Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

ESPAGNE

Les étudiants dans l'arène

· Inprecor n° 266, 23 mai 1988 · p. 7-9 · 3 060 mots

État espagnol Syndicalisme France

LE MYTHIQUE MOIS DE MAI 1968, fut un mois comme un autre, sans rien de particulier dans l'année universitaire 1967-1968, en

Espagne. Car c'est l'année tout entière qui fut exceptionnelle.

L'institution enseignante franquiste fut mise en faillite totale, les amphithéâtres étant fermés sur ordre ministériel et occupés par la police. Les étudiants étaient mobilisés en permanence et leurs dirigeants étaient exclus des académies ou jugés par le Tribunal

68-88

ESPAGNE

LES ÉTUDIANTS

DANS L'ARENE

d'ordre public (1). Manolo GARI

EST LE MOIS DE MAI qui étrenna le nouveau ministre de l'Education, le technocrate Villar Palasi, qui avec ses projets de rentabilisation de l'enseignement remplaça Lora Tamayo, démissionné. L'université avait alors été transformée, selon un article de Torcuato Luca de Tena publié dans la revue ABC à la mi-mars, en "Ecole des mauvais-arts" et en un lieu de "divertissements, de révoltes et de charivari"

Pour pouvoir rentabiliser, il fallait d'abord pacifier, mais le jour même de la nomination de Villar, le 14 avril, la police délogea les étudiants de l'Université de Santiago, ce qui provoqua des mobilisations dans ce district jusqu'à la veille du jour des examens. Les universités de Madrid et de Valence avaient été fermées pour une durée indéterminée dès le 27 février et à la fin avril il se produisit, à Madrid, des affrontements durs entre les fascistes de Défense universitaire et les étudiants en Droit.

Le 30 avril des milliers d'étudiants se joignirent aux rassemblements convoqués par les syndicats des Commissions Ouvrières (CCOO) dans les principales villes. Le ler mai plusieurs centaines de militants, organisés en commandos, interrompirent la circulation des principales artères de Madrid et de Barcelone, avec des barricades et des cocktails Molotov.

La réouverture de l'université de Madrid eut lieu, après celle de Valence, le 14 mai. Ce jour-là s'est tenue une assemblée du district qui s'est terminée en manifestation de plus de 5 000 étudiants pour protester contre la fermeture passée et exiger l'annulation des procédures d'exclusion en cours. Cela provoqua une sortie intempestive de l'explosif Carrero Blanco qui qualifia les étudiants de "groupes d'anarchistes, de drogués et d'athées".

Pendant le mois de mai, y compris dans les universités fermées, les étudiants suivaient avec attention la révolte en France ou se solidarisaient avec les ouvriers de l'usine Pegaso en lutte depuis mars. Les bulletins édités au cours de ce mois-là par les Départements d'information du Syndicat démocratique des étudiants (SDEU), comme celui de Madrid, et celui de la Faculté des Sciences politiques et économiques - fer de lance du mouveétaient consacrés aux sujets les plus divers : rapport sur la situation économique, dossier de documents des Commissions ouvrières avec présentation des différentes lignes politiques (celle des métallos de Madrid, des jeunes de Barcelone), le texte du Mouvement du 22 mars français intitulé "Pourquoi luttons-nous ? Les raisons d'une révolte", ou un écrit du guérillero colombien Camillo Torres.

Le chanteur Raimon donna un récital à l'école des Sciences économiques de Madrid le 18 mai, qui se termina en une manifestation massive jusqu'au centre de la ville, dans laquelle des milliers d'étudiants reprenaient en chœur les cris de "Amnistie et liberté", "Les étudiants avec les ouvriers, la police avec les quiers", ou l'utopique "Les Commissions au pouvoir", sans compter le déjà traditionnel "Une seule solution : la Révolution". La voiture de la princesse Sophie et ses gardes du corps furent bloqués, par hasard, par des centaines d'étudiants qui s'affrontèrent pendant trois heures à la police, formant des barricades dans les quartiers limitrophes de la Cité universitaire et sur la route de La Corogne.

Une année décisive

C'est ainsi que s'est terminée une année universitaire qui avait commencé par la tenue générale d'élections libres convoquées par le Syndicat démocratiq -, imposées par les étudiants et tolérées par des autorités académiques débordées. Ces dernières avaient réagi en fermant le 26 novembre 1967 le Bureau de représentation des élèves en Sciences de Madrid, provoquant des grèves et des manifestations dans tout le district pendant le reste du premier trimestre. La répression et

FRONTIERES

RÉPRESSION

l'agitation se sont généralisées dans les autres districts et les uns se solidarisèrent avec les autres, selon l'accord des représentants des universités réunies à Barcelone le 23 mars 1965 (2). En décembre 1967 ont été exclus, entre autres, tous les représentants élus des étudiants en Sciences politiques et économiques de Madrid, et en janvier 1968 cette faculté fut fermée et ses élèves sanctionnés avec perte de l'inscription.

La police sur les campus

Les étudiants répondirent par des assemblées et des affrontements avec la police lors des manifestations qui eurent lieu à Madrid, Barcelone, Séville, Oviedo, Santiago, Malaga, Valence et Valladolid et qui accueillirent dans leurs réunions les représentants étudiants de Madrid qui expliquaient leur situation. A la fin du mois de janvier, 39 exclusions supplémentaires ont été prononcées en Sciences et Philosophie à Madrid, 137 à Barcelone, une bonne partie d'entre elles dans les écoles techniques, et la Faculté de philosophie de Madrid fut fermée. Le 26 février eut lieu la VIe et dernière Réunion de coordination préparatoire (RCP) (3) du Congrès national des étudiants à Séville. Déclarée illégale, plusieurs participants furent détenus, ce qui provoqua de nouvelles manifestations dans plusieurs districts universitaires et la fermeture indéfinie, le 27, des universités de Madrid et de Valence.

1) Bras juridique de la répression franquiste, créé en 1963, pour faire front à la renaissance du mouvement ouvrier et aux débuts du mouvement étudiant.

2) Des représentants de Bilbao, Séville, Valence, Oviedo, Valladolid, Zaragosse, Barcelone et Madrid arrivèrent qui, d'un commun accord, déclarèrent : "Devant n'importe quelle mesure répressive prise contre n'importe quel district étudiant, tous les autres se considéreront comme concernés."

3) Réunion de coordination préparatoire (RCP). De 1967 à 1968, six de ces réunions ont eu lieu pour préparer la coordination inter-district du mouvement étudiant organisé en syndicats libres et leur objectif était la tenue d'un Congrès général.

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Le même jour a été créé par décret du Conseil des ministres, la Police universitaire, sous le commandement théorique des doyens, ce qui a signifié l'installation de forces de police sur les campus pendant plusieurs années et a transformé l'université, selon la protestation signée par les professeurs qui s'opposaient à cette mesure "en un commissariat, en train de se transformer en une caserne". On nomma un juge spécial pour les "délits étudiants" qui vint compléter l'action du Tribunal d'ordre public.

Fin d'une période

Le 6 mars, l'université de Séville fut fermée, ce qui donna lieu à des manifestations à Saragosse, Bilbao, Grenade, Pampelune, Santiago et Barcelone. Cinq facultés furent nettoyées par la police à Madrid, où, malgré la fermeture, l'activité syndicale continuait. Les Départements d'information continuaient à éditer des tracts et des bulletins ; on essayait de nouvelles formes de lutte, comme les "sit-in" en Droit. On voulait réaliser des "cours parallèles" dans certaines facultés qui finirent par se convertirent en coordination du mouvement et en tribunes politiques de lutte contre l'idéologie académique en vigueur. L'activité de solidarité avec le Vietnam continuait, avec Cuba ou avec les ouvriers de Standard et Pegaso et on répondait au message libéral néocapitaliste de Servan-Schreiber (auteur du Défi américain), qui ne réussit pas à tenir une conférence à la faculté de Droit, boycottée par les étudiants, toujours plus radicalisés à partir de leur anti-franquisme initial, et qui criaient tous ensemble bas l'Europe des monopoles. Vive l'Europe socialiste". Et puis vint le mois de mai.

Quelque chose avait changé dans les profondeurs du mouvement étudiant durant l'année 1967-1968. Diverses forces politiques et secteurs étudiants très larges se détachèrent du projet de syndicats étudiants libres et du Congrès national des étudiants c'est pourquoi les élections des SDEU, au début de l'année universitaire

CHOISISSONS NOTRE

TERRAIN

DE

JUIN68 PUTE PROLONGEE COMBAT

1968-69 furent un échec. Les étudiants d'avant-garde regardaient vers d'autres formes d'organisation et d'autres objectifs

On organisa les "procès critiques" de quelques professeurs et de leur enseignement, quelques chaires furent "occupées" par des étudiants et la politique ¡"'action exemplaire" commença à l'intérieur et à l'extérieur de l'université. Ce fut la fin des Syndicats démocratiques. Le 1er décembre, des affrontements massifs se produisirent à Barcelone et à Madrid avec des barricades face à la police.

Le 17 janvier 1969 le rectorat fut assailli par les étudiants à Barcelone, le feu prit à un bâtiment et un buste de Franco fut brisé. C'est le 20 que fut assassiné par la police politique, la BPS, au cours d'un contrôle, le camarade Enrique Ruano, membre du FLP (4) et militant du mouvement étudiant. La police employa la même méthode que celle qu'elle avait utilisée deux ans auparavant avec l'étudiant valencien Rafael Guijarro : la défenestration. Une grève générale de toutes les universités fut décrétée. Le 24 janvier, le gouvernement déclara l'état d'urgence sur tout le territoire de l'Etat espagnol, étendant la mesure adoptée des mois auparavant au Guipuzcoa (5).

La répression

Les déportations de membres de l'opposition, la détention de plus de 500 ouvriers et étudiants (230 d'entre eux mis à la disposition de la justice), la fermeture de plusieurs maisons d'édition, des centaines de perquisitions à domicile avaient pour objectif de porter un coup au mouvement ouvrier des Commissions ouvrières, de destructurer le mouvement étudiant qui jouait un rôle d'avant-garde dans la lutte pour les libertés démocratiques, et permettre la continuation institutionnelle de la dictature après la mort de Franco.

La phase de libéralisation du régime était terminée. Les menaces de Carrero Blanco s'étaient réalisées. Le mouvement ouvrier, dirigé par le Parti communiste espagnol n'était pas préparé à ce changement politique, d'autant plus que ses dirigeants l'avaient éduqué à l'utilisation des marges de cette libéralisation, à lui faire confiance. Le mouvement étudiant à lui seul n'était pas capable de porter tout le poids de la lutte pour les libertés, parce que son rôle social avait des limites évidentes, et de plus, une partie de ce mouvement continuait à subir l'influence, bien que de façon atténuée, des réformistes.

La création d'organisations étudiantes clandestines à partir de 1963 et la tenue des Semaines de la rénovation universitaire (1964) avaient ouvert le chemin, avec l'organisation de la Première assemblée libre des étudiants de Barcelone, la IVe Assemblée libre et la Semaine pour la paix de Madrid en 1965, au syndicalisme étudiant libre. Derrière l'écroulement du Syndicat étudiant (SEU) et le rejet de la manœuvre gouvernementale des APE (6), fut mis sur pied le Syndicat démocratique des étudiants de Barcelone, où auparavant des élections libres avaient eu lieu.

L'ancien

Le SDEUB se réunit au couvent des Capucins de Sarria, le 9 mars 1965, et c'est là que se dessinèrent, après une discussion ouverte préalable à laquelle participèrent des milliers d'étudiants, les lignes maîtresses d'un syndicalisme unitaire, non clandestin, qui se transforma en plate-forme d'expression des courants politiques existant et qui arracha des conquêtes partielles sous le régime franquiste pendant la période 1965-1969.

Les intentions de coordination à l'échelle de l'Etat, à partir de la première RCP à Valence, dont la répression avait provoqué la première grève générale étudiante sous la dictature, et la création du SDEUM, à Madrid, le 26 avril 1967 ouvrirent le chemin à l'extension des SDEU. Sur ce chemin, la répression s'est exercée sur des professeurs (expulsion de l'université de Tierno Galvan et d'Aranguren et de trois autres professeurs madrilènes ; expulsion de Sacristan et de 68 autres enseignants à Barcelone) et sur les étudiants (avec des procès devant le Tribunal d'ordre public de représentants catalans et madrilènes).

La réforme démocratique de l'université, le syndicalisme libre préparant un congrès général, l'amnistie de toutes les personnes sanctionnées, la liberté d'enseigner et de dire étaient les revendications démocratiques d'un mouvement étudiant, toujours très centré sur les changements à l'université, bien que conscient de la nécessité de la liberté dans tous les do-

4) Front de libération populaire, organisation d'extrême-gauche qui a regroupé, pendant une période, un nombre important de militants anti-franquistes.

5) L'état d'urgence fut décrété à la suite de l'exécution par ETA du chef provincial de la Brigade politico-sociale (BPS) de la police du Guipuzcoa.

6) Syndicat espagnol universitaire (SEU), organisation fasciste à laquelle les étudiants étaient obligatoirement affiliés. L'Association professionnelle des étudiants (APE), qui lui succéda, de courte vie, fut rejetée par les étudiants qui luttaient pour un syndicalisme libre, sans entra ves.

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maines, peu coordonné à l'échelle nationale mais solidaire. Barcelone et Madrid, les deux grands centres, alternaient comme points culminants de la mobilisation qui réussit à faire changer le rapport des forces en faveur des étudiants pendant

Au cours de ces mêmes années, il fut imposé, à l'intérieur des établissements d'enseignement un certain "double pou-

You des "aires de liberté" conjoncturelles qui permirent l'évolution idéologique et politique de larges secteurs des étudiants dans un processus continu de radicalisation, à travers leur propre activité syndicale et leur expériences dans les mobilisations. De nombreuses activités culturelles furent réalisées y compris sur le plan académique lesquelles ce changement accéléré des idées était palpable, et montrant un milieu étudiant toujours plus critique empêchant que soit niée la fonction sociale de l'université comme "fabrique d'exploiteurs".

A partir d'un moment de son évolution, le mouvement étudiant, à travers de larges débats internes, cherchait de façon constante l'unité d'action avec le mouvement ouvrier, tel qu'il se réflétait dans les journées de lutte appelées par les Commissions ouvrières à Madrid les 27 janvier et

Plus tard, l'unité d'action se montra insuffisante et un large secteur des étudiants commença à se poser la question de l'alliance entre les deux mouvements avec des objectifs à long terme. L'orientation de la majorité du mouvement étudiant allait se traduire dans une conviction croissante de la nécessité de la lutte révolutionnaire non strictement anti-répressive et démocratique, telle qu'on la proposait sous une forme pédante et élémentaire, mais très claire dans la revue "Action universitaire" (7) dans son munéro du 15 mai 1968 : "Le mouvement universitaire, à partir des contradictions spécifiques de l'étudiant dans la société dans laquelle il vit, à partir de la lutte pour ses objectifs, en est arrivé à poser des revendications qui dépassent le cadre de l'université bourgeoise, à soumettre à une critique radicale toute la structure de la société capitaliste" (...) "Mais ce n'est que si la lutte étudiante est incluse dans une lutte beaucoup plus vaste pour des objectifs de la classe ouvrière, qu'il pourra se produire une transformation radicale de la société bour-

Le nouveau

Après mai rien ne fut comme avant. On a parlé de l'influence des événements de France, mais pendant l'année universitaire 1967-68 s'étaient accumulés de nombreux facteurs autochtones qui dynamitèrent le projet strictement démocratique de 1965.

La répression en 1968 contre les étudiants et les ouvriers, et surtout à partir de l'état d'urgence de 1969, a aidé à accélérer la non viabilité des SDEU. Mais la répression à elle seule n'explique pas le phénomène de leur disparition. Le projet étudiant de 1965, de Réforme démocratique de l'université perdait du terrain au sein des syndicats eux-mêmes et des mots d'ordre comme "Université populaire", "Autogestion", et un discours de plus en plus anti-capitaliste avaient fait leur trou parmi les étudiants et allaient changer le contenu du programme de revendications.

La dénomination même de Congrès national des étudiants s'était transformée en celle de Congrès général des étudiants, fruit de l'avancée des idées nationalitaires dans la jeunesse basque et catalane et d'un vague sentiment de solidarité des étudiants madrilènes qui organisèrent un Festival-rencontre des nationalités ibériques. A Barcelone, la crise du syndicalisme "classique" apparut déjà en 1967-68 avec des divisions profondes au sein du SDEUB qui le paralysèrent. A Madrid, la direction du SDEUM ne participa pas à la VIe RCP de Séville, la qualifiant de montage bureaucratique en marge de la souveraineté des assemblées.

Pendant les années 1968 et 1969 de nouveaux partis politiques apparurent avec une base importante chez les étudiants qui se situaient à la gauche du réformisme, comme le PCE (I), ensuite le PT, Bandera Roja, l'ORT, etc. et un tournant profond commençait vers le marxisme révolutionnaire au sein du FLP, groupe qui disputait au PCE la direction du mouvement étudiant. Mais tout ceci ne vient pas nier l'influence du mai français qui avait permis de démasquer la politique réformiste des PC et qui créa des illusions utopiques sur le rôle dans la société de la révolte étudiante, car en partant d'une réalité on extrapolait ses conséquences et ses possibilités.

Un tournant

Les différences avec la situation française éloignaient la possibilité d'une répétition ici du même phénomène. Et pas seulement parce qu'existait ici une dictature militaire et que là-bas on combattait en utilisant les libertés. Les 120 000 étudiants qui composaient la population universitaire côté-ci des Pyrénées n'avaient pas seulement un poids numérique absolu et relatif moindre dans la société comparé à la réalité d'autres pays (8), mais étant donné la rupture engendrée par la guerre civile, il n'y avait pas de lien avec les partis et la tradition marxiste. L'autarcie culturelle imposée par la répression franquiste rendait difficile l'accès à la littérature politique révolutionnaire. Tout cela produisit une capacité moindre de critique globalisante, une réflexion plus pauvre et plus limitée. Mais surtout, pesait sur la situation le fait que la classe ouvrière, à la différence de la France n'avait pas accumulé un niveau d'expériences suffisant, à partir de sa renaissance en 1962, et que comme en France, il n'y avait pas de direction politique lui permettant de se mettre à la tête de la brêche démocratique radicale ouverte par les étudiants (9) Ni l'autarcie, ni la répression, ni le retard politique dans la prise de conscience révolutionnaire de la classe ouvrière n'empêchèrent que d'amples couches de jeunes étudiants et d'ouvriers de toutes les régions de l'Etat espagnol, dégoûtés de la dictade l'oppression nationale, de l'exploitation et de la répression, ne respirent les souflaient la Révolution culturelle en Chine, la guérilla latino-américaine, le Vietnam, les révoltes étudiantes, de Mexique, Berlin, Rome et surtout les barricades de

7) Organe du Comité étudiant du FL.P, ensuite appelé Action étudiante et finalement Barricade.

8) La même année, en France, les étudiants étaient 550 000 et, en Italie, 413 000.

9) Le mouvement ouvrier surgi dans les grèves de la mine asturienne de 1962, s'est étendu aux principaux centres métallurgiques (Madrid, Barcelone, Bilbao) et y compris à la campagne (viticulteurs de Jerez). Les Commissions ouvrières ont été constituées formellement, en 1964. L'une des grèves qui eut la plus grande influence sur les étudiants fut celle des travailleurs des laminoirs Bandas à Frio de Echevarri, en 1966.

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