HOMME DE THEATRE dont les pièces sont interdites dans son pays, au moment de sa création en 1977. Emprisonné une première fois peu de temps après, il fait partie des dix dirigeants de la Charte arrêtés les mouvements indépendants des différents pays de l'est, est moins connue. Havel participe à la première rencontre de 1978 entre le KOR
Pour lui, cette activité est fondamentale " aucun mouvement de libération ne parviendra à ses fins s'il se cantonne dans les frontières d'un seul pays" déclare-t-il dans cette interview accordée à l'East
European Reporter, dont nous reproduisons des extraits ci-dessous.
PAYS DE L'EST Interview de Vaclav Havel Vaclav Havel fut l'un des premiers porte-parole de la Charte en mai 1979 et lourdement condamnés ; Son action pour le développement des contacts entre et la Charte 77, il est membre du Cercle des amis de Solidarité Pologne-Tchécoslovaquie.
V ACLAV HAVEL : Je pense
que ces contacts sont extrêmement importants pour différentes raisons. Premièrement et avant tout, il faut comprendre qu'aucun mouvement de libération dans les pays du bloc soviétique ne parviendra à ses fins s'il se cantonne dans les frontières d'un seul pays. Jusqu'à présent, beaucoup d'activités indépendantes ont été très auto-centrées. Les gens dans les pays de l'Est ont été tellement assaillis par leurs propres problèmes, qu'ils se sont peu informés de ce qui se passait dans les pays voisins. Voilà pourquoi tous les mouvements pour l'émancipation ont été finalement assez aisément réprimés, parce qu'ils se limitaient à un seul pays et parce qu'ils n'avaient pas de liens internationaux. Souvent, nous connaissons très peu ce qui se passe ailleurs et nous le comprenons encore moins. Cette situation est également due au fait que les sociétés est-européennes sont relativement isolées les unes des autres. A mon sens, un très petit nombre de gens en Tchécoslovaquie étaient réellement intéressés: et bien informés de ce qui se passait en Pologne. Tout simplement parce que des barrières mentales ont été dressées entre ces pays. Souvent, les couches dirigeantes tentent de dresser les nations des pays de l'Est les unes contre les autres: Ils ne font là qu'appliquer le vieux slogan "Diviser pour régner" ¿ ro Voilà un an la Charte 77 a reçu un message de félicitations de militants des droits de l'Homme slovènes, qui contenait une très belle idée. Il disait que toute l'énergie que nous dépensons pour essayeri de lever le rideau de fer entre l'Est et l'Ouest devrait être utilisée pour lever le rideau de fer invisible qui sépare les pays. dú bloc soviétique les uns des autres. Je suis personnellement beaucoup plus heureux d'apprendre que l'une de mes pièces a été jouée en Pologne, ou que certains de mes essais ont été publiés dans les samizdats polonais, que quand j'apprends qu'ils ont été publiés à l'Ouest. Je sais que nos situations périlleuses sont liées. Je connais les risques que l'on court en publiant du matériel d'un écrivain indépendant d'un pays de l'Est dans un autre pays de l'Est, quand ces écrivains y sont interdits. Les citoyens des autres pays d'Europe centrale et de l'Est sont mes frères, nous sommes soumis aux mêmes périls, nous y faisons face de la même manière. Il me semble que nous serons capables de mieux résister à la pression des structures dirigeantes si nos contacts mutuels sont plus forts.
• EAST EUROPEAN REPORTER : A l'Ouest, nous entendons parfois l'argument que ces rencontres sont en fait peu importantes, car elles ne regroupent jamais que deux, voire trois petits groupes qui n'auront jamais la possibilité de prendre le pouvoir. Aussi - dit-on - le seul point de ces réunions est de renforcer et soutenir mutuellement ceux qui luttent contre l'injustice. Apparemment, ces réunions et ces activités communes n'ont pas d'impact politique sur le statu quo qui régit chacune des sociétés est-européennes ou l'Europe de l'est dans son ensemble. Que pensez-vous de cet argument?
- Je pense qu'il est basé sur une incompréhension typique de gens qui ont été élevés dans des sociétés ouvertes et qui sont habitués à la vie politique de ces sociétés. Naturellement, dans les pays de l'Ouest, l'importance politique d'une force sociale se mesure au nombre de ses adhérents, au nombre de voix qu'il reçoit. Les gens sont tellement habitués à ce génre de choses qu'ils ne peuvent simplement concevoir que ce qui n'est pas quantifiable ou vérifiable en terme de soutien de masse, ait une signification politique. Aussi, nous conçoivent-ils comme marginaux. Mais c'est là une véritable incompréhension de la situation qui prévaut dans les Etats totalitaires. J'ai essayé d'expliquer dans différents essais que, dans des conditions totalitaires, la signification politique potentielle d'un petit groupe ne peut être mesurée à la quantité de soutien ouvert qu'il reçoit. Elle se base sur quelque chose d'autre, beaucoup plus complexe. Sa signification est indirecte. Le soutien potentiel des groupes indépendants dans un pays donné doit être cherché dans les zones de la conscience sociale. Il est très difficile d'y accéder. Ce soutien est présent de manière latente dans ces aires sociales comme potentiel qui peut - ou peut ne pas - se manifester dans certaines circonstances extrêmes. Ce potentiel n'est certainement pas mesurable ou vérifiable par des méthodes simples, mais il existe. Nous en avons des preuves concrètes. Quand le KOR a commencé son travail en Pologne, ses activités semblaient ne semblaient être rien de plus qu'une tentative désespérée d'une poignée d'intellectuels, d'un petit groupe restreint. Et pourtant, sans le KOR, il n'y aurait pas eu Solidarité. C'est dans les milieux du KOR qu'a germé le concept d'un syndicat indépendant. Quand la désobéissance civile a commencé, elle ne s'est pas terminée par l'incendie du secrétariat du Parti communiste local, mais une certaine philosophie a été adoptée, un certain concept, et le mécontentement s'est transformé en un syndicat de masse, fort de plus de dix millions d'adhérents. Ce qui ressemblait à un combat contre des moulins à vent par une poignée de gens comme Michnik, Kuron et Litynski, avait en fait une force potentielle très forte. Il ne faut pas en tirer comme conclusion que cette force se manifestera toujours en soi. Ce potentiel peut ou ne peut pas ne faire sentir. Nous pouvons théoriquement imaginer une situation où une série d'événements, une crise économique, un changement politique dans la direction du pays, transformerait même la Charte 77 en un mouvement visible et quantifiable, largement suivi. Mais il n'existe aucune garantie que cela serait
Badge du mouvement pacifiste indépendant d'Allemagne de l'Est Micha 4 2
définitif. Cela ne réduit pas l'importance de la Charte 77, surtout depuis qu'elle a décidé de ne pas être une force politique recherchant un soutien et visant un électorat. Sa force provient de la vérité qu'elle exprime, vérité qui dans son ensemble est partagée par la société. La Charte ne peut pas, dans les conditions actuelles, mettre en pratique ce qu'elle dit. Néanmoins, le fait qu'il existe un miroir crucial qui se dresse est extrêmement important. Ce serait important même si ce miroir n'était tenu que par deux personnes. L'existence même du miroir dépasse de loin en importance le nombre de personnes qui le tiennent. Si les gens ne comprennent pas ces particularités, qui doivent toujours être à l'esprit quand on veut faire une quelanalyse des différents phénomènes politiques dans les pays totaliils ne comprendront évidemment pas très bien la signification des contacts internationaux entre les groupes indépendants des divers pays de l'Est. A mon sens, si les représentants de la Charte 77 se rencontrent avec les représentants de Solidarité, c'est là un fait qui aura, un jour, une signification politique considérable. Mais quand et comment cette signification ne manifestera-t-elle, nous ne pouvons le dire à l'étape présente. Quand elle le fera, je serais très certainement beaucoup moins surpris que ceux qui nous regardent comme une poignée d'excentriques voyageant aux frontières pour assurer à un autre groupe d'excentriques que leur excentricité est une bonne chose. (...)
• Vous avez cité le passage d'une lettre de vos amis slovènes parlant du rideau de fer qui existe entre les différents pays de l'Est. Vous avez dit que ce rideau était invisible. Vos amis slovènes disent qu'il est même "plus solide" que celui qui existe entre l'Ouest et l'Est. Il est bien connu que beaucoup de citoyens soviétique peuvent voyager relativement librement vers des pays comme la Roumanie, la Bulgarie et l'Allemagne de l'Est. Si les citoyens de l'Europe de l'Est sont libres de voyager dans d'autres pays de l'est, pourquoi dire alors que le rideau de fer entre ces différents pays est "plus solide" qu'entre l'Est et l'Ouest ?
- Les gens voyagent vers la Roumanie et la Bulgarie d'abord pour aller en vacances. Il est vrai qu'il est relativement aisé d'aller en Allemagne de l'Est depuis la Tchécoslovaquie ; il est plus difficile d'aller en Pologne ou en Union Soviétique. Voilà pourquoi je dis moi que ce rideau de fer est moins visible. doit être mesuré au nombre de touristes qui voyagent d'un pays à l'autre, il ne serait pas particulièrement solide. (...) Pour ma part, je ne suis pas prêt d'être autorisé à voyager dans un quelconque pays. Ces pays sont devenus aujourd'hui
MAGYARORSZAG
NE LEGYEN HIROSIMA Carte du mouvement pacifiste indépendant hongrois (1983) des attractions touristiques ou de consommation pour les citoyens des autres pays de l'Est, mais spirituellement, dès que les idées sont concernées, ces pays demeurent totalement l'extérieur de leurs frontières. Il était assez facile par exemple de voyager en Pologne. Mais à partir du moment où les autorités se sont rendus compte que les gens qui voyagaient participaient aux Pèlerinages de la Vierge de Czestochowa, de nouvelles restrictions aux voyages en Pologne ont été imposées. Les citoyens de l'Allemagne de l'Est sont totalement libres d'aller en Tchécoslovaquie pour aller faire leur shopping, aussi souvent qu'ils le veulent, et les Tchèques et les Slovaques peuvent aller faire leurs achats
Allemagne de l'Est comme ils l'entendent. Mais à partir du moment où l'intérêt d'une nation pour une autre ne se limite plus à ce qui peut être trouvé dans les magasins d'un autre pays, de mystérieux obstacles surgissent alors. Nous en avons un exemple concret dans les difficultés que rencontrent les militants indépendants de ces pays, pour lesquels il est plus facile de voyager à l'Ouest que dans les pays voisins du bloc soviétique. Par exemple, György Konrad (Hongrois, ndlr) voyage régulièrement à l'Ouest, mais il n'a pas pu aller à Prague ces dernières années, il semble qu'il lui soit beaucoup plus difficile de venir ici qu'à Londres ou à Genève. Ceci est évidemment plus vrai pour nous en Tchécoslovaquie. Récemment, les autori-tés tchécoslovaques ont commencé à confisquer systématiquement les passeports des signataires les moins connus de la Charte 77 - ceux qui vivent en dehors de Prague, par exemple - qui, jusqu'à présent, avaient leurs passeports et étaient libres de voyager dans les autres pays socialistes. Il va sans dire que les passeports des porte-parole de la Charte et de ses signataires les plus connus sont confisqués depuis longtemps. Cette nouvelle vague de confiscation, très large, a commencé après que les autorités se sont rendus compte que les représentants de la Charte 77 avaient pris part à des séminaires indépendants à Varsovie, Budapest ou Moscou. C'est là un très bon exemple de comment la politique de l'Etat essaie de vider de tout contenu politique - et même, contenu culturel - les contacts internationaux des gens, en tachant de les cantonner au niveau d'une consommation touristique. • Pourquoi ces gouvernements ont-ils si peur des contacts entre les citoyens indépendants de ces pays, alors qu'aprés tout, il est clair que ces personnes ne représentent qu'une petite minorité de ces sociétés ? - Je pense que cette vigilance de la part des gouvernements nous montre qu'ils comprennent bien mieux les processus politiques mystérieux à l'œuvre dans les sociétés totalitaires que les journalistes ou les analystes des pays occidentaux que vous mentionniez plus haut. Ils sont tout à fait conscients que si les activités indépendantes dans leur pays s'étendent par dessus les frontières, elles constitueront une menace mortelle pour eux et leurs politiques totalitaires centralisées. En essayant de limiter les contacts entre les militants indépendants des différents Etats, ces gouvernements nous donnent d'une certaine façon, une réponse à la question posée par les observateurs occidentaux quant à l'intérêt de ces activités indépendantes internationales.
• Dans quelle mesure les gouvernements de ces pays essayent-ils de rendre impossible pour les citoyens l'accès à la littérature et aux arts de leurs pays voisins ?
- Depuis des années, les sociétés d'Europe de l'Est sont habituées aux échanges culturels officiels. Les gens ne sont généralement pas particulièrement enthousiastes sur ces échanges car ils savent parfaitement qu'ils englobent rarement ce qui est le plus intéressant en matière de développement artistique des autres pays. L'intérêt pour les véritables valeurs culturelles des autres pays est ainsi découragé, bloqué par une espèce particulière de tampon, les échanges officiels. Il faut toujours pour que tout le monde sache que certains films hongrois, polonais ou soviétiques sont réellement bons et que les gens se déplacent pour aller les voir. La défiance envers les arts "officiellement importés" est si profondément enracinée que même quand quelque chose de vraiment bon arrive des pays voisins, il faut beaucoup de temps pour que les gens en prennent note et y montrent un réel intérêt. C'est identique pour la censure officielle. Nous savons maintenant qu'il est possible de monter des pièces en Union soviétique qui sont interdites en Tchécoslovaquie. Nous savons qu'en Tchécoslovaquie même des articles sur l'Union soviétique sont soumis à la censure spéciale. De même, au moment de l'existence de Soli-
SALiDARNOS®
darité, toutes les nouvelles provenant de Pologne sur ce sujet étaient soumises à une censure intensive. Cela signifie que des œuvres d'art importantes sont tout simplement ignorées en quie. Je connais un grand nombre de films polonais excellents qui n'ont pas été diffusés ici bien que le point de vue officiel en Tchécoslovaquie affirme que les Polonais sont nos frères et que nous "approfondissons nos fraternels contacts mutuels". Les échanges culturels entre les différents pays d'Europe de l'Est bénéficient d'un soutien officiel, mais ils ne diffusent que cet aspect des arts dans les autres pays qui sont dans l'intérêt des dirigeants du pays qui reçoit, et selon leur situation politique intérieure du moment.
Par exemple, en ce moment, les ministères de la Culture en Pologne, en Hongrie et en Union soviétique ne verraient pas d'objection à ce que mes pièces soient montées dans leurs pays. Elles ne le sont pas tout simplement à cause de la solidarité qui existe entre les establishments officiels des pays de l'Est. Il est bien connu que notre ambassade protesterait immédiatement de façon virulente et que cela serait perçu comme un coup de poignard dans le dos par notre gouvernement. Donc les œuvres artistiques ne sont pas toujours parce que les dirigeants locaux ont besoin qu'elles le soient, mais tout simplement parfois à cause de la solidarité mutuelle qui existe entre les différents gouvernements d'Europe de l'Est.
• Dans quelle mesure la Charte 77 est-elle capable de porter à la connaissance des signataires ou des citoyens tchécoslovaques des œuvres d'art indépendantes provenant d'autres pays socialistes ?
- Dans une faible mesure encore. Il existe peu de gens qui traduisent systématiquement du polonais. D'autres matériaux traduits du polonais sont publiés en tchèque à l'Ouest et ensuite réintroduits en Tchécoslovaquie. Le groupe de Solidarité Pologne-Tchécoslovaquie travaille de façon systématique, mais malgré ses efforts, ce qu'il fait est insuffisant. Cela est en relation directe avec les possibilités limitées de nos activités indépendantes et les conditions dans lesquelles nous travaillons.
• Certains des rédacteurs du samizdat hongrois Beszélo / ont récemment lancé un appel pour la libération des objecteurs de conscience et pour la création d'un service civil alternatif pour ceux qui, pour des raisons religieuses, morales ou politiques ne veulent pas apprendre à tuer (...) Quelle a été la réponse de la Charte 77?
- Ce sont là des thèmes brûlants en Hongrie, en Pologne et aussi en Tchécoslovaquie. Je suis certain que la Charte 77 apportera son soutien à cet appel car elle a déjà fait plusieurs déclarations sur ce sujet, l'an dernier et même avant. Le communiqué commun que nous avons écrit avec les Polonais lors de notre rencontre à la frontière, mentionne également ce problème comme étant l'un des plus urgents que nos sociétés ont en
Nous sommes tombés d'accord lors de cette réunion que désormais, nous allions coordonner nos activités et accorder une importance toute particulière à ce sujet. (Peu de temps après cette interview, la Charte 77 reprenait à son compte cet Appel, ndlr).
• Pensez-vous qu'il soit possible que ces rideaux de fer invisibles entre les différents pays de l'Est puissent être levés soit par des modifications dans la direction du Parti communiste tchécoslovaque, soit par les réformes de Gorbatchev ? Si ce n'est pas par ces voies là, quelles possibilités de modifications
- Je pense qu'indépendamment de l'attitude que chacun adopte vis-à-vis du communisme et vis-à-vis de ce système en particulier, toute personne est à même
Run dirigeant modéré à un "dur". Aucun être raisonnable ne peut croire qu'il valait mieux vivre sous Staline que sous Gorbatchev. C'est la première chose. Dans ce sens, la politique de réforme de Gorbatchev, aussi ambiguë et aussi problématique soit-elle, mieux que rien du tout. Mais en même temps, je pense que se reposer sur des changements dans les directions ou les politiques du parti au pouvoir serait une illusion à courte vue. Même dans des circonstances totalitaires, ce que les gens peuvent gagner pour eux-mêmes dépend en premier et avant tout de leurs propres efforts, de leur comportement, de ce pourquoi ils décident de lutter. Exercer une pression permanente d'en bas est, à mon sens, la plus importante chose à faire, et également la seule chose que les gens de tous les jours puissent faire. Attendre de ceux qui sont au pouvoir qu'ils fassent un geste de bonne volonté, n'est pas, encore à mon sens, une alternative viable. Nous devons constamment exiger de ceux qui sont au pouvoir. Nous devons exiger ce qui nous semble juste et nous devons exercer notre pression pour les obtenir. Nous ne devons compter que sur nous-mêmes. Je voudrais encore me référer à communiqué commun polonotchécoslovaque, où nous disions que leurs efforts (des Polonais, ndlr) comme les nôtres étaient basés sur cette conviction
• Mais certains de ceux qui soutiennent la politique de réforme de Gorbatchev (ou ceux qui soutenaient Dubcek en 1968) pourraient objecter à cela l'argument que faire pression d'en bas donne des arguments aux avocats du statu quo qui ne voient pas d'un frès bon cell, un dictateur plus éclairé. Et il pourrait se produire un retour de bâton, une réaction contre les réformes et contre les intérêts des peuples. Que répondez-vous à cette objection ?
- Je base mon action sur une philosophie humaine très simple : je dois dire ce que je pense. Je dois dire la vérité. Je dois me battre pour les choses que je pense être juste, indépendamment du fait que ce soit utilisé ou déformé par d'autres. Si je devais prendre cela en considération, je ne ferais jamais rien car quoique je fasse, vous trouverez toujours quelqu'un pour déformer.
• Voyez-vous le Cercle des vaquie comme l'expression d'intérêts communs partagés par les groupes indépendants en Pologne et en Tchécoslovaquie ? Ou le voyez-vous comme le noyau d'un développement potentiel qui pourrait amener à la participation de mouvements indépendants d'autres pays d'Europe centrale et de l'Est ?
- Je ne peux naturellement pas prédire le futur. Si cette initiative se développe de la manière dont vous le dites, ce serait excellent et je le saluerais avec plaisir, mais il n'est pas encore possible de planifier la vie dans cette mesure. Jusqu'à présent, le Cercle des amis a travaillé comme un bouclier commun, une protection pour les gens du groupe travail Solidarité Pologne-Tchécoslovaquie. Les membres de ce groupe cultivent les contacts mutuels, mais pour des raisons pratiques et techniques, ils ne peuvent agir au grand jour. Sils devaient être réprimés ou harcelés, le Cercle serait le premier à organiser des actes communs de solidarité. Cela ne signifie pas bien sûr, que dans le futur, le cercle n'aura pas d'autres rôles, de coordination et d'intégration des efforts en Pologne et en Tchécoslovaquie comme peut-être devenir un modèle pour des contacts internationaux plus large. Toutes ces possibilités sont ouvertes pour nous. (...)
Propos recueillis par Paul EDWARDS ; East European Reporter, avril 1988.
Chanta