Conférence épiscopale et d'un titulaire et d'un suppléant des partis politiques d'opposition légalement inscrits.
2) Appel au cessez-le-feu.
Les gouvernements font un appel pressant pour que dans les Etats de la région qui subissent aujourd'hui l'action de groupes irréguliers ou insurgés, s'initie une concertation pour la cessation des hostilités. Les gouvernements des dits Etats s'engagent à réaliser toutes les actions nécessaires pour obtenir un cessez-le-feu effectif à l'intérieur du cadre constitutionnel.
3) Démocratisation.
Les gouvernements s'engagent à impulser un authentique processus démocratique pluraliste. Pour vérifier la bonne foi engagée dans le développement de ce processus il devra :
a) Exister pleine liberté pour la presse, la radio et la télévision.
b) Avoir un pluralisme politique total.
c) Ainsi, les gouvernements d'Amérique centrale qui ont en vigueur l'état d'exception, de siège ou d'urgence, devront le lever et rendre effectif l'état de droit avec l'exercice plein de toutes les garanties constitutionnelles.
4) Elections libres a) Elections au parlement centro-américain dans tous les pays pour le pre-
D'esquipulas
mier semestre 1988.
b) Après les élections au parlement centro-américain, dans chaque pays devront être organisées en présence d'observateurs internationaux, dans les délais établis et suivant un calendrier qui devra être établi, en accord avec les constitutions en vigueur, des élections également libres et démocratiques, pour la désignation des représentants populaires dans les municipalités, les congrès ou assemblées législatives et la Présidence de la république.
5) Arrêt de l'aide aux forces irrégulières ou aux mouvements insurrectionnels.
Les gouvernements des cinq Etats centro-américains demandent aux gouvernement de la région et aux gouvernements extra-régionaux qui, de façon ouverte ou voilée, fournissent une aide militaire, logistique, financière, en forces humaines, armements, munitions et équipement, aux forces irrégulières et mouvements insurrectionnels, qu'ils cessent cette aide. De même, ils demandent aux forces irrégulières et aux groupes insurgés de s'abstenir de recevoir cette aide. Cette demande a pour but de parvenir à l'élimination du trafic d'armes, inter-régional ou provenant de l'extérieur de la région, destiné à des personnes, des organisations ou des groupes qui tentent de déstabiliser les gouvernements des pays centro-américains.
6) Non-utilisation d'un territoire pour agresser d'autres Etats.
7) Négociation en matière de sécurité, vérification, contrôle et limitation des armements.
Ces négociations comprennent des mesures pour le désarmement des forces irrégulières qui sont disposées à accepter les décrets d'amnistie. (...)
11) Calendrier d'exécution des engagements.
Dans les 90 jours, entreront simultanément en vigueur les engagements relatifs à l'amnistie, au cessez-le-feu, à la démocratisation, à l'arrêt de l'aide aux forces irrégulières ou aux mouvements insurectionnels, à la non-utilisation d'un territoire pour agresser d'autres Etats, ainsi qu'il est défini dans le présent document.
Dans les 150 jours, les cinq présidents d'Amérique centrale se réuniront, recevront un rapport de la Commission internationale et prendront les décisions qui s'imposent.
Esquipulas ; 7 août 1987