Inprecor 1974–2004

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NICARAGUA

Le sens des mesures

· Inprecor n° 273, 3 octobre 1988 · p. 17 · 621 mots

EN JUIN DERNIER, lors de son voyage à Cuba, Daniel Ortega expliquait ainsi au quotidien cubain Granma le sens des mesures économiques prises alors. DOCUMENT

ES MESURES ECONOMIQUES font partie de l'économie de survie, de guerre. Les mesures que nous avons prises ont pour but de mieux orienter les maigres ressources que compte le pays. Nous avions une politique de subventions généralisées. C'est ce qui a provoqué une inflation très forte, une circulation monétaire très importante, nous avions une tension très forte du point de vue de la circulation de la monnaie, face à une offre limitée de biens.

Favoriser les forces motrices de la révolution aspects, cela allait à l'encontre des principaux objectifs de la révolution, favoriser les forces fondamentales, c'est-à-dire les forces qui sont engagées dans la défense militaire de la révolution et les forces qui sont liées à la production et aux services de base du

Les secteurs du commerce, par exemple, étaient des secteurs qui profitaient de ces difficultés, alors que nous avions déjà beaucoup de mal à diriger ces biens vers ceux que nous voulions favoriser. Cette situation allait également à l'encontre des intérêts des producteurs eux-mêmes, des entreprises productives, car les entreprises produisaient un produit à un prix déterminé et assujettissaient leurs prix à des normes déterminées de façon assez rigide par le gouvernement, prix qui, souvent, étaient subventionnés par l'Etat, prix qui, d'autres fois, n'étaient pas bien calculés. Le faible prix de ce produit, qui allait ensuite au marché, bénéficiait en réalité au commerçant, car sa valeur selevait trois, quatre, ou cinq fois. Le coût normal de commercialisation était faussé, et c'est le commerçant qui en tirait profit.

Sacrifier certains secteurs

Get certaines productions

Ces mesures ont pour objectif de trouver une meilleure gestion des faibles ressources du pays, en la concentrant sur la défense militaire et certains secteurs de la production. Qu'est-ce que cela signifie ? D'une part que certains secteurs de production devront être sacrifiés, des secteurs de production qui sont nécessaires comme nous sommes en guerre, nous ne pouvons tout maintenir, et nous devons donc sacrifier certaines productions. Pour donner un exemple, devons attribuer des devises à la production de café et en même temps à la production de limonade, si notre stock de devises est limité, logiquement nous n'allons pas hésiter à diriger ces devises vers la production de café même si cela signifie que la production de limonade sera paralysée. Et vis-à-vis du personnel qui reste en faisons un travail politique pour expliquer le problème et ensuite pour essayer de voir comment il peut être transféré dans les zones productives du secteur agricole, qui est la principale branche de l'économie nicaraguayenne.

Ces mesures nous permettent en même temps de mieux orienter nos subventions, car nous n'appliquons pas une politique à l'image de celle qui est dictée par le Fonds monétaire international. Il est certain que nous sommes en train d'appliquer certaines mesures qui se situent dans le cadre d'une économie de marché, mais cela ne signifie pas qu'elles répondent à un schéma capitaliste. Cela obéit simplement à la réalité de la société nicaraguayenne où nous avons beaucoup de petits propriétaires dans les campagnes, où nous n'avons pas une grande industrie, mais où nous avons beaucoup d'artisans. C'est ce qui nous a obligés à chercher comment stimuler les producteurs, mais sans renoncer à la politique de subventions.

Dans le moment présent, malgré certaines mesures qui sont très dures, nous avons approuvé immédiatement une politique de subventions de l'éducation, de la santé, du lait pour les enfants de moins de six mois, pour les centres de développement infantile, pour les enfants blessés de guerre. Ces subventions sont supérieures à 15 milliards de cordobas. Ce sont des

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