"Gastvrij Antwerpen" (Anvers accueillante) est une initiative dont ont déjà signé la plate-forme de l'Association Gastvrij Antwerpen.
qui regroupent environ 300 Belges et immigrés. Les responsables de ces comités se rencontrent une fois par mois dans une réunion de coordination. Le ler octobre, une manifestation nationale "Unité
La Gauche, organe du POS, a interviewé Johan Bijttebier, avocat, actif dans le comité anti-raciste du quartier Seefhoek-Stuivenberg.
BELGIQUE
Combattre le racisme le but est de stimuler et coordonner le maximum d'activités antiracistes possible. Aujourd'hui, 84 organisations (dont le Parti ouvrier socialiste (POS), section belge de la IVe Internationale,
Actuellement, il existe 10 comités de quartier à Anvers, contre le racisme" sera organisée à Anvers.
Lors des dernières élections législatives, le Vlaams Blok, parti nationaliste et raciste, a obtenu 20,2% des voix, contre 12,6% en 1985, dans le quartier de Stuivenberg.
• LA GAUCHE: Comment le comité de quartier Seefhoek-Stuivenberg a- t-il été lancé ?
Johan BIJTTEBIER : Dans le courant de l'année 1987, le Front antifasciste (AFF), d'Anvers avait décidé de mettre sur pied des "comités de quartier contre le racisme" dans le maximum de quartiers à Anvers. J'ai appris de la bouche d'un militant du Parti ouvrier socialiste, qu'il en existait aussi un dans mon quartier, il fut constitué tout juste avant les élections législatives. Je m'y suis immérégulières d'amis turcs du quartier et à la suite de certaines remarques provenant de voisins belges, il m'a semblé qu'il était plus que temps de relever ses manches.
• Quel genre de personnes collaborent à ce comité ?
- Pour l'instant, dans notre comité, nous comptons des militants du POS, du
PCB et du SP et des indépendants, dont des gens qui font du travail de quartier, des militants syndicaux, des indépendants et des chômeurs. Dans notre comité, 4 nationalités sont représentées parmi lesquelles des Turcs, un Chilien et un Italien.
Dans d'autres comités, on retrouve des militants du PTB, des chrétiens, des Marocains. Bref, toute la "faune et la flore" anversoise qui, tout d'un coup, peut travailler autour d'un projet. Cela fait du bien !
Le problème crucial du racisme a ouvert les yeux de beaucoup de militants sur le fait qu'il faut mettre ses forces ensemble.
• Quel est le but de ce comité de quartier ?
- L'objectif final du comité contre le racisme est d'empêcher le Vlaams Block et les organisations fascistes de monter la population contre les immigrés et le mouvement ouvrier, de faire de la propagande pour l'égalité des droits entre Belges et immigrés, d'arriver à une compréhension mutuelle et à l'acceptation de l'identité culturelle des différents habitants du quar-
Concrètement, nous voulons empêcher que la propagande raciste n'envahisse le quartier lors des prochaines élections communales. Nous expliquerons aux habitants que le racisme cadre dans une idéologie fasciste qui a pour but la destruction du mouvement ouvrier.
• Quelles sont vos perspectives de travail, après les élections communales ?
- Nous ne devrons pas seulement expliquer que le racisme c'est de la misanthropie, mais en même temps que cela est lié à toute une série de préjugés, c'est-àdire à des idées fausses et une méconnaissance des travailleurs dits "étrangers". Nous devons en même temps, expliquer que les immigrés ne sont pas responsables des mauvaises conditions de vie et d'habitation dans le quartier. Tous les six ans, les autorités communales réclament notre soutien passif pour ensuite laisser la ville se dégrader, sans s'en soucier. On ne demande jamais aux habitants des quartiers ouvriers de quelle manière ils voudraient voir améliorer leur qualité de vie.
A long terme, il est essentiel que les comités fassent un effort particulier pour demander aux syndicalistes de combat leur contribution, pas uniquement dans leur entreprise, mais aussi dans leur quartier. Ainsi, on combinera la lutte dans l'entreprise à la lutte pour une meilleure qualité de vie des travailleurs. Avec la poursuite de la crise du capitalisme, le racisme a un plus grand écho, à cause du nombre grandissant de personnes déclassées, et à cause de l'existence d'un sous-prolétariat au chômage.
Le racisme est comparable au pus d'un corps malade et sans vie depuis quelque temps. Les campagnes antiracistes peuvent certainement enlever le pus et refouler le racisme, mais le racisme ne peut être définitivement supprimé que par la construction d'une société socialiste, pour laquelle les combats primordiaux se joueront essentiellement sur le terrain des entreprises.
• Quelles actions votre comité a-t-il développées jusqu'à maintenant ?
- Nous sommes partis du point de vue que le racisme ne sera pas combattu avec un discours humaniste. L'aspect dégoûtant de certaines rues n'est pas dû aux travailleurs immigrés, mais au fait que le bourgmestre socialiste trouve les classes moyennes du "Meir" plus importantes que les nombreux électeurs de notre quartier. Donc les Belges et les Turcs du comité ont nettoyé quelques rues, avec l'accompagnement musical de la fanfare socialiste "Les Roses". Il faut cependant dire que le service de nettoyage de la ville a salué sympathiquement notre initiative en nous livrant du matériel de nettoyage
Lors de la deuxième opération de nettoyage, nous avons distribué un tract en trois langues dans un ensemble des plus vieux logements sociaux de la ville. Avec une délégation cosmopolite, nous avons organisé un bureau des plaintes dans la cour intérieure. La situation est indescriptible ! En 50 ans, il n'y a presque aucune rénovation qui a été faite. De nombreux appartements ont vu disparaître le toît au-dessus de leur terrasse. Les videordures qui donnent sur la cour intérieure ne fonctionnent plus, ce qui rend encore plus désagréable la situation des locataires. De nombreux appartements sont sujets à des infiltrations d'eau abondantes et à la formation de mousse. Dans cet immeuble, cohabitent des Belges et des Marocains, et cette action a un peu contribué à les rapprocher, à montrer que les responsables de cette situation sont les gestionnaires des logements sociaux. Vous pouvez vous imaginer que notre bureau des plaintes a eu beaucoup de succès et nous a ramené de nouveaux collaborateurs.
Notre action a visiblement frappé juste ! Quelques jours après que notre lettre annonçant l'action ait été postée, la cour intérieure avait été miraculeusement et rapidement nettoyée, pour le plus grand plaisir des habitants.
Propos recueillis par Michel Markey ; 7 juin 1988