Inprecor 1974–2004

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PORTUGAL

Ce qui est en cause...

Inprecor n° 264, 25 avril 1988 · p. 6-7 · 1 811 mots

Portugal URSS et Russie Stalinisme

d'information et de propagande "Transparence", plagiant ainsi

Nous reproduisons ci-dessous de larges extraits du Bulletin n°2, critique virulente du "socialisme réel" et des positions du PCP sur

Dans un prochain numéro d'Inprecor, nous publierons des extraits

Ce qui est en cause

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SI CERTAINES de ces idées peuvent vous servir, utilisez les

Ces idées sont anonymes,

Ceux qui n'ont rien à proposer cultivent la personnalité...

Tel est l'en-tête du bulletin publié par les oppositionnels clandestins du PCP, qu'ils ont ironiquement dénommé Service la langue de bois dont ce parti n'est guère avare.

ce thème.

du Bulletin N°1, consacré du centralisme démocratique.

CEUX QUI, armés d'une vision

• pré-marxiste de l'histoire ne comprennent pas que l'histoire est faite par les peuples et pensent qu'elle est faite par les rois (ou par les présidents du Conseil ou par les secrétaires généraux) ont beaucoup de difficultés à comprendre certaines choses. Ils ont beaucoup de mal, par exemple, à comprendre que l'Union soviétique est un pays de

300 millions d'habitants.

Pour eux, l'histoire de l'Union soviétique, ce n'est pas l'histoire des peuples soviétiques, c'est la biographie de Staline suivie, avec un léger intermède pour oublier, de la biographie de Brejnev.

Voilà pourquoi ils ont tant de mal à évaluer ces personnages. Ils sont obligés d'abandonner les "principes immuables"

avec lesquels ils s'orientent normalement sur des questions plus triviales, et de recourir à un certain éclectisme : d'un côté des aspects positifs, de l'autre, des aspects négatifs... ô doute cruel !

Ceux qui oublient que pendant le fascisme le peuple portugais continua d'avoir une existence pour le moins aussi réelle que le socialisme dans lequel ils s'élevaient, auront certainement des difficultés à ne pas mettre au crédit de Salazar ou Caetano, le fait que le Portugal, à la fin du fascisme, était un pays beaucoup plus développé que cinquante ans auparavant. Puisque la télévision même fit son apparition du temps de Salazar, n'était-ce pas grâce à Salazar ? 5- SI ENCORE aujourd'hui il est impossible de définir l'ensemble des conditions historiques qui rendirent possibles le stalinisme, et ce problème est dans un certain sens, plus important même que le stalinisme, puisque ce qui s'est passé en deviendrait irrémédiable et ce qui importe surtout, s'est d'éviter les rechutes, il est en contrepartie, extrêmement facile de définir l'une des conditions qui a rendu

La connotation par-dessus tout morale que le mot critique a acquis tout au long de ces dures années est tout à fait étrange. Tout ce passe comme si la direction politique était une question d'état de grâce. Ou les dirigeants se trouvent dans cet état intéressant ou bien ils vivent dans le péché. Et donc, ceux qui seraient ou pas dans l'illumination, le seraient par le caractère divin du saint esprit des principes. Et de fait, si l'on observe attentivement, on pourra vérifier que la chose a beaucoup plus à voir avec l'onction de l'expression ou le ton visité de la voix, qu'à proprement parler avec les opinions émises. En épectase, on entend fréquemment des énormités, à partir du moment qu'elles proviennent de qui de droit et soient proférées dans le langage adéquat et avec l'expression qui convient. (...)

6- LA PROPAGANDE de la droite

vit essentiellement des erreurs de la gauche. Et il faut reconnaître que la propagande de la droite n'a pas manqué de matière première, et qu'il ne lui fut guère nécessaire de faire appel à son imagination. Donc, à chaque fois que la propagande de la droite tire profit des erreurs de la

Oil se trouvent toujours certains dirigeants pour nous faire de grandes dé-

"Soyons sur nos gardes, la droite veut nous donner des conseils!"

Et ils avertissent, préviennent les imprudents contre ceux qui ont des "positions coïncidant avec celles de la droite".

Tout au long de ces années, la droite a fait beaucoup de vacarme avec ces procès fabriqués, ces accusations calomniatrices. S'agissait-il de simples conseils de la droite?

Ceux comprennent qu'il en était ainsi, mettaient l'accent sur les "contradictions" entre les objectifs de la droite et ses "bons conseils". Et donc, conclusion évidente d'un syllogisme irresponsable, il

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fallait continuer à fabriquer des procès, à user de la calomnie comme arme politique et comme alternative à la discussion.

Mais c'est bon signe. Si pour défendre leurs positions, ils ne trouvent pour nous cacher les yeux d'autres bandeaux plus convaincants que celui-là, c'est que nous pouvons avoir confiance : nous touchons le fond du puits et nous sommes au bout du tunnel. 7- CE QUI EST EN cours aujourd'hui en Union soviétique, c'est une révolution. Une rupture. Ou la reprise d'un fil inter-

C'est une insulte au socialisme que de caractériser comme une erreur, une déviation, une déformation du socialisme, ce fut essentiellement une révolution possible après Octobre. Une contre-révolution possible pour ceux à qui les transformations irréversibles structurelles empêchaient d'exploiter leur prochain par la propriété bourgeoise des moyens de production et qui choisirent pour cela, la voie d'une carrière bureaucratique dans l'appareil du socialisme d'Etat. C'est une insulte au marxisme-léninisme de caractériser comme une déformation le stalino-brejnevisme.

Ce sont les positions de la droite.

C'est la droite qui affirme que le socialisme conduit inévitablement à la privation des libertés les plus élémentaires.

C'est la droite qui affirme que le stalino-brejnevisme, c'est le marxisme-léninisme en action, le marxisme-léninisme

C'est la droite qui affirme qu'on ne pourra récupérer la liberté dans les pays socialistes qu'au prix de l'abandon du so-

C'est la droite qui affirme que l'abandon du stalino-brejnevisme implique l'abandon du marxisme-léninis.ne.

En affirmant cela, la droite ne fait que jouer son rôle.

des gens qui ont passé le plus clair de leur temps à affirmer que le meilleur et le seul des socialismes possibles était celui qu'on nomme pudiquement

"socialisme réel", viennent aujourd'hui présenter une révolution comme un "simple changement dans la continuité", tentent de présenter comme un perfectionnement des erreurs ce qui, précisément, est une rupture radicale avec ces erreurs, essayent aujourd'hui de réduire aux dimensions d'une grossière opération de propagande, l'un des plus profonds processus révolutionnaires de ce siècle, tout cela nous démontre à quel point ces gens-là se sentent compromis dans ces erreurs, jusqu'où va la mauvaise conscience et la mauvaise foi de ces gens-là.

Ce ne sont pas ceux qui aujourd'hui s'essayent à libérer le socialisme du fardeau historique du "socialisme réel" sont sur le terrain de la droite.

Ceux qui coïncident avec la droite, sont ceux qui, précisément, s'efforcent que ce poids historique continue à compromettre, à rendre impraticables les chemins

Ne font pas chorus avec la droite ceux qui aujourd'hui tentent de chercher de nouveaux chemins. (...)

Certains voudraient dire maintenant qu'ils ne savaient pas, qu'ils ignoraient ce qui se passait à l'Est.

La mémoire des hommes n'est pas aus-

Ils ignoraient donc ce qui était du domaine public ?

bien étaient-ils convaincus qu'il n'y avait d'autre alternative, que le socialisme était à ce prix ?

Ou bien étaient-ils convaincus que la vérité n'était qu'un supplément d'âme pour le prolétariat, et que seuls quelques "grands messieurs", quelques "princes de la politique" étaient en mesure de lui faire

Ou bien choisissaient-ils un camp ?

Parce qu'une chose est certaine : beaucoup de gens moins crédules virent tout cela avec clarté.

Ce qui rend aujourd'hui plus que légitime la question : qui a plus fait pour le

Janov ou Trotsky ?

Vichinsky ou Kamenev ?

Brejnev ou Sakharov ?

Qui a plus fait pour le socialisme?

Ceux qui le souillaient ou ceux qui en défendaient la face humaine ? (...)

10 SI LA RUPTURE avec le

Tfeu humaniste et libertaire de Marx a signifié dans l'abandon du socialisme comme "fédération de communes" et l'adoption d'un modèle de socialisme d'Etat - ou de capitalisme d'Etat, peut-être - géré par des fonctionnaires qui se proclament honteuse-

"avant-garde de la classe ouvrière", dans les pays capitalistes, cette rupture eu pour conséquence l'abandon d'une ligne de masse, de "'organisation de la classe ouvrière comme classe dominante" par des bureaucrates d'appareil, candidats au poste de futurs bureaucrates d'Etat, qui conçoivent la lutte et l'organisation masses, non plus comme le facteur déterminant de la lutte politique mais comme un élément de troc contre des petits jeux de pouvoirs conjoncturels. Et peu imporélectoraliste, du crétinisme parlementaire aux révolutions de palais, la forme varie

Ayant leurs épaules chargées du poids du vote non secret d'appui, un à un, à tous les crimes commis au nom du socialisme, ils savent que le peuple ne leur fait pas confiance, qu'il les craint. Rien ne leur reste pour continuer de diriger un grand parti de gauche.

Parce que le rôle historique auquel ils se réduisent est le suivant : ils ne sont pas une alternative mais ils sont en conditions de bloquer des alternatives. Ils paralysent et immobilisent des forces essentielles pour une alternative.

Ils sont l'opposition idéale, la droite plus lucide le sait et le dit. Ils entraînent le peuple de défaite en défaite.

Ils refusent de discuter des défaites, sous prétexte qu'il n'y a pas de temps pour cela : les prochaines défaites auxquelles ils nous conduisent seront de grandes victoires, à condition qu'on ne perde pas de temps à discuter du passé.

Ils ne sont pas l'ennemi. Mais ils sont ceux qui sont encore en condition, avec le sectarisme dans lequel ils sont d'authentiques virtuoses, d'empêcher un regroupement de forces suffisamment large, et unitaire nécessaire pour abattre l'ennemi. (...) 11- PARCE QU'ILS ne répondent pas, parce qu'ils se refusent à répondre à cette vieille question : "Que faire?" Ils n'ont pas de ligne de masse : que les masses appuient le parti. Ils n'ont pas de ligne pour le parti : que le parti appuie la direction.

Ils n'ont rien à proposer, sinon eux-mêmes.

Bien évidemment, ils ne nous proposent pas de participer à la discussion sur la ligne politique. Ils sont là pour ça. Ils nous servent la messe du "point politique". Ils nous présentent leurs conclusions. Comment y parvinrent-ils ? mystère, secret.

Secret nécessaire pour qu'on ne perçoive pas qu'il y a de nombreuses années qu'ils ne sont plus capables de discuter de problème du type "Doit-on appuyer Pintasilgo ou attendre que Eanes sorte de sa réflexion ?" et autres indigences du genre.

Il y a tant d'années qu'ils sont dans le court terme, dans le jour le jour, dans la conjoncture, dans les petites astuces tactiques.

Pris dans la frénésie des tâches immédiates, ils n'ont plus le temps de regarder au loin.

Incapables de regarder au loin, ils plaident l'urgence des tâches immédiates.

Occupés à atteindre, dans la mesure où le calendrier le permet, un pourcentage électoral qui parfois dépassera les 10%, et qui, si possible, atteindra même les 7 ou 6%, il faut être compréhensif avec eux : ils n'ont réellement pas de temps à perdre.

Le temps perdu, c'est le peuple qui le perd. (...)

Service d'information et de propagande "Transparence"

Bulletin numéro 2 Portugal, 15 février 1988

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