V OILA CE QUE DISENT les pan-
neaux publicitaires et les annonces des magasins tout au long de la route qui va des mines d'or de Baco Kelly, aux montagnes Cordillera. Comme dans des milliers de communautés et quartiers des Philippines, il est plus facile de trouver du Coca-Cola que de l'eau potable.
Coca-Cola est une affaire de plusieurs millons de dollars aux hippines. Avec millions de dollars aux Philippines. Avec parable à celle de l'Angleterre (57 millions d'habitants) la consommation de "soft drinks" y est beaucoup plus élevée que dans ce pays, et Coke produit à lui-seul 80% des soft drinks qui sont vendus. La compagnie fait partie des 20 plus hauts chiffres d'affaires du pays. Le production de Coke s'opère par un joint-venture entre Coca-Cola et San Miguel Corporation, qui est contrôlée par la riche famille des Soriano.
Le dépôt de Coke à Baguio City, capitale de la région de Cordillera, approvisionne la ville et les communautés minières alentours, comme Baco Kelly, utilisant des camions livreurs en sous-traitance pour ce faire.
Le 26 août dernier, les chauffeurs, les employés du dépôt et le service commercial refusaient d'effectuer les livraisons et formaient un piquet de grève autour du dépôt, après que leur ait été refusée l'augmentation des salaires qu'ils réclamaient. Les travailleurs gagnent entre 80 et cent pesos par jour, insuffisants selon les propres estimations du gouvernement pour couvrir les dépenses alimentaires de base journalières. Bien que les typhons soient nombreux en cette saison, ce n'est pas le danger le plus grave qui menaçait ces travailleurs. Quelques jours après le début de la grève, l'un des militants du syndicat voir une balle entre les deux yeux. Pour briser la grève, Coke essaya de faire directement ses livraisons depuis son usine de mise en bouteille de Carlatan dans des camions escortés de gardes militaires chargés de veiller à la précieuse production. Les locaux gouvernementaux ont été utilisés comme dépôts temporaires de boisson. se poursuivait, le chef de la police locale décidait de changer son rôle d'assistant briseur de grève en celui, plus lucratif, de livreur à son compte. Les chauffeurs de l'ancienne entreprise de livraison commencèrent à être menacés. Les camions étaient attaqués et la responsabilité de ces exactions mise sur les grévistes. La police rendait visite aux commerçants chez eux et les sommaient de n'accepter les livraisons que des camions servant leur commandant.
Dans le même temps, les grévistes, qui ne s'étaient syndiqués de récemment au NAFLU, affilié au KMU, lançaient un boycott local de Coke. Ils recouvrirent la ville d'affiches appelant au boycott et commencèrent à défiler dans la ville. En septembre quand les camions de livraisons de Coke essayèrent de rentrer à Baco Kelly, où les mineurs sont bien organisés, la communauté était bien au fait du boycott. Les camions furent entourés de mineurs qui avertirent les chauffeurs que si personne ne leur interdirait l'entrée, sortir de la ville serait une toute autre affaire. Les camions s'en retournèrent alors...
International Labour Reports Janvier-février 1988
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