NICARAGUA La Contra licencie !
Depuis le 30 juin 1988, les Etats-Unis compte 400 chômeurs de plus : les fonctionnaires civils de la Contra, basés à Miami, qui ont été licenciés comme de vulgaires travailleurs. En revanche, selon les déclarations du porte-parole de la Contra dans cette belle ville, Silvio Arguello Cardenal, les combattants n'ont pas encore reçu leur lettre de licenciement bien que l'entreprise soit largement en faillite. L'administration Reagan a fait savoir qu'elle allait essayer de demander quelques subventions pour ces malheureux tout en précisant qu'il n'y avait rien de sûr. Voilà où mènent les coupes sombres dans les budgets sociaux !
"Nos opérations en dehors du Nicaragua sont devenues sur-bureaucratisées, et il est largement temps de procéder à une restructuration", devait déclarer le même Arguello. Décidement, l'influence de Mikhail Gorbatchev et de sa perestroïka va se nicher dans les endroits les plus incongrus.
Parmi les malheureux employés injustement licenciés, nous trouvons des travailleurs de la publicité, la communication, les services sociaux, et l'aide religieuse. Ces derniers pourront toujours aller voir du côté de Monseigneur Lefebvre pour trouver de l'embauche.
En plus de la maison-mère de Miami, la Contra disposait de succursales à Washington et dans différents pays latino-américains, de même qu'en Espagne, Italie, France, Grande-Bretagne et Allemagne de l'Ouest. Le salaire annuel des employés civils était d'environ 12 000 dollars par an mais, soulignent ces derniers, ils n'ont pas reçu leur salaire du dernier mois. Les cinq "directeurs" de la Contra recevaient eux environ 75 000 dollars par an et disposaient en outre d'un compte illimité pour leurs faux-frais. De plus, ils sont payés, eux, directement par le gouvernement américain, si bien qu'ils ont reçu leur chèque de ce mois-ci, contrairement aux employés. Voilà qui prouve bien que sous toutes les latitudes, mieux vaut être en
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6180 haut de l'échelle qu'en bas. Nous ignorons pour l'instant si ces victimes des restructurations capitalistes comptent engager une lutte contre leurs patrons. Si tel est le cas, nous vous tiendrons au courant.