aujourd'hui el
Wojcieh GIELZYNSKI E TRE SOCIALISTE - c'est d'abord
June attitude psychique et morale et la fidélité à quelques principes et quelques valeurs.
Cette attitude implique la volonté de servir la société et la nation même au prix de certains sacrifices personnels, la tolérance à l'égard des opinions d'autrui, une attitude bienveillante envers les gens, y compris envers les adversaires politiques.
Cela implique aussi certains principes. Mais avant d'aborder ces principes qui definissent l'éthique socialiste il est indispensable de constater une chose : le système appelé "socialisme réellement existant" n'est pas le socialisme (comme la chaise électrique n'est pas une chaise, si on utilise l'expression de K. Sowa). Mais on doit admettre que ce "socialisme réellement existant" a deux mérites (ou plus exactement, un mérite et demi). Il a permis la progression sociale et culturelle des couches qui, auparavant étaient désavantagées : ceci est sans doute positif ; il est cependant dommage que, par la faute du régime communiste, le coût de ce progrès social ait été élevé. Et le "demi-mérite" c'est la création d'un système de sécurité sociale et d'autres acquis sociaux, malheureusement plutôt modestes et mal organi-
Toutes les autres entreprises du "socialisme réellement existant" ont échoué. La socialisation des moyens de production est purement nominative ; la propriété des moyens de production revient à l'Etat - et
dans la conscience collective - à personne. La "démocratie socialiste" c'est le masque de l'oligarchie du parti. L'industrialisation socialiste nous a menés au bord du gouffre, et l'internationalisme s'est transformé en dépendance d'une part, et chauvinisme d'autre part.
Du socialisme non
"réellement existant" Alors comment doit être un socialisme, non "réellement existant" mais so-
- Il est impossible de le définir d'avance. Et, d'ailleurs, ceci n'est nullement nécessaire. Chaque nation doit élaborer son propre modèle du socialisme. La forme de ce modèle va dépendre de : a) l'éthique et la culture de cette nation ; b) sa richesse ; c) son niveau de développement économique ; d) sa situation dans le monde ; e) le potentiel de son énergie, de ses ambitions et de ses aspirations.
La formulation d'un système socialiste valable pour tous les pays du monde, peut être équivalente à la construction d'une utopie dans le style de Thomas More, Fournier ou Marx, et de telles utopies risquent de se transformer en totalitarismes. On a cependant besoin d'une utopie, mais une utopie d'un autre genre : un ensemble de valeurs incontestables, auxquelles on aspire dans son activité politique, tout en sachant pertinemment qu'un tel but ne peut pas être atteint dans sa totalité, dans sa forme idéale. De tels miracles n'arrivent point - et il n'est même pas sûr qu'ils soient souhaitables. Voici les principales valeurs et les principes et de l'éthique socialiste :
1) quand il faut choisir entre l'égalitarisme et l'élitisme, le socialiste est pour l'égalité. De là découle une préférence pour la socialisation des formes de propriété. Ceci ne veut pas dire un soutien à l'égalitarisme primitif ou un frein à toute initiative individuelle. Une telle initiative est souhaitable dans des limites bien précises. Aujourd'hui la tâche principale, c'est la lutte pour l'indépendance des syndicats, car les syndicats sont les vrais gardiens des intérêts des travailleurs.
2) La liberté est une valeur "en soi", qui ne demande pas de justification supplémentaire. Elle est concrétisée par un respect des droits de l'Homme et du citoyen, et le pluralisme politique. Cependant la liberté peut être limitée par un processus démocratique si cela est indispensable à la sauvegarde des intérêts vitaux de la majorité de la société.
Priorité à la démocratie
Si il y a une contradiction entre le principe de démocratie (le pouvoir de la majorité qui respecte les droits des minorités) et le principe de libéralisme (la liberté maximale des actions individuelles), les principes démocratiques sont prioritaires.
3) La communauté humaine la plus naturelle et la plus spontanée c'est - mis à pa. a famille - la nation : la communauté de langage, de tradition, de culture et des intérêts fondamentaux. Le patriotisme ne doit cependant pas se transformer en chauvinisme, en xénophobie, en racisme, en mépris des autres nations - il doit par contre respecter les droits et les sentiments des autres nations, au nom de la fraternité et de la solidarité humaine.
4) Le socialiste accepte les notions marxistes de classes et de lutte des classes. Il admet que des conflits d'intérêts sont normaux et sont des phénomènes utiles dans la vie sociale. Mais, en même temps, il considère que, dans la majeure partie des cas, un consensus entre les participants d'un conflit peut être atteint. Si ceci n'est pas possible - il faut continuer la lutte par des méthodes civilisées, car un progrès révolutionnaire est préférable au risque d'une révolution. Cependant, dans des cas extrêmes on ne peut pas exclure la
On peut vraisemblablement inclure d'autres valeurs dans l'expression "être socialiste", , mais, de toute façon je considère les attitudes et les principes que j'ai énumérés comme absolument essentiels. •
Robotnik numéro 130 15 octobre 1987
EN
BREF...