LES COMBATS ONT REPRIS le 7 novembre dernier au Nicaragua, sur la côte Atlantique. Le nouveau statut d'autonomie n'a pas de la Contra ont décidé eux aussi de bénéficier de l'amnistie et de rentrer au pays avec force autocritiques. Plus symbolique poids dans la contre-révolution où le pouvoir réel est dans les jeunes qui, par exemple ont fuit le service militaire après 1983
NICARAGUA
La Contra de l'intérieur le cessez-le-feu unilatéral proclamé un mois auparavant par les sandinistes ayant été suspendu. Il ne reste en vigueur que peu contribué à rétablir la paix dans cette région et c'est ici que l'amnistie a eu le plus d'impact.
Arturo Cruz, Edgardo qu'autre chose - les deux hommes n'ont jamais eu un grand mains des ex- de la Garde nationale - cette décision traduit néanmoins le désarroi d'une partie de la Contra après la signature dEsquipulas, desarroi accru par l'embarras d'une administration américaine visiblement sur la défensive.
La revue nicaraguayenne Envio a interwievé un de ces Nicaraguayens qui sont partis au Honduras, ont travaillé pour la Contra et sont revenus après l'amnistie d'Esquipulas.
Lester Ponce n'était pas un grand chef comme Cruz ou
Chamorro. Mais il n'était pas non plus un de ces nombreux et composent de gré ou de force, les troupes de la Contra.
Son témoignage, bien que truffé d'incohérences, de contradictions, voire de mensonges, apporte un éclairage intéressant sur le fonctionnement des troupes contre-révolutionnaires.
ester PONCE : Le 17 août, j'ai été au central téléphonique d'El
Paraiso. La ligne pour le Nicaragua marche, j'ai demandé ? On va essayer qu'on me dit. J'ai parlé avec ma
Elle me raconte tout sur Esquipulas et me demande : en décembre ? Non, je lui réponds, aujourd'hui on joue le va-tout.
J'ai cherché Fabio. Il était deux heures et demie de l'après midi. Je suis venu ce jour- là. A cinq heures j'ai traversé la frontière par des passages sans contrôle de douane.
Je suis venu avec ma femme et deux enfants et un autre gamin qui voulait aussi rentrer au Nicaragua qui était sorti parce qu'il fuyait le service militaire d'ici.
Comme tout le monde me connaissait dans la zone, j'ai été dans une maison pour chercher de l'aide. Ils m'ont aidé à passer la dame et nous avons dormi là, cette nuit. Dans la montagne, j'ai été me présenter à un poste de gardes-frontières :
je suis machin du village truc, je viens pour ça et pour ça... Je veux que vous me mettiez en rapport avec la sécurité de l'Etat.
Les compas me demandèrent seulement : d'où tu viens ? Je viens "de l'autre côté", je réponds. Ah bon, me disent-ils, nous allons au poste de garde. Du poste de gardes-frontières ils m'ont emmené à la brigade 3-12 et de là au ministère de l'Intérieur. De là à Esteli puis à Managua.
"El Negro" Chamorro, anciens dirigeants
• ENVIO : Là, c'est la fin de l'histoire. Mais où est le début ? Pourquoi es-tu parti avec la contre-
- C'est une drôle d'histoire bien longue. J'ai été combattant sandiniste. Mon père m'a inculqué des principes. Ma maison a été l'école politique où j'ai été et de ma maison je suis part pour la monagne, dans la guérilla, le 2 août 1978. J'ai combattu. Après la victoire, jai été dans l'armée jusqu'à octobre 79 environ. J'en suis parti parce que je suis technicien d'administration d'entreprises et je considérais qu'à ce moment-là il était plus utile de venir travailler dans la partie économique, pour la teconstruction du pays. Au départ, j'ai commencé à travailler dans le secteur du bois.
Après trois mois, alors que l'entreprise était sur pied et qu'on était sur le point d'exporter et tout, ils m'ont envoyé un gars qui avait été dans la Garde nationale pour me remplacer. Ça été un coup très dur pour moi. Très très dur. Je suis
• C'était un opportuniste.
- Je sais pas ce qu'il était, mais la vérité c'est que beaucoup d'entre eux se déclaraient comme des purs socialistes, mais moi je les connais même pas et je sais pas ce qu'ils sont. Mais ça a été un coup très dur pour moi. Après ça, j'ai été travailler dans les programmes de services sociaux. Après trois mois, j'ai vu que ça me plaisait pas. Je suis parti pour un temps. Je faisais l'aide de bus sur une ligne de transport et j'ai fini par aller à Matagalpa. En un an et demi, je suis arrivé à être directeur d'entreprise, le gouvernement m'avait donné des cours. Mais à Matagalpa, il y avait des situations qui ne me plaisaient pas du tout. Des privilèges de certains, des faiblesses comme celles contre lesquelles on avait lutté, les changements de la révolution. ces faiblesses là... Ce sont des choses qui me faisaient mal. Des chocs personnels. Un jour, j'ai eu un problème et j'ai été fait prisonnier. J'ai pris trois mois. Je suis
Je suis reparti pour Ocotal, toujours en cherchant à aider quoi. Je crois que c'est ce qu'il y a de mieux en moi. Avec d'autres compas, nous avons commencé à travailler, en essayant de changer
Men essayant de prendre des mesures avec le peu de connaissances et les moyens que nous avions. Et c'est comme ça que la division a commencé. Pourquoi ? parce qu'il y avait pas mal de compas tordus. C'est la réalité. J'ai été un an et puis
Au bout d'un an, j'ai commencé à travailler de manière indépendante, en coupant du bois dans la montagne. Alors là j'ai eu d'autres problèmes : que j'étais un contra, que mon travail dans la montagne c'était parce que j'étais un courrier, que j'étais dans la contre-révolution... En vérité, c'est faux. Un autre mois en prison ici à Ocotal. A la sortie, ils ont commencé à faire pression sur moi pour que je fasse du tort à certains éléments. A moi, ça ne m'a pas plu.
Un jour comme beaucoup, j'étais un peu soûl et j'ai provoqué un problème avec la police. J'ai décidé qu'il fallait que je parte. Nous sommes en juillet 1985. Au départ, j'avais l'idée de partir pour les Etats-Unis. J'avais mon passeport et tous mes papiers en règle. Mais je suis d'abord sorti pour le Honduras, par des passages sans contrôle, en cherchant le chemin. J'avais beaucoup de ressentiment envers la révolution.
• Tu partais vers les Etats-Unis et tu es resté avec les contras ? Comment ça c'est passé ?
- Tous ceux qui partent en douce pour le Honduras tombent prisonniers. Tout le monde. Sur tous, ils font une enquête. D'abord, les Honduriens enquêtent. Et immédiatement, tu passes à la FDN (Force démocratique nicaraguayenne, ndlr). Je suis tombé prisonnier de l'autre côté à cause de cette enquête. Etant avec la FDN, un vieil ami de la famille m'a sorti de là et directement, j'ai été impliqué. Parce que quand je suis arrivé à la base, j'ai rencontré des gens que je connaissais, des gens
d'ici, même des gens qui avaient été aussi dans la guérilla.
• Dans quelle base étais-tu ?
- J'ai été dans le secteur de Capire, dans le département d'El Paraiso, dans les différentes bases qu'il y a là. C'était juillet 1985. Il y avait alors plus ou moins 8 000 "commandos", tous étaient au Honduras. A l'intérieur, il n'y en avait pas. Dans ce temps-là, je précise. Aujourd'hui, ils sont moins.
En arrivant j'ai eu l'impression des vieux campements de guérilla, mais organisés plus sérieusement. C'était une armée complète, avec tout. Une excellente armée pour ce qui est de la logistique, avec des "commandos" bien entraînés...
• Le "commando", c'est un soldat.
- Oui, c'est le soldat de base, le bidasse exactement.
• Tu es donc resté avec les "commandos" ?
- Non, moi on m'a emmené à un endroit qui s'appelle Commando stratégique, également au Capire. C'est là qu'il y a "TInvisible" "3-80", les chefs quoi. Nous avons discuté sur mon arrivée, les raisons que j'avais, ce que je pensais d'eux... Dix jours après environ, ils m'ont fait appelé pour commencer le plan de travail.
• Et ils n'ont eu aucun doute étant donné que tu avais été dans la guérilla sandiniste ?
- Eh bien non. Des gens de l'autre côté me connaissaient et m'ont donné leur aval. Mais c'est vrai que j'étais un cas exceptionnel. Dès que je suis arrivé, directement au Stratégique. Et déjà avec le plan de travail, en lien direct avec le Straté gique. Parce que d'autres responsables des renseignements, comme moi, passaient
"ponts". San Marcos, demandait l'aval de Tegucigalpa, Tegucigalpa au Stratégique... Pour moi non, direct. Ça c'est passé comme ça, parce que j'ai eu l'aval, j'ai été épaulé. Et de là, on me confie le travail.
• Et quel travail as-tu eu ?
- A moi, 3-80, c'est à dire Enrique Bermudez, le colonel de la garde de Somoza, me propose un travail de renseignements militaires. C'est pas n'importe qui, qui
Il y avait trois lignes de travail. Premièrement, récolter toute l'information militaire sur la zone, contrôler tout ce qui est poste militaire, mouvement militaire. Deuxièmement, le suivi des chefs militaires, des dirigeants politiques et des dirigeants de masse du Front. Des membres importants donc. Et ensuite, front étudiant démocratique dans la région I pour faire des grèves et des manifestations contre le gouvernement. Tout ce travail-là était dans ma zone.
• Et quel territoire recouvrait cette zone?
- Toute la zone en bordure de frontière, surtout dans la région I, plus ou moins 60 ou 70 kilomètres, depuis Las Dificultades jusqu'à Duyure. C'était ma zone. En plus, j'ai même été parfois jusqu'à la Côte atlantique, Matagalpa, Jinotega... Quand il fallait faire tel travail, trouver tel contact, mais uniquement en appui de renseignements.
• Combien sont-ils dans la FDN à avoir ce même travail de responsable des renseignements ?
- En réalité, je ne sais pas combien il peut y en avoir, mais ce qui est sûr, c'est que c'est une responsabilité par zone. Comme chef, ils m'ont donné deux types de papiers : celui de responsable des renseignements et un autre de couleur grise qui m'identifiait pour les forces armées honduriennes. Avec ça, tu d'aucun type de papier, d'aucun document
C'était ma garantie pour tout le Honduras et face à n'importe quelle autorité militaire. C'est un papier super-reconnu que n'ont que ceux qui ont des responsabilités. Un "commando" n'a pas ça, évidemment. Les "commandos" ne sortent pas de la base et quand ils le font, ils sortent avec une autorisation qu'on leur envoie depuis le Sratégique ou de la base elle-même. De là, ils vont aux services de l'Immigration du Honduras et on leur donne un permis provisoire pour qu'ils sortent seulement pendant le temps qu'on leur donne. Moi j'étais tranquille avec mes papiers, toujours habillé en civil.
• On dit que les gardes somozistes contrôlent la FDN ....
- C'est sûr. Tous les postes de direction, tous les postes de commandement sont aux mains de ceux qui étaient gardes de Somoza. Ici, il n'y a pas de civil avec commandement. La situation est totalement contrôlée par Enrique Bermudez, 380. On peut dire : Tigrillo est commandant régional et alors ? La vérité, c'est que Tigrillo est commandant régional par son prestige, par le nombre de gens qu'il a, mais il n'a aucun commandement réel. Il ne décide rien. Et de plus, ce qu'ils lui ont fait démontre que ceux qui commandent ici, c'est la Garde.
• Qu'ont-ils fait à Tigrillo ?
- Tigrillo est un civil. C'est-à-dire, ce n'est pas un garde. Il était combattant, il a combattu la Garde nationale. Il est de Yali, comme Coral et comme Douglas. Ce sont trois compagnons unis, de la même zone et avec un prestige incroyable. Ils étaient en conflit tous les trois, sur la façon dont était menée la guerre, sous la direction de la Garde, et de la manière dont ils pensaient eux qu'il fallait faire cette guerre, à cause de l'expérience qu'ils avaient quand ils combattaient cette même Garde. Des conflits, quoi. Des conflits pour le pouvoir. Quand la Garde a vu ça, qu'est-ce qu'ils ont fait à Tigrillo ? C'était un des hommes avec un des meilleurs commando régional, le "Rafael Herrera" avec trois ou quatre mille hommes. Qu'est-ce
qu'ils ont fait ? Ils ont commencé à acheter ses chef de troupes de choc avec de l'argent. A celui qui gagnait cent, ils lui disaient : "écoute, frère, nous voulons arranger ta situation, c'est nous qui commandons ; voilà ton nouveau salaire, prends tes hommes, mets-toi indépendant". Ils lui ont ainsi enlevé ses forces.
En voyant ça, lui a continué à conspirer. Alors il l'ont emmené comme assistant du personnel au Stratégique, ce qui n'est pas n'importe quel poste. Mais il n'en n'est pas capable. Tigrillo est analphabète et écrit avec difficulté. Bien sûr, ils savaient qu'il n'était pas capable, alors ils l'ont emmené là, pourquoi ? Pour rabattre sa vanité, son ambition. Il était depuis 15 jours environ dans ce travail qu'il ne sait pas faire, ils lui envoient un "commando" qui le provoque et que Tigrillo tue. C'était un vieux "commando" qui combattait dans la FDN depuis cinq ou six ans. Tigrillo est automatiquement prisonnier et il est condamné à un an.
Après ça, Tigrillo n'est plus rien. C'est un "historique" mais il ne va plus dans la montagne. De la bagarre, il est resté handicapé et il ne peut plus aller dans la montagne. Il n'est plus un danger pour le pouvoir des gardes. Ils font des plans comme celui-là pour enlever le pouvoir des civils.
Coral a fini une jambe en moins. Les gardes du corps de Mike Lima, qui étaient gardes, lui ont tiré dessus. Une bagarre pour une camionnette et il est resté invalide. Maintenant il n'est plus rien. Qu'est-ce que peut faire dans une guerre un type invalide ? Douglas s'en est tiré parce qu'il est plus souvent à l'intérieur du Nicaragua, avec ses types que dans les bases. C'est pour ça qu'ils n'ont rien pu lui faire encore. Mais ces gardes qui dirigent ne vont jamais à l'intérieur. Ni Mack, le fameux Mack, Benito Bravo, qui était garde. Lui non plus ne va jamais à la guerre. Pour ce que j'en sais, les seules fois où il est "entré", il n'a jamais dépassé la frontière...
• Et dans ces rivalités, vont-ils jusqu'à s'entretuer ?
- Quand je suis arrivé, on parlait beaucoup de la mort du commandant Suicide. Ce sont eux qui l'ont tué. Ils l'avaient accusé de vendre des armes à la guérilla salvadorienne, etc., etc. Mais la vérité c'est que le type avait du prestige et que les "commandos" en disaient beaucoup de bien quand ils revenaient de combattre avec lui. Ils l'ont éliminé lui et pratiquement toute son équipe.
C'est la Garde qui domine réellement. Et la Garde ne pardonne jamais à ceux qui ont pu jouer un rôle dans la chute de la dictature.
• Et ce contrôle total de la Garde, les "commandos" le connaissent ? Comme cela se reflète-il dans la troupe ?
- Ça se reflète surtout dans le type d'enseignement politique qui est donné à
Adolfo Calero, l'un des dirigeants "civils" de la Contra (DR) certains cadres. Pas aux "commandos" qui ne sont rien du tout. Un jour par exemple, est arrivé au Stratégique un journaliste qui travaillait pour Radio Impact du Costa-Rica et pour Radio Libération, Maria Travieso. Ils ont organisé une réunion dans le bureau de 3-80 et ils ont fait appeler les chefs de groupes et les commandants de troupes de choc. J'y étais, on m'avait fait appeler. On nous fait asseoir et ils commencent à passer une vidéo. Quand Robelo s'est rendu à Cuba, quand Cruz était dans le Groupe des douze, quand il travaillait pour les sandinistes, tout... Et que disait ensuite 3-80 aux petits soldats ? : "C'est ça que vous voulez, c'est ces piris (1) repentis que vous voulez ?" Tout ça pour créer la division, pour assurer sa base sociale, pour maintenir son pouvoir.
• Tu as entendu parler de Pastora Qu'est-ce que la FDN en pense ?
- Ce que moi j'ai vu et entendu, c'est palpable. Pastora n'a jamais été et ne sera jamais l'un d'entre eux. Jamais. Parce qu'il est piri. Pendant un moment, il était question que probablement Pastora viendrait contrôler certaines situations de la FDN. Quelle bombe ! Et non et non et non ! Et dans le cas de Pastora c'est encore pire parce qu'ils sont jaloux sur le plan mili-
Une arrivée de Pastora ferait beaucoup de mal à la Garde. C'est pour ça qu'ils le rejettent totalement. Pastora n'est pas et n'a jamais été un de leurs hommes de confiance. Pas plus que des gringos.
• Qui est au-dessus de Bermudez ? - Les gringos, indiscutablement. Au Stratégique il y a le bureau de la CIA, il y a les gringos. Ce sont eux qui décident. Les deux chefs qui sont au Stratégique, 3-80, Bermudez qui est le chef militaire et l'Invisible, Rodolfo Ampié, ex-lieutenant de la Garde, qui est le chef des services de renseignements, sont leurs subordonnés. Toutes les orientations et toutes les actions, ils les font toujours en accord avec les gringos.
• Et ce fut toujours ainsi ?
- Toujours. La présence directe des gringos, dans les bases, dans les campements a augmenté depuis 1984, mais c'étaient eux qui décidaient de tout temps. Il y a eu aussi d'anciens combattants du Vietnam qui ont été avec les "commandos", se battre à l'intérieur du Nicaragua.
• Tu avais des relations dans ton travail avec les gringos ?
- Non. Mes contacts étaient avec 3-80 et l'Invisible. J'avais peu de relations avec les gringos, mais je les voyais ici. J'ai vu ici des sénateurs républicains et démocrates, des représentants politiques des gringos. Tous passent par ici, ils visitent constamment le Stratégique.
(1) Abréviation de piricuaco, expression péjorative pour désigner les sandinistes.
• Quelles sont les relations des Américains avec les "commandos" ?
- Ils s'intéressent beaucoup à eux. Pas tant à leur entrainement direct, en tout cas pour ce que j'en sais. Ils sont ici à un autre niveau. Ils sont là pour décider. Parce que quand ils veulent entraîner des gens à de nouvelles spécialités, ils les emmènent aux Etats-Unis. Directement. En novembre et décembre 1986 ils ont emmené des commandants de troupes de choc et des chefs de groupe pour les entraîner, mais aux Etats-Unis. Ils les prennent pour une période de deux mois. Les "commandos" des campements du Honduras, ils les aident, ils s'intéressent à eux. L'approche des gringos envers les "commandos" est différente de celle qu'ont les gardes.
• Les gringos les traitent mieux que les Gardes ?
- Absolument. Et pourquoi ? Parce qu'eux savent bien qui fait réellement la guerre, qui la mène. Ce n'est pas Bermudez, ce n'est pas l'invisible. Ce sont les "commandos" , ceux qui reçoivent le moins. Les gringos le savent très bien.
• Et les "commandos" savent-ils ce que Reagan dit d'eux, les "combattants de la liberté" ?
- Ces nouvelles là arrivent peu. Ici, on ne parle que de guerre, on ne connaît que la guerre. Mais parfois, arrivent des journalistes et on réunit les commandants, 30 ou 40, on leur passe un film de Reagan. Pour eux c'est une grande chose que de s'asseoir face à une télé et regarder une vidéo de Monsieur Reagan. Une très grande chose!
• Mais les "commandos" ont quand même conscience que Reagan les aide beaucoup ?
- Ça bien sûr, du plus petit au plus grand. "Tant qu'il y a Reagan il y a la Contra", c'est le leitmotiv. Maintenant avec Esquipulas, qu'est-ce qu'ils disent : "peu importe qu'on nous dise de nous asseoir pour dialoguer et tout le reste, nous allons continuer à faire la guerre". Pourquoi ? Parce qu'il y a Reagan. Ici, on ne parle pas du "gouvernement des Etats-Unis" Ici, il y a Reagan. Ici, on dit : "Tant qu'il y a Reagan, on aura des billets".
• Quelles sont les relations de la Contra avec les Nicaraguayens civils réfugiés qui sont dans cette zone ?
- En général, le réfugié est considéré comme piri, comme suspect d'être sandiniste. Il y a peu de relations entre les "commandos" et ces civils.
• Et la FDN ne recrute pas des gens parmi ces civils ?
- Si bien sûr. Les services de renseignements et de contre-espionnage de la FDN visitent constamment les camps de réfugiés pour y recruter. Il y a peu de volontaires, on leur force la main. De plus, beaucoup de ceux qui sont recrutés de cette manière se rendent quand ils vont au Nicaragua. C'est pour cela qu'ils disent que ce sont tous des piris. En juin 1986, ce fut le dernier recrutement de réfugiés dont j'ai eu connaissance. Les services de seignements honduriens et les membres de la FDN firent une opération de recrutement général dans toute la zone d'El Paraiso et Danli. Bien entendu, la FDN fait toujours du travail parmi les réfugiés. Ils y ont des mouchards, des contrôies.
• Quelle est la vie de ces civils réfugiés au Honduras ?
- Très difficile. Le plus qu'ils travaillent, c'est deux à trois jours par semaine Ils gagnent trois lempiras (2 lempiras = 1 dollar, ndlr) par jour et mangent du riz et des haricots. La situation est bien difficile parce que la situation économique du Honduras est bien critique. Et le Hondurien se plaint parce que le Nicaraguayen lui enlève le travail.
• Ces Nicaraguayens sont légaux au Honduras ? Quel type de papiers ont-lls ?
- En vérité, la majorité d'entre eux se déplacent avec un permis d'immigration pour lequel ils payent 5 lempiras par mois. Parce qu'il est très difficile ici d'avoir une carte de séjour qui coûte quelque 600 lempiras. Aucun de ceux qui sortent du Nicaragua n'est en mesure de payer une telle somme.
• Et maintenant avec Esquipulas, ils vont revenir au Nicaragua ?
- Beaucoup veulent venir. Beaucoup. Et ils viennent. Les gens ne veulent plus rester de l'autre côté. Et il y a pas mal de gens de l'autre côté ! Par exemple, tant de jeunes qui sont partis du Nicaragua pour fuir le service militaire pour tomber de l'autre côté dans "l'autre" service, celui de la FDN.
• Et ces gens, de quoi ont-ils besoin pour se décider à revenir ?
- Eh bien Esquipulas aide énormement. L'amnistie d'Esquipulas...
• Mais l'amnistie, elle existe depuis 1985 pour celul qul voulait revenir...
- Oui, bien sûr. Moi je savais qu'elle existait mais je ne voulais pas m'aventurer. Avec Esquipulas, c'est autre chose J'ai l'impression qu'il y a plus de garanties. Et c'est pour beaucoup pareil. Mais ce qu'il manque surtout, c'est l'appui de la famille. Il faut que leurs familles qui sont ici au Nicaragua leur disent la vérité sur comment vont les choses ici. Bien sûr qu'on est à moitié foutu mais au moins on vit ici ! Là-bas, il n'y a même pas de lait pour les enfants et souvent ils ne mangent pas. Ici, il y a des problèmes mais honnêtement, ce qu'on entend là-bas comme quoi ce peuple meurt à moitié de faim, qu'il n'a rien à se mettre... Moi, je suis venu et j'ai vu que tout le monde mange, que tout le monde est tranquille. Je ne croyais pas que c'était si tranquille. Ceux qui sont de l'autre côté doivent le savoir pour se décider à venir. Qu'ils ne soient pas une charge pour leur famille, que leur famille les appuie.
• Et comment les réfuglés ont-ils été mis au courant de l'amnistie ?
- Eh bien ils écoutent. Radio Segovia, d'Ocotal a joué un rôle très important, en passant des messages, en donnant l'information de l'amnistie, des messages des familles d'ici à ceux de là-bas.
• Et dans les campements de la Contra, on écoute aussi la radio ?
- Eh bien là-bas c'est plus difficile avec les "commandos" Parce qu'on ne peut écouter Radio Segovia. On te signale Le problème c'est que les "commandos" ne peuvent pas chercher un passage comme je l'ai fait pour franchir la frontière, parce qu'eux ne peuvent pas sortir du campement. La sortie, c'est la désertion et la dé sertion c'est la capture, ou bien...
• On les tue ?
- On les tue.
• Fusillés ?
- Non ici, on ne ne fusille pas. Egorgés.
• Pour faire peur aux autres ?
- Parce que c'est la règle !
• Et où vont aller les contras qui ne déposent pas les armes si Azcona applique Esquipulas et enlève les campements de la Contra au Honduras ?
- Personne ne parle de ça ici, personne n'y pense. Mais il va y avoir une désintégration totale. Ces gens vont rester par ici, comme bandits de grand chemin, je ne sais pas moi. Qui va leur enlever les armes ? Que vont faire tous ces gens ? Au Honduras ils n'ont aucun avenir... Je ne sais pas. Ils pourraient terminer au Salvador, dans l'armée de Duarte...
• Pour revenir à autre chose, ce contrôle de la garde somoziste sur la FDN, cela ne t'a pas déçu quand tu l'es lié à eux ?
- Eh bien pas réellement. Parce que quand je suis parti du Nicaragua j'avais envie de faire des choses, mon ressentiment était tellement grand.
• Tu as commencé à travailler avec la FDN. Avec quels résultats?
- Mon travail consistait à collecter des informations militaires sur la région de Nueva Segovia surtout. D'autres préparaient les opérations... Prendre les contacts pour ce front étudiant... En mai 1986, la sécurité de l'Etat sandiniste découvre tout le réseau et le détruit. Et détruit tout mon travail. Ce fut un gros coup.
• A ton avis, comment travaille la sécurité sandiniste ?
- Eh bien... Je sais des choses que je préfère ne pas dire pour ma propre sécurité, tant ici que là-bas. Mais elle travaille..plutôt bien.
• Dans ton travail de renseignement, tu as détecté des sandinistes infiltrés dans la FDN ?
- Oui, il y en a. Et beaucoup sont restés jusqu'à deux ans dans les rangs de la FDN avant qu'ils ne les détectent.
• Ton travail avec la Contra, il a colté la vie à quelqu'un ?
- Que je sache, pas directement. Ce que je faisais c'était envoyer les informations de toute la Nueva Segovia pour qu'ils montent les opérations. Mais ils n'ont pas grande capacité pour faire ces choses correctement après..
• Donc, tu peux dire "je n'ai pas de morts sur la conscience"?
- Non je n'ai aucun poids, je ne me sens pas coupable. Si, l'attentat contre Yalagüina m'a fait et me fait beaucoup de peine. En mars 1986, la Contra a fait sauter la station électrique de Yalagüina qui approvisionne en énergie presque toute la région I...
• Et tu en es responsable ?
- Ça, oui. J'ai passé l'information quelque trois mois avant qu'ils ne montent cette opération. Et en vérité, je ne pensait pas qu'ils allaient le faire. Ils avaient fait deux tentatives, mais ils n'avaient même pas pu s'approcher. Et cette fois-ci, ils firent entrer 120 hommes sous le •commandement de Samuel du commando Nicarao, ils firent sauter la station et en sortirent avec seulement un blessé... Ce sont des gars qui avaient suivi un entraînement dans les explosifs aux EtatsUnis, qui firent le coup.
• Quand tu as su que la station avait sauté, quelle a été ta réaction ?
- Je vous l'ai dit, ça m'a fait mal. A cause de ce que cela voulait dire pour le pays et pour ma région surtout. En plus, j'ai travaillé à l'Institut nicaraguayen d'énergie (INE) avant de partir pour le Honduras ; j'étais délégué responsable et je sais parfaitement ce que signifie laisser sans électricité toute la zone. Quand ils l'ont fait sauter, j'ai pensé à tous les gens, au village sans lumière, à la nourriture gâchée. Maintenant je crois que je n'ai jamais voulu faire cela. Pour les chefs bien sûr, ce fut une bonne nouvelle, un grand succès. En juin, ils firent une fête pour célébrer les coups les plus durs qui avaient été portés par la FDN aux sandinistes. Et le meilleur c'était celui de la station de Yalagüina !
• Et les crimes des contras, les assassinats de civils... Ça ne te degoltait pas non plus ?
- En réalité, je ne les regardais pas. Si, peu de temps avant de quitter la FDN, j'avais vu un couple de petits vieux de la zone d'El Cua qu'ils avaient égorgés. Et en vérité... Tu vois ce sont des attitudes que nous avons toujours discutées avec d'autres membres de la FDN. Cela nous choquait. Il y a des gens qui ne partagent pas ce type d'attitudes ....
• Et pourquoi les permettent-ils ?
- En vérité tout cela est provoqué par le manque d'éducation politique des "commandos". Pour eux tout le monde est communiste, tout le monde est piri, c'est comme ça qu'ils voient les choses. Quand ils attaquent un village, ils ne pensent pas qu'il y a là des enfants mais que tout le monde est communiste, point. Et les balles sont aveugles.
• Et quand ils entrent dans une maison de paysans et qu'ils les tuent ?
- C'est pareil. La majeure partie de ces crimes, c'est pour des raisons d'intrigue, de vengeance. Celui qui ne sympathise pas c'est un piri. Et ils le tuent sur place.
• Et il n'existe aucune possibilité de contrôler cela, de l'éviter ?
- C'est difficile. Réellement, on ne peut pas les contrôler. Actuellement, ils ont pris comme mesure, au moment des 100 millions, qu'ils devaient former une section des droits de l'Homme. Et dans chaque troupe, il y a un "droit de l'Homme". Mais il est exactement comme le "commando" ! Il a la même formation. Et que font ces "droits de l'Homme" ? Ils récoltent toutes les informations sur ces crimes et les présentent comme l'œuvre de l'armée sandiniste. C'est la seule chose qu'ils fassent. Il n'y a aucun progrès sur les droits de l'Homme dans la FDN. Tous les changements, c'est de l'esbrouffe. Moi, je n'ai rien vu de réel, de positif, je n'ai rien vu. Et même, personne ne veut être "droits de l'Homme". On leur donne quelques cours, ils reçoivent quelques recommandations, mais dans les faits, la autre. Il n'y a pas de contrôle, on ne peut pas les contrôler.
• Pourquoi as-tu décidé de sortir
- Ils ont commencé à faire campagne contre moi au bout de dix mois où je travaillais. Ils disaient que j'étais un infiltré de la sécurité sandiniste. Dès que je suis arrivé, ils disaient : "comment est-ce possible que ce piri vienne d'arriver et qu'il ait déjà un poste si élevé ?". La campagne des gardes devient plus virulente quand la sécurité de l'Etat du Nicaragua détruit en mai 1986 tous mes réseaux de travail. La campagne devient plus directe. En septembre de cette même année, je commets l'imprudence de profiter du passage de la torche de l'indépendance pour aller voir ma maman à la frontière. La FDN lui permet d'entrer. Et tout le monde disait "quels sont ses privilèges pour qu'il puisse voir sa maman ?" Parce qu'ils ne laissèrent personne d'autre. De là, ils confirment leur version que je suis un infiltré.
• Et à partir de ce moment-là, tu voulais sortir de la FDN ?
- Non pas vraiment. Je voulait travailler. Mais les pressions commencèrent. Plus exactement les contrôles. Tu peux bouger mais en même temps, tu ne peux pas. On me surveillait personnellement. Et tu sais parfaitement qu'à la première faiblesse que tu auras, ici on ne réfléchit pas, on t'égorge sur place. C'est une tombe ici, il n'est pas question de réfléchir beaucoup, c'est une tombe. Ils ont commencé par m'interdire d'aller dans la zone frontière. Et j'ai été fait prisonnier le 4 novembre 1986.
• Comment as-tu été traité dans la prison ?
- J'ai été attaché 11 jours, les yeux bandés, sans manger, sans dormir, nu. Au Commando stratégique, dans la zone qu on appelle la PM, la police militaire. Là, ce n'est rien que des gardes, ceux qui protègent le Stratégique. Que des gardes, rien que des gardes.
• Tu as été frappé ?
- Non, ça non. Parce qu'ils n'étaient pas très sûrs d'eux. Avant de me mettre en prison, ils m'ont passé par le détecteur de mensonges. C'est un petit appareil gringo. Ce sont ceux de la CIA qui le manipulent. Ils te font dix questions et tu ne peux répondre que par oui ou par non. Ils me l'ont mis le 21 septembre et ensuite, ils m'ont laissé libre et je suis retourné à El Paraiso. Mais ils ne m'ont jamais dit les résultats. En novembre, ils m'ont appelé, mais c'était pour me mettre en prison et pour m'interroger et pour l'enquête. Di-
• Et sur quoi t'interrogeaient-ils ?
- Sur toute ma vie avant. Les interrogatoires normaux. 3-80, l'Invisible, tous me suspectaient.
• C'étaient de bons enquêteurs ?
- L'un d'eux était très bon, oui. Celui qui enquêtait sur moi est un garde qui s'était spécialisé sur le Front sandiniste dès sa fondation. Il faisait ce travail pour
Somoza, enquêter sur les sandinistes, et maintenant il est enquêteur au Stratégique. 3-80 et l'Invisible avaient menti aux "commandos" leur disant que j'étais parti faire un cours aux Etats-Unis. Mais j'étais prisonnier.
• Comment en es-tu sorti ?
- Mon épouse savait que si je tardais plus de 5 jours pour retourner du Stratégique à El Paraiso, elle devait prévenir ma famille au Nicaragua que j'étais emprisonné. Parce que je vivais déjà en me préparant à tout moment à être arrêté. Alors ma maman a prévenu un oncle à moi qui travaillait à l'OEA (Organisation des Etats américains, ndlr) et qui fut officier de la Garde de Somoza, bien qu'il soit parti en 1954, précisément parce qu'il faisait partie d'un groupe d'officiers qui s'étaient soulevés contre Somoza. Voilà plus de trente ans qu'il travaille aux Etats-Unis pour l'OEA. Cet oncle a envoyé un ami au Sratégique et comme 3-80 connaît mon oncle et le respecte beaucoup, ma situation a automatiquement changé. Je suis sorti le jour de Noël. C'est 3-80 qui est intervenu directement.
• Tu es sorti totalement blanchi ?
- J'étais en liberté, en li-ber-té. Parce qu'ils m'avaient retiré mes papiers et me surveillaient tout le temps.
• Et tu penses alors retourner au Nicaragua ?
- Non pas encore. Pas du tout. Je prends la décision quand arrive l'Invisible et qu'il me confie une mission avec deux mois pour l'accomplir. Il fallait faire sauter la station de télévision de Quisuca. Je devais la faire sauter pour me refaire, pour démontrer que je n'étais pas un infiltré.
Mais ils me donnent la mission et je continue à être surveillé, j'étais sans moyens, sans appuis, sans papiers pour pouvoir me déplacer. Cette mission était un piège. C'est là que j'ai commencé à réfléchir. Et puis est venu Esquipulas. j'ai pensé que c'était le moment pour retourner au Nicaragua.
• Et tu n'avais pas peur des sandinistes ?
- Non pas vraiment. Peut-être à cause de mes origines. J'avais même eu l'occasion de parler avec les compas qui étaient à l'origine des problèmes qui me décidèrent à partir du Nicaragua, et ils étaient tous tranquilles. Peut-être à cause du moment que vit le Nicaragua. Je pense que tout le monde a beaucoup appris.
• Quand tu t'es rendu, comment as-tu été interrogé par les autorités sandinistes ?
- Je n'ai eu aucun interrogatoire.
• Tu t'attendais à quoi ?
- Je m'attendais à un interrogatoire. Je suppose que c'est normal. Mais on m'a simplement dit : "Lester, vous êtes libre de parler de ce que vous voulez. Ici on ne force personne"
• Tu as demandé une protection ?
- Non, absolument pas. Eux m'ont dit de faire attention, d'éviter de boire. De ceux d'ici, je n'ai pas peur. De ceux de l'autre côté, oui. Peut-être peuvent-ils me faire quelque chose.
• Et qu'est-ce qu'ils ont dit de ta sortie, ceux de la FDN au Honduras ?
- Ils ont dit au début que je n'avais jamais travaillé pour eux, que j'étais un réfugié à qui l'on donnait une maison et à manger.
• Comment les choses se sont-elles passées quand tu as été remis à ta famille ? On dit que le Théatre Segovia était archi-plein ce 23 août, et toi tu parlais aux gens....
- Je me sentais commeune bête curieuse face à tous ces gens. Comme face à un jury. On se sent mal dans cette situation, très mal. Vous savez ce que c'est de présenter des excuses à des gens que l'on connaît ? Je me sentais très mal. Mais je leur ai présenté mes excuses du fond du cœur, parce qu'ils le méritent.
• Quelle fut la réaction des gens ?
- Eh bien, ils m'ont démontré leursoutien. Des gens dont je n'aurais jamais pensé, n'est-ce pas... Cela m'a plus impressionné que tout ce que j'avais fait.
• C'est un peuple généreux...
- Trop généreux, trop.
• Et si on f'appelait au service militaire, tu irais ?
- Oui, j'irais. Et même, au début, quand j'ai vu qu on me laissait en liberté, j'attendais l'arrivée de la convocation. Si elle arrive, j'y vais et cela ne me coûtera pas.
• Pour "laver tes fautes" ?
- Non je ne pense pas que ce soit pour cette raison. Les choses militaires m'ont toujours plu. Et c'est mon devoir comme Nicaraguayen. J'irais sans problème.
• Et les gens te regarde bizarrement à Ocotal ?
- Je crois que c'est moi qui trouve les choses bizarres. Parce que je suis toujours dans une période d'adaptation.
Envio Octobre 1987