LE SECRETARIAT UNIFIE (SU) de la IVe Internationale s'est réuni du 21 au 28 mars 1988. Suivi d'une rencontre des bureaux politiques des sections européennes (voir EN BREF), il a adopté les motions et résolutions suivantes: PALESTINE
E SOULEVEMENT de la population palestinienne de Cisjordanie et de Gaza, qui en est à son quatrième mois, est d'ores et déjà la phase la plus importante de la lutte du peuple palestinien en Palestine depuis le soulèvement de 1936.
Les principales caractéristiques du soulèvement en cours sont :
- le caractère spontané de son déclenchement et les proportions massives qu'il a atteint dès les premiers jours, de sorte que c'est la grande majorité des habitants des territoire occupés par l'armée israélienne en 1967 qui est mobilisée ;
- le rôle d'avant-garde du mouvement que jouent trois catégories sociales : 1) les jeunes, qui témoignent du fait que la nouvelle génération de Palestiniens a décidé de prendre son sort en mains propres, notamment au vu de l'impasse à laquelle a abouti ces dernières années la politique de la direction de l'OLP ; 2) les femmes, qui témoignent du rôle majeur qui est le leur, de manière croissante, dans la lutte du peuple palestinien, rôle qui ne reflète nullement la composition des directions des organisations palestiniennes issues de l'expérience de l'après-1967 ; 3) en particulier, les habitants des camps de réfugiés (depuis 1948), qui témoignent du fait que l'oppression nationale du peuple palestinien ne se limite aucunement à l'occupation de la Cisjordanie et de Gaza en juin 1967, mais concerne aussi et d'abord la création en 1948 de l'Etat sioniste, en tant qu'Etat raciste fondé sur l'expulsion et l'oppression du peuple palestinien.
La remarquable auto-organisation du soulèvement qui s'est constituée dès les premières semaines : des comités se sont formés dans les camps, les villes et les villages de Cisjordanie et de Gaza, comités qui sont l'émanation du mouvement spontané et sont composés essentiellement de jeunes précédemment inorgani-
"une direction unifiée" du soulèvement s'est mise en place sous la forme d'un cartel des principaux courants politiques participant au mouvement. Le rôle de cette direction se limite à lancer des initiatives centrales, c'est-à-dire des appels à des journées de lutte générale qui jalonnent le soulèvement. Le principal moteur de celui-ci reste cependant la lutte des comités de base, lutte décentralisée s'apparentant à des qui désarçonnent l'appareil répres- le fait que le soulèvement a suscité au sein du territoire sur lequel a été créé l'Etat sioniste en 1948, non seulement la solidarité active de la population palestinienne arabe, de citoyenneté israélienne, restée sur ce territoire il y a quarante ans, mais aussi un profond clivage au sein du
Les caractéristiques du soulèvement en cours, telles qu'exposées ci-dessus, sont de fait contradictoires avec l'appel à une "conférence internationale" à laquelle participeraient les puissances impérialistes, l'URSS, l'Etat sioniste, ainsi que les Etats arabes frontaliers d'Israël, pour décider du règlement" du conflit israélo-arabe et de la question palestinienne et ce d'autant plus que la plate-forme de convocation de cette conférence inclurait la résolution 242 (1967) du Conseil de Sécurité de l'ONU qui prévoit, en échange d'un retrait éventuellement partiel des territoires occupés en 1967, une reconnaissance du "droit à l'existence dans des frontières sûres et reconnues (c'est-à-dire, entre autres, la démilitarisation des zones
Il s'agit là d'un projet contradictoire avec les droits réels à l'auto-détermination du peuple palestinien, même partiellement en Cisjordanie et à Gaza. Une "conférence internationale" ne peut être que le cadre d'un diktat visant à la création d'un bantoustan palestinien sous le double contrôle de l'Etat sioniste et de la monarchie jordanienne. Le seul mot d'ordre en conformité avec les aspirations exprimées par le soulèvement palestinien et notamment par son avant-garde jeune, est celui d'un retrait immédiat, total et surtout inconditionnel de l'armée israélienne des territoires occupés en 1967. Seul ce mot
Best en conformité avec l'autodétermination partielle du peuple palestinien en Cisjordanie et à Gaza, qui est l'objectif immédiat du soulèvement en cours, et qui ne peut prendre la forme de l'élection démocratique libre par les habitants de ces territoires d'organes gouvernementaux d'autodétermination.
C'est autour de ces mots d'ordre, liés à celui du droit à l'autodétermination du peuple palestinien dans son ensemble, que nous affirmons et organisons notre solidarité active avec les masses palestiniennes en lutte.