Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

UNION SOVIETIQUE

L'agence Novosti retourne sa veste

· Inprecor n° 279, 9 janvier 1989 · p. 14 · 886 mots

IVe Internationale URSS et Russie

du "trotskysme", de l'agence de presse soviétique Novosti,

"Le trotskysme contemporain contre la paix et la détente",

La Havane et de Managua. Cette brochure était truffée de

UNION SOVIETIQUE

L'agence Novosti retourne sa veste

LE DR. NIKOLAI VASETSKY, grand spécialiste était tristement célèbre pour sa brochure intitulée imprimée en 1986, et largement distribuée par les ambassades soviétiques, et notamment celles de calomnies ignobles du plus pur style stalinien.

Entre-temps, le vent de la glasnost a soufflé à l'agence

Novosti et a même effleuré M. Vasetsky.

Ernest MANDEL

ES AUTORITES judiciaires soviétiques ont cassé les verdicts des trois procès de Moscou et ont blanchi tous les inculpés, dont Trotsky, des accusations infamantes (que Vasetsky reproduisait) de collaboration avec un quelconque gouvernement. capitaliste.

L'air de la calomnie

Mis en mauvaise posture par ce revirement des autorités judiciaires et par l'exigence qui prédomine, aujourd hui, dans l'opinion publique soviétique sur le rétablissement de la vérité historique,

M. Vasetsky a dû revenir sur le sujet du

"trotskysme",

, en mettant beaucoup d'eau dans son vin empoisonné.

L'agence Novosti diffuse en effet, en décembre 1988, un article sous sa plume, intitulé "Le trotskysme moderne, idéologie et pratique". Dans ce nouvel article, toutes les accusations infamantes de la brochure de 1986 ont disparu. Il y a certes encore une tournure de phrase embarrassée (et embarrassante pour son auteur dans le climat de la glasnost) :

"Malheureusement, les trotskystes modernes n'étudient pas toujours en premier lieu les contributions de Trotsky en tant que révolutionnaire et qui lui ont valu l'éloge de Lénine et l'attention du Parti et du

Komintern. En règle générale, ils préfèrent s'appuyer sur celles de ses contributions qu'il vaudrait mieux ne pas étaler au grand jour et laisser tomber dans l'oubli."

Nous mettons M. Vasetsky au défi de citer une seule activité ou expérience de

Trotsky qui ne résisterait pas à un examen

De la part d'un monsieur qui s'est encore si récemment répandu en calomnies et qui n'a même pas le courage de mentionner, aujourd'hui, ce qu'il écrivait hier, ni de faire la moindre autocritique à ce propos, pareille insinuation ne jouit d'aucune autorité politique, pour ne pas dire morale. Si les calomnies ont, en gros, disparu, des déformatrotskystes sont présentés comme coupables d'orientations "gauchistes", inspirées par le fait qu'ils avaient surtout recruté, dans le passé, dans les couches marginalisées de la société (étudiants, petite bourgeoisie appauvrie, couches les plus pauvres du prolétariat, immigrés etc.).

La prétendue tendance aux innombrables" est présentée comme "conau trotskysme, sans poser la question : en combien de tendances opposées les unes aux autres le mouvement communiste (sans même parler du mouvement ouvrier dans son ensemble) a-t-il donc

Plus étonnant encore, M. Vasetsky prétend que les trotskystes regroupés par le Secrétariat unifié de la IVe Internationale (et moi-même personnellement) seraient des "réformistes de gauche", parce que nous prônons la participation aux élections et œuvrons "en faveur de réformes qui pourraient améliorer les conditions de travail et de vie des travailleurs". La lutte pour des réformes implique-t-il d'être réformiste ?

Réformistes ?

M. Vasetsky connaît-il un seul Parti communiste dans le monde, qui serait opposé à la participation aux élections et à la lutte pour les réformes qui améliorent les conditions de vie des travailleurs ?

Ignore-t-il que l'actuel ministre des Affaires étrangères de l'Allemagne de l'Ouest, M. Genscher, nous a expulsés de ce pays lorsqu'il était ministre de l'Intérieur, en faisant référence à nos "convictions et activités révolutionnaires" ?

L'article de M. Vasetsky contient encore de nombreuses déformations des thèses politiques et de l'activité trotskystes. Mais notre mouvement y est apprécié comme une force réelle au sein du mouve-

Si ça continue is vont fimr par me virer du Parti!

BRIT® ment ouvrier, implantée dans la classe ouvrière et dans la paysannerie.

Les pays où les trotskystes sont relativement les plus forts sont correctement énumérés, à l'exception de l'Espagne, de la Suède et du Mexique. Cet oubli est-il dû au fait que le parti communiste mexicain (PMS) s'est dissous et que nos camarades du Parti révolutionnaire des travailleurs (PRT) sont maintenant le seul parti socialiste/ communiste de ce pays ?

Mais laissons ces broutilles. Le retournement de veste de M. Vasetsky - est-il inspiré de "haut lieu" ? — aboutit à une conclusion assez sensationnelle : "La plupart des organisations de gauche adoptent face au trotskysme, une attitude de "neutralité active".

Cela n'exclut pas la possibilité d'une collaboration pratique avec les trotskystes. Il existe déjà beaucoup d'exemples d'une telle collaboration de la part des partis communistes et socialistes, d'organisations et de mouvements anti-guerre, dans une série de pays d'Europe occidentale et d'Amérique latine, ainsi qu'en Australie. Des blocs électoraux, des alliances politiques, et des accords pour la réalisation de campagnes politiques à court terme, et parfois même à long terme ont été réalisés avec les groupes trotskystes.

Il faut juger dans chaque cas concret dans quelle mesure cette collaboration pert donner des résultats. D'après nous, des all liances de cette nature doivent être des all.ances soit "contre", soit "pour". "Contre" la politique anti-populaire de l'impérialisme des monopoles, "pour" des transformations dans l'intérêt des travailleurs. Seule une telle collaboration pourra avoir un sens et n'aura aucune conséquence négative pour les partis concernés. "Aura-t-on vu le signal, à la direction du Parti communiste français, malgré ses réticences l'égard de la glasnost ?

20 décembre 1988

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