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A TRAVERS cet appel
Run malaise social accumulé de longue date a pu s'exprimer avec force. En effet, depuis 1985, des grèves sectorielles avaient eu lieu, mais c'était le premier "tous ensemble" contre l'austérité du PSOE au pouvoir.
Selon les syndicats, au moins 5 millions de travailleurs ont observé le mot d'ordre d'arrêt de travail qui a été observé à 100% dans certaines branches industrielles. Même les footballeurs ont fait grève ! Les principales revendications portaient sur le retrait du Plan emploi jeunes (PEJ) du gouvernement, fauteur de chômage et de précarité de l'emploi ; sur la récupération du pouvoir d'achat perdu en 1988, en particulier pour les fonctionnaires ; sur l'indexation du régime des retraites sur le Salaire interprofessionnel garanti ; sur la révision des conditions d'octroi des allocations de chômage ; et sur le droit des fonctionnaires à la négociation collective.
Le 16 décembre, une nouvelle mobilisation faisait descendre des dizaines de milliers de personnes dans la rue, contre la politique économique et sociale du Premier ministre Felipe Gonzalez, à Madrid qui a été un des points chauds lors
ETAT ESPAGNOL la grève générale
LES DEUX PRINCIPALES confédérations syndicales, les
Commissions ouvrières (CCOO) et l'Union générale des travailleurs (UGT), liées respectivement au Parti communiste (PCE)
et au Parti socialiste (PSOE), ont convoqué le 14 décembre 1988, une grève générale de 24 heures qui a totalement paralysé le pays. C'était la plus grande mobilisation ouvrière de la période post-franquiste.
de la journée du 14 décembre. Toute la ville a été pratiquement paralysée par le
Cette grève a été essentiellement une épreuve de force entre les travailleurs et le gouvernement, mais aussi un formidable bras de fer entre celui-ci et les syndicats. Le choc entre l'UGT et le
PSOE dont elle est proche (le ministre du Travail est traditionnellement un responsable de ce syndicat) a été particulièrement rude et a entraîné certaines ruptures au sein de cette centrale.
Par exemple, les pressions exercées directement par le gouvernement sur les syndicats de l'UGT pour tenter de diviser et d'affaiblir la grève, ont réussi à détacher certaines directions syndicales. Ainsi la Fédération de la chimie et celle des
Travailleurs de la terre, dont l'exécutif confédéral a dû exclure certains responsables qui refusaient d'appliquer le mot d'ordre de grève. Les relations entre l'UGT et le
PSOE furent également très tendues pendant toute la période qui a précédé la grève.
Un dirigeant syndical de
Madrid a déclaré : "A part arrêter les dirigeants syndicaux, ce qu'il n'a pas encore fait, le
PSOE se comporte, en tout, de la même façon que le franquisme: il essaye d'effrayer la population en lui faisant croire que si elle soutient la grève générale, le pays courra au désastre, et il accumule les insultes à l'encontre des syndicats, les traitant de rouges de communistes et de subversifs" (El Pais, 28 novembre 1988).
Les syndicats ont refusé de se plier aux décrets sur le service minimum et ont décidé d'appliquer eux-mêmes un
"service d'urgence" dans les cas appropriés, comme dans la Santé, la garde des enfants, les services de sécurité du gaz et de l'électricité, etc.
De même, ils ont dénoncé les décrets anti-grèves pris à l'encontre des travailleurs des services publics.
Devant l'ampleur de la mobilisation, le gouvernement a dû lui-même reconnaître le succès de la grève et proposer une réunion de négociation.