DES MILLIERS D'INFIRMIERES et d'autres travailleurs de la santé pratiquée par le gouvernement. En Ecosse, il avait été décidé une action de grève coordonnée nationalement sont à la tête du mouvement à Londres et dans la plupart des grandes villes.
Elles ont délibérément choisi de limiter l'ampleur des grèves afin que les patients hospitalisés n'aient pas à pâtir de leur action.
est très mécontente de la façon dont le gouvernement traite l'action des infirmières et en faisant savoir clairement qu'il n'y
GRANDE-BRETAGNE
Un Service de santé bien malade sont descendus dans la rue dans toute la Grande-Bretagne le mercredi 3 février pour protester contre l'amputation constante des ressources du Service national de santé (NHS)
d'une journée d'action, pour un peu plus tard dans le mois.
Les infirmières, qui pour la première fois, participent à
Des piquets ont été formés par les grévistes et les infirmières qui n'étaient pas de service, y compris des adhérentes du Collège Royal des infirmières (RCN), organisation corporatiste où la grève est interdite.
Cette journée d'action marque le départ d'une campagne d'un mois de grèves et de protestations. Tous les sondages montrent qu'une majorité des travailleurs de la santé soutiennent ces actions, et qu'une large majorité du public la question de la crise du NHS. La sympathie est particulièrement forte pour les infirmières sous-payées.
Le gouvernement a mis de l'huile sur le feu en aurait pas d'augmentation substantielle des salaires des infirmières cette année.
Penny DUGGAN
A DECISION DES INFIRMIERES de plusieurs hôpitaux des grandes villes de Grande-Bretagne, d'appeler à
I une grève de 24 heures pour le 3 février est un avertissement au gouverne-
Des grèves limitées ment conservateur.
d'infirmières, dans un seul hôpital, sont déjà montrées efficaces. Les 38 infirmières de nuit de Manchester qui ont fait grève le 7 janvier dernier pour protester contre la réduction des allocations liées aux services spéciaux, ont obtenu l'accord du gouvernement pour que l'organisme qui établit le salaire des infirmières depuis la lutte de 1982-1983 du NHS, reconsidère cette question. A Edimbourg, le refus des heures supplémentaires par les infirmières, pendant sept semaines, a débouché sur l'embauche de personnel supplémentaire. Mais c'est la première fois que les infirmières britanniques organisent un mouvement de grève coordonné nationalement.
Leurs revendications portent essentiellement sur la question des salaires.
Elles veulent une augmentation de 20% tout de suite, afin d'être payées conformément à leur formation et à leurs responsabilités et d'être au même niveau que d'autres employés qualifiés des Services pu-
"déplorant" blics. Le ministère de la Santé et de la Sécurité sociale fut prompt à souligner qu'avec 147 livres (une livre = environ 10 ff) par semaine, les infirmières gagnent un peu plus que le salaire moyen des femmes travailleuses, manuelles ou non-manuelles, qui est respectivement de 142,20 et 108, 20 livres. Mais les salaires des femmes en Grande-Bretagne sont en moyenne inférieurs de 30% à ceux des hommes. Une élève-infirmière qui a déjà fait trois années de formation, et qui doit souvent prendre la responsabilité d'un service entier de nuit, est payée 5170 livres par an, tandis que les pompiers ou les policiers, à majorité masculine, gagnent plus de 3000 livres de plus par an, à l'embauche.
Un double emploi
Pour de nombreuses infirmières, surtout à Londres, où le coût de la vie a monté en flèche ces dernières années, un deuxième emploi est vital pour couvrir les dépenses de base de logement et de nourriture. Certaines travaillent le soir comme barmaids ou serveuses ou bien ont un autre emploi d'infirmière, fourni par des agences d'intérim privées, et reviennent souvent dans le même service de l'hôpital qu'elles ont quitté quelques heures auparavant. Le NHS est obligé de dépenser des milliers de livres pour occuper les postes vacants avec des infirmières envoyées par ces agences.
Mal payées, surchargées de travail, les infirmières du NHS sont encensées comme des "anges" par la presse populaire, mais ce dont elles ont besoin, c'est d'un salaire qui leur permette de vivre. Plus de 30 000 infirmières diplômées ont quitté le NHS en 1986. Elles invoquent les bas salaires et la non-reconnaissance de leur longue formation et des responsabilités qui pèsent sur leurs épaules. Un médecin connu expliquait récemment qu'il considère les infirmières comme des "servantes", on peut alors comprendre aisément que des femmes qui ont au moins trois ans de formation derrière elles trouvent leur situation insupportable !
Des conditions de travail intolérables Des 500 000 infirmières et sages-femmes de Grande-Bretagne, la moitié est membre du Royal College of Nursing (RCN), où la grève est interdite. Il n'est pas surprenant de voir que les infirmières quittent cet organisme pour rejoindre l'un des deux syndicats des services de santé, le Syndicat national des employés des Services publics (NUPE) ou la Confédération des employés des Services de santé (COHSE) car elles ne voient pas d'autre moyen pour faire avancer la solution de leurs problèmes que d'utiliser les formes ouvrières traditionnelles de protestation.
Le RCN est d'accord avec ces deux syndicats pour considérer que les conditions de salaires et de travail des infirmières sont intolérables. Non seulement elles ont de bas salaires, mais elles sont obligées de faire des heures supplémentaires car la privatisation des services de nettoyage de certains hôpitaux a entraîné leur réduction. Du fait de la diminution du nombre des lits, 90% d'entre eux sont occupés par des patients gravement malades, ce qui augmente énormément le travail et la tension pour ceux qui s'en occupent. Trop souvent, des patients doivent quitter l'hôpital avant d'être totalement remis afin de laisser la place à d'autres arrivants.
Dangereux d'être malade !
Dans les derniers mois, les journaux britanniques ont fait leurs gros titres sur le manque d'argent du NHS. Des titres tels que "Des bébés attendent en souffrant, "La drogue miracle trop chère pour le NHS", "Le taux de mortalité infantile croît avec l'approfondissement de la crise du NHS" ont été monnaie courante. Le pays tout entier a été choqué par le cas d'un enfant de quatre ans qui est mort car son opération à coeur ouvert avait été retardée, à cinq reprises, à cause du manque d'équipement. Un assistant en chirurgie cardiaque estimait récemment que 5 000 personnes par an meurent du fait du caractère inadéquat du NHS. Les sondages d'opinion montrent que, pour la première fois en 7 ans, le service de santé a remplacé le
chômage, comme première préoccupation de l'électorat.
C'est le gouvernement central qui finance principalement les services de santé. Le principe en est que les soins médicaux doivent être "gratuits là où ils sont donnés". Les usagers paient soit un tarif de base soit une contribution proportionnelle pour certains actes médicaux comme les ordonnances ou les soins dentaires. Mais aujourd'hui la Grande-Bretagne dépense, pour la médecine, une proportion moindre de son produit national brut (PNB) que n'importe quel pays d'Europe de l'Ouest. Le manque de fonds, particulièrement pour le secteur hospitalier, a provoqué un large débat public autour des besoins du NHS et de la façon la plus efficace de financer le système.
Le premier des employeurs de Grande-Bretagne
Le gouvernement conservateur se targue d'un prétendu accroissement des dépenses réelles du NHS depuis qu'il est arrivé au pouvoir en 1979. Cependant, à la mi-décembre, la pression des protestations venant de toutes les catégories de travailleurs concernés, y compris les médecins du haut de la hiérarchie, a obligé le gouvernement à octroyer, au secteur hospitalier, une subvention supplémentaire d'urgence de 102 millions de livres pour 1987 et de 707 millions pour 1988.
De nombreux secteurs des travailleurs de la santé ont engagé des luttes pour défendre leurs salaires et leurs conditions de travail. La Confédération syndicale (TUC) d'Ecosse a appelé à une grève pour protester contre les plans de privatisation de certains secteurs de la santé. Les travailleurs du service des transfusions sanguines ont également voté pour l'action. Le NHS est le plus gros employeur de GrandeBretagne. Le climat social qui y règne exerce une grande influence car les hôpitaux forment aujourd'hui les plus grandes concentrations de main-d'oeuvre dans une majorité de circonscriptions électorales.
Une contre-offensive concertée des employés du NHS, emmenée par les infirmières qui bénéficient d'un large soutien de la population, pourrait rendre la vie difficile à Margaret Thatcher et à son gouvernement, dans les mois à venir.
santé qui, en tant que femmes et que trafont l'expérience journalière des mesures de réduction des ressources dé.