INDE Bhopal : les avocats d'Union Carbide mieux lotis que les victimes
Plus de trois ans après que le nuage mortel lâché par l'usine du trust américain Union Carbide ait fait des centaines de morts et des milliers de blessés à Bhopal, en Inde, les victimes du plus lourd des accidents industriels n'ont toujours reçu qu'une aide d'urgence.
Beaucoup de rescapés souffrent d'effets à long terme et ont subi des lésions irréparables : lésions du système nerveux et de la moëlle épinière, système immunitaire, etc. Des travaux effectués par l'Institut de recherche sur le cancer font état de modifications chromosomiques, impliquant des anomalies
Union Carbide se vit sommé de payer une aide d'urgence de 5 millions de dollars. Pour l'instant, aucune des victimes n'a vu la couleur de cet argent. Le paiement, qui devait s'effectuer par la Croix-Rouge indienne via la Croix-Rouge américaine, n'a toujours été reçu par aucune des deux organisations. Signalons au pasque le président d'Union Carbide, Warren Anderson, était auparavant l'un des responsables de la Croix-Rouge.
Dans les jours qui ont suivi l'accident, Bhopal a été envahi par des meutes de "chasseurs de cercueils", c'est-à-dire par des hordes d'avocats américains, s'offrant à représenter les victimes et flairant le pactole qu'ils pourraient rafler du monmois plus tard, le gouvernement indien était désigné comme seul représentant de
En avril 1985, le gouvernement indien portait le cas devant la cour de New-York, ce qui amenait rapidement Union Carbide à offrir une somme globale de 230 millions de dollars devant être partagés entre les 487 000 plaignants. La firme faisait tout son possible pour que le cas soit jugé en Inde plutôt qu'aux Etats-Unis où les indemnités décidées par les tribunaux pouvaient être sensiblement plus
Après 13 mois de batailles légales, la cour américaine décidait effectivement que le cas serait jugé en Inde, à la condition expresse qu'Union Carbide se soumette aux décisions prises par les tribunaux indiens. Un mois plus tard, le juge indien chargé de l'affaire demandait à la multinationale et au gouvernement indien de se rencontrer afin de se mettre d'accord sur l'attribution d'indemnités provisoires. Un an après cette demande, la rencontre n'a toujours pas eu lieu...
Union Carbide use délibérément de tous les subterfuges légaux pour repousser le procès en faisant les propositions les plus basses possibles. Jusqu'à présent, UC a dépensé plus d'argent pour son procès que pour indemniser les victimes !
Le ler décembre 1987, le gouvernement indien a finalement inculpé d'homicide, l'Union Carbide Corporation, Union Carbide India et Union Carbide Eastern. Mais beaucoup en Inde, pensent que ce n'est guère suffisant et demandent que Warren Anderson soit extradé vers l'Inde pour être jugé. S'ils étaient entendus, ce serait un précédent important : si la direction d'une multinationale peut se voir inculpée et imprisonnée pour homcide, sans doute ces firmes y regarderont à deux fois avant d'exporter des technologies hasar-
Pour le moment, Union Carbide se retranche derrière sa filiale indienne qu'elle tient pour responsable et maintient son point de vue : la catastrophe a pour origine un sabotage, repoussant le point de vue des experts - y compris américains -qui mettent en cause des failles dans le système de sécurité et les économies réalisées par le trust dans la maintenance aux
Affaire à suivre