Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

AUTRICHE

"Waldheim doit partir"

· Inprecor n° 263, 11 avril 1988 · p. 22 · 770 mots

DECLARATION du Bureau politique d Alternative socialiste (SOAL), section autrichienne de la IVe Internationale

Be déclin politique de Kurt Waldheim a déjà été annoncé par le rapport de la commission internationale d'historiens (1). Bien qu'utilisant des termes modérés, la commission a conclu que Waldheim avait été "un important collaborateur du centre de direction". En langage clair, cela signifie que l'homme qui occupe aujourd'hui le siège de Président a été impliqué dans l'organisation des crimes de guerres commis par l'armée allemande, y compris le "transfert" de Juifs grecs vers Auschwitz.

Ainsi, Waldheim a été un gratte-papier criminel, un gratte-papier assassin, qui s'est construit une carrière après la guerre et ne voulait plus se souvenir de rien. "Il était très soucieux que l'on oublie son passé militaire, et quand cela ne fut plus possible, de s'en justifier. D'après l'opinion de la commission, cet oubli est si fondamental qu'elle n'a pu obtenir aucune clarification de la part de Waldheim pour l'aider dans sa tâche."

Alors que le rapport confirme essentiellement ce que les critiques de Waldheim avaient affirmé, il représente, politiquement et psychologiquement une ouverture. On peut dire aujourd'hui, qu'on a prouvé, par des documents, quel genre de personnage occupe le palais présidentiel. Lors du rassemblement organisé par le mouvement Nouvelle Autriche, convoqué dans un court laps de temps pour le 14 février, 6 000 personnes ont spontanément marché vers la résidence de Wald-

Get réclamé massivement sa démisDes enseignantes de lycées sont même passées à l'acte en "démolissant"

Waldheim, c'est-à-dire en enlevant son portrait des murs de leurs

Parmi les socio-démocrates, le nombre de ceux qui réclament la démission de Waldheim augmente rapidement. Simon Wiesenthal est saturé de "l'homme que le monde entier croît" et lui a arraché le reste de crédibilité qu'il avait dans le camp de la bourgeoisie. Enfin, de peur de se retrouver en dehors du "monde occidental", même le patron de l'industrie Herbert Krejci a expliqué que Waldheim devrait quitter son poste. Il est certain que dans de nouvelles élections présidentielles, Waldheim essuierait une sévère défaite.

Malgré le changement de climat, la direction social-démocrate et la direction syndicale, à sa suite, n'ont toujours pas eu le courage d'appeler ouvertement et directement à la démission de Waldheim. Vranitzky (Premier ministre social-démocrate) prend, bien sûr, de plus en plus ses distances d'avec le président. Et le secrétaire national du Parti social-démocrate, Keller, s'est laissé allé à un certain humour. "L'Autriche peut faire sans Waldheim, mais pas sans Vranitzky", a-t-il déclaré, ce qui constitue cependant une demande sans ambiguité de démission du président.

Waldheim campe sur ses positions Ainsi pour ne "pas mettre en danger le travail du gouvernement", c'est-à-dire le démantèlement des industries nationalisées, le retour en arrière sur la question des retraites, le gel des dépenses sociales et d'éducation, aussi bien que l'alignement sur l'Europe des monopoles, le pas suivant est laissé aux mains osseuses du résident du palais présidentiel.

Cependant, Waldheim continue à se cramponner des pieds et des mains et à railler ceux qui le critiquent, dans son épouvantable discours à la télévision, par exemple, en les traitant de "menteurs et de calomniateurs". La pression maximum doit donc être exercée pour qu'il s'en aille le plus tôt possible, de préférence avant les journées de mars (anniversaire de l'occupation de l'Autriche par les nazis).

(...) Waldheim doit se démettre. Bien sûr, tout ne sera pas rose, après ça, mais les conditions générales s'amélioreront pour les forces de gauche. Cela donnerait un forte impulsion à une confrontation critique avec le passé fasciste de

A l'accord possible entre les grands partis pour présenter un candidat commun conservateur ou "neutre" à la présidence, il faut opposer la présentation d'un candidat des forces progressives. Ce qu'il faut ce n'est pas une "limitation des dommages patriotiques", c'est-à-dire, un unanimisme de collaboration de classe, mais une dénonciation sans répit de la culpabilité historique qui a jusqu'à présent été "en toute collaboration" balayée sous le tapis, mais des solutions apportées aux problèmes sociaux les plus cruciaux qui touchent tous ceux qui doivent vendre leur force de travail pour vivre.

Si Waldheim tombait, alors le jeu serait également fini pour Mock et compagnie, du Parti du peuple, (principal parti bourgeois). La volonté de mettre fin à la grande coalition (entre le Parti du peuple et les socio-démocrates), tomberait sur un terrain bien plus fertile. De nouvelles élections seraient à l'ordre du jour, avec quelques chances pour une majorité parlementaire (pas une coalition) des socio-

19 février 1988

1) Chargée d'examiner les fondements des accusations portées contre lui, sur ses activités de membre de l'armée hitlérienne pendant la dernière Guerre mondiale.

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