Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

GRANDE-BRETAGNE

La grève des marins

· Inprecor n° 268, 20 juin 1988 · p. 10-12 · 3 435 mots

Syndicalisme Grande-Bretagne

LES GREVISTES de la société P&0 de Douvres ont été trahis par sur la recommandation de son secrétaire général McCluskie, les équipages de Douvres de cesser toute action et de retourner

GRANDE-BRETAGNE

La grève des marins la direction droitière du Syndicat national des marins (NUS), syndicat traditionnellement modéré.

Le 12 mai, le Comité exécutif national du NUS, a ordonné à tous ceux qui faisaient grève en solidarité avec dès le lendemain a un rythme de travail normal.

En conséquence, les grévistes de Douvres qui ont voté la continuation du mouvement, sont aujourd'hui dangereusement isolés au milieu d'une lutte majeure contre le plus gros armateur de Grande-Bretagne.

Alan THORNETT

A GREVE DE DOUVRES a commencé au début février pour riposter aux conditions draconiennes de travail que la direction voulait imposer et qui auraient supprimé l'emploi de

500 travailleurs sur un total de 2 300.

P&O exigeait sept jours de travail alternant avec sept jours de repos, 24 heures par jour, sept jours d'affilée. Cela représente une formidable augmentation des heures de travail pour un salaire moindre.

Les équipages auraient travaillé 16 heures sur 24, pendant les 8 autres heures ils n'auraient pas été payés, mais auraient été astreints à rester à bord et en service. Les grévistes pensent que cela causerait du tort à la vie et à la santé des équipages et serait un danger grave pour la sécurité de la

On peut mesurer la détermination et le caractère impitoyable de l'offensive du patronat britannique au fait que les responsables du désastre du Herald of Free

Entreprise (ferry-boat qui a coulé en mer du Nord, au mois de mars 1987, faisant

200 morts) aient pu imposer ces tions si peu de temps après le drame. Les nouvelles conditions de travail sont liées à la fois à la concurrence inter-entreprises des sociétés de ferrys qui anticipent la construction du tunnel sous la Manche et à l'offensive générale des employeurs, orchestrée par le gouvernement conserva-

La grève de Douvres en découle directement. En janvier, les équipages travaillant pour la Compagnie Man Steam

Packet ont occupé les navires pour s'opposer aux nouvelles praliques imposées.

Le NUS a organisé le vote de ses adhérents des compagnies de ferrys pour savoir s'ils voulaient faire une grève de solidarité. Mais elle a été décrétée "action secondaire" (seuls sont autorisés à faire grève les personnels directement concernés, toute action de solidarité est déclarée "secondaire" et illégale - ndlr) par la Haute Cour et déclarée illégale d'après la loi syndicale que les conservateurs ont fait adoptée.

Celte loi a pris un poids massif dans le mouvement syndical britannique aujourd'hui. Les grèves sont autorisées seulement dans le cas où elles sont dirigées directement contre l'employeur et ont été en saisissant les avoirs du syndicat. Ils peuvent aussi imposer des amendes illimitées et des dommages également sans limites pour entrave au travail.

D'abord McCluskie a dit que la grève nationale devait continuer, et qu'il était prêt à défier la loi et même à aller en prison si nécessaire. Puis ensuite, il annula la grève et se plia à la loi. Sa décision fut un désastre pour le NUS et le réduisit virtuellement à l'impuissance car sa seule véritable force réside dans sa capacité à appeler à des actions nationales impliquant l'ensemble du secteur. Les grèves contre des patrons particuliers peuvent être rapidement isolées et défaites. C'est aujourd'hui la situation des grévistes de

Un seule voix contre

Après le retour généralisé au travail, les équipages de la compagnie P&O de Douvres sont restés seuls dans l'action. Douvres n'est pas un port traditionnellement combatif et pourtant au cours d'un vote à bulletin secret des 2 300 marins du port, une seule voix s'est prononcée contre la grève. Ce niveau d'unanimité s'est maintenu pendant les deux premiers mois de lutte.

McCluskie était opposé à la grève dès le départ. Il disait qu'elle était battue d'avance, et qu'il n'était pas prêt à être un "nouvel Arthur Scargill" (dirigeant du syndicat des mineurs dont la longue grève (1984-1985) a été vaincue par Thatcher). A plusieurs reprises, il a tenté d'obtenir un vote pour l'annuler, mais cela fut refusé, à chaque fois, par des meetings de masse.

Bien qu'isolés, il est clair que les grévistes de Douvres combattent pour toute la profession. Si P&O, de loin le plus gros armateur, devait gagner, d'autres employeurs suivraient. Ils luttent aussi pour le NUS, car gagner la grève de Douvres est le seul moyen qu'il demeure un syndicat viable. Le NUS a déjà souffert à cause de l'importante réduction de la flotte marchande britannique ces dernières années, qui a fait descendre ses effectifs au chiffre de 20.000.

La grève s'est maintenue grâce à l'auto-organisation de la base et au soutien financier du mouvement ouvrier. Des cantines de Douvres et de quatre villes voisines ont fourni des repas chauds tous les jours pour plus de 1 000 familles. A Deal (à quelques kilomètres de Douvres) le Syndicat national des mineurs du Kent a offert ses services aux grévistes.

Par la suite, un groupe de soutien composé de femmes a été formé, comprenant à la fois des épouses de grévistes et des femmes elles-mêmes grévistes. Elles ont joué un rôle de plus en plus important au fur et à mesure de la progression de la lutte. Un tel développement dans un secteur aussi dominé par les hommes est un résultat direct du rôle joué par les Femmes contre la fermeture des puits (WAPC) pendant la grève des mineurs. Les militantes du WAPC du Kent travaillaient avec elles.

P&O annonce des licenciements

A la mi-avril, des pressions exercées directement par les grévistes de Douvres ont forcé le Comité exécutif du NUS à organiser une consultation des adhérents sur la question d'une grève nationale de solidarité. P&O intenta une action devant la Haute Cour et obtint un référé pour interdire le vote et la saisie des bulletins de vote. McCluskie s'y plia promptement, et Douvres resta isolé.

A la fin avril, cependant, il se produisit un développement dramatique. P&O annonça le licenciement de tous les grévistes et le recrutement d'équipages "jaunes" pour les remplacer, la fin de tout accord collectif et la dé-reconnaissance du

La base répondit immédiatement, et la grève s'étendit aux équipages de Sealink, à Douvres, qui refusèrent de briser les piquets de grève. McCluskie déclara qu'aucun ferry britannique ne prendrait la mer, à partir d'un port britannique. En 24 heures, l'action s'étendit à 19 autres ports.

La décision de P&O divisa les grévistes pour la première fois. La direction déclara qu'une majorité avait répondu à son appel et signé les nouveaux contrats, chiffre grossièrement exagéré et tout à fait contesté par le NUS. Plusieurs centaines

Page 11

de grévistes furent d'accord pour retourner | clair que la seule réponse efficace est le | vait cesser d'exister. C'est peut-être la loi, au travail et former la base de l'opération "jaune" de P&O. La compagnie envoya ses équipages de jaunes à Rotterdam pour ramener deux ferrys afin de commencer un embryon de service entre Douvres et les ports belges. Ils firent passer les équipages de jaunes en car, à travers les piquets de grève de Douvres.

Le 3 mai, Sealink, dont toute la flotte était immobilisée à cause de l'action de solidarité, en appela à la Haute Cour et obtint une ordonnance exigeant le retour au travail de tous les marins, sur-le-champ. C'était une nouvelle confrontation brutale entre le NUS et les tribunaux. McCluskie était de nouveau en première ligne !

Défi direct à la loi anti-syndicale A la grande surprise des militants, du secteur ou non, il fit une déclaration publique pour expliquer que le syndicat devrait défier la loi, en accepter les conséquences, et étendre l'action au-delà des ferrys : "Cette décision conduira à une extension de l'action ouvrière aux bâtiments britanniques dans le monde entier. Nos membres resteront en grève jusqu'à ce qu'un juste règlement soit atteint avec P&O".

Peu après, le Comité exécutif national du NUS appela à une grève totale de l'ensemble de ses membres, y compris ceux des navires au long cours. En annonçant sa décision, McCluskie a dit : "Le NUS ce n'est pas du mortier et des briques, des machines à écrire et des bureaux. Ce sont les hommes et les femmes qui vont en mer et se battent ensemble pour défendre leur droit au travail et combattre pour la justice. S'il est forcé de choisir entre la protection des biens du syndicat ou le soutien à ses membres, il choisira toujours le second".

Ce fut une décision mémorable. Depuis que les lois anti-syndicales des conservateurs ont été utilisées contre les mineurs lors de leur grève de 1984-85, il est défi à la loi, l'extension de l'action et l'appel au soutien du mouvement ouvrier. Cela a été le problème de toutes les luttes importantes depuis la grève des mineurs. Pendant le conflit de 1986-87, chez Wapping, la politique officielle des syndicats d'imprimeurs a été de ne pas enfreindre la loi. Ils étaient également décidés à ne pas étendre la lutte au-delà de l'entreprise Wapping. C'est justement cette politique qui amena l'isolement et la défaite. Aujourd'hui, la décision du NUS fait apparaître la possibilité d'une remise en question des lois réactionnaires elles-mêmes.

McCluskie enrôla des militants de Deal pour répondre à cet appel. Ils allèrent dans tous les ports, de bateau en bateau, pour les faire mettre en grève. Pratiquement tous les navires suivirent le mouvement, à l'exception de quelques membres d'équipage de paquebots de luxe. Tous les équipages des ferrys se mirent en grève dans tous les ports, de même que les ravitaillement des plates-formes pétrolières en mer du Nord. Dans plusieurs ports, les navires furent occupés après que les équipages aient été mis à pied pour avoir soutenu l'action.

La Haute Cour taxa le NUS d'une amende de 150 000 livres et ordonna la saisie de tous les biens du syndicat. Cela impliquait la saisie des fonds s'élevant à 2 millions 800 000 livres, la fermeture de tous ses locaux nationaux et locaux, gel des salaires des permanents, la suspension des fonds de retraite, la saisie des voitures appartenant au syndicat ainsi que la coupure de la ligne téléphonique.

La réponse de McCluskie à cette décision fut que la grève devait continuer et que le syndicat continuerait à défier les

"Si nécessaire", il se disait prêt à "diriger le syndicat depuis une tente à Clapham Common" ! (espace vert pro-che du local central du NUS à Londres). La direction du syndicat publia alors la déclaration suivante : "Quand d'autres membres du NUS ont essayé d'entrer dans l'action pour soutenir leurs collègues de P&O, la loi a déclaré que le syndicat demais ce n'est pas la justice.

McCluskie forcé à l'action

C'était remarquable de voir un droitier diriger le défi le plus important lancé aux lois anti-syndicales, depuis la fin de la grève des mineurs. Et la situation avait une dynamique claire. Si le NUS continuait à défier les tribunaux, les sanctions infligées, si la loi devait être pleinement appliquée, atteindraient un tel degré que le reste du mouvement ouvrier pourrait sy

Si le cours des événements et les implications de ce qui arrive au mouvement syndical peuvent forcer McCluskie à l'action, cela doit être possible avec d'autres directions de droite et de gauche, y compris celle de la Confédération syndicale nationale, le TUC. C'est là un point politique important, car d'autres dans l'extrême-gauche, comme le Socialist WorKers Party de Grande-Bretagne (SWP - Parti socialiste ouvrier), défendent l'argument qu'on ne peut jamais forcer les bureaucrates à l'action et à la mobilisation, donc il ne faudrait plus s'occuper d'eux et tout simplement organiser la base. Cette conception méconnaît la relation entre la base et la direction dans un syndicat, nie la capacité des organisations de base d'obliger les structures officielles à agir, et laisse le mouvement aux mains des bureau-

La riposte du mouvement ouvrier, en général, à la saisie, a été de recueillir de l'argent pour le NUS depuis les donations officielles jusqu'aux collectes dans les ateliers. Même le "Cabinet fantôme" du parti travailliste (gouvernement fictif, mais dûment constitué de l'opposition) a appelé au soutien financier, s'affrontant à la menace de la part de P&O d'être traîné en justice pour son soutien à une grève illégale. En même temps, des groupes de soutien, dont certains existent toujours depuis la grève des mineurs, ont recommencé à fonctionner ou se sont créés.

La réponse de McCluskie a été d'aller

Page 12

au TUC et là, avec le secrétaire général Norman Willis, du Service des conciliations, ils ont commencé à discuter avec le président de Sealink, James Sherwood. Ce dernier fut d'accord pour essayer de ramener le président de P&O, Jeffrey Sterling, à la table des négociations (McCluskie avait fait une tentative antérieure, sans succès, pour utiliser Sealink en ce sens). En coulisses, Willis expliqua à McCluskie que le TUC ne pourrait apporter aucun soutien concret tant que les tribunaux n'auraient pas tranché.

La pression s'alourdit

Le président de P&O, Jeffrey Sterling, n'est pas un personnage de bon augure dans cette grève. Il est étroitement lié aux conservateurs, et fut conseiller de ce parti auprès de la commission qui mit au point la législation anti-syndicale aujourd'hui en application. P&O contribua aussi, pour 100 000 livres, au financement du parti conservateur l'an dernier, ce qui n'est pas sans rapport avec la décision du gouvernement de ne pas poursuivre l'enquête sur le désastre du Herald of Free Entreprise.

Apres plusieurs jours de negociations un accord fut élaboré : le NUS exempterait Sealink de l'action de grève et en retour cette compagnie mettrait des bateaux supplémentaires sur les lignes en grève dont les équipages comprendraient 450 des gré. vistes licenciés par P&O. L'emploi serait temporaire et cesserait à la fin de la grève. Willis était si content de son compromis pourri qu'il a même déclaré que le TUC paierait les salaires du reste des grévistes, période, s'ils l'acceptaient. McCluskie s'est battu comme un diable pour que son accord tienne, mais il a été rejeté lors d'une réunion de représentants de tous les ports. Ce n'était pas un rejet très ferme cependant, les termes en étant d'obtenir 750 emplois de la part de camionneurs ont été entraînés dans cette situation quand toute une file de poids lourds a bloqué le passage de chaque côté de la Manche. Les routiers ont bloqué les ports pour tenter de forcer les deux parties à un accord. Bien que quelques-uns des conducteurs aient dirigé leurs critiques contre l'intransigeance de la direction de P&O, leur attitude était, dans l'ensemble réactionnaire. Ils ne sont pratiquement pas syndiqués, et beaucoup d'entre-eux, routiers/propriétaires sont hostiles syndicat et voulaient tout simplement que la grève cesse, sur n'importe quelle base.

Quelques jours après la décision du NUS de s'opposer à la loi, il est devenu clair que la grève devait se développer encore ou se trouver dans une situation critique. Les pressions étaient telles que l'action devait s'étendre au-delà des marins ou faire face à l'effondrement de la direction syndicale. Le rôle des tribunaux a été un facteur décisif. C'est délibérément que la loi n'a pas, d'emblée, été totalement appliquée, afin d'éviter de pousser la situation à l'extrême. Pendant une semaine, aucune nouvelle action ne fut intentée contre le NUS, tandis que le rythme de la grève stagnait. Mais le 11 mai, la Haute Cour fit un pas de plus. Elle pénalisa le syndicat d'une amende supplémentaire de 100 000 livres et l'avertit que des amendes plus importantes suivraient, s'il persistait à ignorer la décision du tribunal. Le même jour, Sealink menaça de licencier tous ceux de ses hommes d'équipage

Cela fut la goutte d'eau pour la direction du NUS. Le lendemain, 12 mai, elle ordonna à tous ceux qui faisaient grève en solidarité, de retourner au travail. McCluskie argua que les enjeux étaient maintenant trop élevés et que la grève s'é croulait. Mais ce n'était pas vrai. En fait, elle tenait remarquablement bien si l'on considère qu'elle n'avait aucune orientation de sa direction, excepté en ce qui concerne les accords avec d'autres em-

Il est remarquable que les grévistes de Douvres se soient réunis après que les autres soient retournés au travail et aient voté, encore une fois avec une voix contre, de continuer la grève.

Mais la décision de retourner au travail a été un désastre à la fois pour le NUS et pour les grévistes de Douvres, qui se retrouvaient à nouveau seuls.

La trahison

La nouvelle stratégie de McCluskie pour la lutte était de se lier les mains avec Sealink et de lancer une "guerre commerciale" contre P&O ! Le NUS dit-il, devrait faire pression sur l'opinion publique pour qu'elle utilise les ferrys Sealink au lieu de ceux de P&O, à cause des problèmes de sécurité chez P&O. C'était là une répétition de la politique de diversion "boycott des consommateurs" du syndicat des imprimeurs de Wapping.

Cette trahison, cependant, n'est pas de la seule responsabilité de l'aile droite et des "nouveaux réalistes". Elle a été totalement soutenuc par le Parti communiste. Le gros titre de son journal, le Morning Star, le jour suivant la trahison (et qui ne contenait aucune note critique sur la consigne de retour au travail) était : "Sealink déclare la guerre à P&O"! L'article commençait ainsi : "La compagnie maritime P&O se trouve prise dans une guerre commerciale d'usure depuis ce matin. Après que le NUS ait donné, hier, comme consigne à ses membres de cesser toute action de solidarité, son concurrent Sealink a annoncé qu'il allait développer ses services sur Douvres aux dépens de P&O... P&O doit faire face, aujourd'hui, au danger d'être écrasé économiquement entre les piquets de grève de Douvres et la part accrue de Sealink dans le trafic sur la

Le TUC a également fermement appuyé cette trahison et ouvertement fait pression sur McCluskie, en refusant tout soutien tant que durerait la grève illégale. Aussitôt après la consigne de retour au travail, le TUC annonça un appel de fonds de 1 million de livres pour aider le NUS ! Sur l'avenir de la grève, Willis a eu la même ligne que McCluskie et que le Morning Star. Il a dit "L'objectif est à présent de frapper P&0 là où ça fait mal, dans la poche. Et j'enjoins à tous ceux qui veulent traverser la Manche à partir de Douvres de ne pas emprunter les lignes de P&O, mais celles de Sealink" ! Et il mit en avant le mot d'ordre "Naviguez en sûreté et dites Non à P&0"!

La lutte continue

Les grévistes de Douvres continuent la lutte et ils doivent recevoir un soutien total et sans réserves de la part du mouvement ouvrier. Le problème central est cependant de rompre l'isolement dans lequel ils se retrouvent. La politique du NUS doit être modifiée. C'est là chose difficile car son congrès, qui s'est réuni juste après le retour au travail, a endossé l'action de McCluskie par un vote majoritaire. Mais il faut s'y attaquer quand même.

D'autres syndicats sont également responsables de la situation. Les bateaux P&O avec leurs équipages de jaunes sont toujours chargés et déchargés par les dockers de Douvres qui appartiennent au Syndicat des transports (T&GWU). Dans les quelques jours précéles dockers appartenant à la Confédération générale du travail (CGT) française de Calais, se sont occupés du premier navire jaune qui est arrivé dans un port français. C'est difficile d'aller à l'encontre si les dockers anglais assurent le

Les grévistes de Douvres doivent être soutenus dans leur lutte, ce qui est de la responsabilité du mouvement ouvrier. Le travail des groupes de soutien s'est renforcé au cours des dernières semaines, et c'est important. Il faut l'étendre et le renforcer encore davantage pour obtenir le soutien financier, le soutien aux piquets de grève de Douvres et aux initiatives des grévistes, et il faut aussi discuter des progrès de la grève et de ses problèmes.

Une semaine après la trahison du mouvement, la direction du NUS n'a toujours pas été autorisée à régler son contentieux avec le tribunal et n'a pas re-

Le tribunal argue à présent que le piquet de Douvres est illégal, parce qu'il y a plus de six piquets et qu'ils intimident ceux qui veulent travailler. Plus on se plie aux exigences du tribunal, plus celui-ci interprête la loi de façon stricte au bénéfice des employeurs.

La loi s'est vue renforcée par la trahison de la direction du NUS. C'est un coup sévère qui a été porté aux grévistes de Douvres et c'est un désastre pour le syndicat des marins, mais c'est aussi la perte d'une occasion cruciale de remettre en cause des lois qui constituent le principal problème posé aujourd'hui, au mouvement syndical en Grande Bretagne.

23 mai 1988

Une erreur sur cette page ?