Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

HAITI

Une économie en chute libre

· Inprecor n° 250, 5 octobre 1987 · p. 9-11 · 3 052 mots

REFOULE SUR DES TERRES peu fertiles, dont il n'est généralement pas le propriétaire, souvent soumis à des baux à court terme, semblables, les grands propriétaires, les usuriers, les arpenteurs, situation d'insécurité et n'a jamais eu les moyens d'améliorer

HAITI

Une économie en chute libre pressuré de toutes parts par l'Etat et son cortège de taxes, les spéculateurs de denrées, les Tontons macoutes ou leurs les notaires et autres parasites, le petit paysan haitien court depuis toujours après l'argent, se trouve constamment en son outillage.

Filip MARTENS

E PETIT PRODUCTEUR de café ne perçoit que 40% du prix du café vendu aux firmes étrangères (après avoir remis une partie souvent majoritaire de sa récolte à un grand propriétaire) alors que son homologue centro-américain - qui n'est pas débordant de richesse ! - en perçoit 75%. Le reste va à l'Etat et aux intermédiaires, notamment aux grands commerçants des ports. L'Etat n'a jamais employé les impôts pour entreprendre réellement des investissements à la campagne et aider les petits paysans à produire. De son côté, la bourgeoisie des grandes villes, qui se consacre essentiellement au commerce avec l'étranger, n'a jamais investi dans la modernisation du pays.

Une crise qui vient de loin

Elle consomme ses profits ou les place à l'étranger. Placés tout en bas de l'échelle, obligés de vendre leurs bras et pour cela de migrer périodiquement en cours d'année, les paysans pauvres et les paysans sans terre portent depuis toujours la nation haïtienne sur leur dos. La crise haïtienne vient de loin. Elle s'ancre dans des relations sociales fortement hiérarchisées et la soumission à des puissances étrangères. Elle est marquée depuis longtemps par une tendance dominante de l'économie à la stagnation. L'érosion est aujourd'hui un des aspects les plus dramatiques de cette crise, et menace à terme l'existence même du pays.

Bien que le taux de croissance de la population ne soit pas extrêmement élevé

(en raison notamment de la forte mortalité) les paysans sont de plus en plus nombreux, et sur de moins en moins de terres.

Les deux tiers de la surface cultivée se trouvent en zone montagneuse et, à chaque pluie, les sols, peu épais, descendent par paquets dans les torrents, des sédiments se déposent en contrebas, dégradant les terres fertiles qui peuvent s'y trouver, et rendant inutilisables les sytèmes d'irrigations. Cette situation est due essentiellement à l'intensité du déboisement. On estime que 50 millions d'arbres sont coupés chaque année. Dans les années 30, la forêt couvrait 23% du territoire. Ce taux serait tombé à 7% en 1974 et ne serait plus que de 1,5% aujourd'hui ! En conséquence, la quantité d'eau qui s'infiltre dans les soussois lors des pluies diminue (entraînant à terme le tarissement des sources), avec pour contrepartie un ruissellement de plus en plus fort, et des crues violentes, désas-

Le déboisement massif tire ses origines de la période coloniale. Il est aujourd'hui cause et conséquence d'une situation de pauvreté et de précarité permanente. Le petit paysan surexploite la terre dont il arrive à disposer sans pouvoir se préoccuper de l'avenir. Le charbon de bois est son unique source d'énergie. Et sa vente est souvent pour lui, le seul moyen de se procurer des liquidités pour acheter des produits de première nécessité et payer des taxes. C'est pourquoi il ne pourra y avoir de solution au problème si urgent de l'érosion sans de profondes transformations dans l'édifice social et dans la tenure

Le fruit d'une longue histoire

Le duvaliérisme n'a pas été un accident, mais plutôt le fruit d'une longue histoire. Selon l'écrivain haïtien MichelRolph Trouillot, le XIXème siècle portait déjà en germe trois échéances. La première était le moment où les gouvernements, les marchands et l'étranger "auraient tellement purgé cette paysannerie qu'il n'y aurait plus rien à accaparer sans forcer le peuple à la pauvreté la plus abjecte". La seconde était celle où "le rôle de sangsue" joué par les "parasites urbains" employés par l'Etat "dépasserait largement la distribution partielle et inégale qu'ils effectuaient". La troisième arriverait lorsque "les prétendants aux miettes du trône deviendraient trop nombreux pour le trône lui-même" et "où toute fraction politique qui se maintiendrait au pouvoir ne le ferait qu'au prix de la vérification quotidienne de ce pouvoir par la violence". "C'était l'échéance du sang, celle qui cristalliserait tous les écarts". (1) L'occupation nord-américaine (1915-1934) a levé les obstacles qui retarces échéances. Elle a accru l'exploitation de la paysannerie et la dépendance du pays, forgé une armée destinée à la répression interne et centralisé à l'extrême Haïti autour de Port-au-Prince. Les échéances sont venues à terme dans les années 50 lorsqu'une crise politique et économique a débouché sur la prise du pouvoir par François Duvalier le 22 septembre 1957.

Une situation bloquée

Trente années plus tard, Haiti connaît une situation de blocage, de crise généralisée, analogue à celle des années 50. La crise économique a mûri dans les années 70, durant lesquelles on a assisté à une dégradation constante du secteur agricole. Elle s'est accélérée brutalement à partir de 1981.

En 1982, l'abattage du cheptel porcin a des conséquences catastrophiques. Il est le résultats des pressions des Etats-Unis, et se fait avec leur collaboration. Reprenant l'expression de l'économiste Jean-Jacques Honorat, on peut dire que cette opération fait craquer le "plancher de la nation haïtienne" (2) que constitue l'économie paysanne de subsistance, ce qui correspond parfaitement au projet des Etats-Unis : réduire considérablement la part de l'économie haïtienne consacrée à la nourriture du pays pour mieux intégrer Haïti dans "leur" division internationale du travail. Ceci passe par un remodelage des structures agraires et une pénétration sans limite du capital dans les campagnes. Les Etats-Unis avaient tenté de mettre en œuvre un tel projet durant leur occupation mais n'avaient pas réussi à le mener à terme.

L'autre face du plan américain est la transformation d'Haïti en une "vaste zone franche", selon la formule de Leslie Delatour actuel ministre de l'Economie, qui partage cet objectif. Avec son accord,

1) Jean-Michel Trouilot : "Les racines historiques de l'Etat duvalérien". Editions Deschamps. Port-au Prince, 1986.

2) Jean-Jacques Honorat "La peste porcine en Haiti : de l'éradication d'une épizootie au grand projet d'antidéveloppement national". Collectif Paroles. Montréal, 1983.

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Jean-Claude Duvalier, dit "Baby Doc" l'économie de subsistance a été, depuis le départ de Duvalier, soumise à de nouveaux coups de boutoir. Le Conseil national de gouvernement (CNG) a levé la plupart des barrières protectionnistes et laissé inonder le marché par des produits que l'on ose à peine appeler de "contrebande" tant elle se fait à ciel ouvert. Chaque jour des bateaux en provenance de Miami déchargent des tonnes de marchandises, produits alimentaires et biens d'équipements, dans les ports de province qui étaient restés fermés durant des dizaines d'années. Les premières victimes de ce trafic ont été les producteurs de riz qui, à cause des différences de productivité et des nombreuses charges pesant sur le paysan haïtien, était vendu beaucoup plus cher que le riz américain

La différenciation villes-campagnes Celui-ci est bien plus apprécié que le riz haitien et est vendu à peine plus cher que le maïs, dont il a fait pourtant chuter le prix. Qu'ils cultivent du riz, du maïs ou des haricots, les paysans haïtiens n'arrivent plus à vendre leurs produits et se trouvent en état d'asphyxie.

Les paysans moyens et riches arrivent parfois à investir ailleurs. Par contre, les paysans sans terre n'ont plus de travail et se trouvent privés de ressources.

Le désastre ne s'arrête pas là. L'industrie agro-alimentaire dont les équipements sont vétustes ne peut affronter la concurrence des produits étrangers. Des usines d'huile et de pâte de tomate ont dû fermer leurs portes. Ce sera bientôt le cas de la minoterie. Plus grave encore, les usines sucrières qui, en général travaillent six mois par an, ont dû fermer au bout de trois mois à cause de la concurrence du sucre dominicain. D'une part des milliers d'ouvriers ont été mis au chômage, ce qui a privé de ressources des dizaines de milliers de personnes, par exemple les employés de maison de ces ouvriers. D'autre part, des dizaines de milliers de paysans qui cultivent de la canne à sucre n'ont plus trouvé où vendre leur récolte.

La contrebande accroît les divisions entre la ville et la campagne. En effet, les consommateurs, de leur côté, voient baisser de manière importante les prix des produits alimentaires. La contrebande a créé des milliers d'emplois, précaires au plus haut point, dans les villes portuaires et dynamisé le secteur informel des grandes villes. Alors que déjà sous Duvalier, l'aide alimentaire américaine, le "mangé sinistré" commençait à être rejetée, on assiste aujourd'hui avec la contrebande à une espèce d'aide alimentaire forcée, qui entraîne, de proche en proche, la ruine de pans entiers de l'économie, et enchaîne Haïti aux Etats-Unis. Le riz de Miami étant aujourd'hui vendu en Haïti en dessous du prix du marché mondial, il est par ailleurs fort possible que son prix remonte à terme, lorsqu'il aura évincé tous les produits locaux. Ceux qui organisent jourd'hui la contrebande, les militaires, certains grands commerçants et les transporteurs, sauront alors faire de nouveaux profits, tandis que les masses haïtiennes verront leur pouvoir d'achat chuter à nouveau.

La fin de "la stabilité"

La perte d'emplois industriels entraînée par le début d'ouverture des frontières n'a pas été compensée par un développement de l'industrie d'assemblage. Selon le plan économique dressé par les Etats-Unis pour Haïti, ce pays devait tirer parti de avantage comparatif que constituait une main-d'œuvre nombreuse et d'autant moins exigeante que des paysans privés de ressources venaient grossir la masse des chômeurs. Et, effectivement, Haïti a vu pendant quelques années un développement impétueux des usines d'assemblage installées dans la zone industrielle de Port-au-Prince. Il y eu jusqu'à 45 000 personnes employées dans ces usines. Haïti a fait un moment figure de "leader" des Caraïbes dans ce domaine. Mais il faut maintenant déchanter. Haïti ne bénéficie plus de la "stabilité" que les employeures américains appréciaient sous Duvalier. N'ayant pas eu besoin de faire d'investissements dans ce type d'industrie, ils ont été nombreux à plier bagage en 1986.

Surtout, peut-être, les industriels ont constaté que la République dominicaine était plus avantageuse. Depuis la dévaluation du peso, les salaires minimums des deux pays sont très proches. Surtout, les salaires du personnel d'encadrement - qui, en Haïti représentent la moitié de la masse salariale dans ce type d'industrie - sont deux fois moins élevés en République dominicaine. Il y avait, au début de l'année 1987, 50 000 emplois dans les usines d'assemblage de République dominicaine, et, comme en Haïti, il y a quelques années, les usines déjà installées en attirent d'autres. La crise haïtienne a dans son développement actuel, des effets contradictoires. Elle accentue les relations de dépendance et rend difficile la construction d'organisations autonomes. Mais, en même temps, elle donne naissance à des situations explosives et à une radicalisation des couches opprimées qui va croissant.

L'extrême dénuement de larges secteurs de la population est un obstacle important à l'édification et à la stabilisation d'organisations de masse. La plupart des comités de quartier surgis à Port-au-Prince après le 7 février 1986 ont disparu ou ont été récupérés par la Mairie. Certains ont été détournés de leurs fins par des individus qui y voyaient le moyen d'assurer leur subsistance. A la campagne, il n'est pas difficile pour qui dispose d'importantes sommes d'argent de recruter des éléments marginaux sans scrupules. L'approfondissement de la crise exacerbe les tensions qui peuvent exister entre certaines catégories opprimées de la population. Et l'absence d'organisation fortement implantée, à même d'unir l'ensemble de ces

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KONA KOM DI

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"Le CNG est le plus grand des macoutes" (DR) couches, se fait lourdement sentir.

De leur côté, les anciens Tontons macoutes sont fort habiles à aviver et exploiter les problèmes pouvant opposer des communautés.

Dans la situation économique actuelle d'Haïti, les projets de "développement" dont les Eglises ont parsemé le pays leur donnent, dans certaines zones, un rôle économique considérable qu'elles utilisent en général à leurs propres fins. Les éléments les plus dynamiques se trouvant alors en relation de dépendance vis-à-vis de l'Eglise, il devient fort difficile aux paysans de s'organiser en dehors d'elle.

Malgré ces obstacles, l'explosion qui a

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provoqué le départ de Duvalier ne s'est pas arrêtée là. Elle était le produit d'une lame de fond qui secouait toute la société. Et on a assisté depuis, à plusieurs vagues de mobilisation paralysant partiellement le pays et entrecoupées de périodes d'accalmie, parfois longues mais trompeuses. Le mouvement est très différent de celui de l'année 1956 qui vit d'immenses foules descendre dans les rues, manipulées par des démagogues. Aujourd'hui, la situation est inversée : les politiciens essayent de rattraper un mouvement dont les initiatives les surprennent sans cesse. La méfiance de la population vis-à-vis de candidats présidentiels (qui ont servi pour la plupart les Duvalier à un moment ou à un autre) est particulièrement éclairante. Les Etats-Unis qui pensaient pouvoir fabriquer rapidement un "sauveur de la Nation" se sont lourdement trompés.

Malgré les difficultés, les organisations populaires et des réseaux multiformes se sont développés et se sont montrés capables, dans certains cas, de se coordonner d'une ville à l'autre. Ce n'est plus l'apanage des seuls mouvements de jeunes créés sous l'égide de l'Eglise, comme cela était le cas durant les mobilisations contre Jean-Claude Duvalier. Ce sont des organisations populaires, et notamment les organisations de jeunes des bidonvilles, d'étudiants et le syndicat des transports, qui ont été le moteur des mobilisations de cet été. Les "57 organisations" qui se sont auto-proclamées "comité de coordination de grève" et que la presse a mises en avant, en ont souvent été réduites à court-circuiter les initiatives d'organisations populaires.

Ces dernières sont le fer de lance de l'anti-impérialisme qui est un des traits marquants de la situation actuelle. L'attitude par rapport au communisme a également beaucoup changé parmi les couches pauvres des villes, ce qui traduit une radicalisation croissante. Dans les campagnes, par contre, l'anticommunisme, attisé par la propagande des diverses Eglises bat son plein, mais, dans plusieurs zones, le niveau de conscience moyen des paysans est plus élevé qu'il ne la jamais été. L'Eglise, seul "parti de masse"

L'Eglise catholique, qui reste le seul grand "parti de masse" du pays est frappée de plein fouet par les effets de cette radicalisation et n'a cessé, depuis le 7 février 1986, d'osciller dans son attitude vis-à-vis du CNG. Elle vient de condamner les positions de sa minorité radicale qui se réclame d'une "Eglise populaire". Les sermons du père Jean-Bertrand Aristide parlant d'autodéfense et de socialisme correspondaient trop aux nécessités de l'heure ! (voir interview page 12)

Le Conseil national de gouvernement

Duvalier est parti mais les Tontons macoutes sont restés... (DR) n'a pas confiance dans les leaders bourgeois pour juguler la crise sociale. Pour lui, le seul rempart se sont l'armée et les bandes paramilitaires. Issus de trente années de duvaliérisme, les hommes du CNG savent de quoi ils parlent. Le CNG n'est pas à proprement parler l'instrument pur et simple des secteurs duvaliéristes. Il a ses propres intérêts, y compris économiques dans la contrebande. Mais il a rapidement compris que par leur implantation dans les campagnes - où vivent les trois quarts de la population - les secteurs duvaliéristes et les réseaux d'anciens Tontons macoutes sont indispensables pour mater la montée du mécontentement et qu'il est vital de s'allier à eux.

La faillite politique

Il a souvent été dit que le CNG avait fait faillite. Il s'agit plutôt en fait d'une faillite de la bourgeoisie anti-duvaliériste. Les deux-tiers peut-être de ses membres ont en poche un passeport nord-américain. Cela suffit à expliquer que, malgré les grincements de dents de certains secteurs victimes de la concurrence étrangère, cette classe sociale foncièrement parasitaire, ait soutenu la politique de Leslie Delatour. Elle n'a pas plus d'alternative politique à présenter au CNG que d'alternative économique. Car que dire des candidats présidentiels qu'elle soutient, sinon que dans toutes les crises politiques qu'Haïti a vécues depuis le départ de Duvalier, ils ont été incapables de peser d'un poids quel-

La bourgeoise anti-duvaliériste a entraîné dans sa faillite les organisations petites-bourgeoises comme le Parti nationaliste progressiste haitien (PANPRA) (3) et le Congrès des mouvements démocratiques (CONACOM) (4).

Elles avaient pour projet la mise en place d'un régime démocratique de type parlementaire. Comment un gouvernement "démocratique", se contentant de réformer, pourrait-il affronter une crise économique et sociale aussi profonde que celle d'Haïti ? Avec quels moyens pourrait-il réformer l'armée issue de l'occupation américaine et du duvaliérisme ? Elles refusaient de se poser ces questions. lorsqu'au début de l'été, il s'est agi pour elles de sortir de leur utopie de et proposer une alternative gouvernementale, elles n'ont pas trouvé mieux qu'y inclure "un militaire administrativement placé dans la hiérarchie tout de suite après les généraux Henri Manphy et William Regala". Cela ne faisait que confirmer que, dans la situation d'Haïti, le choix ne pouvait être qu'entre la voie révolutionnaire et l'alliance avec l'armée et, au-delà, avec les Etats-Unis. La politique suivie par ces organisations cet été, est à l'image de celle qui présida à la naissance du CONAC. OM. Il s'agissait alors officiellement de coordonner les organisations populaires pour la lutte, mais en réalité, de les contrôler. Ses initiateurs souhaitaient se créer une base politique pour construire à terme un parti acceptable par la bourgeoisie, l'Eglise et les puissances étrangères Et ils recevaient déjà l'appui de courants latino-américains de l'Internationale socialiste et de "cercles libéraux américains"

Quel avenir pour Haiti ?

La crise que traverse Haïti est trop profonde pour ne pas donner lieu à de nouvelles explosions. Mais face aux organisations petites-bourgeoises qui tiennent le haut du pavé, il n'existe pas apparemment aujourd'hui d'avant garde révolutionnaire implantée, à même de fixer des perspectives au mouvement de masse, de l'aider à se coordonner et à répliquer victorieusement aux Tontons macoutes et à l'armée. Cette absence se fait cruellement ressentir et risque d'entraîner une usure des forces vives. Cela faciliterait l'instauration d'une nouvelle dictature, peut-être encore plus féroce que la précédente, seule réponse que les classes dominantes et l'impérialisme se montrent capables de donner à la crise haïtienne.

22 septembre 1987

3) Scission de IIFOPADA, dirigée par Serges Gilles et soutenue par le Parti socialiste français.

4) Formation créee en janvier 1987, dirigée par Victor Benoit et Serge Bajeux.

5) Carribean contact, avril 1987.

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