Inprecor 1974–2004

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SUEDE

Scandales à Stockholm

· Inprecor n° 269, 4 juillet 1988 · p. 10 · 1 065 mots

IL Y A QUELQUES TEMPS, Anna-Greta Leijon, ministre de la Justice et un des principaux membres de la direction du Parti social-démocrate (PSD), au pouvoir en Suède, a été obligée de démissionner. La raison en était la découverte que le PSD avait organisé une enquête parallèle, secrète, concernant l'assassinat de l'ancien Premier ministre, Olof Palme, en 1986. Maria SUNDVALL C ETTE DECOUVERTE n'est pas

Run événement isolé, mais seulement le dernier en date d'une série de scandales et de révélations. Elle est donc devenue symbolique des pratique légales de plus en plus fréquentes de corruption et de dégradation des institutions démocratiques suédoises.

La corruption et les scandales fleurissent

Il est bien évident qu'il y a toujours eu des cas de corruption et des scandales légaux, mais au cours des deux années qui ont suivi la mort de Palme, sur qui on a tiré alors qu'il rentrait chez lui en sortant du cinéma, il semble qu'il se soit produit une véritable explosion de révélations de ce type. Cela a conduit à la démoralisation et à la perte de confiance dans les institutions légales de nombreux travailleurs suédois. Tout cela a contribué à modifier le climat politique du pays.

Parmi les scandales il y a des cas de corruption personnelle de fonctionnaires. Il y a aussi des cas de scandales financiers, ainsi la révélation que 450 millions de couronnes (environ 75 millions de dollars) ont été gaspillés par des employés municipaux de la mairie de Stockholm en achats d'actions et d'obligations. Le scandale concernant la firme d'armements Bofors a eu de grosses répercussions internationales. Il s'agit d'une très grande entreprise d'armement qui a été prise à faire de la contrebande d'armes en direction de pays auxquels la loi suédoise interdit formellement d'en vendre, mais cela probablement en toute connaissance de cause de la part du gouvernement.

D'autres facteurs contribuant à l'affaiblissement des institutions démocratiques ont été par exemple l'introduction de nouvelles lois et de pratiques menaçant les droits démocraPar exemple, neuf Kurdes sont dé"mandat municipal" sans aucune possibilité d'obtenir un procès public. Ils ne sont accusés d'aucun crime, mais sont simplement détenus parce qu'ils sont des sympathisants de l'organisation commmuniste kurde, le PKK, qui est soupçonnée pour deux meurtres qui ont eu avec la loi, aujourd'hui, un tiers des réfugiés arrivant en Suède pour y chercher asile sont reconduits à la frontière. Actuellement de nouvelles lois sont en préparation qui rendront encore plus difficile l'entrée dans le pays pour les réfugiés.

Mais l'exemple le plus important et le plus aveuglant du changement de situation concerne l'enquête sur l'assassinat d'Olof Palme, elle-même.

Tout d'abord la police a fait la chasse au PKK pendant un an, sans avoir l'ombre d'une preuve contre cette organisation. Cela a culminé par une vaste descente de police et l'arrestation de 50 Kurdes à Stockholm, action qui fut condamnée par le Procureur comme une tentative de "construire en Suède, un stade à la chilienne" ! Après cela, la piste kurde fut officiellement abandonnée. Il devient de plus en plus évident que des preuves sérieuses désignent l'appareil d'Etat lui-même, et en particulier des secteurs de la police ayant sympathies bien connues pour l'extrême-droite, mais qu'aucune enquête n'est faite à ce propos.

Un comportement étrange

Les déclarations faites par un certain nombre de personnes qui ont remarqué le comportement étrange de policiers à proximité, ou sur les lieux même du meurtre ont été considérés comme nuls ou "oubliés". Et ceux qui ont insisté pour que la vérité soit recherchée ont été traduits en jugement, tel ce producteur de télévision qui a écrit un livre sur ce qu'il avait vu. Internationalen, journal du Parti socialiste (SP), section suédoise de la IVe Internationale, a également été poursuivi pour "calomnie" , simplement parce qu'il faisait état de tous les questions sans réponses détails douteux dans l'enquête policière.

Etant donné tous ces éléments, il aurait été très légitime de la part des sociaux-démocrates de se pencher sur l'enquête de police, de dénoncer le fait que les extrêmistes de la police et de la police de la sécurité aient la possibilité de mener eux-mêmes les recherches. Il aurait même été raisonnable de la part du parti socialdémocrate d'entreprendre sa propre investigation et d'arrêter le sabotage des partisans de l'extrême-droite.

Une démoralisation générale

Mais ce n'est pas cela qui a été fait. Au contraire, il est évident que les sociaux-démocrates ont fait leur "enquête" précisément de façon à renforcer le thème favori de la police de la sécurité et des sections des forces de police régulières : la filière kurde. La théorie qui a conduit les recherches était que le PKK avait tué Palme, sur les ordre de l'Iran.

A part le fait que cela n'est guère crédible, il n'y absolument aucun preuve permettant d'étayer cette théorie. De plus, les sociaux-démocrates ont travaillé ment avec les sections de la police de la sécurité dans son enquête.

Ce nouveau scandale a éclaté à un moment de démoralisation générale, alors qu'il est clair que le résultat des négociations annuelles sur les conventions collectives sera finalement une perte en terme de salaires réels pour la plupart des travailleurs, et où les effets cumulés de plusieurs années de réductions budgétaires dans les services publics sont en train de conduire, pour cet été, à une crise aiguë dans la Santé et le secteur de l'enfance. Ces scandales se produisent également à un moment où le vide politique va s'élargissant, les sociaux-démocrates faisant de leur mieux pour atténuer les différences entre la gauche et la droite avant les proélections nationales

A un moment, également, où le Parti eurocommuniste, le VPK, après des années de compromissions et d'acceptation de la politique d'austérité social-démocrate court le risque réel de perdre tous ses même temps, il n'existe pas d'alternative solide et crédible à gauche. Le Parti socialiste qui présente des candidats aux élections nationales, municipales et régionales, travaille à construire une telle alternative.

Sur cette voie, la lutte contre les attaques contre les droits démocratiques et contre la corruption croissante est essentielle. Le Parti socialiste a soulevé un certain nombre de revendications immédiates à la suite du scandale Leijon. Il faut rendre public tout le matériel concernant l'enquête sur le meurtre de Palme, arrêter les poursuites contre ceux qui ont mis en cause la police, et libérer immédiatement les 9 Kurdes sous mandat municipal, afin qu'ils aient un procès juste et ouvert.

20 juin 1988

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