Texte de la conférence nationale du PPS par la première Conférence nationale du Parti socialiste polonais
La conférence marque une date dans l'histoire de ce parti fondé notamment de Jan Jozef Lipski (cf. Inprecor numéro 261 du 14 différents. Jan Jozef Lipski prend part à la réception de Margaret déclarait pour sa part rejeter un tel cadre, y voyant une tentative printemps par la majorité du PPS, consistant à s'engager dans aux syndicalistes d'entreprises, les aidant à publier et à diffuser leur propre presse, tout en poursuivant la publication d'un organe syndical intitulé "Praca, Placa, BHP' ("Travail, Salaire, Hygiène du PPS, , l'affirmation d'un parti politique qui ne tombe pas dans les opposants à l'Est) est à souligner au moment où le nouveau ministre de l'Industrie (membre du POUP et entrepreneur prive sa nomination) tente de mettre en liquidation les chantiers navals de représenter les travailleurs victimes de la réforme économique
POLOGNE
"La république
démocratique"
NOUS PUBLIONS CI-DESSOUS les documents adoptes (PPS) qui s'est tenue le 22 octobre dernier à Varsovie, en présence de 35 délégués représentant huit organisations régionales. en novembre 1987 et ayant subi, dans les premiers mois de son existence, la scission de plusieurs de ses dirigeants mars 1988). Depuis, les choix politiques des uns et des autres ont été fort Thatcher, alors que le PPS majoritaire dénonce la politique anti-ouvrière de celle-ci. Lipski tente de prendre part aux négociations entre les représentants de l'opposition et ceux de la bureaucratie autour de la table ronde, le PPS majoritaire de legitimer, une nouvelle fois, le pouvoir. Cette attitude coïncide avec le choix politique effectué au le développement des luttes ouvrières et dans la création et le renforcement des structures syndicales d'entreprises. A cette fin, le PPS a offert ses moyens matériels et humains et Sécurité" - 6 numéros parus) et l'édition de brochures de formation syndicale. Il édite par ailleurs une dizaine de journaux dans différentes régions. Comme en témoigne l'article que nous reproduisons ci-dessous de Jozef Pinior, principal dirigeant de la majorité le travers de l'idéalisation du capitalisme (si fréquent parmi à la tête d'une entreprise de commerce extérieur jusqu'à "Lénine" de Gdansk jugés "non rentables" et où nombre de dirigeants de l'opposition se voient écartelés entre leur volonté marchande menée par la bureaucratie et leur adhésion idéologique à un projet économique qui justifie de tels choix. C. SMUGA
A CRISE ACTUELLE de l'idéologie reflète l'impuissance des choix politiques traditionnels face au modèle de développement irrationnel et inhumain. Le capitalisme contemporain, en dépassant les barrières successives de l'expansion, a fait du développement économique un but en soi. L'être humain est devenu un poids et non un sujet dans le cours de changements technologiques successifs. Une partie croissante de la jeunesse paye pour cela le prix du chômage et de la pauvreté. Ces phénomènes, qui se conjuguent à la mise en tutelle informative et culturelle des sociétés, sont la source de l'aliénation, du chauvinisme et du racisme.
Les pays du Tiers-monde
Dans les pays dits du Tiers-monde, les pays du capitalisme dépendant, les coûts sociaux du modèle de développement décrit sont incommensurablement plus grands. La dépendance économique conduit à la dépendance politique, dans le cadre de laquelle, Talternative se présente sous la forme soit de la dictature totalitaire, soit de la stalinisation.
Les crimes contre l'humanité, l'apathie sociale et le krach économique, tel est le prix du pouvoir communiste. Le totalitarisme post-stalinien recherche de nouvelles formes de survie. Le marché libre combiné au maintien du pouvoir de la nomenklatura sert à maintenir et à renforcer les mécanismes de l'exploitation et de la domination. Le conflit s'approfondit entre d'une part, l'élite du pouvoir et les couches qui s'enrichissent sous sa protection et d'autre part, la majorité travailleuse. L'Etat omniprésent, qui joue le rôle d'intermédiaire dans tous les rapports sociaux, cherche à garder l'initiative dans le processus de changement. Malgré les espoirs nourris par certains milieux influents dans l'opinion, les réformes d'en haut ne changeront pas les conséquences sociales du totalitarisme. La société aspire à réformer de manière autonome et non à être réformée.
Le travail libérateur
Les socialistes du monde entier luttent pour que le travail devienne libérateur de la misère, de la domination et de l'aliénation. Les expériences du mouvement ouvrier indiquent que la prise du contrôle des entreprises, l'élection d'une représentation politique de la société nous conduit vers un système économique pluri-sectoriel combiné avec les systèmes de sécurité sociale fondés sur une redistribution du reVenu national.
Dans les conditions de la domination du secteur étatique en Pologne, géré par la nomenklatura communiste, il est nécessaire de la dépolitiser par la mise à l'écart du POUP de la politique économique et personnelle. Les entreprises devraient être gérées par les travailleurs et les cadres responsables devant eux. L'alternative de système qui naît d'un tel processus
ouvre un nouvel horizon devant la civilisation, fonde une nouvelle forme d'autogestion et de démocratie, permet à la société en voie d'émancipation de devenir maître de la culture et du système d'information, donne une chance de se libérer du contrôle du complexe militaro-industriel et de rétablir l'équilibre entre l'être humain et la nature.
Dépasser la crise du mouvement socialiste
La crise actuelle dans le mouvement socialiste peut être dépassée en formulant une perspective de système socio-politique commune aux sociétés qui vivent sous différents systèmes de domination et de dépendance. Cela nécessite de l'imagination et du courage politique.
Les ouvriers polonais ont brisé le monopole d'information et d'organisation de l'Etat. Nous sommes tique. Durant les grèves d'occupation se développe la conscience que les ouvriers sont les maîtres effectifs de leur entreprise. A côté de la conscience syndicale, apparaît le besoin d'activité politique. La dynamique de ce mouvement se confronte à la résistance du totalitarisme poststalinien. Du fait du caractère réformable de ce système, la présentation d'une alternative en termes du pouvoir est la seule chance des travailleurs. Son but est la socialisation de l'Etat, la prise du pouvoir économique dans les entreprises par les travailleurs et la mise en place d'une représentation démocratique de la société, la communauté des producteurs et des citoyens.
Août 1980, Brasov, Karabakh Jastrzebie sont des éléments d'un même phénomène : une révolution démocratique qui se déroule devant nos yeux, sortie du système totalitaire vers la démocratie politique, la socialisation de l'économie et l'indépendance. L'abolition du totalitarisme ne peut être réalisée que par en bas, de par la volonté des travailleurs, par un mouvement autonome des ouvriers organisés dans leurs entreprises en vue d'une action consciente.
Le Parti socialiste polonais prend une part active dans la construction d'une telle alternative de pouvoir, dans l'aspiration à l'émancipation de la société. Dans ce but, nous pensons indispensable d'entreprendre les actions suivantes:
1. Le renforcement et le développement du syndicat indépendant Solidarité au niveau de l'entreprise, de la région et de l'ensemble du pays.
2. La prise de l'initiative de gestion par les conseils de travailleurs et la lutte pour une nouvelle forme d'autogestion.
3. La création des ententes horizontales et verticales d'autogestion.
4. La mise sur pieds d'une représentation autogestionnaire des travailleurs à l'échelle nationale sous la forme d'une Chambre autogestionnaire de la Diète.
5. La prise en charge d'une campagne en faveur d'un mode d'élection démocratique de la Diète et des Conseils régio-
6. La lutte pour la démilitarisation du pays.
Tout cela fait partie du processus par lequel la société devient sujet de son histoire et qui conduit à une Pologne libre et indépendante.
Varsovie, le 22 octobre 1988