A FAÇON dont la population perçoit le FLSN et le gouvernement se caractérise à la fois par un appui politique à leur projet anti-impérialiste et en même temps, par des doutes sérieux quant à leur capacité de gestion économique. Cette dichotomie politique/économique dans la conscience populaire ressort de tous les sondages d'opinion.
Une analyse faite par le département de sociologie de l'Université centroaméricaine (UCA) explique, sur la base d'informations obtenues en juin 1986, que les classes populaires doutaient des capacités économiques de leur gouvernement mais pensaient que la cause de la crise économique était l'agression américaine et le coût de la guerre. Ils doutaient de la gestion économique du gouvernement, parce que les tentatives de réajustement économique entreprises depuis 1985, avaient entraîné toujours davantage d'inflation et une baisse de leurs revenus. D'autre part, leur propre expérience les avait convaincus que c'était Reagan, et non les sandinistes, qui était responsable de cette situation économique allant de mal en pis, parce que leur niveau de vie s'était sensiblement accru entre 1979 et 1983, date à laquelle l'agression américaine commence à peser de façon significative sur l'économie, et date à laquelle, également, le salaire réel des classes populaires commence à baisser fortement.
Certains sont plus touchés que d'autres
D'autres enquêtes de l'UCA ont étudié l'impact économique des mesures de février 1988 sur les classes populaires de Managua et Carazo (région proche de Managua, ndlr). Sur la base de l'étude de cas analysés avant et après les mesures de février, on constate qu'elles ont fortement frappé le secteur informel, comme le souhaitait le gouvernement, mais, même de ce point de vue, leur impact fut inégal : dans le secteur informel propre aux couches pauvres, les revenus familiaux ont substantiellement baissé et les membres de la famille ont dû abandonner leurs activités et chercher un travail salarié.
Or, le secteur informel urbain avait été la soupape de sûreté servant à la classe ouvrière pour résoudre le problème de la détérioration de son salaire réel. Les mesures de février, et plus encore celles de juin, ont obligé ceux qui travaillaient dans le secteur informel à retourner dans le secteur salarié où, en retour, le nouveau gel des salaires ne leur laisse aucune porte de sortie.
Dans ce contexte, les hausses de salaire de 30% sont ressenties comme une gifle ou une plaisanterie quand les prix de certains produits de base ont augmenté au même rythme que l'évolution du taux de • change, soit de 566%, et quand le combustible et les transports interurbains ont respectivement été augmentés de 1 066 et 350%.
Après les nouvelles mesures, beaucoup d'ouvriers de Managua qui habitent dans la ceinture verte de la capitale ou dans des "villes dortoirs", ne pouvaient même plus se rendre à leur travail, parce que le prix du billet d'autobus était supérieur au salaire de leur journée de travail. Depuis la ville de Masatepe, le billet aller-retour est de 90 cordobas par jour ce qui, multiplié par le nombre de jours ouvrés, donne une somme supérieure au salaire mensuel total des échelons inférieurs de l'administration publique, régie par le SNOTS (échelle des salaire déterminée par l'Etat, ndlr).
Une distribution inégalitaire
En revanche, dans le secteur informel plus aisé, même si les familles furent affectées durant les premières semaines qui suivirent les mesures de février, elles retrouvèrent peu de temps après leur niveau antérieur de revenus.
Dans le secteur informel comme dans les échelles salariales du SNOTS, les mesures de février ont engendré une distribution des revenus plus inégalitaire, effet normal de tout ajustement économique où la monnaie nationale est dratisquement dévaluée. Ce processus de différenciation salariale et de polarisation du secteur informel en prolétaires et petits patrons, s'est accentué avec les mesures de juin.
Le sentiment populaire que les familles les plus aisées ont été moins touchées par ces mesures que les classes populaires, est fondé sur la réalité. Voilà pourquoi les félicitations de Ramiro Gurdian (un des dirigeant de l'organisation patronale, COSEP ndlr) déclarant "j'appuie et j'applaudis les nouvelles mesures du gouvernement sandiniste", ont fait plus de mal au gouvernement que toutes ses critiques antérieures. Même si les nouvelles mesures vont également frapper fortement les couches moyennes et les producteurs de la petite bourgeoisie, perception des travailleurs à partir de la détérioration de leurs revenus va être différente, et cette perception va se transformer en pression politique auquel le gouvernement devra faire face.
Egalité dans le sacrifice Le peuple nicaraguayen a montré qu'il était prêt à se sacrifier pour la dignité nationale, mais il faut s'attendre à ce qu'il fasse pression sur son gouvernement afin que ce dernier fasse payer plus égalitairement à tous le droit d'être Nicaraguayen. Même dans le cas où les patrons seraient efficaces et où leur production signifierait une stabilisation des salaires de la classe ouvrière, il est difficile de demander des sacrifices aux forces motrices de la révolution si celles-ci voient que les patrons sont si contents des mesures économiques prises par le gouvernement.
Dans une conjoncture où l'inefficacité des entreprises est une charge sur les épaules des travailleurs, et dans une économie de pénurie, il faut s'attendre à pas
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QUATRE MOIS après les mesures éc qui comprenaient notamment l'introductio connu à la mi-juin, un nouveau "paquet" éc encore une fois dévalué par rapport au dolla pour un dollar ; le change parallèle qui ava la base de 130 C$ contre un dollar ; le prix ‹ des combustibles connaissait une hausse d était introduit : 45% pour le commerce, 20% industrielle. Pour leur part, les sal
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Mais ce "choc économique" n'est pa les Nicaraguayens puisqu'en août dernier, mesures : dévaluation de 125%, le dollar s' officiel, le cours parallèle étant fixé lui, de l'électricité, augmentation de 140% des restant liés à la productivité de l'entreprise dans l'attribution des ‹
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omiques prises en février dernier, d'une nouvelle monnaie, le Nicaragua a nomique. Le nouveau cordoba (C$) était passant de 10 C$ pour un dollar à 80 C$ été supprimé en février était rétabli sur s transports interurbains, de l'électricité, plus de 100% ; enfin, un crédit différencié our l'agriculture, 12% pour la production res étaient augmentés de 30%. cation (75 millions de dollars), la santé iblics (1,4 million de dollars par mois) le dernier que devaient connaître e gouvernement annonçait de nouvelles changeant désormais à 180 C$ au cours 420 C$ ; hausse de 100% des tarifs alaires du secteur public (ceux du privé ; annonce d'une plus grande souplesse édits aux paysans. tions et critiques tant au sein des couches nilieux économiques. lat sur le "modèle sandiniste" Nicaragua, alors même que le président r, le caractère "socialiste dès le début" sandiniste. its d'une étude faite par l'Institut centro-américaine (UCA), 'annonce des mesures de juin.
mal d'agitation dans les couches popu-
Le plus récent sondage d'opinion, réalisé les 4 et 5 juin par le Centre d'études associé à l'UCA (ITZTANI), révèle de nouveau une dichotomie entre les attitudes concernant le politique et l'économique, mais révèle en plus, de nouvelles perceptions économiques qui laissent à penser que le coût politique du nouveau train de mesures, risque d'être beaucoup plus élevé que ne l'attendait le gouvernement.
Le sondage démontre que 71,7% de la population de Managua appuie le président Daniel Ortega et que plus ou moins le même pourcentage d'habitants de Managua appuient les positions politiques sandinistes et ont voté en faveur du FSLN en 1984. Même si 65% d'entre eux pensent que le gouvernement veut résoudre les problèmes économiques, seuls 19% pensent que les raisons de cette crise sont à chercher chez Reagan, l'agression, le blocus ou la guerre. 36% pensent que le principal problème économique réside dans les bas salaires, la production insuffisante et une mauvaise gestion.
La guerre n'est plus seule en cause
Donc, en deux ans, ou plutôt, en huit mois, à partir de l'hyper-inflation de novembre 1987, nous assistons à une érosion dans la perception populaire de la guerre comme facteur principal de la crise économique. Cela peut être en grande mesure le fruit de la propre propagande gouvernementale sur la "défaite stratégique" de la contre-révolution car, dans la conscience populaire, l'alternative est simple, soit la contra n'a pas été défaite comme le prétend le gouvernement et il faut donc poursuivre les dépenses de guerre, soit la contra a été défaite et donc il faut cesser de dépenser autant pour la guerre. Parmi ceux qui pensent que la contra est irrémédiablement en déclin, on trouve des attitudes populaires - dans un secteur minoritaire, le plus réactionnaire -qui affirment que les deux côtés ont besoin de la guerre pour financer leurs armées respectives.
Le processus de Sapoa et le cessez-le-feu temporaire sont venus renforcer l'opinion populaire selon laquelle les dépenses militaires n'étaient plus aussi nécessaires et que d'autres facteurs expliquaient donc la baisse du niveau de vie. Pourtant au niveau géo-politique et militaire, la guerre n'est pas terminée, le cessez-le-feu est précaire et dans les derniers mois du gouvernement Reagan, tout peut soudainement empirer.
La perception populaire est chaque fois davantage marquée par ce que le président Ortega appelle "la dichotomie ou la division de notre réalité entre le problème de la guerre et celui de l'économie". Comme l'explique le président, "quand nous abordons les difficultés économiques, notre tendance est un peu d'oublier la guerre". Même si les couches populaires ne suivent pas les partis d'opposition (le parti d'opposition qui obtenait le plus d'appui dans le sondage d'ITZTANI, était le Parti libéral indépendant (PLI), avec seulement 3% et le FSLN continuc d'être le seul parti à avoir un appui de masse) le mécontentement croissant vis-à-vis du gouvernement et le cauchemar d'un peuple en armes prenant d'assaut des camions de lait dans certains quartiers , exercent une forte pression politique sur le gouvernement.
L'absence de cohérence
Cette pression d'en bas, va jusqu'à toucher les couches techniques et administratives de l'appareil d'Etat, provoquant un affaiblissement de la cohérence idéologique, de l'unité et de la volonté de mettre en œuvre la politique économique. Que les décisions de juin ne comprennent aucune mesure susceptible de satisfaire les secteurs les plus populaires et les plus liés à la production à l'intérieur de l'Etat et des appareils culturels de la société nicaraguayenne, contribue également à une potentielle moindre cohérence du programme d'ajustement économique
De là les dangers d'un train de mesures économiques incomplet, qui sape davantage la capacité du gouvernement d'influencer la marche de l'économie, comme l'a signalé le président dans sa présentation des nouvelles mesures : "si nous n'avons pas une cohérence, un discours unique, et si nous ne nous approprions pas la réalité vers laquelle nous allons à l'étape actuelle, si nous n'avons pas de cohésion politique et idéologique, celle faiblesse s'exprimera dans toute la société sur laquelle nous essayons d'influer et celle sur laquelle nous influons"
La cohérence d'un gouvernement d'orientation socialiste avec l'économie mixte dans ce contexte géo-politique, dépend, quant au fond du degré de mobilisation du peuple pour appuyer les programmes économiques du gouvernement. Comme nous l'avions souligné dans la première évaluation que nous fimes des mesures prises en février, toute tentative de réajuster l'économie nicaraguayenne est similaire à une opération chirurgicale sans anesthésie. Car comme nous n'avons pas la base matérielle qui nous permettrait de contrôler l'inflation, le seul élément qui puisse donner au Nicaragua une chance de faire face à la détérioration croissante de son économie, c'est le peuple.
Les bases du développement Ces bases matérielles seraient les suivantes:
- les réserves internationales nécessaires pour consolider les dévaluations ;
- la possibilité de garantir un flux adéquat d'input productifs par la production intérieure ou des crédits extérieurs ;
- un ordre relatif des prix et un climat où l'on ne perde pas des semaines d'activité économique et de production nationale à cause de l'incapacité des agents
"Le fonctionnaire doit aller aux masses" économiques à imaginer l'impact sur les prix de dévaluations aussi fortes ;
par dessus tout, la possibilité d'échapper à la spirale inflationniste en réduisant le budget miliaire. C'est là le facteur réellement responsable du gigantesque déficit et du sérieux déséquilibre entre d'énormes dépenses improductives et le peu de moyens qui peut être consacré à la production.
Sans ces conditions matérielles pour stabiliser l'économie, l'appui du peuple conscient et confiant dans la gestion de son gouvernement se profile comme étant l'élément le plus important.
Un projet invivable
Sans le peuple, le projet de réajustement économique est tout simplement invivable. C'est là le point nodal de la conjoncture économique du pays.
Le gouvernement a l'appui politique du peuple à son projet d'unité nationale et de pluralisme politique. Mais sur le terrain économique, le gouvernement a besoin d'un train de mesures plus diversifiées, plus populaires s'il veut accroître ses possibilités de mettre en pratique la ligne fondamentale de ce réajustement économique avec succès et s'il veut avoir un consensus national réduisant au maximum les coûts politiques pour y parvenir.
Pour les raisons que nous venons de souligner, les nouvelles mesures ont accru les critiques populaires face à l'incapacité de la gestion économique gouvernementale. La critique populaire ira s'accumulant comme une vague de pression qui éclatera contre ce qu'on nommait jusqu'à maintenant la lenteur de l'Etat à restructurer la stratégie productive en temps de guerre, à transformer le style de direction économique et à refaire un bilan des ressources consacrées à la défense et à la production.
L'éclatement de cette vague de pression pourrait réorienter le nouveau programme économique en trois directions différentes :
1) Renoncer aux mesures, bien qu'elles soient absolument nécessaires. En les poursuivant, sans une alternative cohérente, nous verrions bientôt apparaître les conséquences négatives que nous avons signalées.
2) Maintenir les mesures sans modifications fondamentales et courir le risque d'une perte d'appui politique conjointe au maintien des ordres de grandeur actuels de l'inflation.
3) Modifier et compléter dans le sens d'une économie de survie et de défense, le développement du modèle économique sandiniste au lieu de se contenter de répa-
Malgré les difficultés d'élargir l'alliance productive que suppose le modèle d'accumulation sandiniste, les conséquences politiques des deux premières solusont si négatives que nous inclinons à penser que la pression populaire agira efficacement pour forger dans l'année qui vient un nouveau modèle économique sandiniste.
Les mesures de février et de juin ont été, sans aucun doute, les pas monétaires indispensables pour reconstruire le modèle économique sandiniste sur ses bases populaires originelles.
L'élargissement du modèle d'accumulation sandiniste a comme préalable la gigantesque tâche de reprendre économiquement le territoire qui a été la scène de la guerre. C'est sur ce territoire qu'existe le potentiel le plus important pour l'élevage et le café, les deux secteurs dans le quel le Nicaragua peut étendre ses exportations. De fait, les devises que le Nicaragua a perdu en café et en viande - par rapport à son niveau d'exportation d'avant-guerre -ont été sans doute la principale raison de la pénurie pour acquérir des input productifs. C'est ce qui a fondamentalement épuisé l'économie et donc limité la capacité du gouvernement de maintenir son programme social et de protéger les revenus réels des travailleurs et des paysans.
Le Nicaragua a perdu sa source de production de devises et de produits de base nationaux surtout à cause de la guerre, mais aussi parce que les producteurs moyens et les paysans de la frontière n'étaient pas partie prenante de l'alliance des classes prioritaires dans le modèle original d'accumulation sandiniste. Comme le disent beaucoup de sandinistes, "jamais la révolution n'était arrivée là-bas".
Le modèle sandiniste
Les mesures de février et de juin donnent un cadre monétaire correct pour récupérer le terrain économique perdu à cause de la guerre, mais elles ne seront pas suffisantes pour mobiliser l'immense complexe de production de maïs, de haricots, de porc, de bétail et de café de l'intérieur du pays, dont le fruit final est exactement la quantité de devises dont le Nicaragua a besoin pour donner des bases solides à l'ajustement de son modèle économique. L'ajustement ou l'élargissement du modèle d'accumulation actuel pourrait se synthétiser en sept points fondamentaux :
1) Un modèle plus rural qu'urbain, qui exigerait la réorientation de l'industrie métallurgique vers la production de biens de production et de consommation pour les producteurs de café et de bétail, au lieu d'agir comme industrie fournisant les grands projets de Midinra (Ministère de la Réforme agraire, ndlr).
2) Un modèle ayant un rythme plus lent de transformation technologique que celui en vigueur actuellement, qui parte de la capacité technologique populaire existante.
3) Un modèle qui change les relations existant depuis huit ans, où le secteur informel improductif a rapporté plus de bénéfices que le secteur productif et ce en investissant des ressources et en organisant davantage les artisans et le secteur informel qui rend des services essentiels à la production. Les mesures monétaires élimineront rapidement les entreprises artisanales les moins efficaces, en maintenant les unités que la révolution pourrait encourager comme coopératives de servi-
4) Un modèle qui utilise la réforme agraire pour décongestionner le problème urbain, spécialement à Managua et sur le Pacifique, en cédant des terres non stratégiques appartenant à l'Etat, pour la création de coopératives.
5) Un modèle qui oriente la mobilisation populaire du secteur du commerce vers le secteur productif, en contrôlant non seulement les spéculateurs mais aussi ceux qui produisent et ceux qui ne produisent pas.
6) Un modèle qui renforce la production habituelle dans les villes comme dans les campagnes, créant ainsi des bases économiques qui permettent d'augmenter le rythme de la transformation technologique.
7) Un modèle qui élargisse l'alliance des classes qui le soutiennent ; qui donne
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plus d'importance aux paysans et aux petits et moyens producteurs des campagnes, et aux artisans et à la petite industrie dans les villes ; qui change le caractère de l'alliance avec les couches urbaines pauvres, passant d'une politique de consommation subventionnée à une politique de mobilisation productive ; et qui contrôle davantage le niveau d'inefficacité productive des grandes unités de production, qu'elles soient privées ou d'Etat.
L'élargissement du modèle original d'accumulation sandiniste progressera de par la pression populaire comme cela s'est fait pour la réforme agraire. Il existe deux facteurs qui déterminent la possibilité du développement du modèle économique au Nicaragua : tout d'abord, la profondeur des réformes structurelles déjà appliquées et la pression des masses pour une plus grande égalité dans la sphère économique et les nouvelles mesures monétaires. Vu les potentialités de tensions dont est porteur le nouveau train de mesures économiques, on pourrait penser que d'éventuelles modifications et de nouvelles mesures complémentaires serviraient à la fois de soupape de sûreté politique et à une mobilisation économique.
Que de nouvelles mesures puissent servir de soupapes de s té à une vague de pression politique paraît difficile : elles ne sont pas seulement réduites en nombre mais aussi très difficiles à appliquer pratiquement. La seule alternative réelle, c'est une mise en pratique partielle de certaines ou de l'ensemble d'entre elles. Six mesures pourraient venir renforcer les nouvelles décisions économiques tout en les complétant dans le sens d'un programme global visant à élargir le modèle d'accumulation.
La mobilisation économique
1) Augmenter les salaires, maintenir le caractère drastique des mesures de juin prioritairement pour les grandes entreprises et faire des concessions au secteur productif plus populaire en réajustant la politique de crédit comme mécanisme pour stimuler la production.
2) Restructurer le programme d'investissements comme seule possibilité réelle d'augmenter les exportations et comme premier pas vers une nouvelle stratégie productive et un nouveau modèle d'accumulation.
3) Elaborer et mettre en place un nouveau programme significatif de financement extérieur.
4) Intégrer le potentiel économique de l'armée dans l'économie de survie.
5) Dynamiser la gestion économique de l'Etat sous un nouvel angle : la priorité à la production au lieu du contrôle administratif.
6) Renforcer la participation populaire à la planification par des réunions de débat économique et mettre sur pied une nouvelle éthique d'austérité et d'efficacité. •
Envio; Août 1988.
"Il faut aller aux masses
Il faut aller aux masses"